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la reddition de Salerne, tandis qu'elle a eu lieu, commele dit Aimé, pendant le siège de cette ville..
Cette longue série des emprunts de la Chronicon Casi-nense à YHistoria Normannorum témoigne de l'impor-tance d'Aimé comme historien des Normands en Italie ;abstraction faite de son livre et de ce que lui doit la Chro-nicon Casinense, il ne resterait pour connaître l'histoiredes Normands d'Italie, depuis leurs premières apparitions "dans ce pays jusqu'à la mort de Richard de Capoue en1078, que les indications laconiques et purement chro-logiques de la Chronicon brève Normannicum, de Lupus,des Annales Barenses et des petites Annales Cassinenses etles traditions presque toujours altérées et défigurées dechroniqueurs qui, comme Raoul Glaber, Orderic Vital,Adémar de Chabanais, Guillaume de Jumièges, n'ont pasvécu en Italie et n'ont écrit que d'après des ouï-dire.Quant à Guillaume de Pouille, nous l'avons déjà dit, iln'a composé son poème que pour la glorification du ducRoger, fils de Robert Guiscard ; son but n'est nullementde raconter les commencements de la conquête, il ne lefait que d'une manière incomplète et comme introductionà son sujet; de même, G. Malaterra vise surtout à re-hausser la gloire de Roger, le grand comte de Sicile, ledernier dès fils de Tancrède, venu en Italie lorsque lesNormands avaient, depuis plusieurs années déjà, établi lesbases de leur puissance ; à Aimé revient donc l'honneurd'être le véritable et le plus important, historien dessoixante premières années de l'histoire des Normands enItalie; sans lui, cette histoire serait restée obscure,incomplète, et à peu près énigmatique par bien des côtés.