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« LE VERGER »
Les arbres seront grands que nous avons plantés.Combien de printemps et d’étésAuront vu s’allonger leurs pousses 1Mais qui saura, si légère qu’elle ait été,Comme leur ombre en sa jeunesse nous fut douce ?
Sur le crépi des murs par places effrité,
Aux écailles des tuiles rousses,
Le temps aura coulé le ciment vert des mousses...Mais le bonheur que nous avons goûtéA la voir blanche et rose en sa virginitéVivre dans la lumière et nous sourire,
Qui saurait et pourrait le dire ?
Chère, chère maison, je te rêve pareilleAlors à ces petites vieillesAux traits de qui l’âge n’a pas éteintLe charme et la fraîcheur des sourires lointains...
Oui, tu conserveras simple et de grâce amène,Malgré les chagrins et les deuils,
Ton seuil ;