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Le Deuil des Primevères : 1898 - 1900
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LE DEUIL DES PRIMEVERES

Viens encore. Cest Orthez tu es. Bonheur est.Pose donc ton chapeau sur la chaise qui est.

Tu as soif? Voici de leau de puits bleue et du vin.Ma mère va descendre et te dire : « Samain... »et ma chienne appuyer son museau sur ta main.

Je parle. Tu souris dun sérieux sourire.

Le temps nexiste pas. Et tu me laisses dire.

Le soir vient. Nous marchons dans la lumi ère jaunequi fait les fins du jour ressembler à lAutomne.

Et nous longeons le gave. Une colombe rauquegémit tout doucement dans un peuplier glauque.

Je bavarde. Tu souris encore. Bonheur se tait.

Voici la route obscure au déclin de lEté,voici que nous rentrons sur les pauvres pavés,voici lombre à genoux près des belles-de-nuitqui ornent les seuils noirs la fumée bleuit.

Ta mort ne change rien. Lombre que tu aimais, tu vivais, tu souffrais, tu chantais,cest nous qui la quittons et cest toi qui la gardes.