428 Réflexions critiquessont pas surpris que ses contemporainsse soient plûs a lire ses ouvrages, malgréle goût Gothique de ses peintures. Je fi-nis le sujet de Ronsard en faisant uneremarque. C'est que les contemporainsde ce Poëte ne $e tromperent pas dansle jugement qu'ils porterent sur ses ou-vrages & sur ceux qu'ils avoient déjaentre les mains. Ils ne mirent point sé-rieusement la Franciade au-dessus del'Enéïde, quand le poëme François eutparu. Les mêmes raisons qui les empê-cherent de se tromper en cela, les au-roient aussi empêchez de mettre la Fran-ciade au-dessus de Cinna & des Hora-ces, s'ils avoient eu ces Tragédies entreles mains.Après ce que je viens d'exposer, onvoit bien qu'il faut laisser juger au tems& à l'expérience quel rang doivent te-nir les Poëtes nos contemporains par-mi les Ecrivains qui composent ce re-cueil de livres que font les hommes delettres de toutes les nations, & qu'onpourroit appeller la Bibliothéque du genrehumain. Chaque peuple en a bien uneparticuliere des bons livres écrits en salangue, mais il en est une commune àtoutes les nations. Qu'on attende doncque la réputation d'un Poëte soit allée
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