• I 10
LES FENÊTRES
Il est des fenêtres d’effroi.
Elles ne s’ouvrent que pour les ténèbres,Lentement, pesamment, comme des yeux de fièvre,Silencieusement, comme des lèvresQui ont perdu l’usage de la voix.
Toutes roucoulantes de caresses,
Il est des fenêtres d’amour,
Des fenêtres autour desquelles,
Sans lassitude, nuit et jour,
Comme un vol de colombesAutour d’une tombe,
L’essaim des désirs fous et des vaines promessesPlane, s’ébat, s’abat et bat des ailes.
Il est des fenêtres d’orgueil :
Bronze, marbre, splendeurs étoffées,
Avec des étendards de victoire ou de deuilDans l’or et le sang des trophées.
Il est des fenêtres de rêve,
D’où l’on sent qu’il doit être doux de se pencher,