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1 (1883) Musique d'orgue
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vraiment que le tempérament inégal avait été prévu pour servir debarrière au sensualisme du système chromatique!

H faut donc rebrousser chemin: ce sera un puissant moyen dem-pêcher la musique dorgue de suivre la pente funeste de la modulationeffrénée .

m.

Le caractère religieux de lorgue réside surtout dans les jeux defond: ceux-ci sont lâme de linstrument et en constituent la partienoble, comme les cordes dans lorchestre.

Les jeux de mutation sont le complément de ceux dont nousvenons de parler. Par mariage de leur timbre argentin, le plein-jeuacquiert une sonorité unique dont aucune combinaison orchestrale nesaurait donner une idée, et qui semble transporter lauditeur sous unciel étincelant' détoiles. Mais rien nest plus difficile à bien établircomme les jeux de mutation, et, mal faits, ils sont insupportables.

Les jeux d anches sont la partie bruyante et un peu vulgaire delorgue. Pour être bons, ils doivent contenir leur propre bourdon. Unorganiste judicieux en réserve lemploi pour les sorties , ou, sil sensert pendant le service divin, ce ne sera quà loffertoire, et encoreagira-t-il sagement de ne les mettre alors en œuvre que comme jeuxde solo, accompagnés avec les fonds.

La voix humaine est rarement dun bon effet. Tous les organistessans goût ne se font point faute den abuser.

Le tremblant ne convient quà la voix humaine: il est fait pourelle. Lorsquon lemploie avec dautres jeux, il produit leffet decertaines orgues de Barbarie.

Les voix célestes sont moins fatigantes que les voix humaines. Onen obtient de beaux effets, lorsquon les traite avec une sobriétéjudicieuse.

Les jeux de solo , en général, doivent être ménagés. Ils produisentquelquefois de beaux effets par leur mélange ; mais il y a ici unécueil que doivent éviter les jeunes organistes. Ceux-ci sont souventtentés dabuser des ressources que leur offrent les combinaisons mé-caniques de la facture moderne. Il est bien plus facile de plaire àlauditoire par lopposition des timbres que de lintéresser par lasolidité de la science et lélévation des idées.

IV.

Lorganiste catholique doit toujours édifier les fidèles. Il noublierajamais quil est dans la maison de Dieu. Son jeu sera constammenten harmonie avec la majesté du sanctuaire. Sil ne comprend pas laliturgie sacrée, il lui sera impossible de refléter, dans son style, la fêtedu jour que lon célèbre. H jouera constamment alors de la mêmefaçon, à toutes les fêtes , comme un véritable mercenaire.

Il doit être grave sans être ennuyeux, élégant sans être léger,mélodieux sans être trivial. Il fera toujours usage dune harmonie pureet riche, et, en même temps, aussi diatonique que possible.

Lorganiste catholique évitera d 'amuser les fidèles et dattirer leurattention par de petites mièvreries, par de petits effets dopposition detimbres, par lemploi insolite du tremblant et de la boîte expressive. Ceseffets ne sont tolérables que dans une salle de concert.

Y.

H faut que lorganiste catholique sache improviser. Il ne le pourrajamais dune manière convenable, sil ne possède lharmonie, le contre-point, la fugue, un bon mécanisme des pieds et des mains, et uneconnaissance sérieuse du mélange des jeux.