LES REFLETS
Si
Pour mieux voir le départ des merveilleux navires,Emerveillées,
En se tenant les mains, se sont agenouillées.
Et l’une dit :
« Il faut nous embarquer, mes chères,
Sur ces nacelles passagères,
Pour les fantastiques paysDont nos prunelles éblouiesContemplent les reflets, à l’autre bout du monde,Là-bas, là-bas, dans le miroir de l’eau profonde.Voyez, elles quittent le port:
Celle-ci déjà lève l’ancreEt celle-là prend son essor.
Ne dirait-on pas un grand cygne ?
O beau navire, beau navire, tarde encor!Nous nous hâtons, consens à nous attendre! »Et de sa main ouverte elle lui faisait signe.
Trop tard. Dans une brume d’orIl s’est évanoui, toutes voiles dehors...
Mais d’autres ont surgi du bord de l’horizon.