INTRODUCTION
LU
étendue, une immensité d’idée; une solen-nité tranquille règne en eux, une solitudequi est presque celle de quelque mondeéteint. Çà et là aussi un rayon de lumièrenous visite dans la profondeur vide; etnous jetons un regard clair et émerveillésur les secrets de cette âme mystérieuse...Voici l’un de ces poèmes :
« Le matin reviendra-t-il toujours? etl’effort de la terre ne finira-t-il pas? L'ac-tivité mauvaise dévore le souffle célestede la nuit. L’offrande secrète de l’amourne brûlera-t-elle jamais éternellement? Letemps fut mesuré à la lumière, mais lerègne de la nuit ne connaît ni le temps nil’espace. Eternelle est la durée du sommeil.Sommeil sacré! ne rends pas trop rarementheureux ceux qui sont voués à la nuit ences travaux terrestres! Les fous seuls teméconnaissent et ne connaissent d’autresommeil que l’ombre que tu répands misé-ricordieusement sur nous en ce crépusculede la nuit véritable. Ils ne te sentent pasdans le flot doré des raisins, dans l’huilemerveilleuse de l’amande et dans la sèvefauve du pavot. Ils ne savent pas que c’esttoi qui enveloppes le tendre sein de laVierge et fais un paradis de son giron. Ils