XXIV
vant nous être, sur ce point, de quelque utilité ; remar-quons seulement que si, en 1071, lors de la consécrationde l'église du Mont-Cassin, Aimé avait été évêque, Léode' Marsi n'aurait probablement pas omis de le compter aunombre des prélats qui entouraient à cette cérémonie lepape Alexandre II (1) ; il aura sans doute été sacré évêquependant les pontificats de Grégoire VII ou de Victor III.La mort de Richard, prince de Capoue, survenuele 5 avril 1078, étant le dernier fait mentionné dansl'histoire des Normands (2). C'est donc après cette datequ'Aimé a terminé son travail, et comme il le dédie àDidier, abbé du Mont-Cassin, alors qu'il n'était pas encoredevenu pape, c'est-à-dire avant le 24 mai 1086, c'estentre le 5 avril 1078 et le 24 mai 1086 qu'il a dû mettrela dernière main à son œuvre et la dédier à son supérieur.Un passage du cinquième livre permet de préciser davan-tage, il montre qu'Aimé a eu connaissance des projetsde Robert Guiscard contre l'empire d'Orient et il annonceque le duc mettra ces projets à exécution (3); ce passagea par conséquent été écrit avant le mois de mai 1081,c'est-à-dire avant la première expédition de Robert Guis-card contre l'empereur Alexis Comnène. Il est bien
(1) Voyez dans Muratori, R. 1. SS., t. V, p. 76 ou dans Migne : Patr.lat., t. 173, col. 997 sqq., la Narratio de consccrationc et dedicatione ecclcsiœCasinensis auctore Leone Marsicano.
(2) Cf. infra, livre VIII, c. 34.
(3) Voyez au livre V, c. 3, le récit de la vision d'un prêtre; le récit setermine par cette prédiction que Robert Guiscard subjuguera l'empire deConstantinople : « lo impière romain de Costentinoble, loquel dist cestuimoine qui estoit à celui tems vif et escrit ceste cose, 0 l'ajutoire de Dieuencoire se lo subjuguera, Cf. Hirscii, l. c, p. 207.