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Seconde Partie (1746)
Entstehung
Seite
133
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em. I.

sur la Poësie & sur la Peinture. 133tant qu'il lui est possible de le faire.Les hommes ne se flatent point inté-rieurement autant qu'on le croit com-munément. Ils ont du moins quelquelueur de ce qu'ils peuvent valoir au ju-$te, & ils s'apprétient eux-mêmes dansle fond de leur cœur, à peu près à la va-leur qu'ils ont dans le monde. Les hom-mes qui ne sont ni Souverains, ni Mi-nistres, ni trop proches parens des uns& des autres, ont des occasions si fré-quentes de connoître ce qu'ils valentvéritablement, qu'il faut bien qu'ils s'endoutent à la fin, à moins qu'ils ne soientpleinement stupides. On ne s'applauditpas seul durant longtems, & Cotin nepouvoit pas ignorer que ses vers ne fus-sent huez du public. Cette hauteur debonne opinion que montrent les Poëtesmédiocres, est donc souvent affectée.Ils ne pensent pas tout le bien qu'ils di-sent de leur ouvrage. Peut-on douter queles Poëtes ne parlent souvent de mau-vaise foi sur le mérite de leurs vers ?N'est-ce pas contre leur propre con-science qu'ils protestent que le meilleurde leurs ouvrages est précisément celuique le public estime le moins. Mais ilsveulent soutenir le Poëme dont la foi-blesse a besoin d'appui, en montrant