Druckschrift 
Nouveau système d'études philosophiques
Entstehung
Seite
43
Einzelbild herunterladen
 

CHAPITRE III.

PRODUITS DE LA PENSÉE.

Nous entendons par ce mot les idées.

i. Mais qu’entendons-nous par Idée ?

Il serait à souhaiter que ce mot n’eût jamais parudans la science qui nous occupe. Le nombre des ac-ceptions qu’il a subies, l’exagération et presque tou-jours la frivolité des discussions qu’il a soulevées ,nous le font regarder comme un des fléaux de la phi-losophie. Au milieu de tant de définitions diverses,quelle sera la nôtre ? en aurons nous une ? un motd’explication va répondre.

Tous nos sentimens sont liés entre eux, toutes nossensations entre elles, par d’innombrables rapports.Des liens plus mystérieux encore unissent nos senti-mens à nos sensations. Tout se tient, tout doit setenir dans un être indivisible.

Ainsi, un corps ne m’affectera pas ordinairementpar une seule de ses qualités. Si je vois sa couleur,je verrai sa figure et son étendue , son mouvementou son repos : si je palpe sa forme , je connaîtrai sasolidité, son aspérité : si je respire une odeur loin-taine , elle me causera du plaisir ou du dégoût : malangue divisera les parties du fruit dont elle m’ap-prendra la saveur : si j’entends un bruit inconnu,sur-le-champ je l’attribuerai au choc de quelques-uns