PREMIÈRE PARTIE. 4l
Enfin si les analogies sont réelles et complètes, sielles arrivent jusqu’à l’identité , le raisonnement estsûr. Ainsi l’homme proclame l’existence de l’homme.Mais ce qu’il importe de remarquer, c’est qu 'identiténe veut pas dire confusion, ressemblance parfaite dutout au tout, car il n’y aurait pas deux êtres iden->tiques ; mais identité des qualités essentielles, decelles qui font l’être. Ainsi les hommes different decouleur , de figure, de taille , de langage, de formemême , car rien ne ressemble moins au nègre de Va-nikoro que l’Apollon du belvédère : ils diffèrentd’idées, de jugemens, de mœurs ; car rien ne ressem-ble moins au stupide Groenlandais que Voltaire , aumuet du sérail que Washington, au Zélandais féroceque St-Vincent de Paule. Mais tous sont hommes,parce que tous ont la même conscience, les mêmes fa-cultés à exercer, les mêmes devoirs à remplir.
8. Nous bornerions ici cette analyse rapide des,opérations de la pensée , si nous n’avions cru devoirindiquer dans l’homme la puissance qui le distinguede tous les êtres connus, et réhabiliter un mot quinous semble mieux qu’aucun autre destiné à expri^mer ce pouvoir.
Il est possible que les animaux soient comme nousdoués de la sensibilité. Des milliers de faits semblentvenir à l’appui de cette assertion, qui d’ailleurs au-,jourd’hui n’est plus guère combattue. S’ils sentent,ils pensent : s’ils pensent, ils se souviennent, jugent,imaginent et raisonnent : la conséquence est rigou-reuse. Mais un pouvoir qu’aucun d f eux ne possède