509. 1586 445
fais juge V. Exe, lequel des deux parties doit le premier venit-20^aux excuses, ayant esgard ä la qualite des personnes, source du 30.difterent, circonstances et deppendances de tout ce negoce.Mon maistre ne se laira pas tirer l'oreille pour embrasser sesanciens amis, les honorer, aymer et en toutes occasions les assisterde tous ses moyens et ensevelir en l'abisme de l'eternel oubli toutce qui pourroit avoir aueunement altere leur mutuelle bonne cor-respondance. C'est un ancien proverbe en langue francoyse: Atout seigueur tout honneur. De ma part je fais ce que je puispour maintenir ceste commune amitie honorable et proffitable ätoutes les deux parties. 1 ) Quand ä l'ambassadeur que le roy doitavoir envoye vers le pape et la harangue qu'il a faicte en pub-lic, 2 ) V. Exe. verra par l'inscription seulement de la dite barangue,de quoy il a este question en la dite ambassade, estant ebose tres-notoire que c'est un office que tous les potentas catboliques ontaecoustume de faire que d'envoyer rendre l'obedience au pape; etceluy qui est envoye pour faire la dite obedience choisit ordinaire-ment quelque docte personnage, lequel fait une publique oraisonen latin au pape, alors que le dit ambassadeur fait l'obedience.J'envoye ä V. Exe. la dite harangue et vous puis asseurer que leroy ne l'a jamais veue et ne sait ce qu'elle contient. Quand monbeau-frere monsieur Dabani fit l'obedience au pape Gregoiretresieme pour le roy, il fit faire sa harangue par feu monsieurMuret, le nom duquel ne peut faillir ä estre cognu de V. Exe. äcauze de sa rare doctrine et grande eloquence. Or il plaira äV. Exe. de prendre la peine d'esclaircir messeigneurs les electeurset princes du sujet de cest' ambassade. J'ay veu aussi ce que l'onescrit de la venue de monsieur le 'cardinal d'Est de pardegä. 3 )Ceux qui cognoissent ce dit s r cardinal, ses actions et deporte-ments, ne diront pas qu'il entreprendra jamais voyage pourtroubler le repos de la chrestiente. La facon dont il a use en cesderniers remuements ä l'endroict de messieurs de Guize qui sontenfans de sa soeur, en a rendu assez de tesmoig.nage. II y a plusde quatre ans qu'il marchande tous les ans de venir trouver leroy, le nom duquel seulement il revere et adore, et pleust ä dieuqu'il fut venu par decä il y a deux aus! Les affaires de la Franceseroient en meilleur estat qu'elles ne sont; pour le moins n'auroit-il pas tenu ä luy.
V. Exe. aura seu, comment et en quelle facon ceux de lareligion qui s'estoient retirez ä Sedan, ont surpris une forteresseen Champagne, nommee Rocroy. Aussi tost monsieur de Guize yest alle" pour les blocquer, et en pourroit bien mesadvenir ä quel-