Bibliothek Königlichen Kunst=Akademie zu Düsseldorf. Nr. 59. des Catalogs. Koake direitend de L'acindemu du dessein a Dusseldorf le 23 janv 1775 Brunet II, Sp. 252 Verländer, Nr. 953 u 154 1. A. 138 Cultr the ⵎⴱⴱ II ILERI des anciens — MI F tirée des plus pures ſourçes de L PANTIQUI avec un Discours sur la CASTRAMETATION Discipline Militaire des Romains, des Bains & antiques Exercitations Grecques & Romaines CHOUL, Mr. D U Conseiller du Roi & Baillif des montagnes du Dauphiné, Ouvrage enrichi de plus de 300. figures en taille douce Illustré d'un grand nombre de medailles, & de plusieurs belles figures retirées des marbres antiques. Suivant la copie de Lyon. DUSSELDORE chez Jean vander Smissen 1731. Rar Mth. h. 38 LANDESUMD STADTLIBLICTUEK DUSSELDON AU LECTEUR. E n'est pas un livre nouveau, qu'on vous presente cher Lecteur, mais un bon livre. La Republique litteraire aiant temoïgné son deplaisir de voir, que le Public ne fut suffisamment pourvû d'un livre si excellent comme celui-ci, fait par Guilleaume du Choul, Conſeiller du Roi de France Henri ſecond, ſur la Religion, Caſtrametation & Diſcipline militaire des anciens Romains, & des Bains & antiques Exercitations Grecques & Romaines, parce que tous les exemplaires des editions precedentes tant en Italien qu'en François sont devenuës tres rares, & ne se trouvent plus que par hazard ; on s'est determiné d'en donner une nouvelle édition à grands fraix, à cause de la quantité des tailles douçes, dont elle est remplie. Je croirois ne pouvoir assez m'expliquer sur toute l'excellence du livre, ſi je voulois hazarder de faire une longue preface: Les Savans en étant trop persuadés, je me rapporte à leur jugement. Des differentes edition la premiére parui en Folio à Lyon chez Jean de Tournes, l'an 1556. La seconde en Italien aussi en Folio chez le dit Imprimeur, pour le rendre plus communicable dans l'Europe, intitule: Discorso della Religione antica de Romani &c. in Lione 1558. La troisiéme edition a été faite aussi en Italien sous ce titre : Discorso del Sr. Guglielmo Choul, Gentilhuomo Lionese, Consigliero del Ré &c. sopra la Castrametatione, Bagni è Essercitii antichi de i Greci è Romani &c. in Vinetia appresso Marc Antonio Olmo 1559. Les differentes éditions fontvoir le merite du livre, que je donne au Publie dans le même Gaulois, qu'il a paru dans la premiére, de peur d'en alterer le sens. Les figures sont faites le plus exactement qu'il s'est pû. Voila cher Lecteur ce que j'ai jugé necesſaire à vous dire ſur cette édition. AMONSIEUR DURFE,CHEVALIER DE L'ORDRE, GOUVERNEUR DE MONSEIGNEUR LE DAULPHIN. Avoys deliberé long temps ya, Illustrißime Seigneur, de vous faire congnoistre l'affection que j'ay touſiours eûe de vous faire ſervice, pour recongnoissance de l'honneur qu'il vous a pleu me faire & aux miens, vous estant Ambassadeur pour le Roy à Rome : accompaigné de l'amytié que de long temps vous m'avez portée, sans l'avoir merité envers vous Et n'ayant trouvé meilleur moyen, pour ceste heure, que de vous envoyer ce petit discours, que j'ay faict de la religion des anciens Romains, j'ay consideré que ce vous seroit chose agreable de le veoir, A 2 pour pour vous desennuyer, apres estre lassé d'une infinité d'affaires : & mesmement que c'est chose qui sort des mains de celuy que vous tenez vostre : qui vous fera veoir par ce petit traicté, les temples des Dieux, les enſeignes de leur religion, & des ſacerdoces les cerimonies & sacrifices : vous suppliant le recevoir d'aussi bon cœur, que je le vous envoye : considerant que les Diex au temps passé prirent en gré le petit aigneau, que presentoit sur l'autel le pauvre berger, d'une voulonté aussi bonne, que le sacrifice de cent beufs d'un grand Empereur : en suppliant le createur, Monseigneur, de vous donner telle felicitê, que je la vous desire. A Lyon, de vostre maison de la Magdelene, ce quinziéme jour du moys de Feburier. MDLVI. Voſtre treshumble ſerviteur & amy D. T CHOUL. DISCOURS DE LA RELIGION DES ANCIENS ROMAINS. A COMMUNE opinion des anciens Historiographes nous servira de tesmoignage, Tresillustre Seigneur, que Janus Roy des Latins tresantique commença le premier à Ianus preedifier temples à l'honneur des Dieux im-mier edifimortels : les autres remettent la religion à cateur des ceux de Crete, à Phoroneus & à Diotysius. Et depuis toutes temples. les Republicques, Princes, & Empereurs, qui eurent la volonté bonne à l'endroit de la pieté, mirent toutes leurs forces aux ornemens magnifiques de leurs temples : mais de tous l'on tient pour asseuré, que les Romains garderent Les Ro& observerent la pieté de la religion, ayants mis grand cu- mains sur re & sollicitude à la magnificence & grandeur des maisons leur garde de em la sacrées, & dediées à leurs Dieux & Deesse. Entre lesquels se Religientreuve plus entier de tous le renommé temple de Pantheon Temple de que feit edifier par grande somptuosité M. Agrippe, gendre de Pambeen, maintenant Cesar Auguste) qui se voit tout entier à Rome de forme ronde, la Roiende & pour sa rondeur nommé de chascun la Rotonde:faict de brique par le dehors, & par le dedans orné & enrichy de marbres de diverses couleurs : & à l'environ sont petites chappelles, où anciennemẽt eſtoyent colloquées les ſtatues des Dieux, & prinA. 3 ci DE LA RELIGION Phidias cipalement celle de Minerve faicte d'yvoire par Phidias, ſculsculpteur renommé pteur entre tous ceux de la Grece renommé, & celle de Venus, entre ceux aux oreilles de laquelle pendoit la perle tant celebrée de Cleode Grece. patra Royne d'Aegypte, qu'Auguste Cesar avoir faict fendre Perle de Cleopatia en deux moitiez, pour les mettre aux oreilles de la Deesse: pource que la pareille ne se pouvoit trouver en tout le monde. La semblable, qui avoit esté fondue par ladicte Royne au banquet de M. Antoine, pesoit demie once, qui sont quatre vingts quaDeux cents ratz, estimez cent fois sesterces, qui sont deux cents cinquante sexcercer mil escus. Pline dit au huitiéme livre de l'histoire naturelle, son deux centeinquand il parle des perles, qu'elle estoit de si grande perfection Vente mil & excellence, que c'estoit le singulier & unique ouvrage de esus. Seacliet Nature. Les portes de ce temple sont de bronze de merveilleu ouvrage de se grandeur, & les colonnes de son antipantheon (qui est un nature. bellissime portail) se voyent de grosseur inestimable. Autrefois il s'en trouvoit seize, aujourdhuy elles sont reduites à treize: deux ont esté gastées par le feu, & l'autre l'on ne sçait qu'elle est dePantheon venue. Les pou$tres de ce couvert $ont de bronze doré. Ledict dedita In tēple fut dedié à Jupiter Ulteur, ou Vengeur, cōbien que Dion pier Ven§ 27. recite, que Marcus Agrippa le fit faire à l'honneur d'AuguCourritte ste. Sa couverture estoit anciennement de lames d'argent (conre du Par me l'ont escript plusieurs Historiens) lesquelles feit leuer & emtheond'ar gent, porter Constantin Empereur troisiéme de ce nom, nepueu d Heraclius, avecques un grand nombre de statues de bronze & de marbre, qui servoyent pour la decoration de la cité de Rome : & autres choses belles & antiques, qu'il feit charger sur mer, pour les conduire en Constātinoble. Mais, ce $acrilege ne demeura pas impuni: car la fortune luy fat si contraire, qu'à son retour il mourut en Sicile, en la cité de Syracuse : & furent toutes ces choses depuis pillées par les Barbares, qui surVengence vindrent avec une grosse armée de mer, qui les porterent du facrille jusques en Aegypte. Et en sept jours, que demeura ce prince à re omni Rome, il feit trop plus de dommaige, que n'avoyent faict les par Constantin. Coths & estrangeres nations en deux cents ans. Je puis dire que DES ANCIENS ROMAINS. que ce temple est autant biē architecté, qu'autre que l'ò puisse touver, du demeurant, & des reliques de tous les parfaicts edifices, qui furent oncques faicts par tout le monde : aujourd'huy consacré pour la celebration des choses divines, qui se voit aussi entier, que la medaille de M. Agrippe le represente. MARCUS AGRIPPA AENEUS. E 2 ⛪ 2 0 Un temple quasi semblable commun à tous les Dieux feit Temple faire, passant par Athenes, Hadrian l'Empereur, à l'imitation d'H. d'andu Pantheon de Marc Agrippe, enrichy de cent & vingt coters les lonnes de marbre Phrygien : & autour portiques, ou galeries Diec x. pour se pourmener : comme l'on faict encores aujourdhuy aux cloistres de noz religions. En ce temple feit dresser Hadrian Gymnase & biblioune bibliotheque, & de son nom un gymnase, où il feit mettre theque au cent colonnes de marbre, qu'il avoit faict venir de Libye, comme recite aux Att ques Pausanias: qui dit en un autre passaiPausamas. ge, que le nom d'Hadrian se trouvoit au temple commun, qu'il avoit faict en Athenes à tous les Dieux. Ce que nous monstrent les medailles frappées en Grece, pour la memoire de ce triomphant edifice, ou le πρέρυρου (qui est le portal ainsi nommé des Grecz) se voit accompaigne de characteres qui disent, & 12IOYNIAE, ne signifiantes autres chose, que la communauté de ce temple à tous les Lieux. HADRI DE LA RELIGION HADRIANUS GRAECUS AENEUS XXX ICIOYNIA Lai$$ons à part les temples dediez à tous ces Dieux & DeTemple de mones pleines de superstitions : & regardons la grandeur & Hurusalē. magnificence du sainct temple de Hierusalem, qui a passé & surmonté d'opudence & de richesse tous ceux, desquels nous Arche cau ayons eu la congnoissance jusques à ce jour là où estoit l'arche verie de couverte de lames d'or fort espe$$es, qui e$toit un va$e de$tiné James d'or pour les loix, où estoyent serrez les comandemens, qui avoyent Table d'or. esté donnez de Dieu. La se touvoit la table d'or, & une infinité de vases sacrez, d'or & d'argent, calices, fioles, & autres choses qui servoyent pour la cerimonie des sacrifices. Là estoit encores le candelabre, de la tige duquel sortoyent de chascun costé trois rameaux, à la sommité desquels se monstroyent six Description du candepetites lucernes, representants les sept planettes, & la tige du labre, qui millieu portoit la plus grāde, par laquelle e$toit figuré le Soleil. estoit au Toutes ces choses furent portées en la pompe du triomphe de temple de Salomon. Vespasian & de Titus son fils, apres la prinse de la ludee. qu'ils commanderent estre mises au temple de Paix, avecques tous les vases & ornements que Titus avoit aportez des despouilles du temple de Hierusalem: & depuis insculpées en l'arc de marAr ctriom bre branc, qui fut dressé à Tite Vespasian par le Senat & le peuphantde. Titus Ve-ple de Rome: lequel se voit encores tout entier avecques pluspasian. sieurs sacrifices apartenants à la religion. FIGVRE DES ANCIENS ROMAINS. FIGURE RETIREE DE L'ARO triomphal de Tite Vespasian, qui ſe voit tout entier à Rome. the Le temple de Paix magnifique (que Pline au liure Templede treutesixiéme de l'histoire naturelle a mis entre les Paix entre les œuures œuures admirables de la cité de Rome) bruſla du temps magnifide Commode, comme nous li$ons en Herodian : qui dit, ques de la que c'estoit de toutes les œuures de Rome la plus grancité de Rede, la plus belle, & mieux decorée d'or, d'argent, & d'un Ce que dit grand nombre de statues & imaiges, tant dedans le Herodian du temple temple que dehors : comme l'on voit encores par leurs de Paix. medailles. VE Vespasien & Tite son filz trium pherent de la Iudée. DE LA RELIGION TITUS VESPASIANUS AENEUS AENEUS. 0 Ce sont ces bons Princes Vespasian le pere & le fils, qui prirent & triumpherent tous deux de la Judée, & qui la remirent en l'obeyssance du peuple de Rome : comme bien au long l'a mis par escript Josephe au liure qu'il a fait de la guerre des Jvifs, ou pourra veoir le Lecteur le miserable feu du saint temple de Jerusalem. TITUS VESPASIANUS ENEL ARGENTEUS. E APTA IVDAEA S VE DES ANCIENS ROMAINS. TITUS VESPASIANUS CARGENTEUS GENEUS. N VESPASIANUS ARGENTEUS. AENEUS. IVD CAI xxxx AMETHYSTUS ANTIQUUS QUI ESTIN MANIBUS AUTORIS. B 2 Nous Paix universelle du temps de Vespasian. Simulacre de la paix. L'oliue de vise de la paix. Le caducée symbole de la paix. DE LA RELIGION Nous auons veu cy dessus, comme Vespasian prit grand plaisir à bien edifier le temple de Paix, comme celuy qui l'auoit mise par tout le monde apres la prinse de la Iudée. Ce qu'il a monstré par ses monnoyes d'or, d'argent, & de bronze, ou il a figuré aux unes le ſimulacre de la Paix, accompaigné des lettres qui disent, PACI ORBIS TERRARUM. Et aux autres il a faict insculper la Paix qui tient une torche allumée d'une main, de laquelle elle met le feu â un tas de flesches, arcs, mourrions, cuyrasses, escus, & autres instruments de guerre : & de l'autre main elle tient une branche d'olive, devi$e de la Paix asses cognue, & lettres qui monstrent la paix d'Auguste par ces motz, PAX AUGUSTI. DOMITIANUS VESPASIANUS EREUS AEREUS AVGI S Et tout ainsi que Vespasian a figuré la Paix auec une branche d'olivier, & le caducée de Mercure, symbole de la paix, Titus son fils, depuis son successeur, a representé la Deesse auec le rameau de la palme, qu'elle tient de la main droitte, & de l'autre son sceptre, auec l'inscription de PAX AETERNA. VE DES ANCIENS ROMAINS. TITUS VESPASIANUS AENEVI. AENEUS E TE D C'est la figure de la paix tant desirée, qui nourrit la la paix felicité publicque, en laquelle profite le peuple, & l'utilinourrit la felicité puté de tout le monde est gardée. La paix multiplie la succession de l'humain lignaige, multiplie les richesses : par la paix sont honorées les vertus. A la fin elle contient en soy tant de bien, qui'l n'est chose en terre que l'on puisse demander, ny desirer plus gratieuse. Et qu'il soit ainsi, La paix nourrisse l'on voit flourir, quand la paix regne, les bonnes lettres, des bonnes favoriser les bons esprits, les disciplines sont prisees, & lettres. la recompense est donnée à ceux qui la meritent. C'est une grand lovange à un Prince de porter faveur aux gens de lettres, & d'entretenir professeurs publicques, & d'auoir esgard aux gymnases. Les lettres rendent le nom des Princes immortels, & servent de trompette aux oreilles de noz successeurs. Et sans les histoires Ce qui rēd escriptes, seroyent mortes & du tout esteintes les gestes le nom des Princes in & louanges de Philippe Roy de Macedoine, d'Alexan-mortel, dre le Grand, de Cesar, de Pompée, de Cyrus, des Grecs, & des Perses. Et seroit perdue la renommée & memoire des Romains, & la gloire d'une infinité de gens Digression à Monsieur Durfé, ou l'Auteur l'incite à nourrir Monsei gneur le Daulpkin aux bonnes lettres. L'autel de Paix. DE LA RELIGION de bien. Parquoy Monsieur, puis que vous auez esté elleu par le Roy au gouvernement de Monseigneur le Daulphin, & que vous estes celuy qui congnoissez que les bonnes lettres se nourrissent d'honneur, & que le savoir à fait florir les Royaumes & Republicques, & que là ou le Prince porte faveur aux lettres & honore les vertus, se monstrent les bons esprits : comme ce premier fils de France est de nature humain, vous acquerrez lovange immortelle de l'entretenir en la recommendation des lettres humaines, & des bonnes lettres. Pour retourner au propos de la paix, dont nous sommes saillis, Auguste Cesar feit faire l'autel de Paix à Rome, depuis augmenté par Marc Agrippe, & duquel a parlé Ovide en ses Fastes, quand il a dit, Ipsum nos carmen deduxit Pacis ad aram, Haec erit à menſis fine ſecunda dies. La façon de ceste are se voit par les monnoyes de Tibere, frappées en l'lhonneur d'Auguste Cesar, à peu pres comme celle qui a esté coignée aux medailles de Nero, ou sont lettres qui disent, c'estassavoir à la premiere, PACE AUGUSTIPERPETUA: & à l'autre, ARAPACIS. NERO TIBERIUS AENEUS. CENEUS. E N E ⛪ PRA AT ARAPACIS Pour DES ANCIENS ROMAINS. Pour la paix fut fermé anciennement le temple de Janus, faict par Numa de la grandeur d'une chapelle (comme récite Procopius) faict de forme quarrée, & tout de Temple de Ianus de bronze, capable pour recevoir la statue de cuyure de Jaforme nus, qui ne passoit point cinq pieds d'hauteur : laquelle quarree, fut faite à deux visaiges, l'un qui regardoit l'orient, & l'autre, l'occident : pour telle raison nommé Geminus, duquel a fait mention Pline au trentecinquiéme liure de Phistoire naturelle, quand il escrit, Ianus Geminus à Numa Ianus Geminus. Rege dicatus, qui pacis, bellique argumento colitur. Et de telle forme a esté representé son simulacre aux medailles d'Auguste Cesar. AUGUSTUS CEREUS. Ce temple de Janus avoit deux portes faites de bronze, qui se fermoyent au temps de la paix, & s'ovuroyent temple de Ianus faiquand la gverre estoit ouverte contre les ennemys : qui ttes de a fait dire à Virgile, bronze. Sunt geminae belli portae. Portes du De ce temple les portes furẽt fermees du temps des an- temple de Ianus ferciens Romains par trois fois. La premiere du temps mees par de Numa, l'autre par T. Manlius Consul, & la derniere droit fois. fois Le caducée enseigne de paix. Tte Live auoit veu fermer le. portes du temple de Ianus. DE LA RELIGION fois sous Auguste, alors que le Seigneur, auteur de la paix, lumiere des hommes, & de tout le monde fut né. Ce que monstra son successeur, apres que Cesar eut esté deifié & receu au nombre des Dieux immortels, faisant frapper medailles, ou $ont veves deux dextres jointes ensemble, du milieu desquelles sort un caducée, enseigne de paix, accompaigné de chascun costé de deux cors d'abondance, auec ce mot unique, PAX : pour monstrer que de la paix & de la concorde vient l'abondance de tous biens. AUGUSTUS ARGENTEUS. ~ S PAX O Tite Liue recite qu'apres la guerre Actiaque ayant acquis Ceſer la paix par mer & par terre, que les Dieux luy auoyent donné la grace d'avoir veu fermer les portes de Ianus en son temps. Depuis Nero, sans auoir esgard à la paix, monstra par l'inscription de ses medail les & par la figure du temple de Ianus, qu'il l'auoit fermé, apres auoir acquis la paix au peuple de Rome par mer & par terre, faisant mettre à l'environ de ses meda illes lettres qui disent tout au long, PACE POPULO ROMANO TERRA MARIQUE PARTA JANUM CLUSIT. NERO DES ANCIENS ROMAINS. NERO CEREUS. AUREUS. MARI PAI A Rome ſe trouve un marbre blanc de forme ſpherique, ou sont veus caracteres insculpez autour de la pierre, qui sont en bien petite chose differents des lettres representées ey dessus en la medaille de Nero: lesquel toutefois disent ainsi, JANUM CLUSIT PACE PRIUS POPULO ROMANO UBIQUE PARTA. Pline au liure vint & troisiéme de l'histoire naturelle JANUS. recite, que les Romains firent frapper à la premiere guerre Punique medailles de bronze, ou l'un des costez representoit la teste de Janus Gemius (c'est adire, Iauus Ge auec deux visaiges) & de l'autre la prove d'un navire, & minus. l'escripture de, ROMA. il se trouve encores medailles du dict Janus, ou sont representez par leurs revers navires & trophées: la description desquelles se verra plus amplement en plusieurs passaiges des douze liures que i'ay faict des Antiquitez de Rome. Et cela me gardera (pour ceste heure) d'en faire plus longue mention, esperant, que bien tost sera contenté le Lecteur par la veve de mes premiers liures. ME. DE LA RELIGION NUMMUS IANI AENEUS. E ① W S ROMA ⵙⵔⴹⵔ La raiſon pour laquelle les antiques medailles avoyent la teste de Janus auec deux visaiges, Plutarque l'a mis en ses Problemes : qui recite, que Janus redvisant Iavus Remit les bon les hommes sauvaiges à toute humanité & doulceur, en mes sauva leur donnant bonnes loix & coustumes pour leur necesges à toute saire commodité, entre les autres choses il monstra, que humanité 25 doulceur. l'abondance de tous biens autant des champs que des lieux circonvoi$ins & des loingtaines region, $e conduisoyent par les fleuves, & par la mer : & par ce moyen rien ne se pouvoit desirer qui servist à nostre usaige. Depuis la medaille de Janus fut ainsi coignée, c'estassavoir, qu'elle monstreroit d'un costé le visaige double du Legislateur, qui signifioit le changement & forme de leur vie. Aucuns rendent une autre raison, que Janus pour rendre la memoire immortelle de Saturne, qui estoit arriué en Italie dedans un navire, lequel il avoit associe en son royaume, pource qu'il luy avoit enseigné l'agriculture, & qu'il auoit esté auteur de meilleur vie, il feit mettre en sa monnoye l'effigie de sa teste, qui estoit double, & le navire qui avoit amené Saturne en Italie. Ce que Ovide a dit par ces vers: DES ANCIENS ROMAINS. At bona posteritas Ianum formavit in ære, Hospitis adventum testificata Dei. Ie seroye toutefois de l'opinion de Macrobe, qui nous a laissé par escript, que Janus estoit un Roy tressaige, James R qui congnoissoit les choses passées, & par sa prudence tressage regardoit à celles qui debuoyent advenir : & pour ceste cause les Anciens le paignirent à deux visaiges, regardats à la prudence, qui passe toutes les autres vertus, pouipuinct à deux vice que c'est la droite raison de noz actions. Et les choses sages. que nous faisons sont variables & de pulsieurs formes, estants ordonnées à la civilité, à la religion, ou pour la nelle denourriture de nostre vie : & pour ceste cause la forme, scription de prudence. institution, & maniere de viure se peut dire la figure de Janus tresbelle, & sa nature tressimple & prudente, Ianus qui fut convertie en forme de bien viure : & pour cela Dieu de la paix. justement figuré à deux vilaiges pour sa prudence, qui regardoit (comme nous avons dit) les choses passées, & celles qui debuoyent advenir. Berose dit que Janus fut nommé Dieu de la paix & de concorde, depuis que Romulus & Tatius eurent traicté la paix ensemble : & pour l'accord que ces deux peuples avoyent fait, fut paincte son image à deux visaiges : & la matiere de laquelle elle fut premierement faicte soubs Romulus, estoit de bois, à la maniere accoustumée des Anciens, pour signi- Les anciens fier que les Dieux aymoient la povureté, en la quelle se en leur pre mier comtrouve l'honesteté, à ce que dit Tibulle, parlant aux Dieux mencement soubs ces parolles, sirent leurs imaiges de beir. Ne pudeat priſco vos eſſe è ſtipite factos, Sic veteris ſedes incoluiſtis avi. Tunc melius tenuere fidem, cùm paupere cultu Stabat in exiguà ligneus æde Deus. Numa Numa fecit faire le simulacre de Ianus de bronze Ianus qua driforme. DE LARELIGION Numa depuis la feit faire de bronze par Mamurius Oscus (c'estadire Padouân, qui estoit homme tresexpert en l'art fusile) lequel il auoit fait venir à Rome pour fondre les douze anciles, qui depuis furent porté par les Salies, comme nous verrons cy apres, en parlant de noz sacerdotes. Janus estoit encores painct & nommé des Anciens Quadriforme, ou bien à quatre visaiges, quasi qu'il eust embrassé tous les climats. Et de telle figure l'a representé Hadrian l'Empereur par ses medailles. HADRIANUS CENEUS. 0 OCCCCC J'ay encores un temple de Janus Quadrifrons, retire de la medaille d'Auguste, que me donna autrefois le Seigneur Jacquomo Strada Antiquaire Mantuan, diligent perscrutateur de l'antiquité : auquel demeureront obligez tous les amateurs d'icelle, pour les tresbeaux liures des medailles qu'il fait faire, tant des Consuls, que des Empereurs. qu'il à recueillies & amassées non sans grossissime despence, & grand labeur : ce que ie puis asseurement escrire pour l'auoir veu. LE DES ANCIENS ROMAINS. LE TEMPLE DE IANVS QUAdriforme retiré de la medaille d'Auguste Q 0 1 Apres avoir longuement escrit des temples de Paix CONCOA & de Janus, nous parlerons de celuy de la Deesse de ConDE. corde, à laqelle les Anciens en firent un si grand nombre, C 2 qu'il Temple de Concorde dedié par Tibere. Dion. L'abondā ce de tous liens vient de la conorde. Victorie Britanni que de Severus. DE LA RELIGION qu'il seroit chose hors de nostre propos de les reciter. Et me suffira de dire, que Tibere Cesar luy dédia un temple à Rome, que sa mere Livia, femme d'Auguste Cesar, luy avoit ordonné de faire. Et si la Paix & la Concorde ſont une meſme choſe, ce pourroit bien eſtre celuy duquel a parlé Dion au liure cinquantesixiéme de son historie Romaine. Et par les monnoyes des Empereurs se peut veoir le simulacre de Concorde, qui tient une tasse à la main, monstrant par cela sa deification & de l'autre un cornucopie, qui signifie l'abondance de tous biens, qui vient de la concorde. Le plus souvent elle se trouve figurée auecques deux imaiges, qui se donnent les mains droittes l'une à l'autre, tuot ainsi qu'lles sont painctes cy dessoubs. COMMODUS MARCUS AURELIUS GENEUS ἄνεῖς cos. 117 ##### Et par la medaille de Bronze que je garde de Caracalla, pourra veoir le Lecteur la concorde de son frere Geta & de luy, signifiée par les mains dextres, qu'ils se donnent l'un à l'autre, a ceòpaignez chascun d'une Victorie qui les corone : qui monstre la victoire Britannique, qu'ils avoiēt euë, ayants esté tous deux avec leur pere en l'expedition. CARA DES ANCIENS ROMAINS. CARACALLA NEUS. 0 . Par les medailles de Marc Antoine le Triumvir, se pourra veoir la teste de la Concorde, & de l'autre les deux mains jointes ensemble, qui tiennent un caducée : & lettres qui sont telles, MARCUS ANTONIUS CAJUS CAESAR TRIUMVIRI REIPUBLICAE MARCUS ANTONIUS ARGENTEUS. # C C c. O Par les medailles encores de M. Antoine se trouve la Description Concorde paincte auec deux serpents, qui embrassent de lapain une are, sus laquelle repose la teste d'Auguste, monstrant éture de Concorde. la concorde du Triumvirat, qui avoit esté faict pour consti La concorde apporte le salut de Phumain lignaige. DE LA RELIGION constituer la Republicque. Et par les monnoyes d'Auguste Cesar se trouve la Concorde, qui tient un cors d'abondance d'une main, & de l'autre elle presente des fruicts aux Triumvirs, qui sont Lepidus, Antonius, & le jeune Cesar: signifiant par cela, que de l'union & de la concorde, qu'ils avoyent faicte, procedoit le salut de l'humain lingnaige : comme le porte l'inſcription de la medaille, soubs semblables parolles: SALUS GENERIS NUMANI. MARCUS ANTONIUS ARGENTEUS S CODOCOCCO AUGUSTUS III.VIR ARGENTEUS. Mais DES ANCIENS ROMAINS. Mais regardons comme la concorde entre les Empereurs Romains & leurs gendermes fut estimée, quand ils voulurent faire frapper medailles, ou non seulement estoit telle inscription, CONCORDIA MILITUM, Concorde des gendarou ils firent insculper la Victorie qui coronnoit les Emmes Ropereurs de deux coronnes de laure, pour la victoire qu'ils maint. auoyent euë par le moyen de la concorde de leur gendarmerie : faisants paindre souventes fois la Deesse qui tenoit auecques les mains deux enseigues militaires, & l'inscription dessus dicte. PROBUS MAXIMINUS CARGENTEUS ARGENTEUS R. De EB xxxx QUINTILIS SEVERINA CARGEN EEUS. ARGENTETA. p.R. O R d ⛪ 0 DE LA RELIGION En l'union de leur exercite & de leurs soldats mirent entierement leur esperance les Augustes, existimants Sans la qu'en ceste concorde demeuroit la seureté du peuple de Concorde ne se peu Rome, sans laquelle ils ne pouvoyent venir à chef de vent achever les dif leurs expeditions & difficiles entreprises. ficiles entreprises. HADRIANUS ANEUS AENEUS E NOVST Et pour l'asseurance de la concorde de leur gendarmerie, les Empereurs recouroyent à la religion, fai$ants jurer leurs soldats de l'entretenir, en sacrifiant : ne trouvants meilleur moyen les Romains pour faire venir leurs gens à la victoire. La Corneil En la tutelle de Concorde estoit anciennement la le soubs la Corneille, comme nous li$ons en Aelian, qui e$crit, tutelle de que les Anciens avoyent de coustume d'invoquer la Concorde. Corneille, quand ils venoyent à se marier. Politian en ses Miscellanées en a faict un chapitre, citant, pour la confirmation de ce qu'il dit, l'auteur cy dessus nommé. Et pour rendre son opinion plus asseurée, il dit avoir veu une medaille d'or de la jeune Faustine, fil- DES ANCIENS ROMAINS. 