132Reflexions critiquesles bords du Téveron. Les Romains necommencerent d'aimer les vers & les ta-bleaux qu'après avoir transporté le siègede leurs guerres en Grece, en Afriqueen Asie & en Espagne, & quand les ba-tailles que donnoient leurs Généraux, nedécidoient plus du salut de la Républi-que, mais seulement de sa gloire & del'étenduë de sa domination. Le peupleRomain, comme dit Horace,Et post Punica bella quietus quaerere coepitQuid Sophocles & Thespis & Aeschylus utileferrent.Les récompenses du Souverain viennentà la suite de l'attention des contempo-rains. S'il distribuë ses faveurs avec équi-té, elles sont un grand encouragementpour les Artisans; car elles cessent del'être, lorsqu'elles sont mal placées. Ilvaudroit mieux même que le Souverainne répandît pas de graces, que de lesdistribuer sans discernement. Un habilehomme peut se consoler d'un mépris quitombe sur son art. Un Poete peut mê-me pardonner de ne point aimer lesvers ; mais il est outré de dépit, lors-qu'il voit couronner des ouvrages quine valent pas les siens. Il est désespéréd'une injustice qui l'humilie personnel-lement, & il renonce à la Poësie au-
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