sur la Poësie & sur la Peinture. 531à quel point un mot pris pour un autre,énerve la vigueur d'une phrase, qui mê-me ne sort pas de la langue où elle a étécomposée, lisent le vingt-troisiéme cha-pitre de la Poëtique d'Aristote.Ceux qui traduisent en François lesPoëtes Grecs & Latins, sont réduits àfaire bien d'autres altérations dans lesexpressions de leur original, que celleque j'ai faites dans les vers de Phedre.Les plus capables & les plus laborieuxse dégoûtent des efforts infructueux qu'ilstentent pour rendre leurs traductions aussiénergiques que l'original, où ils sententune force & une précision qu'ils ne peu-vent venir à bout de mettre dans leurcopie. Ils se laissent abbatre enfin au génie de notre langue, & ils se soumettentà la de$tinée des traductions, après avoirlutté contre durant un tems.Dès qu'on ne retrouve plus dans unetraduction les mots choisis par l'Auteur.ni l'arrangement où il les avoit placezpour plaire à l'oreille, & pour émouvoirle cœur, on peut dire que juger d'unpoëme en général sur sa version, c'est vou-loir juger du tableau d'un grand maître.vanté principalement pour son coloris.sur une estampe où le trait de son desseinseroit encore corrompu. Un poeme perdZ
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