27 le de M. Aurele, & femme de L. Verus, qui representoit par le dos une Cornçille, symbole de concordé : & ca- La Corneil le, devi$e racteres qui disoyent, CONCORDIA. Et pource de concor. que la semblable d'or est entre mes mains, je l'ay faict de paindre cy dessoubs, pour en donner le plaisir au Lecteur. FAVSTINA CATREA. 2 Et pour mieux confermer ce que j'ay escrit cy dessus, j'ay voulu accompaigner la medaille de Faustine d'une autre medaille d'or de Plautilla Augusta, fille de Plautius (qui gouvernoit soubs Severus tout l'empire de Rome) & femme depuis d'Antoninus surnommé Plaialle Caracalla, fils de Severus l'Empereur : ou l'on pourra femme de Caracalla veoir entre luy & sa femme l'heureuse concorde, qui Empereur pour lors estoit entre les nouveaux mariez. Ce que monstre l'escripture par ces deux mots, FELIX CON CORDIA. D 2 PLAU Lesperance unique Co solation des hommes. DE LA RELIGION PLAVTILLA AUREA. 0 IA Avec l'esperance (qui est l'unique consolation de la vie donnée aux hommes, & qui les nourrit) accompaignée de la foy, qui obligeoit les $oldats à leur Empereur, venoyent aux glorieuses & triomphantes victoires les Romains. C'est ce qui fit dresser les mains dextres sus les enseignes de leurs soldats, qui monstroit l'union & concorde de tout l'exercite : comme l'on pourra veoir par le di$cours que j'ay e$crit ces jours pa$$ez de l'a$$iette du camp des Romains. TRAIANUS PHILIPPUS AENEUS. ARGENTEUS. ~ “ DES ANCIENS ROMAINS. Le temple de l'Esperance estoit à Rome, & son si-ESPE RANmulacre adoré des Romains te telle effigie qu'il e$t C E veu par les medailles d'Hadrian, d'Antonin Pie, de Trajan, & de Plotine, avecques leurs inscriptions, SPES POPULI ROMANI. SPES PUBLICA. SPES AUGUSTA. ANTONINUS PIUS HADRIANUS CENEUS CENEUS. G 0 S ⛪ Par toutes ces devises nous avons clerement entenCome for du que c'$toit que la Concorde & l'E$perance : il depauktels Foydes an meure à paindre la Foy, qu'estoit anciennement paincte avec deux mains droittes jointes ensemble, devise ou symbole d'une vraye amittié, de laquelle usent en noz petits aneaux d'or les orfeures par toute la France encores aujourd'huy. Les Romains l'accompaignerent de l'Amour, de l'Honneur, & de Vérité. Et tout ainsi elle se trouve à Rome insculpée en marbre blanc, comme la figure le represente. FIGU Commode acheptoit la foy de ses soldats à deniers contans. DE LA RELIGION FIGURE DE LA FOY, RETIrée du marbre antique, qui eſt à Rome FIDII SIMVLACRVM AMOR Je passeray oultre, sans faire plus long propos des mains & du caducée, & me contenteray de repreſenter l'image de la Foy, & comme elle fut paincte des Anciens tant privée que publicque, qui fut entretenue des bons Empereurs avecques la vertu, & des meschants Princes avecques prodigieuses despences & liberalitez outrageuses : comme l'on pourra veoir par la medaille de Commode, qui acheptoit la foy de son exercite par donatifs & largeſſes, qu'il a figuré par le ſuggeſte ou il eſt monté en forme d'un dé, en monstrant de parler à eux & leur promettant de donner ce qu'il leur avoit promis PLO DES ANCIENS ROMAINS. PLOTINA AEREA. S DOMITIANUS VESPASIANUS CENEUS. CENEUS. 0 ⛪ COMMODUS HADRIANUS AENEUS. ANIVS 2 DEXEI DES EXER Entre Monsieur le Tresorie Grolier, a lmateur de l'Antiqui Descriptio de la Fo) quiest representée auxmeda illes anti ques des deux cos tez. DE LA RELIGION Entre les medailles les plus rares que l'on puisse trouver, i'en garde une d'argent, qui me fut donnée autrefois par Monsieur le Tresorier Grolier, amateur singulier de l'antiquité, entre les mains duquel sont les plus beaux medaillons, & les plus belles medailles, que pour le iourdhny se puissent trouver en nostre Gaule. La medaille a esté frappée des deux costez avecques les dextres, devise de Concorde, & l'escripture qui dit d'un costé, FIDES EXERCITUUM: & de l'autre, FIDES PROVINCIARUM. Et pource qu'elle pourroit tirer en admiration les Antiquaires, pour n'avoir jamais esté guere veuë, i'ay bien voulu escrire la raison, par laquelle elle fut ainsi battue des Anciens, qui fut telle : Que estant les legions Romaines establies & assises en garnison par les provinces, pour l'entretenement & seureté de la paix & de la concorde, tous les ans (quand ce venoit en Januier) le païs, la legion, & l'exercite qui estoit pour la garde de la province, qui luy estoit ordonnée, faisoyent battre monnoyes d'argent, qu'il s'envoyoient pour estrene en signe de foy & d'amitié les uns aux autres. NUMMUS CARGENTEUS E FIDES FIDES D. 4 EXERCITVVM ‮₤ Le DES ANCIENS ROMAINS. Nimia Le premier qui feit dresser un temple à la Foy publicPompilius que, $e trouve avoir e$té Numa Pompilius, comme recipremier ete Halicarnasseus: luy instituant sacrifices aux despens dificateur du temple du public. Et là les Flamines sacrifioyent sans effusion dela Foy de sang, vestus de leurs robes blanches, qui aloyent dedans un char, portans la main couverte avecques pompe solennelle : pour monstrer que la foy debuoit estre gardée avec les mains dextres, signifiants pour cela Les mains qu'elles estoyent sainctes & sacrées. Et pource que nous doûtes sa crees. avons dict que l'honneur faisoit maintenir, & entretenir la foy promise, les Anciens l'estimerent Dieu, & luy HON firent un temple : comme clerement l'on peut veoir par NEUR. Cicero au liure second qu'il a fait de la nature des Dieux. Et fut Marcellus qui vova le temple d'Honneur & de Vertu : comme recite Tite Live au septiéme liure de la premiere Decade. Et Marius edifia un temple à l'Houedifici un neur, & à la Vertu. Et de tous deux l'image se voit par les temple à medailles de Vitellius, ou l'on trouve deux petites figu- la Vertu, Sal'Hrn res, desquelles celle qui est au costé droit, se monstre de neur. my nue, tenant à la main dextre une haste, & de la gauVERche un cornucopie, ayant le pied droit sus un morrion. TU. Celle qui est du costé gauche, est accoustrée par la teste d'un cabasset à creste, tenant à la main senestre une ha- Comme figurerent ste, & à la dextre un sceptre, les jambes garnies de ses greles anciens ves, ayant le pied droit sus une tortue : & l'inscription l'Honneur ClaVer qui est telle, HONOS ET VIRTUS. Et par les medailles d'Antonin Pie & de Marcus Aurelius se trouve encores paincte l'maige de l'Honneur avecques son cors d'abondance, qu'elle tient de la main gauche : qui est l'enseigne que portent quasi tous noz Dieux & Deesses: que j'ay fait retirer des medailles antiques, pour mettre à ce present liure De la religion. VI DE LA RELIGION MAURELIUS VITELLIUS CENEUS. AENEUS. ET ~ ③⛨ NOS ⛪ Le temple de Vertu fut mis anciennement devanTemple de le temple d'Honneur, qui n'avoit qu'une $eule porte, qui Vintu. monstroit que l'entrée pour venir aux honneurs n'estoit point ouverte, sinon par le moyen de la vertu. C'est ce que Marcus Marcellus donna à entendre à Rome en edifiant ces deux temples quarrez conjoints en$emble, Les grands l'un consacré à Vertu, & l'autre à Honneur. Et certaihonneurs nement les grands honneurs naissent de la belle & puviennent de re racine de vertu : dont il advient q'ils $e font plus clers la veriu. plus glorieux, & pleins d'immortelle memoire. Entre mes medailles j'ay un Gordian, ou l'on voit au dos de sa monoye une petite statue d'Hercules toute nue, qui s'appuye sus sa clave, avecques la peau d'un lion autour de Lesimula son bras : & telle se lit l'inscription, VIRTUTI AUcre d'Her-GUSTI : signifiant par le simulacre d'Hercules la vercules repr. tu. Et par les medailles de Titus, de Domitian, d'Hasenteit la drian, de M. Aurele, & de Philippe, & autres Empevertu reurs la Vertu est autrement paincte, si nous regardons bien leurs ſimulacres, qui ſont retirez de leurs mons noyes. DOMI DES ANCIENS ROMAINS. SEVERUS DOMITIANUS ANNO CENEU ### &c.1 D the 0 5 DIOELETLANUS MAURELIUS CENRUS. CARGENTEUS. MP.VI ⛪ PHILIPPUS GORDIANUS CARGENTEUS. CARGENTEUS E 2 Par DE LA RELIGION Par la medaille de M. Aurele cy dessus mise se voit l'Empereur vestu de sa thorace militaire, marchant le premier avec une haste à la main gauche, le mourrion en teste, accompaigné de ses gandarmes & soldats, qui passe sus un pont de bois faict à batieaux, pour aler à l'expedition de son entreprise vertueuse, laquelle il a Par la dili- monstré avec l'inscription de VIRTUS AUGUSTI. gence non Et par les monnoyes de Philippe se voit le pere & le fils, venons montez $us chevaux qui courent legerement, par le$chef de quels ils ont monstré la diligence de leur entreprise, & noz entre piises. la vertu qui faict dresser expeditions d'immortelle & perpetuelle renommée : ayant adjousté semblable escripture, VIRTUS AUGUSTORUM. Nous lai$$erons l'interpretation de toutes ces cho$es, pour $viure le propos des temples de no$tre religion, Comme le & pour entendre comme les Anciens ordonnerent Anciens orles maisons sacrées de leurs Dieux. Et de cecy nous donnerent les maisons rendra certains Vitruve au septième chapitre du presacrêes de mier liure, qui a mis le temple de Mercure dedans leurs le marché : d'Appollo, & de Liber Pater, aupres Ditux. du theatre : à Hercules dedans les citez, ou ne se trouvoyent point les gymnases, & encores moins les amphitheatres : au Dieu Mars, hors la ville, & à la campaigne : à Venus, sur le port: à Ceres, hors de la cite : fai sant choisir un lieu, qui ne fust point frequenté de personnes, s'il ne survenoit la necessité des sacrifices & se debuoit garder ce lieu, comme il dit, avecque sainctes coustumes chastement, & pleines de religion En son troisiéme & quatriéme liure de l'Architectu re il a mis la façon & maniere des temples, qui doib Temples de vent estre edifiez aux Dieux & Deesses, & par que moyen ils doibvent estre architectez. C'estassavoir à Mi Minerue, Mars, nerve, Mars, & Hercules Doriques, pource qu'ils demanHercules dent, & si est requis, que les temples pour leurs vertus soDoriques, yent, DES ANCIENS ROMAINS. gent sans delices. A Venus, Flora & Proserpine, & aux Temples de Venus, de Nimphes des fontaines, d'ordre Corinthe : pource que à Flora, de ces Deesses pour leur delicateſſe, les colonnes doibuent proſerpine estre plus gresles, enrichies de fueillages, & de volutes, Corinthes, pour augmenter leur juste & raisonnable decoration A Juno, & Diane, si les temples sont faicts Joniques, sera gardee la raison de mediocrité : & plusieurs autres choses dict l'Auteur, qui serviroyent plus tost d'ennuyer le Lecteur, que d'utilité & de proffit. Apres tout cecy monstre Vitruve les régions & quartiers, qui sont pour regarder les temples sacrez des Dieux immortels : & comme doibuent estre situées & assises les ares, autels & simulacres des Dieux celestes, pour apres faire les veux & devotions, immolations & sacrifices. Et combien que ne dict auteur parle souventesfois des Dieux & Deesses, en nommant leur pvissance par divers noms, il fault toutesfois entendre que les anciens Romains ont granGentilz à dement erré à la congnoissance d'un seul Dieu omniIaconznoiſi potent, & encores plus le peuple ignorant, par son imsan. e de Dieu. becilité tombant en faulses & superstitieuses opinions, Chase bien Si est-ce qu'il est bien difficile d'oster un peuple de sa difficile de puis qu'il a esté une fois imbu & nourri de ces oster un cuple de folies. Ce qu'a monstré Prudence, quand il a voulu sa ley. donner à congnoistre la vraye congnoissance, qui empeschoit les Romains de venir à la foy Chrestiene, quand id a dit. Puerorum infantia primo Errorem cum lacte bibit, gustaverat inter Vagitus de farre molæ. l'abreE 3 JUPITER. Temple de Jupiter Capitolin DE LA RELIGION J'abregeray, pour suivre le propos de noz temples edifiez à Rome, parlant du plus celebre & renommé de tous, qui fut celuy de Jupiter Optimus Maximus dressé au Capitole : & pour ceste cause surnommé Capitolin. Comme la medaille d'Aurelia Quirina Vestalis l'à repre$ente par $on revers, ou e$t in$culpte Jupiter a$$is au milieu de son temple, qui se voit de forme quarrée, qui tient son fulgure d'une main, & son sceptre de l'autre : & let tres qui disent, JUPITER OPTIMUS MAXIMUS CAPITOLINUS. AURELIA QUIRINA VESTALIS ARGENTEA. G O Ce temple fut voyé premierement par Tarquinius Priscus, & depuis edifié par Tarquinius Superbus de forme quarrée : & là chascune de ses faces se monstroit de deux cens pieds, ayant trois ordres de colonnes : comme l'a monstré Trajan par ses medailles, ou sont veus par le de$$us du fronti$pice, trophees,chars triomphants, Victoires, qui portent palmes, & chappeaux de laurier, & plusieurs aultres sculptures, qui monstrent l'excellent ouvrage dudict temple. Jay DES ANCIENS ROMAINS. J'ay un autre medaillon de Jupiter Ulteur ou Ven-Temples de Jupiter geur, que feit frapper Alexander Severus, fils de MamUlteur, mea, qui nous faict voir Jupiter avec son temple : & celOlynpique, & les encores de Jupiter Olympique, & Tonant, que feit Tonant. edifier Auguste : comme plus amplement nous verrons au liure second de mes Antiquitez de Rome. ALEX. SEVERUS TRAIANUS GENEUS. GENEUS ⛪ TORI S cos. II AUGUSTUS CARGENTEUS. ARGENTEUS. 2 2 0 Q 10 IOVI ME DE LA RELIGION NUMMUS PETILLII CARGENTEUS. ~ PETILLIVS Je ne veux oblier, avant que commencer autre propos, de representer un temple de Jove, retire de l'antique, qu'autrefois me donna le Seigneur Jacquomo Strada Antiquaire Mantuan, avec celuy de Janus Quadrifrons, que j'ay faict mettre cy dessus. Car à veoir les temples $acrez des Dieux, qui $ont in$culpez & gravez par les petites medailles, que firent autrefois frapper les Empereurs, il est bien difficile d'en retirer la certain ne congnoissance, pour les lineaments, qui sont si subtils & deliez, qu'à grand peine, & labeur on peut juger l'ordre des colonnes, par lequel ils ont eſté faicts & dressez, par les Architectes des Anciens. Et cela a esté l'occasion principale, que je les ay faict mettre en la propre forme & figure, qu'ils m'ont esté donnez per les amateurs de l'Antiquité sacrosaincte. Et plus grand nombre s'en fust trouve parmy la trouppe de noz medailles, sans l'esperance que j'ay tousiours evë de representer la figure de ceux, que j'ay faict retirer aux liures, que j'ay escrit, des Antiquitez de Rome. LE DES ANCIENS ROMAINS. LE TEMPLE DE IVPITER retiré de l'antique. N DE LA RELIGION Les Hiſtoriographes recitent, que Tarquinius Superbus despendit en la sondation de ce temple quaranDeffence du temple te mille livres d'argent. Et oultre les autres ornements de lupiter somptueux, qui se trouvoyent là dedans, estoit une statasses tue d'or de dix pieds d'hauteur, six tasses d'emeraude, d'emerai six vases murrhins, qu'apporta Pompee de l'Asie, en son de au tem triomphe. Là se trouvoit un petit manteau de laine ple de Iupi teint en pourpre, qui effaçoit toutes les robbes de l'EmMâteau de pereur Aurelian, & qui les rēdoit de couleur de cendre, pewpre ayant esgard à la splendeur divine qu'il avoit. Lon dit d'Aure. que c'estoit un present de l'Indie interieure, qu'avoit esté faict au Roy des Perses, & depuis il l'avoit envoyé audit Empereur. Deſſoubs ce temple eſtoit un coffre de marLivres Sy bre, ou repousoyent les liures Sybillins, gardez par dix Villius. hommes, nommez des Romains Decemuirs. En ce temple estoit encores une retraicte secrette, l'entrée de laquelle n'estoit permise qu'aux sacerdotes : & trois chappelles d'une mesme façon, comme dit Halicarnasseus. En celles du milieu estoit Jupiter, aux autres deux, c'estComme en toyẽt dr. assavoir à la main droitte, celle de Minerve, & à la gausegl. 5s. che, celle de Juno. Et là recite Pliue qu'il avoit veu un vaulacres de Iun o ei chien de bronze, qui lechoit une siene playe, qui estoit de Minen faict par un merveilleux artifice. ve autem Je ne laisseray à e$crire avant que de pa$$er oultre, ple de Iup que l'aigle entre les autres animaulx fut principaleL'Ai le ment dediée à Jupiter, ne voulants $ignifier autre choconsacrce se les Anciens, que ainsi que l'aigle est Royne & maià Iupiter. stresse de tous les oyseaux : tout ainsi Jupiter est le Seigneur & le maistre de tous les autres Dieux. Parquoy autant les Grecs que les Romains ont quasi tou$iours accompaigné Jupiter de son aigle: ce qu'ils ont monstré per une infinité de medailles. ALI DES ANCIENS ROMAINS. ALEXANDER REX EPYROT. ARGENT. Animaux l'advertiray le Lecteur qui n'est enceres initie à l'antirepresenquité, que Jupiter, Juno, & Minerve furent tepresentez iez proui les Diec* par les trois animaux, que la medaille de Pius Antoninus nous demonstre. C'estassavoir par l'aigle, Jupiter : par le & Deestes. paõn, la Deesse Juno: par la choverte, Minerve: animaux consacrez à ces Dieux & Deesses particulierement. ANTONIN-BIUS AES 0 Par la figure du pile antique qui se voit cy apres, Jupiter est accompaigné de son aigle, & Juno de son paon, assistant Neptune avecques son trident au sacrifice du monten DE LA RELIGION ton, qui est presenté par Mercure, qui tient son caducée à la main, accouſtré par les pids de ſes talaires, & de ſon chappeau nommé Galerus des Latins : remettant le Lecteur à ce que i'escris cy apres de la signification de toutes ces choses. FIGURE RETIÉE DVN PILE ANTIque de marbre, qui ſe trouue à Rome. Par un grand nombre de medailles autant des ConVarieté de ſuls que des Empereurs, ſe trouve l'aigle ſus le fulgure l'oigle qui parte la te de Jove : & souventesfois l'aigle qui porte la teste de son simulacre. D'autresfois auec ses æsles elle porte la teste de Iup. ste de Jupiter & de Juno, comme particulierement oy seau consacré à Jupiter. HA DES ANCIENS ROMAINS. HADRIAN. Aes L. COTTA AVGVSTUS ARGENT ARGENT W Juno avoit son temple à part, combien que sa chapelest dedans le temple de Jupiter. Et par la medaille de bronze d'Auguste Cesar, se voit le temple de Juno, enrichi par le devant de quatre colonnes Doriques, le frise rempli de telle inscription, JUNONI: ayant autout le nom des Triumvirs des monnoyes. AUc Le paîn l'austruebe confacrez à Iuno. DE LA RELIGION AVGVSTVS. S LIV S Et tout ainsi qu'à Jupiter estoit mis l'aigle, tout ain$i le paòn & l'austruche furent consacrez à Juno: comme nous avons veu cy dessus, & qui se peut veoir par les mes dailles de Faustine, de Julia Pia, & de Philippe l'Empreur. Son char estoit tiré par ses paòns, qui a faict dire à Ovide, — Habili Saturnia curru Ingreditur liquidum pavonibus aëra pictis. PHILIPPUS. FAVSTINAS. ARGENT. ARGENT. ON 2 JULI DES ANCIENS ROMAINS. FAVSTINA. IVLIA PIA. ARGENT et FAVSTINA ARGENT Aes . A Minerve estoit consacrée la Chouëtte, comme MINERnous monstrent les monnoyes des Atheniens, qui reLa Chevalle presenterent d'un costé la teste armée de la Deesse, & de ce dediée à autre une Chouëtte : & caracteres Grecs, qui disent, Mine, ve###, ainsi nommée Minerve des Atheniens. Et à que monstre le revers de la premiere medaille, la Noctue vole les æsles estendues, tenant un rameau de palme avecques ses pieds : estimants anciennement les Atheniens, par le vol de la Chouëtte, le symbole de la Victoire. MON DE LA RELIGION NUMMUS ATHENIENS. ARGENT Gutanter AH NA T S NUMMUS ATHENIENS. ARGENT ספסטטננ Jupiter Et comme Jupiter fut nommé des Romains Victeur, Viſteur. quand estoit paincte son imaige auecques la Victoire qu'il portoit sus sa main droitte, & de l'autre une ha $te au lieu de $ceptre : tout ain$i fut figurée des Grecs Minerve Victorieuse, accompaignée de la Victoire Minerve Victorieu si bien nous regardons les medailles de Lysimachus, qui fut l'un des successeurs d'Alexandre, ou du costé Lysima chus l'un droit est representée la figure de sa teste, accoustrée de des succes seurs d'A son diademe, & deux cornes qui signifient, que ce Roy (comme dict Appian in Syriacis) arresta un taure lexandre. furieux DES ANCIENS ROMAINS. furieux, qu'Alexandre le grand vouloit sacrifier, qui l'eutque furent adestoit eschappé des mains des Victimaires, lequel il rejauctées tint per les cornes, & le tua : & pour telle raison furent deux coradjoustées à ses statues & simulacres deux cornes par nes aux s aues & gros honneur. medailles de Lysim: dus LYSIMACHVS ARGIK. LYSIMACHVS . KAA La garde Entre les mains de Jupiter, de Minerve, & de Juno de la cite demeuroit la garde de la cité de Rome. Qui a faict conmander à Pollio aux liures de son Architecture, que le entre les mains de plus hault lieu, duquel se pouvoit regarder la plus grand rapiter, de Minerve, & de luFelle super stition des Ramain. Iupiter Anmon. Le biliar receu entre les sinescele Liber erigea un ten ple à Iupi ter Am men. DE LA RELIGION partie des murailles de la cité, fut donné pour edifier les temples de Jupiter, & de ces Deesses. Or pour retourner à ce que ja'y laissé de nostre grand Jove (que la folle superstition des Gentils adora comme omnipotent) les Romains & les Grecs ne se voulurent contenter de luy dedier l'aigle particulierement, combien qu'elle soit maistresse & Royne de tous les oyseaux, mais aussi le belier luy fut consacré. Et le nummerent les Anciens Ammon, quand il estoit porté par le mouton, tenant son sceptre de la main droitte : ce nom venu de l'a rene, que les Grecs ont nommé, ἤμκος. Ce que Pline nous a voulo monstrer au douziéme de ses liures, quand il e$crit de l'ammoniac tout ain$i : Ergo Aethiopiae $ubjecta Africa ammoniaci lacrymam stillat in arenis suis, inde etiam nomine Ammonis oraculo juxta quod gignitur arbor L'interprete d'Aratus latin (des uns nommé Bassus, & des autres Germanicus Cesar) escrit, que le belier qui monstra l'eave à Liber Pater, qui condvisoit son armee, qui mouroit de soif, par l'Afrique, fut faict immortel & mis au nombre des signes celestes. Et pour ce bienfaict luy feit Liber un temple magnifique au lieu, ou avoit esté trovuée l'eave, à neuf iournées pres d'Alexandrie, lieu areneux, & plein de serpens : & de l'arene nomme Jupiter Ammon, comme nous auons dict cy dessus. Le demeurant pourra veoir le Lecteur au quatriéme livre de Q. Curse, ou bien au dixseptiéme livre de Diodore Sicilien, & mieux au long au livre troisié me, qu'Arrian nous a laisse des gestes d'Alexandre le Grand. MED. DES ANCIENS ROMAINS. NUMMUS HADRIANI CUSUS IN GRAECIA ENEUS Giovan S H ### La Cheure lui fut encores consacrée, pource qu'elle La Cheur consacrée avoit nourri ce grand Dieu : & pour ceste raison nom- à Inpiter. mé Aegiuchus, & des Grecs àux, surnom de Jupiter frequenté parmy eux : par lequel ils n'ont entendu autre chose que la cheure de la Nymphe Amalthea, qui avoit nourri Jupiter avec ses mamelles. Et de cecy Germanicus Cesar en ses carmes d'Aratus dit ainsi, Illa putatur Nutrix esse Iovis, si vere Iupiter infans Vbera Creteae mulsit fidissima caprae, Sydere quae claro gratum testatur alumnum. Ce que Philippe & Valerian Empereurs monstrerent par le dos de leurs medailles, ou ils firent figurer une Cheure, une fois seule, & lettres à l'environ qui disoyent, JOVI CONSERVATORI AUGUSTI: & à autre, la Chere qui portoit sus son dos un jeune Jupiter : Jupiter Creissant. & l'inscription telle, JQVI CRESCENTI. PHIG 2 DE LA RELIGION VALERIAN PHILIPPUS ARGENT ARGENT E S N 2 S Z8 + S Encores n'est ce pas tout, car ces folles & superstitieuses nations donnerent autant de noms variables à Júpiter Vi ctorieux. ce Dieu, comme nous faisons au seul Redempteur des hommes : le nommant une fois Victorieux, cuidants qu'il donnast la victoire, figurãts alors son simulacre qui portoit ſus ſa main droitte la Victoire, & de l'autre ſon ſceptre, qui estoit indice de son Empire : d'autrefois la Victoire le coronnoit du'ne coronne de laure, comme celuy qui donnoit la victoire. Et de telle figure je l'ay graCassidoine, vé en un Cassidoine antique, non guere moins grand pierre con $acree à lu qu'une medaille, pierre anciennement con$acrée à Jupi piter Ful ter Fulgurateur, pource qu'elle jette le feu & telle raigurateur ſon la faict ſervir pour les arquebuz. CASSI DES ANCIENS ROMAINS. CASSIDONIUS ANTIQUUS DOMITIAN. NUMM GRICUS Ab. S MARC. AVRELIUS Aes. AS G 3 Comme pai gnirent les Anciens Iupiter. Interpreta tion durevers de la medaille d'Alexa DE LA RELIGION La figure de ces medailles represente Jupiter nuedepuis la ceinture au dessus, & couvert par le dessoubz signifiants les Anciens par leur occulte & mystique theologie, que les choses superieures doibuent estre cachées aux hommes, & decouvertes aux Dieux celestes. Et la divinité de ce Diex & toutes ses puissances nous monstré Alexander, fils de Maminea, par se medaillons qui furent frappez en Grece : ou du costé de la teste se representent caracteres abregez, qui ne disent autre chose que, A'TTORPA'TEP RAJEAP MA'PROS ATTE'AICE LEBAETO A'AE'EANAPOZ, que les Latins disent, IMPERATOR CÆSAR MARCUS AURELIUS AUGUSTUS ALEXANDER. Le revers de la medaille nous faic veoir Jupiter assis au milieu des quatre elements, qui tient d'une main sa haste, & l'autre il la repose sus la teste de son aquile : comme la sculpture le monstre par les deux chaos cele$tes du Soleil & de la Lune, qui $ont ceux qui gouvernent les choses superieures. Et par les deux simulacres qui sont couchez soubz ses pieds, nous sunt signifiez les autres deux elements, de l'eave & de la terre ayant le Zodiaque autour del uy, ou sont representez les douze signes. Comme bien a ysement l'on pourra veoir par la paincture de ladicte medaille, laissant à part l'inscription qui est au dedans, qui est si frustre, qu'il ne m'a esté possible d'en tirer aucun sens ALEX DES ANCIENS ROMAINS ALEXANDER MAMMEAE AS. IIII HKW PINY Les Grecs nommerent Jupiter par une infinite de Temple di Iupiter surnoms : & mesmement les Syracusiens (comme reciter Olympius. Tite Live au liure quatriéme de la troisiéme décade, eurent le temple renommé de Jupiter Olympius, autreIupiter ment ſurnommé Elaus, celebré.premierement par ſon Elens. oracle, & depuis par les jeux publicques, qui se faisoyent en Elide, au champ de Pise : & de là est venu le nom de Jupiter Eleus : comme l'on pourra veoir par la medaille Grecque, paincte cy dessoubs, ou du costé droit se trouve le simulacre de la teste de Jupiter, accompaigné de caracteres Grecs, qui disent, zerz EAEIOZ, c'est à diré, JUPITER ELEUS. Le revers est insculpé de son fulgure, & de l'aigle, avec telle inscription, ETPAKOSIEN : qui monstre comme ceux de la cité de Syracuse auoyent en grandissime honneur Jupiter Eleus, auquel ils avoyent erigé & dresse un bellissime temple, & faict battre semblables medailles pour l'eternité de sa memoire. MEDA Estoile de Iupiter. DE LA RELIGION SYRACVSIENS. NUMM. AES 0 Par les medailles d'argent qui furent frappées cius Lentules & Cajus Marcellus Consuls se trouve la teste de Jupiter d'un costé, accompaignée de telle inscription abregée, LUCIO LENTULO, CAJO MARCELLO CONSULIBUS: & de l'autre costé Jupiter, qui tient de la main droitte son fulgure, & de la gauche son aigle, ayant devant luy une petite are, & l'estoile salutifere de Jove, qui est mise la seconde entre les errantes: signifiants toutes ces choses une expiation faicte par lesdicts Consuls à Jupiter, pour