Réflexions critiques424de ces ouvrages qu'on appelle posthu-mes, parce qu'ils ne sont publiez qu'a-près la mort de l'Auteur.Je distingue dans un poeme deux sor-tes de mérite, qu'on me pardonne cetteexpression, un mérite réel & un méritede comparaison. Le mérite réel consi-ste à plaire & à toucher. Le mérite decomparaison consiste à toucher autantou plus que certains Auteurs dont lerang est déja connu. Il consiste à plaire& a intéresser autant que ces Grecs &ces Romains, qu'on croit communémentêtre parvenus au terme que l'esprit hu-main ne sçauroit passer, parce qu'on n'arien vu encore de meilleur que ce qu'ilsont fait.Les contemporains jugent très-biendu mérite réel d'un ouvrage, mais ilssont sujets à se tromper, quand ils jugentde son mérite de comparaison, ou quandils veulent décider sur le rang qui lui estdû. Ils sont sujets à tomber alors dansune des deux erreurs qu'on peut faire enprononçant sur ce point là.La premiere erreur est d'égaler troptôt un ouvrage à ceux des anciens.La seconde est de le supposer plus éloi-gné de la perfection des ouvrages desanciens, qu'il ne l'est en effet. Je dis donc
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