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Premiere Partie (1746)
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116
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116 Réflexions critiquesau grand but de la Tragédie, je veux di-re a son dessein de purger les passions.Il ne faut point encore que le princi-pal intérêt de la piéce tombe sur les per-sonnages de scélérats. Le personnaged'un scélérat ne doit point être capabled'intéresser par lui-même ; ainsi le spectateur ne ſçauroit prendre part à ſes avantu-res, qu'autant que ces avantures seront lesincidens d'un événement des person-nages d'un autre caractere auront ungrand intérêt. Qui fait une grande at-tention à la mort de Narcisse dans Bri-tannicus?Il est outre cela des scélérats qui ne devroient jamais paroître sur la scéne, à quel-que titre que ce fût : ce sont les impies.J'appelle ici impiété tous les discours bru-taux que fait tenir une audace insenséecontre la religion en général, ou contrecelle qu'on professe, telle que puisse êtrecette Religion-. Ainſi mon ſentimentest qu'on ne doit point, par exemple, intro-duire jamais ſur le théâtre un Romain encore payen qui se moqueroit du feu de Ve-sta, non plus qu'un Grec qui traiteroitavec insolence l'Oracle de Delphes desourberie inventée par les Prêtres d'Apol-lon. Il seroit inutile d'expliquer ici queceux qui, comme Polieucte, parlent con-