le fulgure, qui estiot tombé sus son temple Capitolin à Rome. NUMM. L. LENTULI ET C.MAR. CELLI CONSULUM. ARGENT . S the DES ANCIENS ROMAINS. Les Anciens figurerent differemment Jupiter ServaConservateur ou Conservateur, & le plus souvent pour l'arbitre teur. Pain du Prince, de leurs painctres, ou de leurs sculpteurs : chre de Jupiter luy faisants tenir une fois son fulgure de la main droitte, Conserva & de l'autre sa haste : une autre fois l'Empereur est leur dissepainct dessoubs le fulgure, pour monstrer qu'il e-tente stoit soubs la garde & protection de Jupiter. D'autresfois ils le paignirent tenant une Victoire reposant sus un globe, qui monstre de le vouloir coronner, & l'aigle à ses pieds, avecques l'inscription qui est telle, JOVI CONSERVATORI AUGUSTORUM NOTRORUM. ANTONIN. PIUS. DOMITIAN. ARGENT ARGENT ⛪ S Cocccate GORDIAN CANTUS ARGENT MA DE LA RELIGION LICINIVS MAXIMIAN. ARGENT ARGENT ✋ Les autres ſurnoms de Jupiter ſe voyent par les me Variables puissances dailles des Empereurs cy apres representées. Et pour la de Jupiter. variable puissance qu'estimerent les Anciens qu'il avoit ils le paignirent differemment, le nommants vne fois Ulteur, Propugnateur, & Fulgurateur: d'autrefois Cu stode, Stateur, Anxur, ou Axur. Et comme Mars Ulteur fut honnoré des Romains, tout ainsi ils adorerent Jupi Jupiter Ulteur. ter Ulteur, pource qu'il estoit vengeur des choses impies GORDIAN. ALEX. SEVERVS. ARGENT ARGEN ~ ⛪ Quar DES ANCIENS ROMAINS. Quant à Jupiter Stateur (a insi nommé, pource qu'aStateur. vec ses bienfaits demeurent toutes choses) Cicero, en l'oraison qu'il fit avant que d'aler en exil, dit semblables paroles: O toy Jupiter Stateur, que noz Majeurs veritastauur de blement ont nommé Stateur de c'est Empire, au temple l'Empire duquel j'ay repoulsé des murailles les ennemies entreprises de Catilina : & dont le temple a esté colloqué au palais, apres que Romulus eut vaincu & deffait les Sabins, je te prie & $upplie de vouloir ayder à la Republique Romaine, & à toute la cité, & à mes fortunes. GORDIAN. DIOCLETIAN. ARGENT. ARGENT RUDO 1 Par les medailles de Nero & de Vespasian cy apres Jutier mises fut nommé Jupiter, Custos: duquel a parlé Sene- Custes. que au liure second des Questions naturelles, quand il dit: Quem nos Iovem, intelligunt custodem, rectoremque universi. Et par les medailles non seulement de Nero, mais encores d'Hadrian, Jupiter est assis dedaus son trosne, qui porte son fulgure à la main droitte, & tout à l'environ sont semblables mots, JUPITER CUSTOS. L’emII 2 DE LA RELIGION L'empereur Vespasian les a faict battre de figure et d'inscription differente, qui est telle, JOVIS CUSTOS. VESPA'SIAN. NERO. ARGENT. AVRVM. E ##### Jupiter fut surnommé en Italie Anxurus, & princiJupiter Anxurus. palement en la Champaigne : & representé son simul cre par un jeune enfant sans barbe: duquel a faict mention Virgile au huictiéme des Aeneides, quand il a dit : Circæúmque jugum, queis Iupiter Anxurus arvis Praesidet. Et tout ainsi il est painct en une medaille d'argent de Paincture de Júpite Pansa, ou d'un costé se voit Jupiter assis sus son trosne Anxurus. qui tient de la main droitte une patere, & son sceptre de l'autre, coronné d'une coronne de che$ne ou d'olivi er: tant y a que je ne l'ay peu discerner, pour estre la medaille $i menue, qu'à grand peine $e peut elle veoir Combien que Phurnutus dit, que seul Jupiter estoit coJupiter seul coron- ronné d'olive, pource qu'elle est tousiours verte, & tient né d'olive. quelque chose de la couleur celeste. MED. DES ANCIENS ROMAINS. NUMMUS PANSAE. ARGENT Crom PAL Et comme Jupiter avoit son temple à Rome magnique, & qu'il fut nommé des Romains, entre ses autres sarnoms, Servateur & Conservateur: tout ainsi en Aletandrie (comme recite Philo, au liure de sa legation à Cajus Cesar) se trouvoit un temple de forme quarrée, faict à la vraye semblance de celuy de Jupiter Capitolin, qui estoit à Rome consacré à Cesar Auguste Conservateur, nommé des Greces Σερασθεσωνής, garde des naviga-Temple d'August. teurs. Ce temple estoit assis devant le port, grand & releCesar en vé, & tel qui n'avoit point son semblable, plein d'offerAlexanes, tables de painctures excellentes, de statues faictes de par un merveilleux artifice : & à l'environ enrichi d'or & d'argent : grand & spacieux, decoré de portiques, ou galeries, pour se pourmener, & d'une bellissime biBibliothebliotheque, accompaignnée de grandes sales, portals, que au petit bois, & grandes alées, qui rendoyent le lieu tres-temple de Auguste somptueux, esperance salutaire de tous ceux, qui arrivo bellesune. yent & vouloyent prendre port en Alexandrie. Et quasi par tout le monde furent dressez à Cesar Auguste temles, pour monstrer son eternité & deification : comme lon peut voir par les medailles frappées en son honneur. AUGUH Temple d'Auguste à Rome con mencé par Tibere, & achevé par Caligula. Sacrifici de C. Ce sar, dicem Caligula DE LA RELIGION AUGUSTUS ARGENT. ASIAF. COM IX Tiqere Ce$ar commença à luy faire $on temple, qui depuis fut achevé & consacre par Cajus Cesar, dict Cagula, fai$ant office plein de religion & de pieté : comme il le monstra par ses medailles, ou du costé droit se voit le ſimulacre de la Pieté aſſiſe, qui tient une patere à la main droitte, reposant son bras gauche sus un petit enfant : qui monstre le debuoir que faisoit Caligula à lendroit de ses parents : & telle inscription abregée, qui $e peut lire tout au long, en ce$te maniere : CAJUS CAESAR, DIVI AUGUSTI PRONEPOS, AU GUSTUS, PONTIFEX MAXIMUS, TRIBUNICIA POTESTATE TERTIUM, PATER PATRIAE: accompaignée de ce seul mot, PIETAS, par le dessoubs. L'autre costé represente le temple d'Auguste, receu au nombre des Dieux, au milieu du quel est dre$$e un autel, ou repo$e un beuf, que tient un Victimaire : & au devant de l'are, un sacerdote, qui monstre de le vouloir sacrifier, avec une patere qu'il tient à la main droitte : & derriere son dos, un ministre des ſacrifices, tenant un vaiſſeau pour recevoir le ſang de la victime, ayant esté mactée par le Victimaire. CALI DES ANCIENS ROMAINS. CALIGVLA. CARZUS 0 VIAVGPROM AVGVSTUS. AURUM. 24 471 drow TIBERII. NUMMUS Artus the said Antenin Pie restituteur du temple d'Auguste. Autels dressez pour l'eter vité des Empereurs. DE LA RELIGION Le temple d'Auguste, par succession de temps, commença à se ruiner. Ce que voyant Antonin Pie, il le feit refaire & restituer : comme il monstra par ses monnoye d'or & d'argent, & par ses medailles de bronze, ou sont lettres qui disent, TEMPLUM DIVI AUGUSTI RESTITUTUM. Ne se contentant pas encores ce bon Prince d'avoir remis ce temple en son entier, il en feit encores dresser un autre à son predecesseur Hadrian, recongnoissant le bien d'ou il estoit venu : qui estoit de telle figure, qu'il est repre$enté cy de$$oubs. ANTONIN.PIUS AENEUS AENEUS ~ A. ~ Avant que de passer oultre, je veux escrire, qu'ultre les temples qui furent dressez à Cesar Auguste, furent encores faictes & erigées ares & autels, pour tousiour monstrer son eternité perpetuelle, avecques ce mot de PROVIDENTIA: qui n'est autre chose que pour signifier la priere que faisoyent les Romains, qui demandoyent à Auguste, par le moyen de sa divinité, ce qu'il leur estoit necessaire pour l'advenir. AUGU DES ANCIENS ROMAINS. VESPASIAN. AVGVSTUS ENEUS AENEUS. 0 S PROVIDENT PROVIDENT Par toutes les monnoyes des Empereurs, qui avoyent esté canonizez, & receus au nombre des Dieux immortels, l'on trouve, ares & antels, qui monstrent l'heureuse memoire de leur deifica CONSTANTIN. AVGVSTUS ARGENT. CENEUS IAF Apulee in dogmate Platonis a mis par escript, que la Descriptio de la ProProvidence estoit une divine sentence, qui conservoit vidence. gardoit la pro$perité de celuy, duquel elle prenoit charge. Les autres ont dit qu elle regardoit aux choses qui debvoyent advenir : & d'opinion contraire estoit Epi Dict d'E picure. D vise de la Providence. Flotin. PROVIDENCE. Cicero. DE LA RELIGION Epicure, qui disoit, que les Dieux n'avoyent point de soucy de ce que faisoyent les humains. Entre les pierres gravées, que je garde pour la veneration de l'Antiquité, j'ay un jaspe insculpé du symbole de la Providence, figuré par un formis, qui tient trois espis de blé en la bouche: trouvé quinze pieds dedans terre, ainsi que je faisoye faire les fondements de l'une des tours de ma maison de la Magdelene : lequel pour estre gravé d'une devise asses rare, & qui merite d'estre veuë je l'ay faict paindre cy dessoubs. LASPIS ANTIQUUS N Quatre liures a escrit Plotin de la Providence, ou il monstre les choses grandes & petites estre gouvernée par le Dieu de Nature : ou je remets le Lecteur pour veoir plus amplement les sentences des Philosophes. Et retournerons à nostre Providence, que les Anciens estimerent Deesse, comme tesmoigne Cicero au liure qu'il a faict de la nature des Dieux. Et par son imaige (qui e$t d'une matrone stolée toute droitte, qui tient son sceptre d'une main, & de l'autre elle monstre un globe, qui est à ses pieds) est signifié qu'elle gouvernoit tout le monde, comme une tresbonne mere de famille. Et tout ainsi l'a figurée DES ANCIENS ROMAINS. figurée Trajan par ses medailles, & Pertinax d'une autre sorte, resortissant toutesfois la diversité des painctures à un mesme sen TRAJAN. PERTINAX. CENEUS ENEUS. 1 18 ⵙc #### Les autres Empereurs (comme Titus) l'ont faict painLa Provi avecques un timon & un globe, par lequel est dincepain cte diffemonstré le gouvernement de tout le monde. Antonin iermint Pie, representant la providence des Dieux, l'a figurée par des Anciens. an fulgure de Jupiter, accompaigne de ses sagettes. Maximian par deux femmes en habit de matrone, qui tiennent chascune des espis de blé, avecques l'inscription qui se lit en telle mainiere tout autour, PROVIDENTIA DEORUM, QUIES AUGUSTORUM. qui monstre que par l'ayde & providence des Dieux, il avoit donné si bon ordre aux blez, & à la chose frumenaire, que le proffit de toute la cité, & le repos des Augutes en resortissoit. Alexander Severus a representé la Deesse par vne amphore pleine d'espis de blé. Probus Florianus par vne femme stolée, qui tient un globe sus sa main droitte, & son sceptre, & un cor d'abonlance de l'autre main I 2 TI DE LA RELIGION MAXIMIANUS US T CENEUS ELAI ALEXANDER MAMMEAL CARACALLA ENEUS. CÆNEVS S ELORIANUS PROBUS ARGENTEUS ARGENTEUS- Pour DES ANCIENS ROMAINS. Pour retourner à l'eternité, ie rendroye mon labeur CONSE CRA inutile, si je passoye oultre sans escrire la folle superstiTION. tion des Romains, qui canonizoyent leurs Empereurs Folle suapres leur mort, combien qu'ils eussent tyranniquement perstition des Romatraicté le Senat, & le Peuple de Rome, usurpants duins à canrant leur regne, & par leurs monnoyes le nom de tres-nizer leurs bon Prince, de Fondateur de paix, de Restituteur de la Expeeu s. tité de Rome. Ce que l'on peut veoir par L. Septimius L. Septi Severus, homme barbare & sanguinaire, qui de simple mius Severus. soldat vint jusques à la sommité de l'Empire : lequel, pour venir à la fin de ses entreprises, malheureusement deceut Clodius Albinus, gentilhomme de bonne & antique famille de Rome : recevant les tiltres (que le Senat Albinus. donnoit aux bons Empereurs) plus par adulation & par crainte, que par ses vertus & merites. SEVERVS. ARGENT. PTIMO SEVE DE LA RELIGION. SEVERVS. ARGENT Aes. ⛪ C Claudius Que dirons nous de ce monstre Claudius encommanl'Emp. mō. cé & non achevé de nature ? qui apres sa mort fut receu stre encomau mombre des Dieux Immortels : & duquel Nero (qui mancé & non achevé l'avoit faict empoisonner) disoit, qu'il avoit esté faict de nature. Dieu par le morceau d'un bolet. CLAVDIVS. AURUM. N D C'est ce bon Prince Trajan, c'est ce bon Prince Antonin Pie, c'est ce bon Empereur Marc Aurele, qui me riterent par leurs vertus & bonté, d'estre canonizez, si consecration debuoit avoir lieu. Mais je vous prie escoutons DES ANCIENS ROMAINS. coutons la voix de ce tresbon Prince Antonin Pie, qui Sentence d'Antonin di$oit, qu'il aymoit trop mieux garder un citoyen RoPie, pleine main, que de tuer mile de ses ennemys. Voix certaine- de piete. ment pleine de pieté & digne d'un bon Empereur, comme il estoit. Et tel le voulut nommer le Senat (comme il avoit faict Trajan) par l'escripture de ses medailles, uy faisant dresser vne colonne comme à Trajan, & tem- Colonne ples, pour monstrer sa divinité. d'Antonin ANTONIN. PIUS ANFUS, O 5•P OPTIMO PRINCIPI sc 0 TRAIANUS ANTONIN.PIUS AENRUS. AKEUS. Nous DE LA RELIGION Nous avons escrit que les Empereurs estoyent consacrez & devenus Dieux apres leur mort, & que les Romains leur faisoyent temples & autels pour les adorer Prebstres ordonez & depuis les apai$oyent avecques la mactation du veau pour le ser & de l'aigneau, leur donnants prebstres & flaminer en vice des leurs temples. Et de telle coustume, parlant Prudence temples des Dieux. d'Auguste Cesar, à dit soubs ces mots Prudence. Hunc morem veterum docili jam aetate sequuta Posteritas, mensa, atque adytis, & flamine, & aris Augustum coluit, vitulo placuit & agno Strata ad pulvinar jacuit, responsa poposcit, Teſtantur tituli, produnt conſulta Senatus, Caesareum Iovis ad speciem statuentia templum. Herodian. Au demeurant de la con$ecration, nommée des Græc Herodian au septiéme chapitre du quatriéme liure l'a mise bien au long, laquelle j'ay traduitte en ne stre langue, pour donner le plaisir au Lecteur de l'intel ligence de la consecration figurée cy dessoubs par le medailles d'Antonin Pie & de M. Aurele. MAURELIUS ANTONINUS PIUS CENEU C'stoit la coustume des Romains de consacrer & caComme les Empereurs nonizer les Empereurs, qui laissoyent leurs enfans successeurs DES ANCIENS ROMAINS. Romains cesseurs quand ils venoyent à mourir, faisants certaiestoyent nes cerimonies, par lesquelles ils estoyent receus au nomcamniz. bre des Dieux immortels. Or pour monster la deification, la cité e$toit toute me$lée de pleurs & de lamentations, accoustumée d'estre faictes aux funerailles des Empereurs, pource que le corps de l'Empereur mort estoit enterré avec une grand pompe, selon la coustume les autres hommes. Apres ils faisoyent une imaige de cire à la semblance du mort, laqelle ils mettoyent deLict de paen im lans un grand lict de parement faict d'yvoire, eslevé en saict d'y haut à l'entrée du palais imperial, couvert & enrichi de Vere. couvertures d'or, ou l'imaige du mort estoit couchée, qui re$embloit à un malade decoulouré & pa$le. De l'un les costez du lict, & à senestre estoyent assis tous les Senateurs de Rome, qui demeuroyent là une grand partie lujour auecques leurs robes de dueil. Du costé droit estoyent assises toutes les Dames selon l'estat & digni& de leurs maris, ou de leurs peres. Et ne s'en trouvoit pas une accoustrée de doreures, ny parée de carquants, ou de cheines : mais estoyent vestues de ropes blanches, legeres, à la semblance de personnes tristes & dolentes. Et duroyent ces cerimonies sept jours ans plus : durant lesquels les medicins entroyent tous les jours, s'approchants du lict, faignants de taster le poux au malade, & faisants jugement qu'il aloit tousiours pis en pis. Et quand ils disoyent que le patient avoit rendu l'ame, les plus nobles l'ordre des Cheualiers, & les plus apparens des Senateurs prenants le lict sur les Lict de parement por paules, le portoyent par la rue sacrée jusques au marte parles ché vieux, ou les magistrats de Rome avoyent accouSenateurs. stumé de se demettre de leurs offices. De tous les deux ostez il y avoit des degrez à la semblance d'un schalier, Hymnes Pitoyables chantes aux funerailles des Empereur Champ de Mars. Description du taberna de qui est ven par les medailles. Panals, ci que les Anciens appelloynt Phas DE LA RELIGION ou estoyent, d'une part, les plus nobles enfans de la cit& patrices, & de l'autre, les plus illustres & honorables Dames de Rome, lesquels chantoyent tous ensemble hymnes & cantiques, que lon a de coustume de chante aux funerailles, faicts d'une piteu$e rythme & lamentable. Ce faict, souſtenants derechef ce lict, ils le portoye hors la cité en un lieu nommé, le Champ de Mars : ou estoit dresse au milieu un parc, à la semblance d'un taber nacle quarré, eſgal de tous les coſtez, qui n'eſtoit faict d'autre matiere, que de grands bois mis ensemble, lequel par dedans estoit plein de sermens & fagots sees, paille pouldre et autre matiere $eiche : & par dehors richement accoustré & couvert de custodes brodees d'or, de statues d'yvoire, &de diverses painctures. Au dessus de ce taber nacle il s'en trouvoit un autre de façon semblable au premier, mais plus petit, & d'ornements couvert à la forme de celuy de dessoubs, qui avoit les portes & fenestres ou vertes : & tout ainſi ſvivoit le troiſiéme, & le quatrieme tousiours moindre, que celuy de dessoubs, jusques au dernier, qui estoit le plus petit de tous. Lon pourron comparer le modelle da ce baſtiment aux tours que lo bastit, & sont relevées sur les ports, pour garder les navires, qui regardent le feu de ces tours la nuict, qu'elles pvissent asseurément prendre port, nommées par aucun Fanals, & des Anciens Pharos. En portant doncque le lict sur le second tabernacle, ils bouto vent grand quantité d'eſpiſſeries, de parfums, de fruits, d'herbes ongvents de bonne ſenteur, de toutes les parties que le terre porte. Car il ne se trouvoit nation, cité, ou personne de dignité ou d'hõneur, qui ne s'efforça$t de faire, & l'enuy ce dernier don à l'Empereur, qui estoit decedé Apres qu'ils avoyent amasse un grand tas de toutes ces senteux DES ANCIENS ROMAINS. senteurs & espisseries, de sorte que tout le lieu estoit renpli de bõnes odeurs, ils faisoyent une course de chevaux autour de ce bastiment, ou tous les chevaliers couroyent Danse nom en limaçon par ordre, faisants une dance d'une mesure, médes Amiens qui s'apelloit Pyrrique. Semblablement les coches couPynique royent alentour, gardants un mesme ordre, dessus lesuelles estoyent montez les Cochiers & Gouverneurs le ces stars, accoustrez & vestus de pourpre, comme veoux cramoisy, portants masques sur le visaige, qui retiroyent aux Capitaines & Ducs Romains, des Princes & des Empereurs du temps passé, qui suyvoyent l'ordonnance des autres. Et depuis que toutes ces choses estoyent faictes, celuy qui succedoit à l'Empire, prenant une torche alumée, boutoit le feu au tabernacle, & apres luy tous les autres par tout l'edifice : de maniere que tout incontinent & sonbdain, pour la seicheresse des sermens, piceries & parfums, qui avoyent esté mis là dedans, Aigle qui se levoit en hault une flamme merveilleuse. Et du petit emportoit sameée tabernacle qui retiroit à une petite tour, montoit amont l’Enpeavec le feu, une aigle en l'air, laquelle (comme croyoyent les Romains) de terre portoit l'ame de l'Empereur aux deux cieux : & deslors l'adoroyent & luy faisoyent temples, our monstrer sa deifica FAVSTINA M. AVRELIUS N Tco S 2 DE LA RELIGION FAVSTINA. PERTINAX. ARGENT. A.S. CRA XUME Mais je vous prie regardons la vaine folie, ou si lonVann su guement demeurerent un ſi grand nombre de Romains, perstition qui atitroyent des hommes, ou plustost achetoyent, qui des Roaffermoyent par $erment, qu'ils avoyent veu l'ame de mains. Cesar ſaillir du feu, ou ſon corps avoit eſté bruſle, q l'aigle de Jupiter emportoit au ciel tout deifié. Severo ca Voila comme Severe fut canonisé, & mis au nombre sionise des Dieux immortels : qui fut depuis accompaigné d'ur grand nombre d'hommes & de femmes, que les Romains firent monter par force au ciel, & qui furent faict ? Dieux par le conſentement du peuple de Rome : ſi bien nous regardons la coustume quils avoyent d'immortalizer leurs Empereurs. Or pour retourner aux temples de noz Dieux, ayant escrit des plus triomphants de tous, comme de celuy de Jupiter Capitolinus, de celuy d'Auguste, qui fut faict Rome & en Alexandrie, du renommé Pantheon, & du Temple de magnifique temple de Paix : il demeure le temple de DiaDiam en ne en Ephese, que tous les Roys & tous les PotentaEphese. Republiques de toute l'Asie, contribuants chascun DES ANCIENS ROMAINS. lon son pouvoir, sirent edifier, incitez seulement de la religion: qui fut à bien grand peine achevé pour sa grandeur & magnifique richesse, en deux cents ans, fondé de dans un marest, pour l'asseurer du terremote : mis depuis entre les sept spectacles du monde : temple & simuacre tant celebré par les monnoyes des Empereurs. CLAVDIVS. ARGENT. ARGENT. ROMETAVO EPIE COM pour ce que le simulacre de Dianne, qui estoit au Diane des emple des Ephesiens, ne peut estre bonnement reprebesiens. nt par la medaille que j'ay mise y dessus, il m'a semble de la faire mettre cy apres, comme je l'ay par le revers de deux medailles Grecques, l'une d'Antonin Pie, & l'autre d'un Cõmode fort jeune: à la premiere desquelles l'antiquité nous a laissé ce seul mot entier, DEZIAN, estant les autres lettres frustres & us-es. Et à l'autre ont caracteres Grecz, qui disent, APTEMIS ELELIAE c'est à dire, Diané des Ephesiens. ANK 3 DE LA RELIGION COMMODUS ANTONIN. PIUS. ÆS. T D Descripter La longveur du temple de Dianne estoit de quatre du temple cent vint cinq pieds, & la largeur deux cents & vint, de Diana garni de cent & vintetsept colonnes de soixante pieds Erosirad'hauteur: bruslé par ce malheureux homme Prostratus, qui vouloit acquerir une renommée eternelle, pour la meschanceté de ce beau faict. Toetefois le temple fut remis sus, & refaict plus triomphant qu'il n'avoit jamais Dinocra esté : & fut Dinocrates, qui acheva ceste magnifique be. tio. c. c. sogne, celuy qui fut Architecteur d'Alexandrie. notité. Le jour de la feste de Diane tous les ans les jeunes Celebration de la seile homines qui estoyent en la premiere fleur de leur eage, de Diana. & les jeunes vierges & damoiselles du païs vestues noblement, aloyent visiter ce temple magnifiquement, pour celebrer la feste de la Deesse en grande solennité Et souventesfois venoyent à se marier ces jeunes gentilshommes & ces damoiselles ensemble. DIANE. Les simulacres de Diane furent paincts selon ses vissances de plusieurs façons, comme elle fut nomme Diversis de noms variables & differents. Lune, quand pour de noms de Diane. $a clairté lucifere principalement, elle $e monſtroit toute pleine : & alors sa figure estoit paincte avec une torche DES ANCIENS ROMAINS. torche, qu'elle portoit à ses deux mains. Et tout ainsi l'arepresentée Julia Pia femme de Severe l'Empereur, accompaignée de l'escriture de DIANA LUCIFERA. IVLIAPIA. ARGENT. As. 2 N SC Dire 3 Pour monstrer encores que Diane & la Lune estoyent la Lieutif me mesme chose, j'ay faict mettre de la dicte Julia une autre medaille de bronze, ou l'inscription dit encores nefme choCUNA LUCIFERA, ou son char est tiré par deux biches, combien que souventefois il fust conduit par deux cerfs : qui a faict escrire à Claudian, Dixit, & extemplò frondosia fertur ab alpe. Trans pelagus, cervi currum subiere jugales. Qui signifie, qu'elle estoit Deesse de la venerie : combien Diane Deesse de la que l'interprete d'Aratus a dit, que les biches luy estovein.ie. Vent donnees pour faire congnoistre sa legeret. Quand Diane estoit paincte tenant un espieu à la Diaie Cermain, ayant un cerf au plus pres d'elle, cecy la monstroit vicide. Cervicide, qui signifioit qu'elle faisoit mourir à la chasDirektion les cerfs à force : & pour ceste cause la nommerent les meede GreescraGrecs ἐλαρνελο, & luy conſacrerent (à ce que nous liſons Exerc. DE LA RELIGION Comes des en Plutarque) les eornes des cerfs qu'ils faisoyent estacerss estacher aux temples de Diane, pour monstrer qu'elle estoit chees au têple de Dia. Deesse de la venerie. Des Cerfs & de Diane j'ay parlé au liure, que j'ay faict par le commandement du Roy, des Animaux feroces & estranges, ou j'ay escrit de sa nature asses amplement. NUMMUS L. HOSTILII ARGENT. G L'effence de L'espieu, qu'elle porte, estoit pour le sanglier : ce que s. a conné nous monstre la medaille d'argent de Geta Triumvir, ou a l’une sur le $an est paincte d'un co$té la Dec$$e, & de l'autre un Chin qui glier. court apres le porceau, qu'elle a enferré par l'épaule. GETA III. VIR ARGENT. S Ad M Quand DES ANCIENS ROMAINS. Quand Diane estoit figurée Venatrice, les Romains Dim. Penand. ordinairement l'accompaignerent de sa trousse, de son arc, & ses flesches, d'un leurier, ou d'un chien : sans lesSans'ec'il quels bonnement la chasse ne se peut achever. Et tout 10 ainsi j'ay sa figure en une medaille d'argent, qui est reben ernent presentie cy apres. allever, NUMMUS C. POSTUMI CARGENTEUS D Hierin POSTVMI Par les medailles d'Auguste Cesar, se trouve la Deesse trou$$ée, tenant un arc à la main, & son $ceptre de l'autre, accompaignée d'un leurier : les pieds garnis de les petites bottines, qui luy viennent jusques à my jamponire bes (que Pollux a nomme endromides) données a Diade Deme ne comme chose propre. Et par le revers de l'autre medes Grech laille, Auguste l'a faict figurer en habit virginal, tenant ndrons son arc à la main gauche, & de l'autre elle monstre de destouloir tirer une flesche de sa trousse : garnies toutes leux par le milieu de lettres abregées, c'est assavoir l'une de IMPERATOR DFCIRS, & l'autre, IMPERATOR UNDECIES: & au dessoubs se lisent semblables mots, SICILIA. AU Description d'un trobbée navale, qui est aux medaille d' Au Les trois jambe d: vise de la Sicile. DE LA RELIGION — AUGUSTUS ARGENTEUS. ARGENTEUS. IMP. x IMP. to SICIL ICII Parmy la trouppe des medailles d'or, qui furent trouvées aupres de Tholouze l'année mil cinq cens cinquante trois, entre celles qui tumberent entre mes mains, en trovay une, ou le costé droit monstre l'imaige de Diane accoustrée de son arc, & de sa pharetre : de l'autre costé se trouve un temple, garni par le milieu d'un trophée navale, la $ommité duquel e$t revestu d'une $alade, accoustrement de teste à l'antique : Et du rostre, ou bien partie de la profite d'un navire, se dresse un tronc avecques ses branches, qui est revestu d'une cuyrace mi litaire, & par la sortie des bras, les branches s'estendent tronques & coupées : à l'une desquelles est pendue une rondelle, & à l'autre deux piles ou dars croisez. Dessoubla thorace à travers le tronc pent une ancore d'un costé & un timon de l'autre: en signe de la deffaicte de Sextus Pompejus, quand Auguste Cesar recouura la Sicile: e qui se monstre par les trois jambes, symbole de la T nacrie, qui sont figurées au milieu du frontispice de temple de Dianne, avec l'inscription qui dit, IMPERATOR CESAR: monstrant par cela Auguste de ret dre graces à la Deesse, de la victorie qu'il avoit evê contre ses ennemys. MED. DES ANCIENS ROMAINS. NUMMUS AUGUSTI CAUREUS. IMF.CA par les revers des medailles, qui furent frappées en onneur de Marcellus, se pourra veoir un sacerdote, Tomile de qui presente avecques les deux mains un trophée au temDiane rere nommé de Diané, qui estoit en la Sicile : luy renSicilie. lant graces de la victoire, qu'il avoit euë de Syracuse : lubatiu de laquelle il rapporta autant, ou plus de proffit que n'avoyent faict les Romains de la cité de Carthage. MARCELLINUS ENKUS V 2 ✋ I. Diane Annadix qui sint en 1 de Di. comple de D. my now Tante tion. Diant pourquoy nom nec Tauripola. Digne Tarique. DE LA RELIGION Diane estoit appaisée àvecques la biche, le daim, le cerr, & le