sur la Poësie & sur la Peinture. 363sement dans un livre, le loüent à causede ses narrations amusantes & de l'agré-ment de son style.Mais pour retourner à Lucrece, lepublic e$t juge de la partie du mérite deson poëme qui est du ressort de la Poësie.au$$i-bien que les Poëtes mêmes. Toutecette portion du mérite de Lucrece tombe sous le sentiment.Ainsi le véritable moyen de connoî-tre le mérite d'un poëme, sera toujoursde consulter l'impression qu'il fait. Notresiécle est trop éclairé, &, si l'on veut,trop philosophe, pour lui faire croirequ'il lui faille apprendre des Critiquesce qu'il doit penser d'un ouvrage com-posé pour toucher, quand on peut lirecet ouvrage, & quand le monde estrempli de gens qui l'ont lû. La Philo-sophie qui enseigne à juger des chosespar les principes qui leur ſont propres,enseigne en même tems, que pour con-noître le mérite & l'excellence d'unpoëme, il faut examiner s'il plaît, & àquel point il plaît & il attache ceux quile lisent.Véritablement les personnes qui nesçavent point l'art, ne sont pas capablesde remonter jusques aux causes qui ren-dent un mauvais poëme ennuyeux. EllesQ
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