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sur la Poësie & sur la Peinture. 157Romains pour qui ces Comédies étoientcomposées. L'intrigue de leurs piécessuppose les loix & les mœurs Grecques.Mais si cette raison fait une objectioncontre mon ſentiment, elle ne ſuffit pointpour prouver le ſentiment oppoſé à celuique j'expose. D'ailleurs je répondrai àl'objection, que Plaute & Térence ontpû se tromper. Quand ils composerentleurs pièces, la Comédie étoit a Romeun poëme d'un genre nouveau, et lesGrecs avoient déja fait d'excellentes Co-médies. Plaute & Térence, qui n'avoientrien dans la Langue Latine qui pût leurservir de guide, imiterent trop servile-ment les Comédies de Ménandre & d'au-tres Poëtes Grecs, & ils joüerent desGrecs devant les Romains. Ceux quitransplantent quelqu'Art que ce soit d'unpays étranger dans leur patrie, en $uiventd'abord la pratique de trop près, & ilsfont la méprise d'imiter chez eux les mê-mes originaux que cet Art est en habitu-de d'imiter dans les lieux où ils l'ont ap-pris. Mais l'expérience enseigne bientôta changer l'objet de l'imitation : aussi lesPoëtes Romains ne furent pas longtemsà connoître que leurs Comédies plai-roient davantage, s'ils en mettoient lascéne dans Rome, & s'ils y joüoient le