sles.
sur la Poësie & sur la Peinture. 427anciens, que le renouvellement des let-tres, & l'invention de l'Imprimerie trou-vée vers le milieu du siécle précédent,mettoient entre les mains de cinq censpersonnes pour une qui les lisoit soixan-te ans auparavant, dégoûtoit de l'artconfus de nos vieux Romanciers. Ainsiles poësies de Ronsard furent regardéescomme une faveur céleste par ses con-temporains. S'ils se fussent contentez dedire que ses vers leur plaisoient infini-ment, & que les peintures dont ils sontremplis, les attachoient, quoique lestraits n'en fussent pas réguliers, nousn'aurions rien à leur reprocher. Mais ilsemble qu'ils ayent voulu s'arroger undroit qu'ils n'avoient pas. Il semble qu'ilsayent voulu usurper les droits de la pos-térité, en le proclamant le premier desPoëtes François pour leur tems & pourles tems à venir.Il est venu depuis Ronſard des PoëtesFrançois qui avoient plus de génie quelui, & qui ont encore composé correc-tement. Nous avons donc quitté la lec-ture des ouvrages de Ron$ard, pour fai-re notre lecture & notre amusement desouvrages de ces derniers. Nous les pla-çons avec raison fort au-dessus de Ron-sard ; mais ceux qui le connoissent, ne