sur la Poësie & sur la Pointure. 49.On appuiera ce raisonnement d'une dis-sertation méthodique sur la force des pré-jugez dont les hommes $ont imbus durantl'enfance. C'est un lieu commun tres-connu de tout le monde.Je réponds que des préjugez tels queceux dont il est ici question, ne subsis-teroient pas longtems dans l'esprit deceux qui en auroient été imbus, si cespréjugez n'etoient pas fondez sur la véri-té. La propre experience, le propre sen-timent de ces personnes, les en auroitbien-tôt désabusees. Supposé que durantl'enfance & dans un tems ou nous ne con-noi$$ions pas encore les autres poemes, onnous eût inspiré pour l'Enéïde une véné-ration qu'elle ne méritât point, nous sor-tirions de ce préjugé, dès que nous vien-drions à lire les autres poemes, et ales comparer avec l'Eneide. En vainnous auroit-on répété cent & cent foisdurant l'enfance que l'Enéïde charmetous ses lecteurs, nous ne le croirionsplus, si elle ne nous plaisoit que médio-crement, quand nous serions devenuscapables de l'entendre sans secours.C'est ainsi que tous les disciples d'unProfesseur de l'Université qui auroitenseigné que les Déclamations que nousavons sous le nom de Quintilien, valent
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