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PREMIÈRE PA R T1 R.
de père en fils. D’où vient donc qu’on ne retrouveplus les traces de cette langue primitive? Je diraicomme La Fontaine :
Ecoutez ce récit avant que je réponde.
Lapeyrouse, parti de Brest le i er août 1785, dis-parut dans l’hiver de 1788. Des recherches récentesne laissent plus aucun doute sur le lieu et les circon-stances du naufrage de ce grand homme. U échouaavec ses deux frégates, sur les récifs de Vanikoro,vers le 16 e degré de. latitude australe. Il paraît queles équipages furent massacrés par les insulaires , lepeuple le plus féroce de toutes ces contrées, encoresi peu connues.
Je suppose que quatre ou cinq de ses compagnons,des matelots de son bord, hommes peu instruits,sauvages de la civilisation, mais robustes, entrepre-nans, et capables de se suffire à eux-mêmes, sauvésdans une pirogue par quelques femmes touchées deleur sort, soient parvenus dans uue île encore dé-serte de eet immense océan. Là, point de commu-nication , plus d’espoir de retour; il faut renoncer àla patrie. Mais les relations sociales, les délicatessesdu luxe européen 11e sont rien pour ces marinsgrossiers: ils ne savent de nos arts que ce qu’exigentles premiers besoins de la vie. Ils s’établissent, et semaintiennent sur ces bords.
Or, là tout est différent d’avec ce qu’ils connais-saient dans leur enfance. La langue française n’a pas.de mots pour exprimer toutes les productions de çes„