Réflexions critiques146communis terrarum erat. Qu'on jugedonc de l'ardeur que les Peintres & lesPoëtes avoient alors pour perfectionnelleurs talens, par l'ardeur que nousvoyons dans nos contemporains, pourama$$er du bien, & pour parvenir auxgrands emplois d'un Etat. Aussi, com-me le dit Horace, c'est aux Grecs queles Muses ont fait présent de l'esprit &du talent de la parole, pour les récom-penser de s'être attachez à leur faire lacour, & d'avoir été désintéressez surtout, hors sur les loüanges.Graiis ingenium, Graiis dedit ore rotondsMusa loqui, praeter laudem nullius avarit. (a)Si l'on considere quelle étoit la situation de Rome, quand Virgile, PollionVarius, Horace, Tibulle & leurs contemporains firent tant d'honneur à laPoësie, on verra que de leur tems cetteville étoit la capitale florissante du plusgrand & du plus heureux Empire qui fûtjamais. Rome tranquille goûtoit, aprèspluſieurs années de troubles & de guer-res civiles, les douceurs d'un repos in-connu depuis longtems, & cela sousle gouvernement d'un Prince qui aimoit(a) Iloras. de Aric.
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