taure, animaux mis en la tutelle de la Deesse comme l'on pourra congnoistre par la paincture que j'ay faict retirer des medailles Grecques & Latines, qui serviront de tesmoignage de ce que j'ay escript cy dessus. PHILIPPUS AENEUSCENEUS (1) Strabo, au liure quatorziéme de sa description du monde, recite, que en l'isle d'Icarie estoit le temple de Diane, nommé ταυράπελου. Et Tite Live, au quatriém liure de la cinquiéme Decade nomme le dict temp Tauropolum: & les sacrifices qui se faisoyent à Diane, Tauropolia. Toutesfois Dionysius en son liure, De situ orbis, dit, que Dianne n'a pas esté nommé Tauropola du peuple, mais pour le taureau, estant la region abondante de ces taureaux, à laquelle preside la Deesse, & de là surnommée Taurique: chose qui est veritable, ayant souventesfois regarde la medaille Grec que, laquelle j'ay faict representer cy dessoubs : ou nous lison lettres Grecques qui disent, EPETFILIN AAMALIAE MEDA DES ANCIENS ROMAINS. NUMISMA GRAECUM CARGENTEUM EPETRIZO 1 Cecy nous a faict asseuriment cognoistre, que le nom de Tauropolos donné à Diané, & le sacrifice nom- Sirifica de Vland mb Tanropolium, ne vient d'autre el ose, que pour le taunomine re qui luy estoit oultre le chien, & le cerf, consacr : preTaurozonant son commencement la sacrifice (comme Diodore lum. recite au troisiéme liure de son histoire) de la Royne les Amazones, Princesse vertueuse, qui faisoit exerciter ses jeunes vierges tous les jours à la venerle : les nourrissant, par ce moyen, au labeur, aux armes & à la vertu. Statifiés ordena: à Et pour rendre graces à la Deesse, elle institua & ordonDianepar na un sacrifice, qu'elle nomina, des Ama les Auteurs Grecs & Latins ont confondu tous ces Lones. noms, Taurovolium, Tauropolum, & Tauropolium: & mesmement Sudas in Collectaneis, qui nomme Diaue Diantnom met Teuro pour le taure, qui luy estoit sacrifié : ce que conbolos. ferme Eustathius, & comme la medaille d'argent de Ausus Postumus le represente bien clerement: par le coste droit de laquelle est representée Dianne avec son croissant, son arc, & son carquoys : & de l'autre costé, le sacride Diano fice, avecques le taureau est si bien exprimé, qu'il n'est jaavecques le taureau besoin de traicter d'avantage de ceste matiere. MED. DE LA RELIGION NUMMUS A.POSTUMI ARGENTEUS Par les epigrammes qui sont en nostre Gaule, & principalement à Lectore, ou se trouve un grand nombre d'epitaphes antiques, qui tous parlent de la Mere des Pwégi Dieux, & lesquels autrefois m'envoya Petrus Gilius homlius a nateur sieeu- me de savoir, & singulier amateur de l'Antiquité, lequel lier de l'a a cerché, jusques à l'extremité de sa vie, les choses que riquite. Nature a produit rares & singulieres: lon pourra cougnoi$tre que le $acrifice qui $e fai$oit par les anciens $acerdotes à la Mere des Dieux avecques grand appareil, estoit souventesfois nommé Tauropolium : d'autrefois, Linie de Tauravolium : celebré non seulement à Dianne, & à Sybele, l'Auteur, mais encores à Minerve: si nous voulons croire Suides Epigrâs mos de tou das. Et des sacrifices dessus-dicts j'ay parlé asses ampleto la Gatt ment au liure des Epigrammes de toute la Gaule. A l'un des boleverts de la cité de Lectore. MATRI DEUM POMP. PHILUMENAE QUÆ PRIMA LECTORE TAUROBOLIUM FECIT. DES ANCIENS ROMAINS. Et en la dicte vile de Lectore, en un petit temple ruivile de né de Saint Thomas, se voit en une colonne, qui souGeseege. stient l'autel, l'epitaphe cy apres mis : par lequel est congneu, que l'ordre des Decurions (que nous pourrons appeller Eſchevins) feit pour la ſanté de Gordian l'Empereur, & de Sabina Tranquillina sa femme, & pour l'estat de la cité de Lectore, le sacrifice, nommé Taurspolium, à la Mere des Dieux. PRO SALUTE IMP. ANTONINI GORDIANI PILFEL AUG. TOTIUSQUE DOMUS DIVINE PROQUE STATU CIVIT. LACTOR. TAUROPOLIUM FECIT ORDO LACT. D. N. GORDIANO II. ET POMPEJANO COS. VI. ID. DEC. CURANTIB. M. EROTIO ET FESTO CANINIO SACERD. De Sabine Tranquilline j'ay autrefois veu une melailled'argent, & l'epitaphe cy apres mis : FURIAE SABINAE TRANQUILLINAE SANCTISIMAE AUG. CONJUGI DOMININ. M. ANTONINI GORDIANI PII FELICIS INVICTI AUGUSTI DECURIALES AEDILIUM PLEBIS CERIALIUM DEVOTI NUMI NI MAJESTATIQUE EORUM. ARome lon trouve une pierre de marbre entique SynFLE. nseul pée en l'honneur de la grand Mere des Dieux, Disposition d. limai, e Deesse renominé, qui faict mention du sacrifice nomde linnen Tauropolium: ou se pourra veoir l'imaige de la De- des Dieux. esse Le mont de lazen Can die Sien Paygi Comde la Mere den Dime in par deux lions. Enseignes que porte la Maded Dicux declarees. DE LA RELIGION esse coronnée d'une tour, qui porte de la main gauche un taborin sus sa cuisse, & de la main droitte des espis de blé, assise en son char qui est tiré par deux lions, accompaignée de son Atys, qui tient une boule à la main, qui est appuyé contre un pin, arbre cõsacré à la Deesse, pour la montaigne d'Ida, qui est en Candie, ou pour l'Ida de Phrygie, montaignes toutes pleines de pins. Et en tous ces deux lieux adorée, & la pomme du pin dediée : comme le tesmoigne Martial, quand il dit, Poma ſumus Sybeles. Les lions domestiques & privez tiroyent le char de bele, comme l'escrit Virgile, Et juncti currum dominæ ſubiore leones. Signifiants les Grecs, qu'il ne se trouve terre, tant soit elle ſterile & ſauvage, que ſi elle eſt bien laborée, qu'elle ne devienne abondante & fertile. Par la tour qu'elle porte sus la teste au lieu de coronne, sont designées les citez, qui sont assises sur la terre, enrichies par les edifices de plusieurs tours. Par le taborin est denoté la rotore dité de la terre: les autres disent que c'est, pource que les veuts sont enclos par le dedans : & de la meilleure opinion je m'en rapporte au Lecteur. Les espis de bli qu'elle porte, monstrent que c'est la terre qui porte le blé aliment tresnecessaire pour la nourriture des hommes. Voila quāt à l'expo$ition du $imulacre que j'ay faict retirer cy dessoubz. FIGU DES ANCIENS ROMAINS. FIGURE DE LA MERE DES Dieux, retirée du marbre antique qui ſe voit à Rome XXX M.D.M.I. ET ATTINIS L. CORNELIVS SCIPIO OREITVS V.C. AVGVR TAVROBOLIVM SIVE CRIOBOLIVM FECIT DIE IIII. KAL. MART. TVSCO ET ANVLLINO COSS. . Noms variables de la Mere des Dieux Diane Co servatrice adoree en Sicile. DE LA RELIGION Les Anciens la nommerent Mere des Dieux, pource qu'à la semblance d'une mere elle produit & nourrit toutes choses. Et comme mere de la terre (ce dit Phurnutus) les Romains & les Grecs luy attribuerent plu$ieurs pvissances, & la nommerent de plusieurs noms, vne fois Sybele, Ceres, la Terre, Pro$erpine : d'autrefois mere des bestes (& tout ainsi la nomme Lucrece) Vesta, & Diane. Et qu'il soit ainsi, j'ay deux medailles de bronze Grecques, en l'une de$quelles $e voit Diana Con$ervatrice d'un costé, & caracteres Grecs qui disent, ZOTEIPA: & de l'autre, le fulgure qui luy e$toit attribué comme à Vesta: & telle inscription, BAZIAERE AFAOOKAERE Battue la medaille par le Roy Agathocles en l'honneur de Diane Conservatrice, qui estoit adorée en Sicile NUMISMA AGATHO CLIS AEREUM O ~ ⵣⴱ xxxx 90000 Par l'autre medaille Grecque est representée Sybele avecques $a coronne turrite, du co$té droit : & du co$té gauche, le fulgure de Jove avecques ses sagettes. Et pour estre la medaille fruste, n'auons peu tirer des caracteres Grecs sens qui soit bon. MEDA DES ANCIENS ROMAINS. NUMISMA GRAECUM CENEUM S S K ⛪ the #### de Du temps que j'escrivoye ce Discours, me furent données plusieurs medailles d'argent de celles qui furent Medailles trouvées à Reims, toutes quasi de Severus, de Julia, de d'or, & d'argent Caracalla, de Geta & de Macrinus: par la trouppe destrouvces uelles je trouvay les deux premieres que j'ay faict painReims. dre cy dessoubs :ou l'on pourra veoir la Deesse turrite avec son fulgure, qu'elle tient à la main droitte, & de autre son sceptre, montée sus un lion courant par l'air : & telle inscription, INDULGENTIA AUGUSTORUM. gnifiants toutes ces choses, par l'occulte & mystique gie des Anciens, ce que en ay escript cy dessus. GETA SEVERVS CARGENTIUS. ARGENTEUS. NTIA 1 VIII P the NCART INCARTIE Des M 2 DE LA RELIGION Des autres deux medailles l'une est de Julia, qui a re presenté la Mere des Dieux coronnée de sa coronne turrite, accompaignée de deux lions, a$$i$e dedans $on L'arbredu tro$ne, tenant de la main droitte vne branche de pin, pin consaarbre consacre à la Deesse : & de l'autre son sceptre accre à la cou$tumé, repo$ant le bras $us $on timpan, par lequel Mere des e$t repre$entée la rotundité de la terre, comme j'ay de$ia Dieux. dit : & l'escripture de MATER DEUM. A la jeune Faustine lon trouvera la paincture du revers de sa medaille à peu pres d'une semblable substance & figure. IULIA PIA FAVSTINA RGENTE AENEA S E S ANTONINUS PIUS NUMM. CVOLTEI CARGENTEUS AENEUS 0 ⸫ the a QVOLTEIME DES ANCIENS ROMAINS. Au simulacre de la Mere des Dieux donnerent les AnNature. ciens plu$ieurs mammelles, comme celle qui nourri$$oit tout le monde, vne tour sus sa teste, deux lions sus ses bras, & variables animaux qu'elle produisoit comme Deesse de Nature, & deux Cerfs à ses pieds, qui monstroit que c'estoit Diane. Et de telle figure elle fut trouvée n'a pas long temps à Rome: & tout ainsi en une grotte antique fut semblablement decouverte sa pain. cture, que me donna autrefois Antonio Fantussi painêtre, Romain, qui l'avoit retirée: la quelle j'ay faict mettre au liure que j'ay escript De la Nature des Liure de Dieux, pour en donner la vevë aux amateurs de l'Auteur 'Antiquité. de la Nuu re der Ce $ont les pui$$ances données à Diané pour la diverDieux site de ses figures, que j'ay representées cy dessus : la nom Diane trimant vne fois Triforme : & tout ainsi la figura Alcamaforme. nes, comme racite Pausanias. Et Virgile nous a donné Diane sui entendre qu'elle estoit Lune au Ciel, Diané sus terre, la terre & Proſerpine aux enfers, quand il a dit, Lune au ciel. & Pro Tergeminamque Hecaten tria virginis ora Dianae. serpine auxenfers. L'on trouvera sa figure retirée de l'antique marbre au liure premier de noz Antiquitez de Rome. Et me suffira pour le present d'escrire, que les anciens Romains & les plus riches sacrifioyent à Diané tous les Sacrifice à moys soubs le nom d'Hecate, faisants mettre des pains Diana sous le nom de & autres choses par les quarrefours de la cité, qui estoHecate. yent soubdainement levez par les pouures & indigens, comme nous lisons en Athenaeus, estimants que Hecate, AibeDiane, la Lune & Proserpine estoyent vne mesme meus. chose. MINERNous suiurons la description de noz Dieux & Deesses, & commencerons à Minerve, qui fut née, comme ai$ent les Poëtes, de la te$te de Jupiter, pource que l'e$Prit M 3 DE LA RELIGION prit est situé au cerveau de l'homme : la paignants les L'esprit est assis au Anciens armée d'une ægide, qui e$toit enrichie du che creveau de de l'une des Gorgones : signifiants par cela, que l'homl'homme me saige doibt porter l'maige de terreur contre ses enL'horaine Cige donnemys. La sommité se non morrion estoit decorée d'un ne crainte panache, pour signifier l'ornement de la teste de l'homa ses cune me. Elle e$toit ve$tue de trois accou$trements differents, nys. qui signifioyent que la saigesse doibt estre cachée. La picque, qu'elle portoit à la main, denotoit que la prudence regarde & frappe de loing. En la tutelle de Minerve fut miſe la Chovëtte (comLa Chove te en la tume nous avons dit) par laquelle donnoyent à congnoitelle de stre les Anciens, que la saigesse tenoit en tenebres sa proMinerve. pre ſplendeur. Et ce que nous avons mis cy deſſus, nous à treſelegamment laiſſé par eſcript Ovide en ſa MetamorAulune Phose soubs ces mots, Ad ſibi dat clypeum, dat acutæ cuſpidis haſtam, Dat galeam capiti, defenditur ægide pectus, Percussámque ſua ſimulat de cuſpide terram. Edere cum baccis foetum canentis olivæ, Mirarìque Deos: operis victoria finis. Varro dit qu'elle fonda la cité d'Athenes, & pour telle Mine; re fendala ci-raison nommée Minerve des Greces ACIINA, quasi àt té d'Athe c'est à dire vierge immortelle: pource que la saige$$e (comme dit Fulgence) ne peut e$tre corrumpue, ny mourir. Porphyrius a dit, que Minerve n'est autre Porphycho$e que la vertu du Soleil, qui donne au cueur des hommes le sçavoir, né de la sommité de l'air : & c'est la cauſe que les Poëtes (comme nous avons dit) ont fainct qu'elle estoit descendue de la teste de Jupiter. Tous les Physiciens recitent, que la vertu intelligible est mise au cerveau de l'homme, comme dedans vne forteresse du corps. DES ANCIENS ROMAINS. Les Anciens l'ont nommée Bellona, c'est à dire Deesse Bellona Deesse de de la gverre, signifiants que les gens de gverre doibuent la guerre. tousiours estre en armes & remplis de bon conseil, & prevoir les entreprises de leurs ennemys : pource que les affaires de la gverre doibuent estre premeditez & bien Letassai. conseillez avant que de les decouvrir. Qui a fait dire à resde li guerre veu Saluste, que devant que de commancer vne chose, il la lent estre fault premierement prevoir, & de puis que elle a esté secrets. bien advisée, il la fault mettre à execution. Les Historiographes la font conditrice d'Athenes, qui recitent qu'entre Neptune & Pallas sortit un grand Dissention entre Nedebat & dissention, pour sçavoir lequel des deux impoptune 5 seroit le nom à la cité d'Athenes. Les Dieux pour pacifier ce di$cord ordonnerent, que celuy des deux qui donneroit plus de commodité, bailleroit le nom à la cité Neptune le premier feit sortir de terre un cheval, & Minerve l'olive. La cause debattue, jugerent les Dieux que l'olive estoit plus necessaire & utile pour la commolité des humains. Et par ce moyen demaura victorieuL'olivia e Minerve, & luy fut l'olive depuis dediée, & nommée dedie à Pacifere: si bien nous regardons les medailles de MarMinerve. cus Aurelius & de Commodus. COMMODUS MAURELIUS AENEUS. CENEUS. S the Du DE LA RELIGION Du temps de Pline l'olive, qu'avoit esté produite en Athenes pour le different de Neptune & de Pallas, du roit encores, comme il escrit. A la celebration de la feste de Minerve, nommée Feste de Miac va Quinquatria, portoyent les enfans à leur maistre les nowée estrenes, & durant ces jours ils avoyent vacations en Quinquatrut. l'honneur de la Deesse qui presidoit à la memoire, ou Minerve preside à la sont contenues toutes les disciples : qui est signe principal aux enfans de la bonté de leur esprit. Ce que nous memoire. a monſtré Quintilian, & au troiſiéme des Faſtes Ovide soubs ces mots, Pallada nunc pueri teneræque ornate puellæ: Qui bene placarit Pallada, doctus erit. Nous avons veu la fin de la dissension de Minerve & NEPTU de Neptune : il ne fault perdre l'occasion d'escrire du siNE. mulacre de ce Dieu, qui $e fai$oit (comme dit Hyginus, avecques un Daulphin, qu'il tenoit ſus ſa main gauche Le Daulphin conse. ou soubs son pied, & son trident à la droitte: estimante cré à Neles Anciens que ce poisson estoit tresaggreable à Nepiune. ptune. Ce que nous a monstré Marc Agrippe par le revers de ses medailles. M. AGRIPPA ANFUS ENEUS D XXX Nepti DES ANCIENS ROMAINS. Neptune fut encores painct avecques un trident & Neptune in acrostolie, ornement antique de la sommité des naAudens vires : comme lon pourra veoir par les revers de deux ateques medailles d'argent, qui sont entre mes mains, l'une d'Au& i. n acro guste, & l'autre de Vespasian escripte de ces mots abrellebe. gez, NEPTUNO REDUCI: rendants ces deux Empereurs graces à Neptune de leur retour & expedition navale. VESPAŠIAN. AVGVSTUS ARGENT ARGEN AESA ĐIVII La fuscine luy fut donnée pour le sceptre, comme in- La suscine denvren strument tres necessaire pour les mariniers. Et son imaiNeptune ge insculpée & gravée une fois paisible & tranquile, pour siep autrefois esmeué pleine de courroux. Ce que lon voit tie. Visaige de par les medailles de Pompée en son expedition PyratiNepture que, ou du costé droit sont lettres qui disent, MAGNUS pauièt disIMPERATOR ITERUM: & de l'autre, PRAEFE. Siremment des AnCTUS CLASSIS ET ORAE MARITIMAE EX SEciens. NATUSCONSULTO. MED. Agate an tique gra vee d'un Neptune Corniol antiqui. DE LA RELIGION NUMMUS POMPEI ARGENT S ETOR the N I am 4 NUMMUS POMPEI ARGENT. M Hure Entre les pierres gravées que je garde pour l'intellig ce de l'Antiquité, j'en ay deux de moyenne grandeur l'une desquelles, & la premiere est vne Agate, qui rep $ente Neptune couché $ur la mer, qui tient d'une maison ſon trident, repoſant l'antre bras ſus un vaſe à la mainer accoustumée des Fleuves, qui ont esté paincts par Anciens. L'autre est un Corniol antique de couleur de rubis, inſculpé d'un Neptue, qui eſt dedans ſon char, t par deux chevaux, à la vraye ſemblance de la medaille de Marcus Agrippa, ou sont lettres qui disent, ÆQUORIS AGA HIC OMNIPOTENS. DES ANCIENS ROMAINS. SARDIUS. AGATA. the MARC. AGRIPPA ARGENT. HIC 2 146 Le char de Neptune estoit tiré par chevaux : ce que Char de Neptune non seulement monstrent les medailles cy dessus mises, tire par mais aussi Virgile au cinquiéme de son Acueide, quand chevaux. lescrit, Jungit equos curru genitor, spumantidque addit Frena ſeris, manibúſque omnes effundit habenas. Le Cheval Le Cheval luy estoit anciennement consacré, pourceconsacre a il fut le premier, qui trouva le moyen de dompter & Neptune. le bien picquer un cheval. Ce que nous monstrent les yes des Tarentins, ou de l'un des costez ils firent frapN 2 DE LA RELIGION 100 frapper Neptune Chevalier : & à l'autre, Taras fils de Neptune Chevalier. Neptune, sus un daulphin. TARENTINUS NUMMUS ARGENT. ☚ *AY to XINTY-W Les Romains firent dre$$er à Neptune Chevalier un temple, comme nous li$ons en Halicarna$$eus : & nommerent les Arcadiens (comme il dit) le jour de sa feste Hippocra Hippocratia: ce que les Anciens, Consualia. Et la coustuConsualia. me des Romains estoit, que les chevaux, les mules, 8 mulets estoyent exemptez du travail ce jour là : & estoyent accouſtrez par la teſte de chapeaux de fleurs. tout ainsi les menoyent, faisants leur monstre par toute la ville les Paleferniers. Nepti no Diodore récite, que Neptune trouva l'art de navitrouva quer, & de dresser une armee de mer : parquoy il fut l'art de nafaict par Jupiter, Admiral de toute la mer : & depuis viguer. Neptune comme Dieu adoré des hommes, & comme celuy qui Dieu de avoit toute puissance sur la dicte mer. la mer. Et par une Onice antique gravée, qui est mise cy deſſoubs, accompaignée des medailles battue par Q tus Creperius & Gallienus l'Empereur, monstreren les Anciens la puissance de Neptune par mer & P terre DES ANCIENS ROMAINS. 101 terre: avecques le Cheval, qui ha la quevë entortillée, enles Anciens gnes representées par les deux elements, qui sont en paignirent semble figurez par le Cheval & le Daulphin. Et de telle le Cheval de Neptuson paignirent le Cheval de Neptune les Anciens. ne avec ques la ONYX ANTIQUUS que vê du Daulphin. 2 6 GALLIENVS. Q.CREPERIVS. ARGENT. As. 2 the ) N Q‧ CREPER Quand les Romains & les Grecs rendoyent graces ptune des victoires navales qu'ils avoyent evés, ils faisoyent paindre par leurs monnoyes d'un costé son gie avecques son trident, & de l'autre la Victoire, qui estoit sur la poupe d'un navire. Et tout ainsi les a faict battre le Roy Demetrius, Auguste Cesar, Vespasian & Titus Empereurs Romains. MED. DE LA RELIGION 102 NUMMUS DEMETRII ARGENT. D M BÁZI VESPA SIANUS AVGVSTUS ARGENT. ARGENT. 3 AESCUPourſvivons noz Dieux, & leurs ſimulacres : & comLAPIUS. mençons à Aesculapius, Dieu de la santé, qui monstra le Aescula pe Dieu de premier le chemin aux hommes de la medicine : demanla sante. dant ce$te tant noble faculté qu'il luy fu$t donné quelq Dieu qui luy presida. Du temps d'Homere, Aesculape n'avoit point esté encores receu au nombre des Dieux immortels : car il faict guerir les playes de Mars à Peon. Et quand il parle de Machaon Machaon fils d'Aesculapius, il le nomme homme, filz d'Ae d'Aesculape medecin absolu, qui trouva plusieurs remesalapius. DES ANCIENS ROMAINS. 103 des tresnecessaires & tresutiles pour la santé des hommes: qui fut si excellent en son art, que les Anciens disoyent, qu'il ressuscitoit les morts. Lactance le dit avoir Lactance. esté né de parents incertains, & apres sa nativité exposé aux champs, là ou il fut trouvé par des Chasseurs : depuis il fut baillé à Chiron le Centaure, qui luy apprit la medicine, de laquelle userent ses successeurs, jusques à ce que vint Hippocrates, qui la consomma. Hippocra La demeurance d'Aesculape estoit à Epidaure, cité les a consomme la l'Esclavonie, qui est nommée aujourdhuy Raguse, cite medicine. depuis consacrée à Aesculapius : & là luy fut faict un Raguse cũ temple magnifique, & sõ simulacre, duquel a parlé Pausa- sacree. Aescula nias, qui dit, qu'il estoit d'or & d'yvoire, achevé par Trasymedes sculpteur excellent, qui fut de l'isle de Paros. EuSimulacri d'Aescula sebe a painct son imaige en la propre maniere qu'elle se vius d'or voit encores à Rome de marbre blanc, & par les meda- & d'yvoialles & graveures antiques : c'estassavoir vestu d'un manDescriptio teau faict à la Grecque, nommé pallium, tenant un baston de l'inaire à la main, au tour duquel se trouve un serpent entortillé, d'Aesenda pius selon & là dessus il semble qu'il s'appuye. Et tout ainsi je l'ay Eusebe. gravé en un bellissime Corniol: & encores d'une autre sorte en une Onice, comme la paincture le monstre. ONYX. SARDIUS. 4 Plurnu. Par le serpent est monstré le symbole de prudence. Macrobe. La Chovê te consacré. à Aescula pius. DE LA RELIGION 104 Par le serpent (comme dit Phurnutus) est signifié que les Medecins font alendroit des hommes qui ont esté malades, comme les serpents de leur nature, qui se deſpovillent de leurs peaux : tout ainſi ceux qui ſont ſor tis hors de maladie se renovellent, faisants un corps tout neuf, & qua$i $e depovillent de vieille$$e. Les autres amenent vne raison, qui disent, que tout ainsi que par le ser pent e$t $ignifié le symbole de prudence, qu'il e$t nece$saire, que le Medecin soit prudent & saige, pour guerir ses malades. Pline a cuydé que le serpent estoit dedié à Aeſculapius, par ce que l'on en reçoit pluſieurs remedes. Macrobe rend vne autre raison, disant, que c'est pource que le $erpent a la veuë aigue : & que le ba$ton mon$tre, qu'il e$t de be$oin de $ou$tenir & nourrir celuy qui a e$té malade, pour le garder de retumber. Eusebe dit que le baston luy fut donné, comme solagement de ceux qui sont malades. La Chouëtte luy eſtoit encores conſacrée, qui ſignifioit, que le Medecin debuoit e$tre vigilant, & aler plus tost la nuict que le jour, pour survenir aux accidents de ses patients & malades. NERO. VITELLIVS. AURUM. D. 105 DES ANCIENS ROMAINS. A Rome se voit au milieu du Tibre une petite isle, faicte à la ſemblance d'une bireme, large par le milieu, & longue de deux stades, aigue par la partie de dessus, & un petit plus large en la partie de destoubs, qui faict la pouppe d'un navire. Ceste isle fut consacrée à Aesculad'Aisula pius, apres que son simulacre eut esté apporté d'Epidautirs aperre, soubs la semblance d'un serpent, ou plus tost demon. Et en l'honneur d'Aesculapius firent frapper les RaguMennage lois anciennement leur monnoye avecques le Serpent, recompaigné de lettres Grecques qui disent, L'IMAAYTIEN, il us. Temple pa Ragu$e : noble comme dit Tite Live, pour le temple d'Auscula. (Aesculapius, qui estoit pres de la cite cinq mile pas) Dies pres k la adore par gra de Raguse. crimonie. MONETA EPIDAURY NERO CENEA CENEUS. 1 ⛪ Paraphe Q NUMMUS VALERIANI ANEUST A TPICNEQK P.Q.N Au Marbre Thassie na ble pour ses macule. SANTE. Les Anciens disoyent que la Sinte procedoit d'Aescula. pius. DE LA RELIGION 106 Au jardin de l'gli$e de S. Bartelemy qui e$t à Rome, edifié en l'isle, de laquelle nous avons faict mention c dessus, se trouve un navire de pierre Thassie, fort noble pour ses taches & macules ou l'on voit d'vn coste un serpent, que lon dit e$tre des reliques & demeurant du temple, qui fut jadis faict en lieu, pour honnorer Aesculapius. Et qua$i par toutes les monnoyes des Empereurs d'or, d'argent, & de bronze, est trouvé le serpẽt avecque? la Santé, qui luy sacrifie soubs l'image d'Aesculapius : ou bien la Deesse tient embrassée le serpent : ne signifiam autre chose, sinon que la Sant procedoit d'Aesculapius. ANTONINUS PIUS MAURELIUS ARGENTEUS. AENEUS 1 M. ACILIUS CARGENTEUS the DES ANCIENS ROMAINS. 107 Depuis six mois me fut apporté de M. Aurele un Medaillon de M. Aubellistime medaillon, & de grand relief, qui fut trouvé de trouvé aux fondements de la maison ne la vieille monnoye de à Lyon Lyon, que j'ay faict retirer cy dessoubs : ou les amateurs de l'Antiquite pourront veoir un sacrifice, qui se faict à Aesculapius (sous la figure du Serpent) par Minerve, qui tien une patere en la main, couverte d'un olivier : & du devant est la Victoire, qui tient une tasse pleine de nuits. NUMMULI COMMODI M. AURELII ## the TAL C'est la Santé, que j'ay mise parmy noz autres Dieux & Deesses, sans laquelle personne ne peut venir à chef Sans la sante perde ses entreprises. sene ne peut Son temple estoit (comme dit Publius Victor) au sichef de ses xiéme quartier de la cité de Rome : combien que Domientreprises. tian luy fait dresser un petit temple, apres qu'il fut deliaré de peril, ou il avoit est à l'advenement de Vitellius à Rome : qui estoit à peu pres de telle forme & figure, que medaille (que j'ay faict mettre cy apres) le represenDOO 2 CH SIETE. Les Colen (es fyrrhols de la chez ###e DE LA RELIGION 108 DOMITIANUS ARGENTEUS ISALVTIS AVGVSTI ⛪⛨ⴱⴱ Nous escrirons de la Chasteté, qui fut mise entre les autres Deesses par les Romains : l'imaige de laquelle se trouve avoir esté faicte par les medailles de la jeune Foustine: & par celles de Julia Pia, femme de Severe l'Empereur, en habit de matrone, tenant son sceptre d'un ne main, assise sus une chaire, par l'extremité de laquel le repoſent deux Colombes : qui ſignifient, que tout ain si qu'elles sont blanches & nettes, la chasteté veut estre sans macule. IULIA PIA ARGENTEA Ceux DES ANCIENS ROMAINS. 