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Ystoire de li Normant
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i5i

alo temps de cestui saint abbé, et voil qu'il vive après mamort. Et que cestui a l'ultime jor de ma vie me face l'ab-solution de mes péchiez. » Et par ceste parole se mostreque cestui moine translateur de ceste ystoire fu. a lo tempsde cestui abbé Desidere, loquel fu tant saint home et debone vie, et plein de grant sapience.

Cap. 53. Or non parlons plus de la fama et de la sub-cession de li pontifice de Rome, quar l'onor défailli aRome puiz que faillirent li Thodesque, quar se je voilldire la costume et lo élection lor, ou me covient mentir,et se je di la vérité, aurai-je l'yre de li Romain (3).

Cijinist lo tiers livre.

(i) Ce court chapitre est assez étrange sous la plume d'Aimé et seressent sans doute de l'influence de l'abbé Didier sur son auteur.Dans la seconde moitié du xie siècle, plusieurs serviteurs dévoués del'église, notamment S. Pierre Damiani et l'abbé Didier désiraient quela couronne de Germanie gardât une certaine influence sur les élec-tions à la papauté ; une autre école, à la tête de laquelle se trouvaitHildebrand, le futur Grégoire VII, tendait au contraire à revendiquerla pleine liberté électorale de l'église de Rome, et le synode romain,tenu le i3 avril ioSg, c'est-à-dire à peu près à l'époque Aimé estarrivé dans son récit, montre que le programme de Hildebrand ga-gnait du terrain. De, je crois, la mauvaise humeur qui se traduitdans ce chapitre. Aimé ne dut cependant pas persister dans ces sen-timents, car nous savons qu'il a écrit des vers en l'honneur deGrégoire VII ; cf. supra, Introduction, p. ix.