sur la Poësie & sur la Peinture. 535volte. Il eſt difficile qu'il n'échappe pointalors des choſes dures aux perſonnes lesplus modérées. Or tous ceux qui ontappris le Grec & l'Anglois, sçavent bienqu'un Poëte Grec qu'on traduit en Fran-çois, perd beaucoup plus de son méritequ'un Poëte François qu'on traduit enAnglois.Tous les jugemens & tous les para-lelles qu'on peut faire des poëmes qu'onne connoît que par les traductions &par les di$$ertations des Critiques, con-duisent infailliblement à des conclu-sions fausses. Supposons, par exemple,que la Pucelle & le Cid soient traduitsen Polonois, & qu'un Sçavant de Cra-covie, après avoir lû ces traductions.juge de ces deux poëmes par voie d'e-xamen & de discussion. Supposons, qu a-près avoir fait méthodiquement le pro-cès au plan, aux mœurs, aux caracte-res & à la vraisemblance des événe-mens, soit dans l'ordre naturel, soitdans l'ordre surnaturel, il apprétie cesdeux poëmes, certainement il décide-ra en faveur de la Pucelle, qui se trou-vera dans cette opération un poëmeplus régulier, & moins défectueux enson genre, que le Cid ne l'est dans lesien. Si nous supposons encore que ceZ iij
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