sur la Poësie & sur la Peinture. 117tre une Religion l'ouvrage des hommesparce qu'ils connoissent la véritable, nesont pas de ces impies que je proscris. Lestermes de ma proposition préviennenttout sujet de le soupçonner.Mais, dira-t'on, Phédre viole volon-tairement les loix les plus saintes du droitnaturel ; elle aime le fils de son mari, el-le lui parle de sa passion, elle tente toutpour le séduire ; enfin ce qui fait le cara-ctere le mieux marqué d'un scélérat, elleaccuse l'innocent du crime qu'elle mêmea commis. Cependant les malheurs dePhédre ne laissent pas d'exciter la com-passion, quand on voit la Tragédie deRacine. On peut dire la même chose deplu$ieurs piéces des anciens Tragiques.Je réponds que Phédre ne commetpas volontairement les crimes dont elleest punie ; c'est un pouvoir divin auquelune mortelle ne ſçauroit réſister dans lesystême du paganisme, qui la force d'ê-tre incestueuse & perfide. Après ce quePhédre & sa confidente disent dès le premier acte sur la haine de Venus contre lapostérité de Pasiphaé, & sur la vengean-ce de cette Déesse, qui détermine notrePrincesse infortunée a tout le mal qu'ellefait, ses crimes ne paroissent plus êtreses crimes, que parce qu'elle en reçoit la
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