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1 (1883) Musique d'orgue
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TOME PREMIER.

MUSIQUE DORGUE.

INTRODUCTION.

i.

'est à juste titre que lorgue est appelé le roi des instrumentsde musique. Si lÉglise na pas été son berceau, elle en a été du moinsla glorification: cest grâce à elle, en effet, que cet incomparable in-strument est parvenu au degré de perfection quil possède aujourdhui.

Le caractère de lorgue est éminemment religieux, parce quil estcatholique, et cest le profaner que de le transporter de léglise authéâtre, cependant on lui fait parler un langage digne de la Re-ligion, tandis que dans le sanctuaire on lui fait trop souvent jouerun rôle qui ne serait pas même admis à lopéra bouffe. Cette pro-fanation de lorgue a lieu surtout en Italie, en France et en Belgique.Il faut reconnaître toutefois que ces deux derniers pays sont en grandprogrès depuis quelque temps.

n.

La Religion Catholique qui ne repousse aucune manifestation delart, na point fermé ses temples à la tonalité musicale moderne; mais

on a eu tort dy laisser pénétrer toutes les licences du style chroma-tique, et de faire perdre à lorgue son accord et son véritable ca-ractère.

Autrefois, et de nos jours encore il en est de même dans quelquesrares localités, lorgue était accordé diatoniquement, à tempéramentinégal, et, pour nous servir dune expression technique, avec la quintedu loup. Cette manière daccorder donne une grande pureté dintonationaux huit tons qui sont principalement en usage dans le chant grégorien.Sans doute il y a, dans ce système, un je ne sais quoi dinsupportabledans le ton de sol bémol , et beaucoup de dureté dans les tons de labémol , de bémol et de si naturel majeur. En revanche, le tempéramentinégal donne à chaque ton un caractère et une couleur qui lui sontpropres. Il offre donc un très précieux avantage sur le tempéramentégal, qui rend tous les tons exactement semblables entre eux, tousétant supportables, il est vrai, mais aucun deux ne satisfaisant com-plètement loreille.

En changeant laccord de lorgue, on la mis au service delennemi, et lon a consommé la ruine du plain-chant. On dirait