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La religion des anciens Romains : tirée des plus pures sources de l'antiquité
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CASTRAMETATIONEt ſans point de doubte de perſuader ou diſſuader àpetit nombre de gens il est bien facile : mais la difficultéest grande d'oster une mauaise opinion à un exercite, oud'aler contre l'opinion de tous : &, pour remedier à toutes mutineries, & pour donner courage de combattreGētilinstru aux gens-d'armes, vous n'auez meilleur instrument quement que lala langue & les paroles : lesquelles il faut estre entendueslangue.de tous les soldats. Voila pourquoy les anciens Consuls& Lieutenans generaux estoyent tous gens de sauoir, àce que nous li$ons par les concions de Tite Liue & au-L'eloquencetres Historiens. Et certainement l'eloquence d'vn Capi-d'un Capitane sert fort taine sert bien aux affaires de la guerre: de sorte quebien aux ajnous congnoissons par les Commentaires de Cesar,saires de lacombien a serui la parole. Quand Tranquillus parleguerre.Germanicus de Germanicus, entre ses autres louenges il dit qu'il a-guoyi la pauoyt la parole faicte pour acquerir le cueur des hom-cele faictecur acque mes. Car, parlant gratieusement à Syphax, qui auoyt estér le cueur mortel & capital annemy des Rommains, il le rendites hominespar sa parole amy de la republicque Rommaine. Par laYphax.Forte de la parole, un gentil Duc, ou Capitaine, oste la poeur à sesparole.soldats, leur donne courage, & leur fait croistre le desirde combattre leur ennemy, decouure les perils, prometles recompenses, & à la fin toutes passions sont ostéesLa lague & par la parole. Et cecy nous fait entendre que les mainsla main de & la langue des hommes ont esté tousiours deux noblesl'homme sontdeux nobles instromens pour les anoblir. Outre la parole Epami-instrumens nundas Thebain, disoyt qu'à un bon Chef-de-guerrepour l'anoestoyt chose tresnecessaire de congnoistre la delibera-blir.epaminũd is tion de son ennemy : &, d'autant qu'il se treuue diffi-Thebanus. cile, d'autant plus a de louenge celuy, qui la peut conje-cturer. Combien profite un bon General en une ar-mée Polybe l'escrit, au premier liure de son maoireRom