Réflexions critiques193mieux que les Oraisons de Cicéron, se-coueroient ce préjugé, dès qu'ils ſeroientcapables d'entendre ces deux ouvrages.Les fausses opinions de Philosophie quenous avons remportées du College, peuvent subsister toujours, parce qu'il n'ya qu'une méditation que nous ne som-mes pas souvent capables de faire, quinous en peut désabuser. Mais il suffi-roit de lire les Poëtes, dont on nous au-roit exagéré le mérite, pour nous défai-re de notre préjugé, à moins que nousne fussions fanatiques. Or, non-seule-ment nous admirons autant l'Enéide.quand nous sommes des hommes faits,que nous l'admirions durant l'enfance,& quand l'autorité de ceux qui nousenseignoient pouvoit en imposer à uneraison qui n'étoit pas encore formée ;mais notre admiration pour ce Poëte.va en augmentant, à mesure que notregoût se perfectionne, & que nos lumie-res s'étendent.D'ailleurs il est facile de prouverhistoriquement & par les faits que Virgile & les autres Poëtes excellens del'antiquité ne doivent point aux Colléges, ni aux préjugez, leurs premiers ad-mirateurs. Cette opinion ne peut êtreavancée que par un homme qui ne veut
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