Druckschrift 
Seconde Partie (1746)
Entstehung
Seite
404
Einzelbild herunterladen
 

Réflexions critiques404tions tumultueuses qui ne laissent pres-que point de vuide dans les journées, &qui nous tiennent toujours ou dissipezou fatiguez. On peut dire de nous ceque Pline disoit des Romains de sontems, un peu plus occupez que les Ro-mains d'aujourd'hui, quand il se plaintde la légereté de l'attention qu'ils don-noient aux statuës superbes, dont plu-sieurs portiques étoient ornez. (a) Ma-gni negotiorum officiorumque acervi abdu-cunt omnes a contemplatione talium, quoniam otiosorum & in magno loci silentio ap-ta admiratio talis est. Notre vie est un per-pétuel embarras, ou bien pour faire unefortune capable de satisfaire à nos be-soins qui sont sans bornes, ou bien pourla maintenir, dans un pays il n'est pasmoins difficile de conserver du bien qued'en acquérir. Les plaisirs qui sont en-core plus vifs & plus fréquens ici que partout ailleurs, se saisissent du tems quenous laissent les occupations que la for-tune nous a données, ou que notre in-quiétude nous a fait rechercher. Bien descourtisans ont vécu trente ans à Versail-les, passant réguliérement cinq ou sixfois par jour dans le grand appartement,à qui l'on feroit encore accroire que les(a) Hist. B. 36. cap. 5.

.