109 Ceux qui ont diffini la Chasteté, ont dit, que c'est une Diffinition de Classe vertu qui vient d'un bon cueur, qui ayme trop mieux endurer & souffrir tous inconvenientes, que de commettre & faire chose, qui soit infame & deshonneste. Et combien qu'elle soit forssee, la forsse ne faict point de trot à la chastet : pource qu'elle vient d'un courage, qui ne se peut corrompre, accompaigné d'une bonne & nonneste nourriture. Passons oultre, venons à la Deesse Liberté tant desiLITER le des bons esprits: laquelle nous debuons, sur toute chose, cherement garder & entretenir. Et ne me seroit ossible d'escrire le bien que reçoit un homme, qui vit hors d'ambition, en sa liberté : & qui ne donne le pouvoir à personne, pour les biens, de luy commander : se contentant de mediocrité, qui le rend heureux: rejettant les biens de fortune, qui apportent souventes fois, pour en peu d'honneur, un grand nombre d'inconvenient. Et considerons la tresnoble sentence de ce bon Poëte Euripide, quand il à dit, Trupiles. Nam liberum esse maximum dico bonum: quid si quis est pauper, puict se divitem. Disserung Et Cicero en ses paradoxes en la definition qu'il a faict, le labore. fit que Liberté n'est autre chose, que d'voir la puissance le viure comme lon veut. Son temple estoit au mont Aventin, enrichi de coTemple &c Lilené. donnes de bronze, & de plusieurs belles statues. Et par coraison de Cicero, qu'il faict aux Pontifes pour sa maiMaison de Cicero con son, nous congnoissons comme Clodius l'avoit consafieret pa. crée à la Deesse Liberté. Son simulacre estoit painct Clocius à en habit d'une femme stolée, qui tenoit une haste d'une la Deesse Liberte. main, & de l'autre un chappeau, divise donnée par les Anciens à la Liberté. GAL DE LA RELIGION 110 TRAIANUS GALBA ARGENTEUS. CENEUS. CL s Par les medailles qui furent frappes en l'honneur de Brutus, & par celles de C. Ceſar, ſurnommé Caligula, lor peut veoir que le Chappeau anciennement eſtoit indice de libert. Et quand les Romains venoyent à faire libre L. Chr. peau en$ci- leurs $erfs, ils portoyent le chappeau : comme plus amplement j'ay traicté ceste matiere, sur la fin du pren. de li berte mier liure de mes Antiquitez de Rome. CALIGULA BRUTUS CENEUS ARGENTEUS LAV S FID MAR FECIEt pource que de liberté succede la felicité, je la renCITE'. dray Deesse en sa compaignie: & monstreray comme 111 DES ANCIENS ROMAINS. les Romains luy dresserent un temple, & un autel. Et de ce temple a parle Pline, quand il a dit, que le simulacre de la Deesse Felicité avoit est faict par Archesilans Plastes, qui avoit cousté à Luculle soixante grands sesterces. Et quand les Empereurs Romains avoyent lon gument regné, ou bien quand ils avoyent eu de beaux enfans, & qu'ils avoyent subjugu & vaincu les ennemys de l'empire de Rome : & par ce moyen la paix pubblique acquise par eux : ou qu'ils eussent decouvert quelque conjuration, qui eust est faicte contre leur majesté : ou bien quand l'abondance des blez, & les navires charg'es estoyent arrivées au port d'Hostie : alors estimerent les Romains la felicité demeurer en toutes ces choses. FAUSTINA AN CENEA os S CARA Pline. ArlesP furnes. . les Princes. DE LA RELIGION TACITUS CARACALLA IRGENTEUS. ARGENTEUS. S the L ANTONINUS PIUS SEVERUS ARGENTEUS. AENEUS. RVMFE A ( ⸸ cos IIII C'e$t grande felicité, quand la Ju$tice $e trouve en un Royaume : qui est celle, qui faict regner les Princes, les Roys, les Empereurs & les Republicques. Les Anciens disoyent que sans Justice Jupiter ne pouvoit estre Dieu Avecques la Justice la Republicque est soustenue. La $tice e$t une con$tante, ferme & perpetuelle volonté de rendre droit à chascun. Et ses commandements sont, cuire honellement, de ne faire tort à personne, & rendre à chascun ce qui est sien. De la Justice est venu droit, qu'a esté divise par deux manieres : c'estassavoir DES ANCIENS ROMAINS. 113 4 en public & privé. Le public regardoit à l'estat de la choM. 6 p. se Romaine, & le privé à l'utilite de chascum : car (ainsi que dit le Jurisconsulte) il y a certaines choses qui sont pour l'utilité publicque, & les autres pour l'utilité privée. Le droit public consistoit à la religion, aux choses sacrées, aux sacerdotes & aux magistrats. Le privé avoit esté prins des commandements naturels, civils, ou des hommes. Au demeurant je remettray le Lecteur au livre, qu'a faict Plutarque de la doctrine des Princes : ou Plutarque. il monstre asses au long que c'est que de Justice de laquelje veux dire, qu'elle a si grand force, que veu qu'aux enfers il ne se trouve aucune vertu, toutes fois la justice y est point defaillante, qui faict punir les meschants selon leurs merites. Les Anciens la firent paindre qu'elle tenoit une tasse Paicture à la main droitte, & de l'autre son sceptre, accoustumé de la lusi aux Dieux & Deesse, assise en sa chaise : comme l'a representé Hadrian & Alexander Mammeae per leurs melailles. Ceux qui n'ont veu la figure antique, l'ont paincté d'une autre façon, luy faisants tenir d'une main une espée, & de l'autre des balances, enseignes que les Aniens donnerent à l'Equité. TIBERIUS ENEUS 0 114- F. Q.II. 1 NOYE. Mennige des Princes ture. DE LA RELIGION ALEX. MAMMEAE. HADRIANUS ARGEN ###### 1 VSTITIA L'Equité fut paincte des Anciens (comme nous avons dit (auceques des balances, & un cor d'abondance: & $er blablement le simulacre de la Monnoye Deesse sainct & sacrée. Et tout ainsi la nommerent Constans & Dicletian par l'inscription des revers de leurs medailles ou sont lettres qui disent, SACRA MONETA A GUSTORUM ET CESARUM NOSTRORUM. Et quant à la paincture de son imaige, elle differe en rien à celle de l'Equite. Et sur toutes autres choses, la monnoye doibt estre tenue entiere, pure à nette, & on alc PHILIPPUS. GORDIANUS ARGENT. ⛪ 114 DES ANCIENS ROMAIMS 115 DIOCLETIANUS CONSTANT. ARGENT. ⵣⴱ C 2 NUMMUS. T. CARISII. ARGENT. Pour garder les mains sacrileges des faulx monnostiegen firent insculper leurs visaiges les Empereurs par les leurs monnoyes, pour leur donner, en le regardant, reuisant insculper rainte de la falsisier. Et si bien nous considerons la choLarsvitz plus empesche d'apporter viures dedans les citez, ges a leurs conveyes. est de veoir la faulse monnoye avoir cours. C'est chose et malheureuse, quand le proffit particulier empesle bien de plusieurs. Et de tous les vices le plus deteable est d'amoindrir par saulset, le pris de l'argent & or, & de luy oster la grace de sa resplendisseur : & ce nullerenque esch le ien public. Trium vir. der vonmyes. Charge les Maiestres des mon royes des anciens Romains. DE LA RELIGION 116 que le feu, ne l'injure du temps, ny la terre ne peuvent faire, font ceux qui se me$lent de la fal$ifier. Et $i les lois condamnent celuy, qui a ble$$é un autre : qu'a merité celuy, qui ruine, destruit, & porte dommaige à $i grand nombre de gens ; C'est la cause qui meut les Romains de creer les Triumvirs des monnoyes, qui furent d'Equestre dignité : & si avoyent la charge de la faire battre d'or, d'argent, & de bronze. Ce que nous trouvons par les medailles de Cesar le Dictateur, & d'Auguste son successeur. AVGVSTUS IVL. CAESAR. ARGENT. AENEUS ############################ M SC IIIV “ #### Les Maistres des monnoyes avoyent la charge de la garder, d'examiner avant que de la faire frapper, ſi elle estoit de bon aloy : & apres qu'elle estoit battue, si elle e$toit du pris qu'elle debuoit e$tre. Je cuyde que Ce$ar Auguste (pour tousiours conserver la majesté de l'empire de Rome, qui eust forme de liberté) laissa aux Triumvirs des monnoyes ceste autorité soubs la Tribunicie puissance, qu'ils avoyent retenu: comme l'on voit par les medailles que frapperent M. Salvius Otho, C. Plotius Ruffus, & plusieurs autres. AUGU DES ANCIENS ROMAINS. 117 AVGVSTUS CENEUS worauf L.SAP S LIII D'autres medailles se trouvent encores sans l'effigie Auguste Cesar, qui donnent clerement à congnoistre ce que nous avons escript cy dessus, par les mots qui sont s, accompaignez d'une coronne civique, AUGUSRUS TRIBUNICIA POTESTATE. Et par le dos de la medaille, C. PLOTIUS RUFUS III. VIR AERE, ARGENTO, AURO FLAVO FERUNTO. AVGVSTUS ARNEUS. [unclear] □ LAVGVSTVS TRIBVNIC POTEST D CAT Et par ces inscriptions & caracteres nous voyons, que la puissance de faire battre la monnoye d'or, d'argent & d'airain, de l'examiner, de la peser, appartenoit ancien Leiz Dec virales. DE LA RELIGION 118 anciennement aux Tribuns : comme manifestement les loix Decemvirales le monstrent par les paroles qui sont telles, TRIBUNI SUNTO, DOMI PECU NIAM PUBLICAM CUSTODIUNTO. & au de$$oubs, ÆS, ARGENTUM, AURUM VE PUBLICE SIGNANTO. Pour entretenir cest office, les Empereurs Romains elisoyent gens de bien & d'honneur, leur donnant le pouvoir de faire mettre leur nom pour seureté plus grande, par toute leur monnoye Et par cela congnoi$$oit le pleuple, que $oubs leur charge avoit eſté coignée & battue leur monnoye fidellement. Toutresfois la coustume par succession de temps se perdit, comme de plusieurs autres choses. Et passées les medailles de Claudius & de Nero, lon ne trouve plus l'Equité paincte avecques les balances particulierement. comrue elles sont figurées cy dessoubs. CLAVDIVS. NERO. N ⵟⴱⵍ SAPNRE V Tă⊃⊃⊃ Les bons Princes & Empereurs, quand ils entroyent aux provinces de leur subjection, oultre ce qu'ils faisovent reparer qui estoit necessaire par les viles principales de leur Empire, sur toutes cho$es ils donnoyent ordre DESANCIENS ROMAINS. 119 ordre de faire visiter les monnoyes, de faire battre, Ce que dit Strabo principalement par les citez metropolitaines. Ce que mädikten nous lisons en Strabo, quad il parle de la cité de Lyon, le d. l2 d qui nous faict entendre que les Princes & Gouverneurs le S. Lyra. Romains là faisoyent battre & coigner monnoye d'or & d'argent. Ce que depuis nous avons veu par les medailles Loys quade Loys quatriéme Empereur, Prince de vertu & belliriente Em 77 queux, aymé de tout le monde: infortuné toutes fois à le Prince beluerre qu'il feit en Hongrie. Ce Prince fut un secor de 7.10. dladrian, grand peregrinateur, qui mit les noms des viprincipales de son Empire, qu'il avoit repardes, par les monnoyes. Et comme les bons Princes Romains raisoyent mettre les enseignes de la religion & de pieté par leurs medailles : tout ainsi Loys commença (pour Derrim demonstrer la devotion qu'il avoit à la religion Crestien de Lyt ne) d'insculper du costé droit de ses medailles, un temple, Expereur m il avait ou lon voit par le milieu figur le une croix, & caracteà la religión esqui disent, CHRISTIANA RELIGIO. Et par Crestiene. le des est representée une plus grande croix, avecques ces deux mots, LUDOVICUS IMPERATOR. NUMM. LUDOVICI. IV. RFRANCLE ARGENT. — ⑱ ⛪ N°1 120 DE LA RELIGION Vase plein N'a pas long temps qu'un Laboureur du Lyonnoit de med. 21. les δριζει trouva labourant une terre, qui est du dommaine des trouvers Amyots, asses pres d'une petite vile nommée Ance, un en Lyon grand vase de terre plein de medailles d'argent dudit nois. Empereur. Et de celles là m'en furent données une quart tité, que j'ay touſiours gardées pour la reverence de l'An tiquité, & lesquelles jay faict paindre cy dessoubs, pour en donner la veuë au Lecteur. NUMMUS LUDOVICI IV AKEBENT ARONNI MEȚA LYG LEYM YNYM the NUMMUS LUDOVICLIV. APROBAN BI RIGES 121 DES ANCIENS ROMAINS. Ce prince vertueux a bien voulu monstrer le chemin de la religion à ses successeurs, faisant office de pieté, & monstrant une certaine reverence & veneration qu'il aroit envers Dieu, & la patrie. Et à ce que nous lisons en Diffinition Cicero au liure qu'il a faict de la nature des Dieux, Piede la Pie té est la reverence que nous debuons porter à noz superieurs, à nostre prochain, & à noz aliez par affinité de g. Et quand elle change de nom, elle se nomme religion. Paincture La Pieté fut paincte par Antonin Pie en habit de made la Piecrone, avecques sa robe longue, qui tenoit de l'une deses mains un coffre turaire nommé Acerra : & au devant A. ena en un autel enrichi d'un feston, ou le feu se monstre aluné pour sacrifier. ANTONINUS PIUS HADRIANUS CENEUS. ARGENTEUS 14 PIE. TAS 50 Sainct Augustin, parlant chrestiennement au qua-Licitien de la P.M. rieme liure de la cité de Dieu, dit que la Pieté n'est au sel. 8. Zure chose, que la vraye adoration du Createur, & non cel* Iim d'un si grand nombre de Dieux, que nous debuons plusDemeres tost nommer demoues, qu'adoroyent les anciens Romains. des anciens à ce que dit Prudence, à Rome se trouvoit autant Romains d'ares Enseignes de lardi gion. Palladun de Troye. DE LA RELIGION 122 d'ares & autels, que les Gentils eurent de Dieux : pource que les Princes anciennement e$timerent la religion sur toutes choses. Et si nous regardons les monnoyes tant de Jule Cesar, que de Pompée, d'Auguste, de Vespasian, d'Hadrian, d'Antonin Pie, & de M. Aurele, nous les trouverons pleines des enseignes de la religion : comme du chapeau, du litue, du prefericule, du sympule, du cousteau, nommé secespita, tasses & pateres: choses & en seignes qui sont desia tant congnues, qu'il n'est ja necessité en faire plus grande mention. POMPEIUS IULIUS CAESAR ARGENTEUS ARGENTEUS. A IMP.17 Apres la Pieté de la religion nous parlerons de celle des parents : que nous ont monſtré les medailles de Marcus Herennius, qui porte son pere sus ses espaules. Et p celles de Cesar est veu semblablement Aeneas, qui te son pere Anchises sus son dos, & sus sa main le Palladium de Troye: qui a faict dire à Virgile, At pius Aeneas. DES ANCIENS ROMAINS. M-HERENNIUS IULIUS CAESAR CARGENTEUS. ARGENTEUS. . Ceste piet ont pris les hommes de la Cigogne, qui luié de la Tegne à porte ses parents en vieillesse, & si les nourrit, leur renlant le bienfaict de leur nourriture: chose à quoy doivent ses parens. garder les ingrats, qui rendent le mal pour le bien à eax qui les ont nourris souventesfois : chose desplaisan le à Dieu, & aux hommes, & qui ne demeure jamais imngius punie, mais ont un seul Dieu vengeur de telle impiet. Regardons encores comme les Romains garderent Pied l'en d. pieté alendroit de leurs enfans : & principalement Anwossns. onin Pie, qui à representé pars ses monnoyes ceste Piequi tient deux enfans en ses deux bras, & deux qui d'un costé & d'autre de la Deesse. Et par les melailles de Marc Aurele, de Domitia, & de Sabina, femne de Trajan, est veve la figure de la Pieté, de plusieurs çons. ANT. DE LA RELIGION 124 ANTONINUS PIUS MAURELIUS ENEUS OENEUS T to S. O C S DOMITIA CARGENTIA ⛪ ⛪ SABINA CÈNEA GV F. S. A. Par 125 DES ANCIENS ROMAINS. Par les monnoyes, qui furent frappées par Titus fils Paincture de Vespasian, est representée la Pieté, qui assemble les ds Piete representée deux freres Titus & Domitian, leur faisant donner les parties mains dextres l'un à l'autre : pour monstrer l'amytié que l'espasion. les freres doibuent avoir ensemble. TITUS CANDUS 111 ARome estoit le petit temple de la Deesse Pieté, de- Temple de dié par Attilius en la place, ou avoit demeuré la femme Relia Re qui avoit nourri son pere prisonnier de ses mamelles : là ou estoit l'imaige qui representoit la chose ainsi qu'elle Histoire avoit esté faicte: singulier exemple de pieté, auquel (comstie leve. me dit Pline) ne peut estre faicte comparaison Et pource que de la pieté vient la misericorde & cle-cleMENmence, de laquelle Jule Cesar a passé tous les Princes : j'ay representé la teste de son effigie telle, comme elle se monstte par le dos de la medaille de Tibere Cesar, que Jay accompaignée d'une sentence digne d'estre mise & gravée en lettres d'or, retirée d'un marbre antique, qui Sentence digne lisoit NIHIL EST QUOD MAGIS DECÉAT. destrera véern letPRINCIPEM QUAM LIBERALITAS ET CLF tres d'or. NTIA. C'essaQ3 Il n'est cho se en ce mō de plus kracieuse que la mi scricorde Jeux secu laires. ETER. NITE Paincture de la Dec. se Eterna disserente. DE LA RELIGION 126 C'estadire, qu'il ne se trouve chose à un Prince plus convenable, que la clemence & liberalité. Et pour dire la verité, il n'y a chose en ce monde plus gratieuse que la misericorde. TIBERIUS VITELLIUS GENEUS ARGENTEUS ⛪ La pieté de la religion, des parents & de la patrie, clemence, & misericorde, ont touſiours rendu le nom de ceux qui l'ont gardée immortel, & a faict durer eternellement leur memoire. Ce que nous ont monstré le triomphants Romains par leurs victoires, par les jeux seculaires, par leurs magnisiques temples & edifices: que sont toutes choses par lesquelles ils ont faict congnoistre l'eternité de leur renommée : faisants paindre pour ceste raison l'Eternité pour Deesse, figurants son simulacr une fois en habit de matrone, tenant de la main droitte sa haste, & de l'autre son cor d'abondance, ayant le piec gauche sus un globe. D'autresfois il ont painct la Deesse tenant sus chascune de ses mains deux testes : com me l'a monſtré Hadrian par ſes monnoyes. TITI 127 DES ANCIENS ROMAINS. FAUSTINA TITUS VESPASIANUS GENEUS CANEA 2 HADRIANUS ANDEUS. AENRUS 1 S S 2 411 Pour monstrer l'eternité de l'Empire Romain, feit Eternite de l'Empire insculper Severus aux medailles de Julia Pia, sa femme, Komam. visaige accompaigné de celuy d'Antoninus Geta son fils, & lettres qui disent ÆTERNITAS IMPERII. et Philippe l'Empereur en ses jeux Seculaires represende l'Etera l'Eternité montée sus un Elephant: qui figuroit une nüte. gue & quasi eternelle vie. Les Romains la paignirent encores avecques deux elephants, & souventesfois avecques deux lions, qui tiroyent le chariot de l'Empeou de l'Imperatrice, qui avoit esté deifié. JULIA DE LA RELIGION 128 PHILIPPUS IULIA PIA CARGENTEA CARGENTEUS INIT. I D Srs ⛪ FAUSTINA ANTACENEA NIT Il e$t malai$é, pour e$tre le nombre de ces Dieux $iestrange, de trouver de tous l'effigie par la monnoye de Anciens. Toutesfois je mettray les plus renommez ceux & celles principalement, qui apporterent quelLATER. utilité à l'humain lignage : commençant à la Terre, à la RE. quelle les Romains firent un temple. Et au lieu qu'aux autres Dieux & Deesses estoyent faicts sacrifices avec Commeles ques l'encens & bonnes senteurs : a la Terre estoyen Anciens faicts perfums & fumigations de toutes les semences sacrificien la Terre. que lon a accoustumé de semer: oultre toutesfois la feb- DES ANCIENS ROMAINS. 129 re & les choses aromatiques. Et par le medaillon de Descriptum landed Commode, qu'il feit frapper en l'honneur de la Terre len de Co. erme, nous congnoissons qu'il la feit insculper couchée nate, ca comme permanente, & demy une, qui appuye son bras et fauëte Utgros de ses un vaisseau, duquel fort vne vigne, & l'autre main 3 Teric. elle repose sus un globe: & quatre petites figures de femmes, qui luy presentent l'une un raisin, l'autre de la main gauche des espis de blé, & de la droitte vne coronne de deurs :& l'autre un vase plein de quelque liqueur. La der niere de toutes est la Victoire, qui porte un rameau de palme : & au dessoubs telle est l'inscription, TILLUS TABILIS. Signifiants toutes ces choses, que la terproduit vin, blé, fleurs & fruictts, pour le nourrissetent de tout le monde. NUMMUS COMMODI. GIV UIVSSTAL De Ceres j'ay escript les Cereales bien au long au liure CRRIS. temier de mes Antiquitez de Rome. Parquoy il me C.M.N. de representer le revers de la medaille de Cajus tionaris Memmius Edile Curale, qui fut celuy à Rome, qui prer.i. 1. nier celebra les Cereales : ou se trouve Ceres, qui tient . de main trois espis de blé, & de l'autre sa torche, & le Cestalis. pied La Truye Consacrec à Ceres. Lamorta tion des beufs de Sede aux sacrifices de Ceres DE LA RELIGION 130 pied $ene$tre $us un $erpent, avecques telle in$cription tout autour, MEMMIUS ÆDILIS CERIALIA PREIMUS FECIT. Par l'autre medaille de Voltejus se monstre la Deesse avecques deux torches, estant de dans son char tiré par deux serpents. Et par les deux au tres de Pansa, elle est figurée succincte & troussée, te nant aux deux mains ses torches accoustumées, & au pied de l'une lesouchet, & à l'autre le Porceau ou la Truye que luy e$toit con$acrée & mactée, pource qu'elle ga$te les blez: qui a faict escrire à Ovide, Prima Ceres gravidæ gaviſa eſt ſanguine porcæ, Ultra ſuas merita cæde nocentis opes Car il n'estoit point parmis aux sacrifices de Ceres de tuer autre victime que le Porceau : mais bien estoit des fendue la mactation des beufs, pource qu'ils laboroyent la terre. Ce que ledict Ovide a monſtré au quatriéme de ses Fastes soubs ces mots A bove ſuccincti cultros removete miniſtri Bos aret, ignavam ſacrificate ſuem. Apta jugo cervix non eſt ferienda ſecuri: Vivat, & in dura ſæpe laboret homo. M.VOLTEIVS. C. MEMMIVS. ARGENT ~ IVOLTEI ME DES ANCIENS ROMAINS NUMMUS PANSAE. ARGENT. ARGENT O S M S La chose que plus demande Ceres, c'est la paix, & qui PAIX plus fait resiovyr son laboreur: pource que la guerre est ennemye mortelle de la Deesse : car elle garde de semer Liguene ennemyc les champs, detrousse & despoville le pouvre laboreur mo.telle de de ses beufs & de son bestail, faict le gast apres qu'il a seCeres. mé : qui sont choses qui contraignent le laboreur d'abandonner les champs, & de se retirer au plus profond des forests, pour se sauver & conduire ses bestes en seurete Ce qu'Ovide au quatriéme des Fastes a tres bien monpar ces vers, ace Ceres læta est, & vos orate coloni Perpetuam pacem, pacificamque Deam Ce que nous a encores monstré en son Elegie dixiéme 77 alle. bulle, quand il a dit Interea pax arud colat, pax candida primùm Duxit araturos ſub juga curua boves. tau dessoubs, Pace biden: vamérque vigentiat tristia duri Militis in tenebris occupat armasitus. Anciennement quand l'imaige de la Paix estoit paincte pour le caducée, luy estoyent donnez les espis R 2 BAC. CEVS. Le Lotte the Dardus. Comolan lique gra 132 DE LA RELIGION La paix ne de blé d'une main, & de l'autre le cor d'abondance : poucessaire monstrer que la paix estoit celle qui faisoit porter le graisnourder pour la necessaire nourriture des hommes. Ce que nous des hommes a monstré encores Tibulle en son Elegie dixiéme cy dessus aleguée, quand il escrit, At nobis Pax alma veni spicámque teneto, Persluat & pomis candidus antè sinus. VESPASIANUS OTHO. CARGENT. ARGEN ~ I the F Et comme Ceres avoit la coronne & les eſpis de blé pour son enseigne, & la Truye pour sa victime : tous ainsi ce bon Pere Liber, autrement nommé Bacchus avoit la coronne de liairre, & le Bouc (pource qu'il g $te les vignes & mange les rai$ins) luy e$toit $acrifié. Ce que Virgile nous a monstre, quand il dit Baccho capor omnibus aris Caditur J'ay longvement gardé un belli$$ime Corniol antique, ou lon pourra veoir un Satyre, qui mene un Bouc à l'autel, ou le feu est alumé par dessus, pour le sacrifier & immoler au Dieu Bacchus. CORN DES ANCIENS ROMAINS. SARDIUS ANTIQUUS N Et pource que les Anciens paignirent le ſimulacre Painƈture de Bacle Liber une fois en figure d'enfant, qui tenoit un raichus in embrassé, l'autrefois en aage viril portant vne branche de pin : comme lon verra par l'image que j'ay faict retirer de l'antique au liure Latin, que j'ay escript, De Lure de maginibus Deorum. Toutesfois je ne lairray, en atten. l'Auteur, Deim rgi. lant qu'il se mettra en lumiere, de representer la figunibus Deate d'un petit Bacchus de bronze, qui est entre mes mains, aict d'un tel artifice, qu'il merite bien d'estre veu & representé cy dessoubs. PETIT R 3 Le Tigre omnal consacre a Docchus. DE LA RELIGION PETIT SIMVLACRE DE Bacchus, qui eſt entre les mains de l'Auteur. Quand les Anciens vindrent à representer ce simulacre, ilz ne voulurent entendre autre chose [ leur ſecrette theologie, ſinon que la perſonne qui eſoultré du vin, retire à un petit enfant, qui pour son adolescence est innocent de tous ses faicts. De Bacchus j'ay encores deux onices antiques, representent son effigie toute nue, qui tient de l'une de mains son baston, appelé des Latins Thyrsus, & de l'antre un rai$in, ayant autour de son bras la peau & des poville d'un Tigre, animal particulierement dedié à ce Dieu, comme nous dirons cy apres. ONI 134 DES ANCIENS ROMAINS. 135 ONIX. ONIX. ⛪ N — 6. the Quant aux Bacchantes, Bacches & Mimalonides, j'en Dacclâtes, Barches ou representeray la figure d'une medaille Grecque frappée M. meloni en l'honneur de Bacchus, qu'autrefois me donna le Scigneur Julio de Calestan Parmesan, singulier amateur de Antiquité : ou du costé droit de la medaille se voit Bacchus coronné d'une coronne de liairre, & lettres Grecques qui disent Arzen, qui veut dire Liber : & de l'autre costé se voyent les Bacchantes, qui en dansant font un Sacrifice present à Dionysius, & un feu, qui monstre leur sacrifice des Bac. wecques telle inscription, AIONIEO ACPOZ, que Lasent nous dirons, Dionysio munus. NUMMUS GRECUS ARGENT. 