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Seconde Partie (1746)
Entstehung
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499
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sur la Poesie & sur la Peinture. 495point porter ses vûes hors de son tems& hors de son pays. Les premiers ad-mirateurs de Virgile furent ses compa-triotes & ses contemporains. C'étoientdes femmes, c'étoient des gens dumonde, moins lettrez, peut-être queceux qui bâtissent à leur mode l'histoirede la réputation des grands Poetes, aulieu de la chercher dans les écrits quien parlent. Quand l'Enéïde parut, elleétoit plutôt un livre de ruelle, s'il est en-core permis d'u$er de cette expre$$ion,qu'un livre de Collége. La langue danslaquelle l'Enérde étoit écrite, étoit lalangue vivante. Les femmes comme leshommes, les ignorans comme les sça-vans, lurent ce poëme, & ils en jugerentpar l'impression qu'il faisoit sur eux. Lenom de Virgile n'imposoit point alors.& son livre étoit exposé à tous les af-fronts qu'un livre nouveau peut essuyer.Enfin les contemporains de Virgile ju-gerent de l'Enéïde, comme nos peresont jugé des Satyres de Despréaux &des Fables de la Fontaine dans la nou-veauté de ces ouvrages. Ainsi ce futl'impression que l'Eneide faisoit sur toutle monde ; ce furent les larmes que lesfemmes verserent à sa lecture, qui la si-rent approuver comme un poëme ex-