sur la Poësie & sur la Peinture. 403placé. L'idée de ces douze tableaux quinous est présente, produit une partie del'esset que les tableaux mêmes produi-roient, s'ils étoient à côté de celui dontnous voulons discerner le mérite, & con-noître le rang. La différence qui peut setrouver entre le mérite de deux tableauxexposez à côté l'un de l'autre, frappe tousceux qui ne sont pas stupides.Mais pour acquérir ce goût de com-paraison qui fait juger du tableau pré-sent par le tableau absent, il faut avoirété nourri dans le sein de la Peinture.Il faut, principalement durant la jeu-nesse, avoir eu des occasions fréquentesde voir dans une assiete d'esprit tran-quille, plusieurs tableaux excellens. Laliberté d'esprit n'est guéres moins néces-saire pour sentir toute la beauté d'unouvrage, que pour le compoſer. Pour êtrebon spectateur, il faut avoir cette tran-quillité d'ame qui ne naît pas de l'épui-sement, mais bien de la sérénité de l'i-magination.Fhoedri libellos legere si desideras,Vaces oportet, Eutyche, à negotiisUt liber animus sentiat vim carminis. (a)Or nous vivons en France dans unesuite continuelle de plaisirs ou d'occupa-(a) Phædr. lib. 3. Prolog.
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