Reflexions critiques532dans la traduction l'harmonie & le nom-bre que je compare au coloris d'un ta-bleau. Il y perd la poësie du style que jecompare au deſſein & à l'expreſſion. Unetraduction est une estampe où rien nedemeure du tableau original, que l'or-donnance & l'attitude des figures. En-core y est-elle altérée.Juger d'un poëme sur la traduction &sur les Critiques, c'est donc juger d'unechose destinée à tomber sous un sens.sans la connoître par ce sens-là. Mais sefaire l'idée d'un poëme sur ce que lespersonnes capables de l'entendre en salangue, dépoſent unanimement, concer-nant l'impression qu'il fait sur elles, c'estla meilleure maniere d'en juger, quandnous ne l'entendons pas. Rien n'est plusraisonnable que de supposer que l'objetferoit sur nous la même impression qu'ilfait sur elles, si nous étions susceptiblesde cette impreſſion autant qu'elles le ſont.Ecouteroit-on un homme qui voudroitprouver par de beaux rai$onnemens, quele tableau des Nôces de Cana de PaulVéronese, qu'il n'auroit pas vu, ne sçauroit plaire autant que le disent ceux quil'ont vu, parce qu'il est impossible qu'untableau plaise, lorsqu'il y a dans la com-position poëtique de l'ouvrage, autant
1çion24—eS###erLestan### conrem