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FRAGMENTS
son. Elle est formée de deux choses qui semblentopposées : de vérité supérieure et d’illusionagréable.
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Il est très compréhensible que tout finisse pardevenir poésie. Le monde ne finit-il pas par de-venir âme?
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On peut traiter poétiquement des occupationsles plus ordinaires. Il faut, pour entreprendrecette transformation, une profonde méditationpoétique. Les anciens l’ont admirablement com-pris. Comme ils décrivent poétiquement lesherbes, les machines, les maisons, les usten-siles, etc.! Un certain archaïsme du style, unejuste disposition et ordonnance des masses, unediscrète nuance d’allégorie, une certaine étran-geté, une certaine attention et un certain éton-nement qui perce sous l’écriture; voilà quelques-uns des secrets de cet art, dont j’ai besoin pourmon roman bourgeois.
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Il faut qu’on se spiritualise par une méditationlibre et incessante. Si l’on n’a pas le temps decontempler, de méditer librement, de parcouriravec calme et d’examiner les dispositions et lesémotions diverses, la fantaisie, la plus fécondemême, s’endort, et la diversité intérieure prendfin. Rien n’est plus utile au poète qu’une con-templation rapide des nombreux objets de l’uni-