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DEUXIÈME PARTIE. 4oi
CHAPITRE PREMIER.
DEVOIRS ENVERS l’ÉTAT.
Le commencement des états se perd dans la nuitdes temps : il est téméraire de lui assigner une seulecause. Trois nous semblent probables, sans parler deleur combinaison entre elles.
La première, la plus conforme à la nature, c’estl’autorité paternelle. Chef légitime de sa famille etde ses descendans, le père ou l’aieul, règne par lagrâce de Dieu : les hommes privés de leurs *parens ,par conséquent de leur force , viennent réclamer sonappui. Le pouvoir paternel, en les couvrant de saprotection, les enveloppe de son autorité : ainsi seconstitue le gouvernement patriarcal.
L’origine la plus naturelle ensuite , pour les états ,la plus commune peut-être, c’est l’usurpation. Tan-tôt le premier occupant d’une contrée s’en déclare lepropriétaire : tantôt le plus habile ou le plus fortparmi les hommes d’un pays croit voir son droit decommander dans le besoin qu’on a de sa sagesse oudans la crainte qu’il inspire : souvent enfin c’est uneligue des méehans en faveur d’un brigand qui lespaye de leurs services, contre les faibles dont la dé-pouille doit fournir la récompense. Dans tous ces cas,commencée par un abus de la force, l’autorité ne
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PHILOSOPHIE.