0/4 MONYNO KOLPO ① Et DE LA RELIGION Et par les deux medaillons qui sont cy apres mis, dont Bacchana- l'un est de Nero, & l'autre de Pius Antoninus, se verront les repre les Bacchanales, & Bacchus dedans son char tiré par sentées aux deux Onces, accompaigné de les Satyres: remettant le red. de Nero G Lecteur à lire plus amplement la description des Bacd'Antonio chanales au liure premier de noz Antiquitez de Rome. NUMISMATA ANT. PIUS. NERO XXX ~ the Le charoit de Bacchus estoit tiré par deux Tigres Char de Bacchus animaux qui luy estoynt con$acrez : combien que le plus sire par souvent il fust tiré par deux Onces : qui a faict escrire deux T gres ou Properce, parlant de Ariadne ravie par Bacchus. dence OnIgncibus in cœlum vecta Ariadna tuis. Properce Et par les medailles de Philippe & de Gallienus ſe peut veoir le Tigre, qui repreſente Liber Pater Conſerva reur de l'Empereur : comme le monstre l'escripture q dit, LIBERO PATRI CONSERVATORI AU GUSTI. PHIL. DES ANCIENS ROMAINS. GALLIENUS PHILIPPUS AENEUS ARGENTEUS. POP. CC N 5 C 0 0 De Ceres & de Bacchus vient l'abondance de tous LIBERALITE. piens, & de l'abondance Liberalité, Deesse tant desirée le tout le monde, qui a bien merité d'estre mise entre les Lorēge de ertus, C'est la Deesse qui tire à soy l'amitié de chascun, Liberaliae. sorte que ceux qui sont demourants aux dernieres parties quasi de tout le monde, sont estimez & lovez par a renommée de leur liberalité. Et encores que lon n esere rien d'eux, si est ce toutesfois qu'ils ont le cueur des hommes accompaigné d'une certaine benivolence, qui nous contraint de prescher leurs lovanges. Et tout au contraire $ont de$pri$ez les avaritieux, qui $e rendent pour leur avarice hays d'un chascun. Et si nous regarLiberalite des Empeons la splendeur de la liberalité de Cesar, d'Auguste, de reurs Vespasian, de Trajan, & d'Alexander Mammeae, les trouverons qu'ils ont esté tenus en telle recommanon, qu'elle e$t demeurée re$plendi$$ante ju$ques à ce jour Lisons Tranquille, & nous verrons que Cesar AuTräquille. avoit de coustume de donner grand somme de de pour di$tribuer au peuple: & telle liberalité $e nomdes Latins Congiaire. Et quand elle se faisoit aux Congiaire. rmes, elle prenoit ce nom de Donatif : comme lon Donatis. peut Liberaliter d'August Cesar. Suetone Tranq DE LA RELIGION 138 peut veoir par pluſieurs paſſaiges de Cornelius Tacitus quand en parlant du jeune Cesar il a dit, Congiarium populo, donativum militibus dedit. Et durant le temps de son Empire, qui passa cinquante ans, il usa de ce congiare souventesfois, en donnant trente petits sesterces pour homme, aucunesfois quarante, d'autresfois deux cent cinquante, comme dit Suetone: & ne passoit petit en fant qui n'en eust : combien qu'ordinairement avant luy les enfans dessoubs douze ans ne prenoyent rien en tel les distributions. Telle façon de faire depuis fut gardée par les Empereurs, qui vouloyent avoir la grace du peu ple de Rome : & autant les bons Princes que les me$chãts Ce que nous monstrent les medailles de Nero & de Conmodus, & celles de Titus, de Trajan, d'Hadrian, d'Antonin Pie, de Marc Aurele, & de plu$ieurs autres. TRAIANUS TITUS ENEUS. CENEUS. DAT the Telles largeſſes ne ſe faiſoyent pas ſouvent, mais le petites (dont parle Suetone) e$toyent faictes plus ay ment. Et par le moyen de telle liberalité, que repandoy les Empereurs, apres qu'ils avoyent amassé grand sommi de deniers, estoit entretenu le peuple, & les soldats, q DES ANCIENS ROMAINS. maintindrent souventesfois les meschants Princes en leur tyrannie dissoluë. Et au contraire les bons acqueroyent la grace du peuple & de leurs gendarmes, usants de telle large$$e, apres qu'ils avoyent bien $ervi la Republicque en ses expeditions & dangereuses entreprises. Et entre toutes les medailles que j'ay, frappées de Lide M. Auperalité, j'en ay une de Marc Aurele, qui monstre la largesse qu'il avoit faict jusques à la septiéme fois: representant par le dos de ses medailles une Liberalité vestue d'uImalgede le robe longue, comme sont la plus part des autres Deesses, qui tient de la main droitte une tessere, & lettres l'environ, qui disent, LIBERALITAS AUGUSTI SEPTIMA. Et tout ainsi l'a representée Gordian le eune & Tacitus Empereurs, accompaignée de semplables mots, LIBERALITAS AUGUSTI TERPIA ET QUARTA : & encores d'une autre sorte Philippe le pere & le fils, comme il se voit par leurs melaille MAURELIUS GORDIANUS CEVEUS. CENEUS. PHIS: Liberaliter d'Hadria: & d'Alex Severus figuree paleurs me dailles. DE LA RELIGION 140 PHILIPPUS PATERPHILIPPUS FILIUS AENEU ARGENTEUS LITAS Par les medailles d'Hadrian & d'Alexander Severus se monstrent quatre figures : la plus grande est celle de l'Empereur, qui e$t a$$is $us une chaise, tenant d'une main un petit roleau de papier, & de l'autre il mon$tre commander de donner à celuy qui $e pre$ente devant luy la somme des deniers, laquelle est representée par les ints de son suggeste, qui pourroit estre le nombre des ſeſterces, qu'il donne par ſa largeſſe. L'autre qui mont par degrez juſques ſus le ſuggeſte, reçoit l'argent qui luy est donné : estant Liberalité aupres d'eux toute droitte qui tient une tessere à la main : & au dessoubs telle in scription, LIBERALITAS AUGUSTI. HADRIANUS ALEXANDER SEVERUS AENEUS. AENEUS TR.PO7 AVG R DES ANCIENS ROMAINS. Le dé, ou tessere que porte Liberalité, est assis conNOBLES gnue, qui me fera passer oultre pour continuer la narration de mon entreprise : qui est de monstrerque largesse vient d'un noble cueur, & non de celuy qui est remis & sordide. C'est la raison qui a faict honorer les nobles vertueux, & les mettre jusques au ciel, que noblesse de cueur qui vient de vertu : & de vertu vint premierement Jueil venne stice, de laquelle est saillie la puissance Royale, & sont Justice. venus les Princes. Et ne se trouve point noblesse plus ancienne, que celle des Roys, qui ont exercé par vertu aju$tice : & apres la justice ils $ont venus à ce$te grandeur & magnanimité de cueur, qu'ils ont par armes deffendu leur peuple des injures de leurs voisins, & de leurs ennemys. Et sans nulle doubte, tous ceux qui sont incitez de glorie s'e$tudient de ver$er aux cho$es de la guterre, comme à celle, à la quelle ont esté donnez tant de Loix des privileges. Autresfois les loix des Macedoniens condanMacedoferent celuy, qui n'avoit faict à la guerre acte de vertu, niens. porter pour ceinture une corde publiquement. Aux Loix des Amazones n'estoit point permis par condition que ce Amaxo$u$t, d'e$tre mariées, que premierement elles n eu$$ent en combattant faict mourir un de leurs ennemys. Au Leixdes Scyches. pais des Scythes il n'estoit point licete à homme de prentre la couppe, que lon presentoit aux festins sacrez, que premierement il n'eust faict à la guerre preuve de sa verLes histoires Romaines sont toutes pleines de la recompense qui estoit donnée à ceux, qui avoyent bien nerité de la chose publicque. Et de là sont sorties les Coronnes coronnes civiques, triomphales, murales, navales, tiltres triomplailes, civi& statues, & autres presents, enseignes de vertu, de maques Caugnanimité & de force. Ce n'est pas de merveille, si Rotous de me vint a telle grandeur, en laquelle la vertu estoit tant ventu. honorée & prisee : & qui faisoit monter le pouvre soldat par degrez juſques à la ſommité de l'Empire : de ſorte que S 3 DE LA RELIGION 142 que s'il avoit faict à la guerre acte de vertu, le Consul Preteur, ou l'Empereur l'anoblissoit, & luy donnoit pour An. I. I. S. ment du so recompense colliers, brasselets, ornements de chevaux dat quia & corones d'or : enseignes toutes de noblesse, qu'il voit faict acte de portoit pour la memoire de sa posterité. Comme l'epiverin. taphe qui $e trouve à Turin, que j'ay retiré de mon liure Epitoph Des Epigrammes de toute la Gaule, le tesmoige par sor trouve. Turin escripture, qui est telle: C. GAVIO L. F. STEL. SILVANO PRIMIPILARI LEG. VIII. AUG. TRIBUNO COHOR. II. VIGILUM TRIBUNO COH. XIII. URBAN. TRIBUNO COH. XII. PRAETOR DONIS DONATO A DIVO CLAUD BELLO BRITANNICO TORQUIBUS ARMILIS PHALERIS CORONA AUREA PATRONO COLON. Des honnes Et comme des bonnes semences viennent les bonnes semences herbes, & les bons fruicts: tout ainsi des hommes ver viennent les bonnes her-tueux s'engendrent ceux qui viennent à la noblesse, bes & les quand la vertu est exercitée par armes, ou par les bon bonos sì uictis nes lettres : qui sont deux choses qui font viure les Les armes & les lethommes eternellement. Et si la fortune consent, tres son les armes soyent accompaignées des bons estudes, com deux cho ses qui font me ils estoyent du temps des anciens Romains, c'est un DES ANCIENS ROMAINS. 143 lien indissolubile & qui ne se peut desuouër, pour enhomines tretenir la memoire perpetuelle de noblesse, sans que eternillejamais elle puisse ruiner ne perïr. Anciennement estoit prisée & estunée la noblesse, qui venoit de la generosité du sang : comme l'a defini Cicero en ses Topiques, par Cicero. telle maniere, Gentiles ſunt, qui inter ſe eodem nomine ſunt, qui ab ingenuis oriundi ſunt, quorum maſorum nemo ſervituem servivit, qui capite non sunt diminuti. Laquelle definition dit Tulle avoir esté de Scevola Pontife: & par moy traduite tout ain$i, Nobles $ont ceux qui ont un De$initien de Noble, nesme nom entre eux, qui sont nez d'hommes libres, desquels personne de leurs predecesseurs n'a point esté Chäger ēt erf, & qui n'ont jamais changé d'estat. Car sans doubte d'esta: sui a mutation faict perdre la noblesse & la gentilesse. Et pod. 1. pour dire le vray, la gentilesse & la noblesse sont une noblesse. Par les mesme chose: & n'est rien autre chose le gentilhomme imager in quel homme noble. Et encores entendoyent les AnAnders ciens par les imaiges la noblesse du sang : pource qu'ils entendient treiblesse voyent de coustume de garder le portrait & desseing dusm: & les ſtatues de leurs predeceſſeurs, pour les monſtrer Coustum. des Anciës leurs successeurs. Et la coustume estoit de porter ces aux funemaiges aux funerailles : comme recite Pline au trenraillet. eneusiéme liure de l'histoire naturelle, & comme en faict encores la foy Cornelius Nepos au liure qu'il a faict Cornelius Nepos. les hommes illustres, lequel parlant de Portius Cato, dit n sabriefueté accoustumée, Imago hujus funeris gratia produci ſolet. Et meſmement Cicero en plusieurs lieux Cliero. par les imaiges entent la noblesse du sang. Telles imailes & simulacres furent nommées des Anciens stemmata: nous voulons croire Juvenal, quand par derision de Juvenal elle noblesse il a dit, itemmata quid faciunt? quid prodest, Pontice, longo Sanguine censeri, & pictos ostendere vultu. Majo DE LA RELIGION 144 Majorum? & stantes in curribus Aemilianos? Toutesfois Aristote au cinquiéme des Polytiques reciDesinition de Noiles te, que les Nobles $ont ceux, de$quels les predece$$eurs se selon ont esté decorez de richesse ou de la vertu. Car sans Aristote doubte les richesses sont necessaires à la noblesse, principalement à celle, qui consiste en la vertu : Et cela Les riches pour deux raisons. La premiere pour avoir le moyen ses sont ne d'ayder, $urvenir & deffendre la Republicque en $es afcessaires à la noblesse faires : & ſecondament pour uſer de la vertu, qui conſi pour deux ste à donner, nommée Liberalité, laquelle sans les riraisons. che$$es ne $e pourroit faire. Et $i lon demandoit, quelle difference lon trouve entre ces deux $ortes de definition Disference quiest en de Noblesse d'Aristote & de Scevola, veu que tote tre la defi deux demeurent à la ſplendeur des predeceſſeurs : je dis nition de Noblisse qu elle e$t grande : car Ari$tote en la $ienne demande les d'Aristote richesses, & Sevola ne les cherche point : car la Nobles& celle de Scevola. se peut bien demeurer, comme lon voit tous les jours, a vecques la povureté, de $orte qu'elle nuict à plu$ieurs, qui $e pai$$ent de ce$te fumée : & ce nourri$$ants de ce $eul nom, ils viennent par $ucce$$ion de temps à mourir La vraye de faim. Et à ce que nous liſons, tous les anciens Saig noblesse se qua$i d'une me$me bouche ont dit, que la vraye noble$$e treuve en se treuve en la vertu, & qu'un homme ne peut estre no la vertu. ble ſans elle. Ce que nous a monſtré le Poëte Satyrique à ce propos, $ignifiant que l'opinion commune e$toit vane de ceux, qui avoyent mis la noblesse en la generosité de leurs predece$$eurs, & aux imaiges faictes de cire pour leur memoire, diſant ainſi, Tota licet veteres exornent undique ceræ Les vertus Atria: nobilitas ſola eſt, atque unica virtus. des predecesseurs ne servent que Pource que les vertus de noz predecesseurs ne nous p d'exemple. vent ayder que d'exemple, pour entreprendre choses vertueuse. DES ANCIENS ROMAINS. tueuses ; & l'homme vitieux qui presche sa noblesse par les faicts de ses Majeurs, il s'enterre de luy mesmes. Et de tels gentilshommes, qui ne veulent rien tenir de noblesse que leur race, l'on peut dire ce que Anacharsis repondit à un homme, leque luy reprochoit qu'il estoit barbare, & né en la barbare & vile Scythie: auquel il Lillisime respondit, Ma patrie me donne infamie, mais tu la donrel. once du aes à ta patrie. Tant y a que la noblesse, qui vient premiement de la vertu, est celle qui urayement se peut nomArachasmer Noblesse, & qui doibt aler devant toutes les autres. Laissons apart toutes ces raisons, & faisons entendre à ceux qui font si grand conte & estime de la noblesse de leur saug, & de leur maison, qu'ils prisent trop plus, qu'ils E.F.K. ne font eux mesmes. Ce que recite sus ce propos Boëce en troisiéme liure de consolation, quand il parle de la noblesse qui vient du sang, ou entre les autres choses ildit, od si quid est in nobilitate Ienum, id arbitror esse solum, ut atita nobilibus necessitudo videatur, ne à majorum virtute sentrent. Iresuyvant tel propos dit par ces vers, que ste noblesse de sang seule, est comme une nu$e, & comle vent: Orme humanum genus in terris imili ſurgit ab ortu, Inus entm rerum pater est, mus cuncta ministra: le dedit Phrboradios, Dedit & cornua Luna: Ille hommes & terri edit & sydera colo: Hic clarum membris animas fedejetitas. dortale. gan can 1 Diferente cun. lan We Exempl. do hope du lioen T notu. des un 2.07 les f. par l'AnDE LA RELIGION 146 Edit nobile germen. Quid genus & proauos ſtrepitis Si primordia vestra Autorémque Deum ſpectes, Nullus degener extat, Ni vi ſis pejora ſeven. Probrium deferat orbum. Nous avons veu comme noblesse consiste en la vertu, qui se peut exaucer & elever par les dignitez, q peut donner un Prince. Et quand ell'est accompaignee de celle qui vient de nature, d'humilité, de doulceur, de modestie : alors il n'est rien plus triomphant, que de veoir toutes ces belles choses en un gentilhomme noble & genereux. Et me ſemble qu'il ne ſera point hors de propos d'advertir le Lecteur de la difference, qui se treuve entre Noble & Genereux. Ce que nous a monstré A ristote au commencement de l'histoire des animaux, recite, que le Noble est celuy qui est né de bonne race : & le Genereux, celuy qui ne degenere point de sa race, soit bonne, ou mauvasse: donnat le Philosophe l'exemple du loup & du lion. Le loup (dit il) se dira genereux, & non noble : genereux, pource qu'il ne degenere point de sa meschante race : mais il ne se peut dire noble, peurcqu'il n'est pas né de bon sang. Le lion se peut dire noble & genereux: noble, pource qu'il est né de bon pere, & nereux, pourc qui'l ne degenere point d'eux : comme pluë amplement je l'ay escript à l'histoire que j'ay faicte Desanimaux feroces & estranges: là ou j'ay traicté du lion Les vertus, qui viennent du cueur ou du corps meritent d'estre loyées : mais les œvures vertuenses qui sont dignes que les vertuz, meritent plus tost honneur que lovange. Il ne suffit pas d'avoir les vertuz, par lesquelle l'hom DES ANCIENS ROMAINS. 147 homme merite d'estre love : car s'il ne vient apres à les mettre en oevure, elles se trovueront Mortes, & du tout L'anve esteintes. Nous pourrons doncques veoir, que l'œuvre rearest vertueuse est plus excellente que n'est la vertu, parquoy est plus elle meerte le vray honneur. Et par conclusion il est ex due sueliverimpossible, qu'un Prince, tant soit il grand, puisse entre tenir en sa noblesse un gentilhomme, qui a deliberé d'estre vilain. Et quelque honneur & autorité qu'il luy puisse donner, il fault que la vertu, hardiesse & experience de la guerre l'entretienne en sa noblesse: autrement il sera un ombre de noblesse fardee, comfermé par l'opinion dispeuple. Ce sont les vices qui ruinent, & totalement Lequel font esteindre la noblesse & antiquité des bonnes mai1 treibliche sons : comme la vertu les exaulce, & les maintient en des amieur grandeur. quis n. ai(p.1. Ce que nous a donné à congnoistre par sa medaille Antoninus Geta, fils de l'Empereur Severus: ou il a faict coigner Noblesse en habit de femme d'honneur, qui tient P.h Clure son $ceptre à la main droitte, par lequel elle monstre $a de Noble puissance Royale : & sur la main gauche elle porte une etite figure de Minerye, ou de Pallas, pour mostrer que le sçavoir & les armes sont deux choses excellentes, qui doibuent tousiours estre en la compaignie de l'homme able. ANTO GENI Genius Dieu de vaiure. Iwaig signed Genius 143 DE LA RELIGION ANTONINUS GE/TA CARGENTEUS. ~ Et pource que la bonne nature entretient la vert avecques la nobleſſe, nous eſcrirons du Dieu de nature que les Anciens nommerent Genius, qu'ils estimerent fils de Dieu, & pere des hommes. Et telle fut la religion anciêne des Romains, qu'elle cuidoit que chascum eust son genie & son esperit: si bien nous regardons l'sera pture de noz medailles, qui sont toutes remplies de sembiables inscriptions: c'eijassavoir à celles de Nero, GE NIO AUGUSTI: à celles d'Antonin Pie, GENIC SENATUS: de Constantin, GENIO POPULROMANI: & par celles de Claudius, GENIO EXER CITUUM: figurants l'imaige de Genius voilée par le milieu du corps, qui tenoit un cor d'abondance d'une main, & de l'autre une tasse pour sacrifier : & au devande sa figure un autel, ou lon voit du feu par dessus, mon strants per cela sa deité. Et de telle forte l'a descripAmmianus Marcellinus en son vintetcinquiéme livre, ou il parle des gestes de Julian l'Empereur. NERO. DES ANCIENS ROMAINS. 149 ATONINUS PIUS NERO CENEUS A S ⸸° O CLAUDIUS CONSTANTINUS CENEUS GENEUS. ③ ⛪ Censorinus au livre qu'il a faict De die natali, dit, que Censoriput incontinent que nous sommes nez, nous vivons n oubs la garde & tutelle de Genius. D'autres ont escript, LARES. les Lares & Genius estoyent une mesme chose: & esmement Flaccus au livre qu'il laissa De indigitamentis, Ecclides. Cesar. Et entre les anciens Philosophes Euclide dontout homme deux Lares, l'un bon & l'autre mauvais: estoyent bons, ils les nommoyent Lares: & si mauTares Lemures : ce que nous appellons bons & mauvais L. mures. Espe 7 . Eft. . . Tout # Vano. Duscks . il y estoit 1 n recep. . . Lebart devenirn. Kongini. Ner. 11. . tant . Ieſn Chri, DE LA RELIGION 150 Esperits. Et de ceux la a parlé Plutarque en la vie de Brutus, qui recite, que la nuyt ainsi qu'il pensoit aux affaires de la guerre, avecques une petite lucerne, s'aprut à luy une personne tragique plus grande que le naturel: & soubdain (comme il estoit homme sans poeur) luy demanda qu'il estoit, lequel luy respondit, Je suis tois mauvais Genie, luy disant, tu me verras à Philippes alors asseurement luy respondit Brutus, je te verray don ques là : ce qu'il feit avant que de mourir. Noz Theologiens suyvants l'opinion des Anciens disent, que nous avons deux Genies, lesquels ils nomment Anges : le bon, qui nous pourchasse nostre bien : & le mauvais, qui nous apporte tout malheur. Plato disoit, que Socrates avoit un especial Esperit ou Genie. Du temps des Romains il n'estoit point licite (comm. dit le Jurisconsulte soubs le tiltre De verborum obligatio nibus) de jurer par les Lares, & par le Genie du Prince Et le plus grand serment que faisoyent les Anciens, estoit de jurer par leurs Dieux domestiques : & si celuy qui roit, estoit par fortune reprins, il estoit puni griefve ment. Et se perjuroyent plus tost les Rontains par tout leurs Dieux, que par le ſeul Genie du Prince : comme di Tertullian en son Apologie, qu'il a faict contre les Gens tiles. C'estoyent ceux, qui veilloyent pour les Romains qui a faict dire à Ovide, Et vigilant nostra ſemper urbo Lares. De ces Lares fut normale Laraire, lieu ordonné les maisons, ou estoyant adorez ces Dieux familiers domestiques. Ce que nous a laissé par escript Spartian en la vie d'Alexandre fils de Mammea, qui dit, qu'il te noit en son laraire l'mage de JESUSCIIRISTave celles de ces autres Dieux. DES ANCIENS ROMAINS. 151 Lauern N'a pas long temps que à Lyon au devant de la croix aucune de le Colle fut trouvée une lucerne de bronze antique, trouve nojai me fut donnée : à laquelle estoit attachée une lame, vée à Lyon. en forme de table d'attente, insculpée de lettres majuscules Latines, qui disoyent, LARIBUS SACRUM: & et dessoubs lettres Romaines plus petites abregées, qui guisioyent la publicque felicité des Romains, par semplables parolles, PUBLICAE FELICITATI ROMANORUM. Et de telle forme qu'elle me fut donnée, je l'ay faicte retirer cy dessoubs. LUCERNEDE BRONZE ANTIQUE. trouvée à Lyon l'an mil cinq cents vint & cinq. Les Les Lares fils de la Lune de Mercu MER CURF. Eficille de Mercure. Enseigkes de Mercu Hermes. Mercure Dieu de marchüts Chaprate de Me. cure 1. Petasus. DE LA RELIGION 152 Les Lares estoyent fils de la Lune & de Mercure, conme plusieurs Auteurs anciens ont escript: qui me fera mettre Mercure cy apres, pource que cela sert à nostre propos: prenant de la theologie des Anciens, que l'estoille de Mercure rendoit les hommes faconds & bien par lants : & qu'il se trouvoit bon messager, quand il estoi accompaigné du Soleil & de Jupiter : & mauvais, quand il se trouvoit en la compaignie de Mars & de Saturne Les Poëtes ont attribué à Mercure messager des Dieux la verge, les talaires, & le chapeau accourer de ses æstes, nommé des Latins Galerus : signifiants par cela que la parolle vole, comme faict par lair un oyseau. Et messe ger, pource que par la parolle lon dit ce que lon a pen$e Les Grecs l'ont nommé Frieils, qui ne signifie autre chose qu'Interprete, ou Truchemant: & pour ceste cause nomme Dieu des marchants : pource qu'entre les veu deurs & achepteurs la parole est celle, qui moyenne touleurs affaires. NUMMUS CAII'MANHIT LINE AN ARGENTEUS the Plaute & les plus Anciens ont nommé de chapeau, Petasus: comme l'inscription de plusieurs marbres antique DES ANCIENS ROMAINS. ques le monstrent par ces mots, CUM MERCURIC PETASATO. Et par ce petasus, ou chapeau, estoit siguisie, que l'eloquence & le bien parler servoit pour se covurir alencontre des parolles rapportées, & des enlieux : es autres ont dit, que le chaneau duquel est cou— d Les assaierte la teste de son simulacre, monstre que les affaire res d'un d'un bon Ambaſſadeur doibuent eſtre traictez ſecrette b. n Ambas sadeur doiment. Quant à son Caducée, qui est sa verge entortil buent estre e de deux serpens, cela ne signifie autre chose que la conduits se paix : comme l'out monstré les Anciens par leurs me-c'etement. lailles. VESPASIANUS POSTHUMIUS CARGENT. 0 sõ I ###### De ceste conjunction de serpens a parlé Pline asses long, que comme chose trop superstitieuse je remets veoir au Lecteur. Et quant à la fable, lise Higinius en Hignius on liure Astronomique, qui l'escript bien amplement. et oultre les autres choses il dit, que le Caducée princi- Le Caducce-ensei. palement luy fut donne comme devise de la paix : & neleta pour cela nommé des Anciens Mercure Pacifere : comMenue me se voit par la medaille de Posthumius l'Empereur, cy lessus mise. Parisere. Quand FELI CITE. La felicité publique procede di la paix. Cesar. Miereure adoré par les Gau Pline. Xen: lòrus statim trasex. el lent. Stutted Mercure en Auver Le Gal en la vérité de Mercure. DE LA RELIGION 154 Quand les Empereurs Romains avoyent mis l'Empire en tranquilité, pour monstrer la felicité qu'apporte la paix, ils faisoyent battre par leurs monnoyes la Deesse de Felicité, qui tenoit d'une main le caducée, & de ir momonitrer que la felicité l'autre un eor d'bondance : publicque procede de la paix. TITVS. GALBA. ⛪ Cesar en ses Commentaires de la guerre Gallique escript, que les Gaulois adoroyent Mercure inventeur des arts & guide des chemins : & qu'ils estimerent qu'il voit grand force pour enrichir les marchans. Ce d Pline au trente quatriéme liure de l'Histoire naturelle confermé, quand il parle des statues antiques, des colosses & le leur valeur : & qu'il dit que Xenodorus en se temps avoit vaincu toutes les grandeurs des statues, avoyent jamais esté faictes de semblable façon: ay faict en Auvergne la statue de Mercure haulte de q tre cents pieds, avecques grosse despence, en l'espace dix ans. Le Gal anciennement estoit mis en la tutelle de Mercure, qui signifioit que les marchans doibuent estre vig lants, DES ANCIENS ROMAINS. 155 lants, & qu'ils se doivent lever au chant du Gal, pour neOffice & gocier & donner ordre à leurs affaires. Et enter mes Corniols an pierres gravées antiques j'ay une Onice & deux Cortiques, qui niols qui representent l'imaige de Mercure : l'Onice aMisaire. recques son caducée d'une main, & de l'autre, comme Dieu des marchants, une bourse. Le Corniol nous represente son effigie assise sus un Escrevice de mer, qui tient semblablement à la main droitte sa verge, & de la gauche l'un des pieds du Cancre, accoustré par la teste Devise de de son chapeau. Par Mercure nous est signifiée la pala eccl.ité rolle : & par l'Escrevice ou Langouste, la tardité : monqui est acstrans les Anciens par ce symbole & devise que les marcōpaignet de la tardi chans ne se doibuent point haster de perler, & moins employer leurs deniers sans consideration. En l'autre est un Mercure gravé de telle maniere, jeune, sans barbe, qui ha des æsles sur son chapeau, tout nud, hors mis son manteau, qu'il porte sur le bras droit, tenant de la main gauche une bourse, & un Gal sur son poing, & de la droitte son caducée : & à ses pieds accoustrez de ses taaires, se voit un Bouc : & de l'autre costé un Escorpion, une Mousche, choses toutes appartenantes à Mercure. SARDA ANTIQUA. COR. DE LA RELIGION 156 ONYX SARDIUS ① ☚ the Par cecy nous congnoissons que Mercure fut adorMarcure invēten des humains, pource qu'il avoit esté inventeur de de plusiures choſes ſieurs choſes neceſſaires pour la vie des hommes principalement ils diſoyent, qu'il avoit eſté le premier necessaire aux hom qui avoit rendu les parolles en ordre pour former une parfaicte oraiſon. Et pour ceſte cauſe luy fut attribué Mercure Dieu de l'eloquence, qui est treſneceſſaire pour ceux qui s'exer I, pence citent au palais. Parquoy dit Vitruve, que son temdebuoit estre edifié aupres du fore. C'est asses escript de nos Dieux, sans entremester noDeesses: parquoy je commenceray à Juno, femme JUNO Iuno ſem- fœur de Jupiter, comme la plus digne : & diray premie me et socu reinent, que par Jupiter eſtoit ſignifié le ciel, & l'air de Iupiter. Juno : pource que ces deux elements sont conjoints en Le Ciel it. semble. La mer estoit attribuée à Neptune, & à Plutol tribué à Iu piter, terre. Et de poeur qu'ils ne demeurrassent sans femmes air a Iune fut donnée à Neptune Salacia, & à Pluto Proserp lamirâ Et comme Juno tient l'inferieure partie de lair, tout air Nebtune & a Plut Salacia celle de la mer : & Proſerpine ha celle de la t la terre. re. C'est quant aux fictoins de la garrulité des Poëtes, des occultes mystères de la theologie antique des Grec June & des Latins. DES ANCIENS ROMAINS. 157 Iuno avoit Juno avoit la cure & la charge des femmes enceinla cure de tes. Et quand ce venoit à faire leurs enfans, à la difficulsommes en té de leur travail, elles invoquoyent la Deesse: comme cintes Diodore l'escript : qui dit encores, que la charge des enfans, apres qu'ils estoyent nez, & de leur nourriture, apartenoit à Dianne: comme lon peut veoir par l'hymne de Callimachus faict à l'honneur de la Deesse. Et quand Devotion des femles femmes Romaines ne pouvoyent concevoir, elles mes Roma aloyent faire leur devotion au temble de Juno, surnom incs lun Lucina. mee Lucine: là ou se tenoit un sacerdote Lupercale, qui Comme les les fai$oit de$poviller toutes nues, & pro$terner contre sev. mei terre devant luy: & alors il les battoit avecques un fovent, Remain Gesetz jui estoit faict des courroyes du cuir d'un bouc, pour les turze 1 faire en apres concevoir. Comme lon peut veoir par les parles sa medailles de Lucilla, an revers desquelles est insculpée cerdotes de Inns Juno en habit de matrone, assise en son throsne, qui tient son $ceptre d'une main, comme Royne, & de l'autre un fovēt: & lettres qui diſent, JUNONI LUCINAE. LUCILLA. L the C'est la maniere comme les femmes Romaines estoFem purgées par les sacerdotes de Juno ayāts ceste opinion TECON DITE. Fecon de Lure de sturire Lanercu Lupercal Der L. pin or lice Fin I. cœvs. Simular. dab.ong. de Roma lus & Re mus. DE LA RELIGION 158 nion pour aſſeurée, que cela ſervoit pour la fecondité qu'ils estimerent Deesse : qui n'estoit autre chose que d'a voir & faire de beaux enfans. FAVSTINA IVL. MAMMEA ARGENT the Quand les sacerdotes Lupercales couroyent parmy les rues, ils estoyent tous nuds, hors mis les parties qui doib vent estre cachées, qu'estoyent couvertes des peaux de boucs, qui avoyent esté immolez devant l'autel de June en ses sacrifices. Et des courroyes que portoyent les Lupercales, frappoyent les mains des femmes, qu'elles tendoyent pour concevoir. Et pource que nous avons escript cy dessus des Lupercales, il ne sera point mal à propos de dire, que le lieu, nomme Lupercal, estoit au palais de Rome, sacré a Dieu Lupin, que les Romains nommerent autrement Pen Lycæus. En ce propre lieu avoyent $uccé les mamelles de la Louve Romulus & Remus : & là se trouvoit le simula cre de bronze, qui faiſoit foy des premiers conditeur de la cité de Rome : faict, comme il ſe voit tout entier de dans le Capitole, & per les medailles tant des Consuls que des Empereurs MEDA DES ANCIENS ROMAINS. NUMISMA AENECK. ✋ ROMA 10.25 NUMMUS SEXTI POMPEII CARGENTIUS. the ROM DOMITIANUS HADRIANUS CARGENTEUS. ANZUS. C05 co s. v. Nous ROMU LOS Revision 12.10. Elms. RO 43 Rom 17. konstitut. DE LA RELIGION 169 Nous avons veu Romulus & Remus, qui furent le premiers conditeurs de Rome : & depuis Romulus à Pres sa mort fut receu au nombre des Dieux Immorteis : comme lon pourra veoir par les medailles de PiuAntoninus, ou se trouve Romulus en accoustrement de Mars, portant de la main droitte une haste, & de l'autre un trophée ſus ſes eſpaules : & telle inſcription, ROMU LO AUGUSTO ANTONINUS PIUS. As. Si Romulus fut deisié, semblablement fut Rome te nue entre les autres Deesses. & luy firent les Remains temples, ou ils la representerent une fois Victorieuse tenant ſa haſte d'une main, & la Victoire de l'autre, la coronnoit d'une coronne de laure. D'autrefois au lieu de la Victoire, ils luy bailloyent un globe sus main, comme Royne & mai$tre$$e de tout le monde, avec telles inscriptions, ROMAE ÆTERNAE. NERO 161 DES ANCIENS ROMAINS. NERO PIIILIPPUS CARGENT. ARGENTEUS. Et par les medailles de Maxentius se treuvent encores temples dressez à Rome Eternelle, ou elle est paincte assise sus des enseignes militaires, armée par la teste un morrion, tenant d'une main son sceptre, & de l'autre un globe, qu'elle pre$ente à l'Empereur coronné d'ude coronne de l'aurier : monstrant par cela qu'il estoit Maxētius onservateur de tout le monde : & reçoit ceste pompe conservaEmpereur d'une main, & de l'autre il tient un dard, leur de la vestu de sa thorace militaire, & son paludament jetté cité de Rome, & de par de$$us, ayant $on pied gauche $us une Province $ubtout le juguée, couchée par terre, qui ha les mains liées par dere, avecques telle inscription, CONSERVATORI URBIS ÆTERNÆ. MAX Descriptio de la Re me paincle aux med. de Vessa sian. Sept vien taignes de Etoure du Tibre DE LA RELIGION MAXENTIUS AENEUS ANVIS DR DR PROBUS PHILIPPUS AENEUS ARGENTEUS. R. * Par les medailles de Vespasian se treuve Rome fig ree avecques une salade sur la teste, troussee, avant le bras & le ſein à demy decouvret, appuyée & aſſiſſe ſu les sept montaignes de Rome, tenant de la main gauche son sceptre, les pieds revestus de botiens & greves à l'antique:ayant le Fleuve du Tibre couché à ses pieds, tient un rameau palustre à la main : & de l'autre costé voyent Romulus & Remus, qui tetent une louve, avec ques l'escripture de ROMA. DES ANCIENS ROMAINS 163 Et par les medailles d'Hadrian elle tient un rameau de Rome et aurier de la main gauche, & de la droitte la Victoire sur ctoriense de tovt le un globe, comme Victistorieuse de tout le monde. monde. VESPASIANUS PATER ENEC. to the — HADRIANUS MAURELIUS CARCEN EUS. CENTUS to Ainsi que j'escrivoye ce Discours, me fut donnée une daille de bronze, ou du costé droit estoit painct ie silaere de la teste du Soleil, & de l'autre un Croissant embrasse un globe, & par le dessus deux estoiles, & lessoubs l'inscription de ROMA. Signifiants toutes Geſtes des choses, que les gestes & triomphantes victoires des Romains. RoX 2 ITALIA Significae tion de la paincture d'Italie. DE LA RELIGION 164 Romains estoyent montées jusques au ciel, & resplendissoyent par tout le monde. NUMISMA AENEUM * ROMA Et comme les Romains paignirent le ſimulacre de Rome armée & Victorieuse, tout ainsi ils figurerent l'Italie coronnée comme Royne de tout le monde, assise sur un globe, tenant de la main droitte un cor d'abondance, ayant le sein & le bras decouvert. Et par le Cornucop est monstrée la fertilité de l'Italie, & l'abondance de tot tes choses, desquelles elle suppedite tout le monde. que nous a repreſenté Antonin Pie par ſes medailles, est telle escripture, ITALIA. ANTONINUS PIUS CENEUS AENEUS ITALIA 05 DES ANCIENS ROMAINS. 