sur la Poësie & sur la Peinture. 141véritablement le mérite, parce que lui-même il en avoit beaucoup. D'ailleursAuguste étoit tenu de faire un bon usa-ge de son autorité naissante pour lamieux établir, & par conséquent de nela confier qu'à des Ministres amis de lajustice, & qui se servissent de leur pou-voir avec pudeur. Ainsi les richesses,les honneurs & les distinctions cou-roient au-devant du mérite. Commeune Cour étoit à Rome une chose nouvelle & odieuse, Auguste vouloit dumoins qu'on ne pût pas reprocher à lasienne rien de plus, que d'être uneCour.Si nous descendons au siécle de LeonX. où les lettres & les arts qui avoientété ensevelis durant dix siécles, sorti-rent du tombeau, nous verrons que sousson Pontificat, l'Italie étoit dans la plusgrande opudence où elle ait été depuisl'Empire des Césars. Ces petits tyrans,nichez avec leurs Satellites dans une in-finité de forteresses, & dont la bonneintelligence & les querelles étoient éga-lement un fleau terrible pour la société,venoient d'être exterminez par la pru-dence & par le courage du Pape Ale-xandre VI. Les séditions venoient d'ê-tre bannies des villes, qui généralement
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