DEUXIÈME PA RT1E. 44g
telui qui paie un nègre comme il paierait une canneà sucre. Il est incroyable que, malgré les saintes leçonsdu christianisme et les progrès de la civilisation ,cette barbare coutume trouve encore des défenseurs,èt qu’on ose demander en sa faveur des argumens àla philosophie.
Il y a des hommes, dit-on, qui naissent esclaves ;des hommes que la nature nous donne tels : robustesde coi’ps, et bornés dans leur intelligence, ils sem-blent destinés au service des habiles.
Qui a fait ce raisonnement? Aristote. Il était Grecet payen : il avait des esclaves. Croyez-vous qu’unnégrier, parlant de la traite , en parlerait en philo-sophe?
Mais, ajoute-t-on, voyez l’Africain ; son organisa-tion annonce l’infériorité de son espèce. Cette faceallongée, ce front qui recule et se déprime vers lestempes, ce développement si prononcé de la partiepostérieure du crâne , siège des organes qui serventlà sensibilité physique, tout cela ne prouve-t-il pasque le nègre est plus destiné aux passions animalesqu’aux exercices de l’intelligence; qu’il ressembleplus au lion de ses forêts qu’à l’homme de nos côtes?
Et si nous avions dans nos amphithéâtres quelquescrânes de nos aïeux, les Sicambres , les Saliens , lesBructères, croyez-vous que vous y trouveriez cesgrands fronts, ces larges tempes dont nous sommessi fiers , nous les enfans d’une longue civilisation?Si au lieu de ces pensées de liberté, de gloire, aulieu de ces bienfaits de science et de génie que la Pro-
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PHILOSOPHIE.