265 Or pour monſtrer briefvement ſa grandeur & vertu, je reciteray les vers, que ce gentil Poëte Tuscan Petrarque feit, quand de Provence il retourna en Italie. Et alors qu'il se veit avoir gaigné la sommité du mont Geneure, se rejouyssant en regardant l'Italie, & plein de contentement commença à chanter, Salve chara Deo tellus, ſanctiſsima ſalve Vers de Tellus tuta bonis, tellus metuenda superbis, Pietraique, en lo venze Tellus nobilibus multùm generosior oris. de l'Italie. Je ne veux laisser en arriere que Constatin l'Empereur feit battre medailles de bronze dedans la ville de Testes de Rome, ou il a figuré la Deesse tout ainsi que la painctuRowe G re le monstre du costé droit : & de l'autre on voit une de Costan. Louve qui en leschant Romulus & Remus les alaicte. et en Constantinople il feit coigner monnoye d'or & ρυνέις aux med de Co gent, ou lon pourra veoir son visaige avecques telle Hanun. inscription CONSTANTINOPOLIS, comme il avoit mis à celle de Rome, URBS ROMA. CONSTANTINUS CIRGENTEUS CANNUS. Qui vouldroit reciter les grandes lovênges de Rome, de ceste tant noble Province d'Italie, le subjet en seroit X 3 Strabo Lang de l'Italie Italie je des Devres & Maithe monde VICTORIA. Paincture de la Deesse Ficlo! DE LA RELIGION 166 roit a$$es grand pour en faire un ju$te volume. Parquoy je me contenteray de sommairement escrire ce que Strabo en a dit : Que là est la temperance de l'air, l'a bondance des fontaines, & sources des eaves salutaires, pleines de grandes vertus, produites par Nature autant pour restaurer & conserver la santé, que pour le contentement & plaisier des hommes. Là sont les bonfruicts, les mines, les carrieres des marbres de diverses couleurs. Et entre toutes les Provinces du monde, ou se treuve quelque excellence digne d'e$tre mi$e par e$crip (comme il dit) c'est la parangone, & la plus fertile de toutes les autres. Ledict Auteur monstre d'avantaige qu'en Itaile se trouvent toutes les bonnes qualitez, les quelles non $eulement $ont nece$$aires pour les hommes, mais encores pour les delices. C'est la triomphante terre d'Italie, qui a esté si bien douëe de Nature, qu'ell obtint jadis le gouvernement de tout le monde : qui? porté & nourri ſi grand nombre de gens belliqueux, sçavoir, & de lettres : de la plus grande partie desquel nous sommes possesseurs encores aviourdhuy. Et sans la malheureuſe & barbare nation Gottique ennemie de lettres & de la vertu, qui a bruſlé une inſinité de bons vres, & ruiné un ſi grand mombre de ſomptueux edif ces, ſeroit Rome & l'Italie encores en ſon entier. Et pource que nous avons veu, par la ſculpture des simulacres de Rome triomphante, la Victoire, nous escrirons comme elle fut estimée vierge & Deesse des Anciens: à laquelle ils donnerent un temple : & ſi eſtoit ado rée par la Grece, & avoit là son temple, comme recite in Atticis Pausanias Les Anciens la figurerent avecques des aisles, qui toit à la main une coronne triomphante de laurier DES ANCIENS ROMAINS. 167 de l'autre un rameau de palme, ayant les pieds sus un Lavicture globe. nus apre Domitian la feit paindre avec un CornucoPie, te abon lĩpour monſtrer que la victoire aporte abondance cede toude toutes choses. tes choses. DOMITIANUS CENEUS GENEUS Et par le revers de la medaille d'argent de Lucius Hotilius, la Victoire se trouve paincte, portant d'une main Caducée, qui est la verge de paix de Mercure : & de L.1. Vieloire qui parautre un trophée, ou sont pendues les despovilles des te le Cadu nnemys : pour monstrer que la guerre & la victoire cec. portent la paix. LIOSTILIUS DOMITIANUS ARGENTEUS. GENEUS. ⛪ Titus DE LA RELIGION 168 Titus Vespasian, delices de l'humain lignaige, la feil Paincture de la Vi et àre sans insculper en ses monnoyes d'argent, portant ses enseil gnes accoustumées de la palme & coronne de laure aistes. sans plumes & sans aisles : comme celuy qui la vouloit garder de voler autrepart. Et tout ainsi la formerenles Atheniens, comme recite en ses Attiques Pausanias & semblable chose aux Laconiques il dit, que les Athoniens la figuroyent fans plumes, pour la crainte q avoyent, qu'elle ne volast hors d'Athenes. VESPASIANUS TITUS VESPASIANUS CARGENTEUS ARGANTEUS. VICRAVE VIC. Entre mes medailles d'or j'en ay une d'Auguste de monstre par son revers une Victoire, qui est sus un g be, les aiſles eſtendues, comme ſi elle vouloit voler, nant de la main droitte une coronne de laure, & de l'a Le Labarū tre le Labarum ( enseigne du Prince la plus insigne toutes, qui $e portoit à la guerre devant l'Empereur, enseigne principale adoree par les soldats) avecques telle inscription de l'Empo PERATOR CAESAR. reur. AUGL DES ANCIENS ROMAINS. 169 AVGVSTUS AUREUS. E CAESAT ⛪ Depuis les Empereurs Romains, qui vindrent sus la leclination de l'Empire, porterent le Labarum avec- Labarum ouest l'r. ques l'aigle paincte dedans : comme lon voit par le dos de le puncto a medaille de Maxentius, ou il est representé armé de dedans. la cuirace, & de sa cotte d'armes par dessus, qui tient d'une main le Labarum, & de l'autre un rameau de laurier, jambes garnies de greves à l'antique, tenant le pied gauche sus une Province, ou sus son ennemy subjugué & couché : & lettres qui di$ent autour de la medaille, VICORIA AUGUSTI LIBERATORI ROMANONUM. Depuis Constantin le Grand à l'expedition de guerre, qu'il feit contre ledit Maxentius, appellé par les Romains en Italie, qui ne pouvoyent endurer yrannie de Maxence, lequel il deffit, moyennant le signe quippa. conduitte & ayde du signe de la Croix, qui luy e$toit rità Cenparu, comme lon dit : de sorte qu'il reduist toute Hontius Constantin alie avecques la ville de Rome en son ancienne magelte. adora JeEt depuis renonça aux adorations des Idoles, & su-Chrihi e luy fû: peceut la foy Chrestienne : commandant que chascun fai etemlora$t CHRIST, luy fai$ant dre$$er tēples triomphants. Vles matousiours depuis il porta le Labarū en ses expeditions grosiques. stp’ a 2,50 cemente la fin, s'el eine qu: le Cn atur. Palaba men DE LA RELIGION 170 & entreprises difficiles: enrichi par le dedans, & tissi d'or dessus le pourpre de ce chiffre, qui ne signifie autre chose que CHRIST, commençant par l'element Grec de X. figuré en croix Sainct André, par lequel on escript les Grecs ΠΡΙΣΤΟΣ, avecques les autres caracteres entremessez, qui ne signifient autre chose que CHRISTUS, accompaigné de deux elements Grec A. & & pour monstrer que le commencement & la fin n'est autre chose que le Createur. Tant y a que plusieurs ont erré à la congnoissance de ceste enseigne, disants que c'estoit une croix, que Constantin avoit faict faire toute d'or, quand il partit de la Gaule pour aler deffaire Maxentius en Italie. Et depuis fut portée la figure de la dite enseigne par les Empereurs ses successeurs, comme lon peut veoir par les monnoyes de Constans : ou lon voit la figure de l'Empereur armé tout entierement, couvert de son paludament, ou manteau Royal, qui tient sus sa main droitte une Victoire, qui le veut coronner d'une coronne de laure : & de la main gauche il tient le hante, ou est pendu le Labarum, ou est figurée l'enseig qui apparut a Constantin: estant l'Empereur dedan un navire, dont tient le timon, ou gouvernal une V ctoire : pour monstrer la victoire qu'il avoit eve par m & par terre, par laquelle il avoit heureusement remiles choſes en leur premier eſtat & lettres qui diſent ainſi, FELIX TEMPORUM REPARATIO. MAXF DES ANCIENS ROMAINS. CONSTANS. MAXENTIUS ARGENTEUS. ARGENTEUS. the concord (P) 5177 to Omn Depuis Decentius, Constantius, & autres Empereurs jusques au regne de Julian surnommé l'Apostat, feirent Julian coigner ce chiffre de CHRIST par leurs monnoyes, wee semblables motz, SALUS DOMINORUM NOSTRORUM AUGUSTORUM LUCET. DECENTIUS CONSTANTIUS CENEUS. CENEUS. D. D. A [unclear] u liure cinquiéme, epistre vintetneufieme, monstre Suinct Ambroise escripuant à Theodosian l'Empereur, Sainct Ambrasc. que ceste enseigne estoit sacrée à JESUS CHRIST. Ce que Prudence nous a donné à congnoistre par ces vers, quand il a dit, ChriY 2 Description de l'ense n du La bacun. C carne 1. estoit porte à la guerre Comme les Anciens pagnien La Viétoi Claudian. DE LA RELIGION 172 Christus purpuroum gemmanti textus in auro Signabat labarum, clypeorum insignia Christus Scripferat, ardebat ſummis crux addita criſtis. Or pour faire congnoistre comme se portoit le Labarum, les Empereurs Chrestiens le firent porter devant eux à la guerre sur une longue haute de bois toute dorée la Croix estant relevée par le dessus, & le signe de Corstantin par le milieu, tissu en or, ou mis en broderie sus un petit estendart quarré, de foye cramoisie violette enrichi par le bort d'une frenge de fil d'or & pierres cieuses. Et tout ainsi le portent aviourdhuy aux procesſions generales noz Mendians, or-mis que pour la fig re du Labarum ils representent nostre Seigneur, ou la vierge MARIE. Pour retourner au propos de la Victoire, les Anciens luy donnerent des aiſles, & tel accouſtrement comme nous faisons paindre les Anges par noz eglises : la sigrant souventesfois assiſe ſus les deſpovilles des ennemy ayant un trophée planté devant elle, le sein tout decot vert, tenant de la main droitte une palme, & de l'autre u eſeu: qui monſtroit la victoire que l'Empereur avoit evē soubs ces mots, VICTORIA AUGUSTI. Et touainsi l'a descript Claudian, quand il a dit, Ipſa Duci ſacras Victoria panderet alas, Et palma viridi gaudens, & amica trophæis Custos imperii virgo, quæ sola mederis Vulneribus, nullúmque doces ſentire laborem. Qui a faict dire à Pline, que Laborem in victoria nel sentit. MED DES ANCIENS ROMAINS. 173 COMMODUS NUMISMA M. AVRRI CENEU, S III 2 ETIEIT — Et pource que la victoire ne se peut acquerir sans lapeur, sans vertu & sans force, je mettray cy apres celuy LES. qui l'acquit en telle sorte : qui fut Hercules : par le simulatre duquel ont representé autresfois les Romains la ver- La figurieu, le figurants appuyé sus sa clave, & autoir de son bras d'Hercules represen a deſpoville du lion. Et pour monſtrer ſa force, ils le paitod la verguirent souventesfois avecques sa massue & peau de lion, Simulacre & d'autresfois tenant Anteus, qu'il faisoit mourir entre d'Hercules bras : de la statue duquel a tout ainsi parlé Juvenal, tenam Axeus. Cervicibus æqual Herculis Anteum procul à tellure tenentis. joüant à la statue de Polyclete, qui estoit à Rome : de Stame de Poiyclete. quelle Pline parle tout ainsi, Polycletus a faict Hercuqui est à Rome, qui lieve Anteus de la terre. Et tout ansi Tout faict paindre Hadrian & Posthumius par tats medailles: ou j'ay trouvé à l'inscription de l'une, ERCULI MACUSANO, confessant ingetement de n'avoir point entendu l'epithete de cest ircules. HAY 3 L. Clav. & la part du lie ipsa quoy don nées à Hercules DE LA RELIGION 174 POS THUMIUS. HADRIANUS AENEUS. AENEUS. S HADRIANUS GRECUS TRAIANUS AENEUS. CENEUS. ⛪ La Clave & la peau du lion furent données à cules comme à un bon Capitaine & fort, pour monstre sa force & vertu, comme nous avons dit : car il n'est p vraysemblable qu'il allast tout nud par le monde, armé ſeulement de ſa maſſue, & couvert de la peau d'un lion Mais il fault entendre que les plus Anciens l'armerent de telles en$eignes apres $a mort, & principalement ceux qui estimerent son ayde salutaire : ou bien pour moi strer sa vertu, qui a touſiours eſté figurée toute nue, qui ne demande point les richesses : mais, comme dit le marbre DES ANCIENS ROMAINS. 175 marbre antique, NUDO HOMINE CONTENTA Vertu s. contente EST. Quoyque ce soit, & l'un & l'autre sont signes de l'hamde generosité. me nud. Et comme Hercules passoit de force tous les animaulx, tout ainsi la Clave estoit la plus forte de toutes ses armes. Et pour la force & vertu paincte des Grecs & des Romains. PRINCEPS MACEDONUM ANICA S ⸸ 1 the AVGVSTUS QCINCINNIUSIII.VIR ARGENTEUS. CIRGENTEUS. S XXOIT xxx es Anciens paignirent Hercules avecques sa clave, Massue qui fut nommée des Grecs עדדנפפי: & d'autresfois avecnommée. ques DE LA RELIGION 176 ques un trophée, le nommants Victeur : souventesfois des Grec. tenant un rameau de laurier de la main droitte, & de la Ropalos gauche sa massue, & la despoville du lion, disants qu'avecques ces choses il avoit vaincu les monstres : voulants signifier par la glave sa prudence, par laquelle il avoit vaincu toutes autres passions. CANTIUS NUMISMA ARGENTEUS COMMODI S E Apulée l'a nommé luſtrateur du monde, purgateur de Epithetes donnez à bestes feroces, & domateur des hommes. Et Theocrite Hercule. le dit tueur & occiſeur des lion & des taures : cōme l'on par Apu les & T eo- mõstré les medailles qui ont esté coignées en son hõneur crite. C.POBLICIUS NUMMUS GRAECUS ARGENTEUS AENEUS. ~ Diodo DES ANCILNS ROHAINS. 177 Diodore au liure premier de son histoire recite, que à antique Hercules estoit donnée la massue, & la peau du lion, pource qu'en ce temps là les armes n'estoyent pas entre les mains des hommes, qui repoussovent les injures avecques les batous : & pour les armes il covuroyent leurs corps avecques les peaux des bestes seroces & sauvalges. Hercules outre ses autres forces, tira des enfers Cerperus, chien de Pluto (comme dit Homere) qui avoit trois testes. Et ce Monstre ont painct les Poëtes de plusieurs manieres. Toutesfois je representeray sa figure, avec celle d'Ilercules, comme elle m'a esté envoyée de Narbonne, ou elle fut trouvée ainsi que lon faisoit les poulevarts de la cité. SIMIF. Lillm Gre gomes raldus. DE LA RELIGION 178 SIMULACRE D'HERCULES ET DE Cerberas, retiré du marbre antique qui est à Narbonne. Ceux qui se sont monstrez en la theologie poëtique excellents, ont interpreté par Cerberus, tous les vicos qu'Hercules avoit vaincus & subjuguez. Et qui plus plement vouldra entendre toutes ces allegories, traicté, que Lilius Gregorius Giraldus Ferrarois a docto ment escript, de la vie d'Hercules. Nou DESANCIENS ROMAINS. 172 Nous avons veu cy dessus, comme la clave & la despoville du lion fut donnée à Hercules, & de telle sorte paincte son effigie. Il demeure à veoir les statues, qui futent faictes avec trois pommes, qu'il portoit à la main droitte : & de la gauche sa massue, qui monstroit sa verHonules au, qui estoit triple: C'estassavoir, sans corrous, sans avatriple. fice, & sans volupté. Et encores avioardhuy se treuve à Rome une grande figure de bronze d'Hercules, qui porte une pomme à la main (à luy consacrée) trouvée l'a pas long temps au lieu ou avoit esté le grand autel, au marché des beufs. L. people L'arbre du peuple estoit dedié à Hercules : & les Salies dedié à coronnez de peuple faisoyent ce sacrifice. Ce que nous Ucraules. sisons en Virgile, qui dit, Tunc Salij ad cantus incenſa altaria circum Populeis adfunt evincti tempora ramis, dit encores Virgile, Populus Alcidæ gratissima. Ce que nous monstre estre chose certaine la medaille Interpretion de l. Grecque d'Hercules : ou est representée du costé droit figure de sa teste, coronnée de peuple : & alentour de d'Hinel. on col, la peau du lion pour ornement. Et de l'autre costé se monstre le Zodiac rempli de ses signes & un Phaëthon, qui est tombé de son char, qui estoit tiré quatre chevaux, avec la figure du Soleil au dessus. Et pour monstrer qu'il cherchoit chose qui estoit impossible, sont insculpez caracteres Grecs qui disent, AINATA ZHTEN. MEZ 2 T 180 DE LA RELIGION NUMMUS GRAECUS AENEUS Les anciens Grecs & Romains paignirent encores Hercules la teste armée de la despoville du lion, un arc sa trousse, & sa massue, pour monstrer que la vertu frappe de loing. Et tout ainsi figurée j'ay sa medaille Grec que sans inscription. NUMMUS GRAECUS AENEUS 0 ~ ③⛨⛨ ##### Je ne DES ANCIENS ROMAINS. 181 Folie van Je ne puis passer oultre sans reciter, que Commode de d: ComEmpereur fut si incensé, qu'il repudia, comme infame, le surnom de sa maison. Et pour Commode, fils de Marc pereur. Autele, il se feit nommer Hercules fils de Jupiter: & de Puis ayant laissé l'accoustrement d'un Empereur Romain, se vestit de la peau du lion, portant une massue en la main. En tel habit entremestoit les robes de pourre brochees d'or: & vestu de tel acconstrement, se monroit en public. Et non content de tout cela, il feit frapper monuoye or, d'argent, & de bronze, & medaillons pour sa menoire : ou sont vevés aux unes, la massue, l'arc, la trousse, les flesches : & aux autres, la clave toute seule : & son simulacre accoustré en lieu de coronne, d'une teste de on avecques l'inscription, qui est telle, HERCULI ROMANO AUGUSTO. NUMISMA COMMODI RELCO COM. Z 3 132 DE LA RELIGION COMMODUS CENEUS COMM CHERCVL ROMAN AVGV SOC E Commode tomba depuis en une si grand folie, comino Hercules recite Dion, qu'il voulut estre appellé Hercules Romain Romanus conditeur de la cité de Rome: faisant representer sa s gure par ses monnoyes en habit d'Hercules, qui condusoit deux beufs : signifiant par cela sa nouvelle colonie & comme s'il eust voulu mettre nouveaux habitans en Colonia Cõ- Cité de Rome. Et commanda, que Rome sust nommeo Crediana Commodiene, & son exercite Commodian: comme lon voit par l'inscription de ses medailles, qui est telle COLONIA LUCII ANTONINI CON MODIANA: & aux autres, HERCULES ROMANUS CONDITOR. COMMODUS AUREUS. ANEUS CRO A.P.M.1 N COS-VII-PI COS. VI. Entre DES ANCIENS ROMAINS 113 Entre les autres noms que porta ce Prince, fut celuy de Hercules. Et en ceste folie il estoit tellement enraigé, Les nous que quand il escrivoit au Senat, par-my ses tiltres il se & adires às nommoit ainsi par ses inscriptions, Commode l'EmpeIMPERATOR CAESAR LUCIUS Æ-seur. LIUS AURELIUS COMMODUS AUGUSTUS, PIUS, FELIX, SARMATICUS. GERMANICUS, MAXIMUS, BRITANNICUS, FACATOR ORBIS TERRARUM, INVICTUS ROMANUS HERCULES, PONTIFEX MAXIMUS, TRIBUNICIAE POTESTATIS XVIII, IMPERATOR VIII, CONSUL VII, PATER PATRIAE, CONSULIBUS, PRAETORIBUS, TRIBUNIS PLEBIS, SENATUIQ. COMMODIANO FELICI SALUTEM. plusieurs statues luy furent dressies en habit d'Hercules. Et quand il marchoit par païs, il faisoit porter devant luy la massue & la peau du lion. Commode faisoit perOr pour achever d'escrire la narration de nostre Herules, rejectons toutes ces fables, & venons à la verité, luy la massue & peau qui fut telle, comme recite Halicarnasseus, qui dit: qu'Herdu lion. tules fut un gentil Capitaine de son temps, qui avoit un Quel fut exercite fort & puissant, avec lequel il ala visiter toutes Hercules selon les is terres, qui estoyent entre la mer Oceane, regardant Historie cherchant ceux, qui traictoyent leurs subjects tyran-traphes, quement, lesquels il ostoit de leurs potentats: faisant Punii griefvement les larrons, & guetteurs de chemins : pendant droit aux nations tant Grecques que barbares, aritimes & mediterranées : faisant edifier nouvelles tez detourner les rivieres, qui gastoyent le païs : & pluurs autres choses, qu'il pensoit estre necessaires pour . . . C . . . Garten . . . DE LA RELIGION 184 la commodité des humains. Je n'avois pas deliberé d'user de si long porpos pour la description d'Hercules, sacer le grand nombre des medailles que je me suis trouve, qui m'ont contraint d'en donner aux amateurs de Donnes letteres la congnoissance, pour les contenter. Et pour la fin de ce que j'en veux escrie, je mettray en avent de ceules Ogmion, ainsi appellé des Celtes, comme nous monstre Lucian Orateur & Philosophe Grec, par une pecite preface ou traicté, qu'il a faict de nostre Hercule Callique : laquelle a esté autrefois rendue Latine rasme,e, & que j'ay mise en nostre langue succincte Einen comme ils enluyt: Les Gaulois en leur langue maternelle ont nomé Hercules, Ogmon, & l'ont figuré par leurs paines d'une façon nouvelle, & non veyë lis l'ont retiré & re vieil, chanu, & decrepite, n'ayant qu'un bien peu de cheveux par derriere, & tous blancs: sa pras estoierid de couleur olivastre, à cause du Soleil, comme sont vieux mariniers : & le veoir il ne retiroit de chose q fast à Hercules. Toutes sois sa figure portoit son accostrement: veu qu'il estoit vestu d'une peau de lion, & de sa main droitte il tenoit une massue, & portoit à col en escharpe une trousse, & en sa main gauche are bende: sinablement, c'estoit un droit Hercules, seurement je pensoye, que toutes ces choses fussent ctes en derision des Grecs par les Gaulois : veu qu'il proyent son simulacre en ceste segda, pour se vende ce que jadis il avoit couru le pere de la Cuale. Mais, n'ay pas encores dit ce, qui etoit plus admirable en dirimaige: car en faimement si tuo, aures luy une m velliguse compaignie d'heminer le femme, tors a chez apart l'un de l'autre par l'orcille. Les liens ello petites DES ANCIENS ROMAINS. 147 petites chaines d'or & d'ambre bien faictes. Et combien qu'ilz fussent tous tirez & menez de ces chaines, qui se rompent facilement, tant elles sont fragiles : toutes fois il ne s'en trouvoit pas un, qui se voulust reculer, & moins etirer le pid en arriere : mais tous alegres & joyeux le suyvoyent, & en s'esbaluissant de luy, tous de leur bougré se hastoyent de le fuyure, & en laschant leurs liens eforçoyent de marcher plus tost que luy: quasi comme ils estoyent matris qu'ilz fussent deliez. Et certainement je diray volontiers, encores que ce soit chose mal à propos, c'est que la painctre, n'ayant trouvé lieu pour attacher les bouts de toutes ces chaines (veu qu'en la main extre estoit sa massie, & en la senestre son arc) il perça langue du Dieu Hercules, à laquelle estoyent toutes des chaines attachées. Et feit ledict painctre que tous ces homines & femmes estoyent tirez apres Hercules, qui ternoit son regard & sa veue vers ceux qu'il menoit, en leur monstrant bon & gracieux visaige. Lucian qui voit demeur long temps droit sur ses pieds, contemploit s'esbahissant, toutes ces choses, comme il dit. Alors la Philosophe, à son adius de la sorte de ceux, qui ont de coustume d'estre en France, qui n'estoit pas sans lettres ques, d'autant qu'il les prononçoit tres bien & abment, luy dit: Mon amy, je te veux declairer la difInterpretaulté de ceste paincture : car tu me sembles grandement non cela paincture chi & estonné. Entre nous François nous n'attribud Hercupoint l'oraison à Mercure, comme vous faictes en les Opuius ou Galice, mais nous l'appliquons àl lercules, pource qu'il est sus robuste, que n'est Mercure. Et pour le veoir vieulx, ne te doibs esbalur, car le beau parler ha de coustude monstrer sa parfaicte vigueur en l'aage de vieilpour le moins si les Poëtes disent vray : veu que le sens Proverbo Paralo penzugste. APOL LO, Hemert, Aprile Conserve. teur. DE LA RELIGION 186 sens de jeunesse est environné de tenebres & obscurité Et au contraire, vieillesse dit purement & nettement ce qu'elle veut dire, trop mieux, & plus clerement que la rede jeunesse. Quant à ce que tu vois, que ce vieil Hercules tire de sa langue tous ces hommes liez par l'oreille : cela ne signifie autre chose, que le langage orné. Et ne te esbanis, veu que tu scais bien, que la langue ha certaine accomtance aux oreilles. Parquoy l'on ne doibt faire ce reproche à Hercules, que la langue est parcle, pource que je me souviens, qu'en voz comedies y a des vers Jambiques, qui disent, que les homines qui sont grands cas seurs, ont tous la langue perceé. Et pource nous autre François avons ceste opinion, que tout ce que faict Hercules, il le faict par son doulx & gratieux langaige, con me un homme saige, qui $çait per$uader en $oubmettant à luy tout ce qu'il veut. Les flesches & la trousse signifien ses raisons, qui sont aigues, penetrantes, & legeres, qui cent noz volontez. Et pour ceste cause vous autres Grec dictes, que la parolle est pennigere, comme une flesche. Et cecy su dira pour l'intelligence de l'arc, de la pharetre, & des flesches, qui furent attribuées à Hercules, comme nous avons veu cy dessus : tout ainsi que le Dieu Apollo, (duquel nous escrirons presentement) estoit painct avecques un arc & des flesches, desquelles il tu le serpent Pythus: qui la faict nommer à Homere Ληδκαν ç'est à dire, qu'il tire de loing. Et de telle figure repreſenterent les Grecs, comme lon peut veoir par le medailles de Nero: ou il est painct coronné d'une coron ne de laure, & sa pharetre sur le dos, & l'estoille de Phebus, avecques lettres qui diſent, ΑΓΟΛΑΩΝ εστηε c'est-à-dire, Apollo Conservateur: comme par l'aigpar le fulgure les Grecs uſerent de telle façon de faire CLAL DES ANCIENS ROMAINS. 