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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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13
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ÉLÉGIES

i3

Ta lumière naquit de cette obscuritéqui nous pousse à genoux par ces beaux soirs dEté, flairant Dieu qui passe et fait vivre les blés,sous les liserons noirs aboient les chiens de garde.

Je ne regrette pas ta mort. Dautres mettrontle laurier qui convient aux rides de ton front.Moi, jaurais peur de te blesser, te connaissant.

11 ne faut pas cacher aux enfants de seize ansqui suivront ton cercueil en pleurant sur ta lyre,la gloire de ceux- qui meurent le front libre.

Je ne regrette pas ta mort. Ta vie est.

Comme la voix du vent qui berce les lilas

ne meurt point, mais revient après bien des années

dans les mêmes lilas quon avait cru fanés,

les chants, mon cher Samain, reviendront pour bercer

les enfants que déjà mûrissent nos pensées.

Sur ta tombe, pareil à quelque pâtre antiquedont pleure le troupeau sur la pauvre colline,