187 CLAUDIUS NERO CARGENTEUS GER oura NUMISMA GRAECUM Caveux Die L'Antiquité cuida, qu'Apollo fust Dieu des CithareDien des des voilla parquoy la lyre luy fut mise pour enseigne : & Cuharilles. le feit paindre avecques les cheveuz longs, & sans barbe, tenant sa cithare d'une main, & de l'autre une branPainture che de laure : d'autrefois en habit long, qui tenoit une paere à la main droitte, pour monstrer sa deité. ANT. Aa Le lann censaci au Dieu Apelle, Le laurier n'est ji r. vs. fer. pedesus gure. Lelvaris dedi, vix triociphes Corines de la trierpe. durs sur la portal del mafons les Empereurs DE LA RELIGION 156 ANTONINUS PIUS CARACALLA CARGENTEUS. ARGENTEUS. VII Les Grecs attribuerent le laure premierement à A pollo, non tant pour la fable de Daphne, que pour la vert de la plante, qui est tousjours verte, & qui fort aux honmes à plu$ieurs cho$es, idoine aux purifications des $acrifices. Et non sans occasion il a esté consacré à sa flagraite chaleur : arbre plaisant à ce Dieu, lequel (comme diPline) n'est jamais touché du fulgare. Du latre estoyen decorez les cheveux, les pharetres, lyres & cithares. quand les Empereurs triomphovens, ils portoyent la coronne de laure, & un ramçad de lancier en leurs mains Et proprement le laure estoit dedié aux triomphes, comme dit Pline : qui la nommé portier des maisons des Cesars, & les grands Pontifes : messaiger de la Victoire quand il estoit adjou été avecques les paquets, qui se bottoit au giron de Jupiter, s'il apportoit nouvelle je Les coronnes du laurier estoçent pendues sus le dedu portal du palais de l'Empereur : & pendoit au milieu la coronne de chesne civique, nommee quernse: faict dire à Ovide &i premier liure de sa Tranſmutation Mediám que tuebere quareum DES ANCIENS ROMAINS. Et de toutes ces corõnes se treuyent pleines les mõnoyes des Emp. insculpes comme elles sont veuës cy dessoubs. AUGUSTUS GENEUS ARGENTEUS SALVS DIVO A GENERIS IVLIVS HVMANI M Nous lisons en Pline, que si en la force de la pestilence ou sent les fueilles du laurier, ou bien qu'elles soyent brusThee. se cela sert pour obvier à ceste contagieuse malaa forma lie. Ce qui se peut veoir par l'histoire de Comodus, qui du laurier te retira a Laurente, ou estoit grande abondace de lauriers 0 ### vut exiter la peste, qui estoit à Rome tresorte. Et luy afde l'an. ermerent les medecins, que la senteur du laurier estoit sort profitable pour dechasser telle infection de lair. Quand les anciens Romains faisogent paindre le siqu'acre d'Apollo, ils luy donnoyent une fois son arc & es s. ettes, d'autrefois sa lyre. Et pour monstrer l'Empereur Galien son expedition en Orient, il le feit paindre Peectore 4. cm 4 au forme de Centaure, tenant de la main droitte sa lyre, la fie de de l'autre un globet, acompaigne de telle inscription, OLLINI COMITI: pour monstrer qu'il a loit soubs la compaignie d'Apollo en son entreprise de LOtient. Probus l'a figure Aurigateur, estant de faus son Probas. coronne de rayons, qui tenoit la bride de ses quatre Aa 3 Las loi in vincible DE LA RELIGION 190 tre chevaux : le nommant Soleil invincible par ces motz, SOLI INVICTO. Les autres Empereurs, comme Constantinus, Aure lianus, Criſpus, feirent frapper ſon imaige par leur monnoyes, qui monstroit la figure du Soleil tout nud ayant une coronne de rayons, & qui tenoit à la main dextre un globe, & souventesfois de la gauche un fouët avecques telle ecsripture, SOLI INVICTO COMIT monstrants qu'ils avoyent vaincu & subjugé plusieur Provinces avecques l'yde du Soleil PROBUS GALLIENUS OENEUS ENE LIIN LLI CONSTANTINUS AURELLANUS GENEUS ENEUS TO N PL DES ANCIENS ROMAINS. 191 Et pource que plusieurs auteurs ont escript que la temple du Soleil e doit de forme spherique, j'ay bien vouSoled. mettre cy apres la medaille de Marc-Antoine le Triutovir, ou il a represent le simulacre du Soleil au milieu d'un temple, qui est de forme quarrée, accompaigné de semblables caracteres, III. VIR R. P. C. qui gnifient, TRIUMVIR REIPUBLICAE, CONSTITUENDAE: & du costé de la teste, MARCUS ANTONIUS IMPERATOR. M. ANTONIUS III. VIR CARGENTEUS NVM N S. E. VIR Les Rhodiens firent paindre par leurs monnoyes l'efd'Appollo avecques ses rayes solaires, imberbe, & Monuoye es cheveux longs : ou est representé par leurs revers une des Rodiens. ose, une fois faicte d'une sorte, d'autrefois d'une autre : wecques telle inscription, POMON APIETORPIIGE: & POLION par caracteres Grecs asses esloignez l'un de l'autre. MON 192 DE LA RELIGION MONETA RHODIORUM CARGENTEA POATO APIL TOKTITTOZ MONETA RHODIORUM AENEA V MONETA RHODIORUM CARGENTEA. CIRGENTEA PISTA HYAPOPA Mard P DES ANCIENS ROMAINS. Par le revers des monnoyes d'or de Trajan, d'Hadri. an, & d'Aureliau Empereurs se treuve insculpe l'Otient à la maniere des Grecs, representé par le Soleil, & d'elles ds Impeteur. l'escripture qui dit, ORIENS. Et par les medailles d'argent de Lucius Plautius, se treuve le simulacre de la teste d'Apollo accompaigne de deux serpents, comme Figure de la teste ythius. Et par le revers du dedans de la medaille lon d'Apollo voit une Victoire, qui tient avecques les deux mains les accompaichevaux du Soleil par la bride. gné de deux ser. pen. AURELLANUS TRALANUS CIURTU. CATRIC M. the PLAUTIUS ARGENTEUS WTT B b Co'esse de Rledes Desmixtien durchstellt de cette Christi. Despen trit contris lants de 1 DF LA RELIGION 194 je n'avoye pas deliberé d'escrire du colosse de Rhedes, qui estoit la statue d'Apollo, pource que j'en avoye faict mention au livre second de mes Antiquitez de Rome. Tant y a que sommairement j'en diray ce que j'en ay tiré d'un livre Grec fort ancien, toutefois acephale, qu'autrefois me presta feu Messire George de Vauze les, Chevalier de Rhodes, Commandeur de la Torrette, & qu'il avoit autresfois apporté de Grece, mon voisin & ſingulier amy, & duquel je n'ay voulu taire le plaiſir qu'il me feit, pour avoir esté en son vivant homme libe ral de ce qu'il avoit, à l'endroit de tous ses amys. Et du dict livre j'en tiray au plus pres ce quis en fait. Entre les autres miracles estoit le colosse de Rhodet faict de bronze, dresse en l'honneur du Soleil de septau te condées de hauteur, faict par Colasses, qui consumdouze ans en tel ouvrage. La base, qui ſouſtenoit la ſtatue, estoit de forme triangulaire, & chascune de ses extremitez estoit ſouſtenue par ſoixante colonnes de marbre. Et par le dedans estoyent degrez, faicts a la semblance d'une vis, par lesquels lon monroit jusques plus hault de la machine : à la $ommité de laquelle e$te yent bons & variables instruments d'un chant suave & tresdoulce musique. Le chanter & la symphonie stoit de vers Jambiques. Et dudict colosse estoyent veue toutes les parties de la Syrie, & les navires qui aloyent en Egipte, par le moyen d'un grand miroir, qui estoit pendu au col de la statue, qui avoit le visaige tourne droit à Egipte. La Platue se monstroit droitte, &c tenoit à la main de tretine espée, & de l'autre une long que picque. Don estimoit que la despense avoit treda cents talents d'or. Il tomba la cinquantiéme anné apres qu'il faisait le dresse, par un tremblement terre, DES ANCIENS ROMAINS. terre, si grand, qu'il dura sept jours entiers. Quand il fut le celui de Rodertombé, bien peu de gens pouvoyent embrasser le gros poulce. Celuy qui achepta le bronze, en chargea des pieces neuf cens cameaux. Et cecy est la sommaire narration, que j'ay peu tirer dudict livre. Nous parlerons du combat d'Apollo & de Marsias, Cember d'Apolo duquel Apulée au premier livre de ses Florides escript, G de Marque ce monstre vouloit contendre avec Apollo de miaux chanter : chose (comme il dit) contre raison, & que cherrites avecques un bel homme, un ignorant contre un sçavant, une beste contre un Dieu, se voulust comparer. Les Muses assisterent au jugement, pour se nocquer de la barbarie de ce monstre, pour le faire punir de son outrecuidance & de sa folie. Et depuis que le beau joueur de fleustes fut vaincu par Apollo en ce tombat, il le feit attacher à un arbre, & luy feit oster le Maison scordiepa. cuir de son dos, & miserablement dessirer toute sa peau. son outreEt par ce moyen tomba Marsias en la peine, qu'il avoit cuidante. merité. Ce que nous a monstré. Ouide en ses Fastes par les deux vers, Provocat & Phorbum, Thæbo superante pependit: Caeſa receſſerunt à cute membra ſua. Et par le cachet de Nero, duquel j'ay faict retiter la Cachet de graveure antique, pourra veoir le Lecteur la figure de Noio amie combat. c.1 Bb: DE LA RELIGION 196 CACHET DE NERO REtiré de la graveure antique. PIMPPPNERO N P.SALSAF Apollo estoit accompaigné de ses Muses, & tousjours Les Muses em me fer painct avecques ſa lyre, quand il eſtoit en leur cōpaignie ternisses Aucuns ont voulu dire que les Muses ont une certain T. fraternit avecques ce Dieu, & qu'elles sont necessaire 24-15. comme les Vertus. Et de là est venu qu'elles ont esté est mées une vraye conjunction de doctrine & de science Les Nus Mais disons parquoy les Anciens les ont plustost fair 107 ctes vierges que mariées. Cornutus, ou bien PhurnutuVierges a dit, que c'est pour le fruict qui s'engendre du jugement de l'ame : & sont dictes vierges, pource que les discipline : Les Muses de la Vertu sont cachses, contentes de leur ornement de remen naturel. Ledict Phurnutus dit encores, qu'elles demeuPar les remaignes rent par les montaignes, rendant ceste raison, que le amateurs des bonnes lettres, & que les gens studieux se dele DES ANCIENS ROMAINS. delectent de se retirer à part pour estudier, & de choisir lieux separez & solitaires, qui sont par les bois & par les forestz. Qui à faict escrire à Plutarque, que les temples des Muses furent mis le plus loing des villes, qu'il fut possible. Orpheus & Proclus ont chant, en leurs hymnes, que Les Muses les Muses avoyent monstré aux hommes la religion, à laquelle nous retournerons, apres avoir monstré par fi-aux hommes la re gure le tripos d'Apollo, qui tant à esté celebré le temps passé. lirion. Inventa AEt pource que oultre les medailles d'or & d'argent de pollo. itellius & de Vespasian qui se treuvent, j'ay une graveutresantique, qui merite d'avoir lieu parmy les medailje l'ay faict representer la premiere, comme chose are & digne d'estre veue : par laquelle lon voit le tripos Apollo, & la Corneille qui luy est consacrée : lequel garni par les pieds d'un costé de sa cithare, & de l'auun rameau de laurier, enseignes toutes consacrées le consurée Dieu. à Apollo. LASPIS ANTIQUUS ① VITELBb3 DE LA RELIGION VITELLIUS AUREUS CARGENTEUS 000 VITELLIUS VESPASIANUS ARGENTEUS. ARGENTEUS. Le Soleil, que les Pheniciens ont nomme en leur lang L. d'Heliogabale, fut amené à Rome par l'Empereur AnDlymien nin, surnommé de ce nom Heliogabalus, qui luy fei Heilig faire son temple au mont Palatin: & la (comme dit Lan1 Felixe pridius) il voulut nō seulement transferer les sacrificakok st En Romains, mais bien encores des Chrestiens, & des Juifs 1 avec une grande curiosité : n'ayant autre raison, si non que avoit esté jeune consacré & initié au sacerdoce du a Seite. bonne des leil, qui est grandement honnoré des habitans de Phenice Ehenicht auquel Dieu ils avoyent basti un merveilleux temple, DES ANCIENS ROMAINS. 199 né d'or & d'argent, & de belles pierres quarrées, par une ignificence bien grande : comme recite Herodian au Ne edian. cinquieme livre de son histoire bien amplement. J'ay deux medailles d'argent dudict Empereur, par Hélicala leco baba lesquelles en habit de sacerdote Phenicien, il sacrisie au de freerdo Scleil, tenant de la main droitte une patere, & de la gauche, un rameau de laurier dedié à ce Dieu. Et au dessus de l'are, ou est alumé le feu, se voit le Soleil : & lettres, l'a disent à l'une desdictes medailles, SUMMUS SACERpos : & à l'autre, INVICTUS SACERDOS. Et par tel pitiète à tousiours esté nommé le Soleil des Anciens. HELIOGABALUS ARGENTEUS. ARGENTEUS ⛪ SAC 2 ⸸ L 3 passeray oultre sans faire autre mention de ce malonteux Prince, qui n'eut de l'homme, que la figure : & TUNE. Andray a deserire la Fortune, qui mit ce monstre jusda somme de l'Empire : estant paincte par les Ande la Fortenant d'une main un cor d'abondance, & de l'autune. un timon, ou gouvernal de navire, qu'elle reposoit antesfois ſus un globe : ſignifiants par cela, qu'elle moi les richesses : & si avoit le gouvernement des humaines, & de tout le monde. TRA Imaige de Tertunc cimine. Apilles painétre rano sine de la Grece DE LA RELIGION TRALANUS ENEUS. ARGENTEUS VEM ⛪ FORTRE ANTONINUS PIUS HADRIANUS GENEUS ARGENTEUS SCCC Egoccccccccccc L'imaige de fortune fut encores paincte couchée, qui tenoit du bras gauche son cornucopie, & le bras droit appuyé sus une roüe qui monstroit son instabilité & inconstance, avecques l'inscription de FORTUNAE REDUCI. Voila parquoy Apelles painctre renomme de la Grece interrogé, qui l'avoit meu d'avoir painct Fortune assise : il respondit, que c'estoit pource qui n'avoit jamais repoſé. ANT: 200 DES ANCIENS ROMAINS. 261 ANTONINUS GETA TRALANUS CARGENTEUS. CARGENTEUS. NAI TR. P. III S Ce que nous avons nommé Fortune en nostre lan- La bonne fortune ge, les Grecs l'ont nommé τίρος : & si elle estoit bonne, comme verra le Lecteur cy dessoubs, par une des Grecs graveure antique, que m'apporta de la Grece au retour celity-bi. peregrination F. André Thevet d'Angoulesme, de ordre de Sainct François (celuy qui depuis a faict la Cosmographie de Levant) entre plusieurs medailles Grecques, qu'il me donna, lesquelles je representeray en leur lieu aux liures que j'ay faict des Antiquitez de Rome. Cependant j'accompaigneray nostre graveure d'une Corniol antique fortune, que j'ay insculpée dedans un Corniol antique, Fortune out ainsi retirée, qu'elle est par les medailles, ormis qui porte unreren elle porte un rameau de laurier, avec son cor d'abon- di laurier. lance pour monstrer que la Portune faict triompher ceux [4] Telle veut. JASCc DE LA RELIGION 202 LASPIS ANTIQUUS. SARDA ANTIQUA Par les histoires nous congnoissons que la Fortune d'or La fortune acampar accompaignoit ordinairement le lict des Ceſars: & quand son le lict des Ce$us. l'Empereur venoit à tirer à la fin, en $a presence elle e$toit portée a son successeur. Pline la nomme legere, inconstan⛪ te, incertaine, qui favorise les indignes. Toutefois FortiChristus ne n'e$t autre cho$e, que la $eule providence de Dieu, you forlaquelle nous recevõs le bien & le mal ſelon noz merites. 1. La Fortune fut encores paincte aveugle : pource q Forture ſouventesfois elle donne les biens à ceux, qui ne l'ont same merité. Et de cecy a tres bien parlé Aristophane en son arengle Anstophia Pluto Dieu des richesses: & son argument a traduit L cian en son Misanthropos. Ledict Aristophane recite, que quand Jupiter envoye les richesses aux bons, boiteux : & aux meschants, il court legerement. A la nre lesu-neste fut anciennement le temple superbe de Fortune p. 5. 12. edifié par Sylla : ou estoit la statue de bronze de la [ ] se, tellement dorée, que pour l'excellence du merveill prendie. artifice vint delà le proverbe, que si lon vouloit loré De rue une belle doreure, lon disoit, que c'estoit une dore PatentiPrenestine. Encores commença ledit Sylla de faire Sella. DES ANCIENS ROMAINS. 203 pavé en ce temple, avecques diverses figures de marbres aillez de plusieurs couleurs, fort petits, que les Anciens out nommé Lithostrates, ou Masaiques, desquels parle Pline au vintcinquiéme chapitre du trente$ixiéme liure Musalque. del Histoire naturelle, quand il escript des pavez somptueux, & comme furent agreables les lithostrates commencez soubs Sylla, avecques petites crustales & pieces deliées de pierres variable au temple de Fortune faict Preneste. Et porce que la bonne fortune accompaigne souvenestois les batailles, & les expeditions de la guerre, je y voulu mettre & colloquer au plus pres du Dieu Mars: auquel les Romains firent faire temples, luy donMrt Et cur P oaant sacerdotes nomméz Salies : le paignant une fois cureux. licteur, quand il porte la Victoire sus sa main : une au[unclear] refois Propugnateur, Ulteur, Pacateur: alors tenant de P.catur. a main droitte une branche d'olive, & de l'autre sa picle, ayant à ses pieds d'un costé sa cuyrasse, & au devant le luy targues & rondelles : accoustré de son morrion, qui est decoré d'un panache, figuré tout nud: signifiant Ceux qui par cela, que ceux qui vont à la guerre, se doibuent prevont al enter sans crainte de cueur aux ennemys. Et tout auuerre dipour de la medaille se lit telle inscription, MARTI PAremelt. ATORI. sans peut. VICc 2 Quiris. Mars Qui rinus. DE LA RELIGION 204 VITELLIUS ANTONINUS PIUS AENEUS. AENEUS ? ⸸ 4 NUMMULI SEVERI 119 Les autres ont painct le simulacre de Mars avecq nomune haste, laquelle il avoit accoustumé de porter, mée des Sabins, Quiris: & pour cela nommé Quirinus, tenant ſon eſcu de la main droitte, armé tout entierement. Et tout ainsi le nommant Ulteur, ou Vengeur representé les monnoyes des Empereurs. ANT. DES ANCIENS ROMAINS. CARACALLA ANTONINUS PIUS ARGENTEUS. ANDEUS. N R. a. VIL 42 GORDIANUS ALEXANDER MAMMEAE CENTUS. ANVEUS. 01 70 ⛪ 1.8 ADRIANUS CEAUDIUS ARGENTEUS CENECI N S KII ⛪ Cc 3 205 Auguste Cesir feit sare l:tē. ple de Mars à Rvne. Dion. Temple de Mars edi fié par Auguste. DE LA RELIGION 206 Le temple de Mars Ulteur fut faict à Rome par Ce sar Auguste, de forme ronde : & lequel il avoit voyé à la guerre de Philippes, pour la vergeance de son perecomme recite Suetone, & en ses Fastes Ovide, soubs ces mots, Templa feris, & me victore vocaberis Ultor: Voverat, & fuſo lætus ab hoſte redit. Dion au cinquantequatriéme liure de son histoire Romaine e$cript, que Ce$ar Augu$te edi$ia le temple de Mars Ulteur au Capitole, ou furent mi$es les en$eignes & l'aigle que portoyent les Romains à la guerre. Et de puis ordonna le Senat & Peuple de Rome, que le char, ou il avoit triomphe, seroit mis audict temple pour sa memoire. L.CINNA AUGUSTUS CARGENTEUS ARGENTEUS Günnen VLI MAR AUGU DES ANCIENS ROMAINS. 207 AUGUSTUS CARGENTEUS. CARGENTEU VLI F.P.Q.F. Par toutes ces figures nous congnoissons, que les AnPainstwe du feu de ens obſerverent de paindre le Dieu Mars avecques ſoncre de orrion, tenant un trophée sus son espaule, & de l'autre Mari. aste : combien que les Lacedemoniens (comme reciPrusan in Pausanias) farsoyent faire le simulacre de Mars enchesI.ic.má.4. pour le garder de s'en aler d'avec eux. Et encores que anciens Grecs & Romains le nommassent Ulteur & gnateur, ils le faisoyent toutesfois armé à l'antique toutes pieces. Il se treuve plusieurs autres surnoms Dieu Grecs & Latins, desquels pour le present je raucune mention, reservant ce demeurant pour re second de mes Antiquitez de Rome. comme les Grecs & Romains nommerent Jupiter VENUS s Victeurs, tout ainsi fut nommee Venus, Victrice: Venus Viant porter une Victoire sus la main droitte, & de chier che tenant son sceptre, ayant le bras appuyé sus nd escu : d'autrefois tenant un morrion, au lieu de oire, sus sa main : & la pouune, par laquelle elle emeurée victorieuse entre les Deesses. Les DE LA RELIGION 208 Les Poëtes ont faict tirer son char par des cygnes : & Char de V. nus tiré pour cela dit Ovide, par dis — Iunctisque per aëra cygnis cygnes. Carpit iter. CARACALLA MACNURBRIA CENEUS CARGENTEA ⛪ 1 FAUSTINA PLAUTILLA ARGENTEA AERA S Venus Ce que les Grecs en leur langue nommerent a'ce Deesse de les Latins ont nommé Venus, Deesse de beauté & de gebrante. neration: qui fut née (ainsi qu'ont faint les Poëtes) le Quatre Venus di cume de la mer. Et Cicero, au liure troisiéme de la naferentes. re des Dieux, faisant quatre Venus, en faict l'une fille DES ANCIENS ROMAINS. 209 Ciel & de Jupiter: de laquelle il avoit veu (comme il dit) le temple en Elide. L'autre il a faict naistre de l'escume de la mer : & la troisiéme née de Jupiter & de Dione, qui fut mariée à Vulcan. La quatriéme Syrie, conceüe de Syrus, nommée Astarte : qui fut mariée au bel Adonis Deux VePlato en son banquet a mis deux Venus: la premiere ceum selon este, qui incite les hommes à l'amour bonne & honneste : Plats. autre inferieure & populaire, qui nous incite à lubriciLapremiere, $ans mere, fille du Ciel : l'autre de Dio Les Premi ne & de Jupiter, la plus jeune & quasi vulgaire. Les Pheci ns avoyniciens avoyent en grande reverence la Deesse Venus. em grand pour l'amour d'Adonis, qui estoit né en leur païs : & luy revenue à Venus. aisoyent sacrifices avecques pleurs & lamentations. Laissons toutes ces superstitions, & venons à descrire comme les Anciens sans la Victoire la representerent encores en leurs simulacres : & principalement Cesar le Dictateur, qui la feit insculper par le revers de ses melailles, acompaignée de son petit Cupido. IULIUS CAESAR ARGENTEUS. ARGENTIUS. le revers des medailles d'argent du jeune Cesar Charde Venuicenon voit deux petits Cupido, qui en volant conduisent duis parle deux. Dd Cupido. Je Temple de Venus dedie pa Auguste Cesa. Archesilaus painctre renomme. DE LA RELIGION 210 le char de Venus, qui tient entre ſes deux bras ſon ſceptre comme Deeſſe: pource qu'ils ſe diſoyent eſtre deſcendus de la lignée de julus : avec telle inscription, LUCII JULI LUCH FILII. AUGUSTUS IULIUS CAESAR ARGENTEUS CARGENTEUS E A GIVLIL Auguste Cesar dedia à Jule Cesar le temple de Venus Genitrice (depuis adorée soubs ce nom des Romains) qu'il avoit encommencé : & luy avoit faict faire une cuiraſſe ledict Ceſar des perles, qu'il avoit apportées d'Angleterre & d'Eſcoce : comme dit Pline, qui au trenteſixiéme liure de l'Hiſtoire naturelle recite, que Ceſa le Dictateur feit faire la figure de Venus Genitrice [ Archeſilaus: laquelle pour la grand haſte qu'il avoit la dedier, il la feit mettre dedans son fore, avant qu'ell fust achevée. AUGU 211 DES ANCIENS ROMAINS. AUGUSTUS GESAR ARGENTEUS. DIVOT ANTI. Je n'avoye pas deliberé d'immortaliser Antinois, NOUS. combien qu'Hadrian l'Emp. l'eust faict recevoir au nombre des Dieux inamortels, sans que je me suis trouvé trois medaillons d'Antinois, que feit frapper Hadrian pour eternité de sa memoire: lequel il perdit sur le Nil, en sa peregrination de l'Egipte, avecques telles lamentations et regrets, qu'il feit au lieu, ou il mourut, edifier une cité, qui porta le nom d'Antinous : & là il luy feit dresser un Temple Auri temple & un autel, y adjouſtant des ſacerdotes & flantin us in tes, pour luy sacrifier. Et non content de toutes ces choAicalie il feit encores faire en Arcadie en la ville de MantiParsonian née un temple bien renommé, & feit mettre ses statues 11. Arcadiynma$es, & par la cité, $oubs l'effigie de Dionysius, Ple recite Pausanias. Et pource que la medaille dudict Antinous est entre Terple 1. Awni mes mains, ou est representée par le revers la figure du ### by-e-ci ple, qu'Hadrian l'Empereur feit edifier sur le Nil en on honneur, je n'ay point voulu frauder le Lecteur stuEirm sur aux & amateur de l'Antiquité, de la veve de ce bellisle Nil bourage & somptueux edifice, que l'Empereur lia. Dd: Leenius. Artuous ho ninche roique. DE LA RELIGION 212 Hadrian print grand peine à exorner & enrichir de plus sieurs belles statues & imaiges: comme la figure nous le repreſente, avecques l'inſcription de ſemblables caracte res Grecs, AAPIANOS SROAONHZEN, que nous pourrons interpreter HADRIANUS CONSTRUXIT. Et par le de$$oubs du temple e$t veu un Crocodile, animal particulier au fleuve du Nil, ou mourut ledict Antinois : comme nous avons dict cy dessus. NUMMULUS GRAECUS ANTINOI. Je me ſouvien avoir leu au liure qu'a faict de l'histoire variable Leouicus, que lui estant à Venise, luy fut monstrée une medaille d'argent d'Antinois, ou estoit escripen caracteres Grecs, ANTINOOE IIPOE: c'est à dire: Antinus homme heroique, qui avoit quelque cho$e plus que de l'homme. La teste de la medaille estoit si bien faicte, ne luy manquoit autre choſe que l'eſprit. Et par ce Leonicus ne faict aucune mention du revers de ladicte medaille, j'ay faict paindre celuy de la miene, qui e$t un mouton, pour le contentement des amateurs des bonnes lettres, ſans inſcription toutesfois : pource que les car cteres sont si frustres & si usez, qu'il m'a esté impossible d'en avoir ſceu tirer aucun ſens. MEDA DES ANCIENS ROMAINS. 213 NUMMULUS GRAECUS ANTINOI. — Antinous A l'autre medaillon d'Antinous du costé droit se voit sui de Bieffigie de ce jeune enfant de Bithynie, qui fut d'une ihynie excellente beauté, avecques lettres Grecques qui disent, ZTIMCE ΜΑΡΚΕΛΛΟΣ ΟΙΕΡΕΥΣ ΤΟΥ ANTINOOY; & de l'autre costé, TOIE AXAIOIE ANEGURE, que j'ay ainsi rendues Latines HOSTILIUS MARCELLUS SACERDOS Lecheral ANTINOI ACHAEIS DICAVIT. Et au revers de Pegasus. medaille se treuve insculpé le cheval Pegasus, & Mer cure avecques ses talaires, qui le tient de la main droitte, de l'autre sa verge de paix, ou son caducée. NUMMULUS GRECUS ANTINOI Pour Dd 3 DE LA RELIGION 214 Pour la fin de ce que je veux e$crire des temples, servoyent pour nostre religion, j'ay faict representer cy de$$oubs quatre temples, de$quels je n'ay peu tirer, pour estre les medailles si gastées & consumées de l'antiquité, entiere congnoissance. TITUS NERO CENEUS ANEUS the NUMMUS SEVERUS GENEUS. CENEUS Le dernier de ces quatre temples se voit de forme VESTA. spherique, & qui retire fort au temple de Vesta, Palladon. stoit tant reveré des Romains : là ou reposoit le dium, qui avoit esté amené de Troye, & qui jamais DES ANCIENS ROMAINS. 215 puis n'avoit esté veu d'home. Toutesfois quand le magniique temple de Paix brusla, le malheur fut si grand, qu'il ccompaigna la conslagration du temple de Vesta: de sorte, que ie Palladium fut saulué par les vierges Vestales, qui Vierges passerent par le milieu de la voye Sacrée, & le porterent Vestales. jusques dedans le palais de l'Empereur : duquel la figure avoit par les revers des medailles de Vespasian, & de JuDescriptio a Pia: qui n'est autre chose, qu'vne petite statue de Paldu Pallaqui tiet $a ha$te d'une main, & $on bouclier de l'autre. dium. IULIA PIA VESPASIANUS CARGENTEA CARGENTEUS. VES Nr4 1 CLODIUS VESPASIANUS CIRGENTEUS CENTUS. CVESTA Quant Temple de Vesta de forme ron Niona. DE LA RELIGION 216 Quant au temple de Vesta, les Romains le firent de forme ronde, eſtimants que c'eſtoit la Terre : le faiſant faire Numa, apres que par armes il eut accouſtré la cité de Rome, pour adoulcir la ferocité & rudeſſe du peuple, deliberant la munir de loix & de bonnes meurs, introdui$ant premierement dedans la cité la religion. QUINTUS CASSIUS CARGENTEUS VESPASIANUS NERO AUREUS CATREUS I L'entrée du temple de Veſta eſtoit defendue aux ho mes, comme celles des monasteres de noz Religieuſes qui $ont reformees. Et pour le ſervice de la Deeſſe fure, DES ANCIENS ROMAINS. 217 Nombre au commencement ordonces quatre vierges, depuis des vierges six : & dora ce nombre asses longument : comme la figuredes medaillons de Faustine & de Lucille le representent : qui nous font congnoistre la maniere de leurs sacrifices, pour estre representées vestues de leus robes Acoudre ment des blanches (nominses des Latins Suffilulae) longuettes, & chales. parrées, & de telie longueur, qu elles avoyent le moyen de les mettre sus la teste pour se voiler. La premiere desMaxima quelles nominie Maxima (comme de noz Religieuse, que nous Nonnains l'Abacsse) tient le sympule, vale ordonné de vous l'Apour les sacrifices : & l'autre qui est devant elle, & qui la baëſe garde, tient de la main gauche un petit coffre turaire Acerra ppelé des Anciens Actira, ouelle a prins l'encens, qu'elcoffre tuette sus le feu, aparsant la Deesse par l'odeur de telle raise. ffumigation, ou parfim: estant dressé l'autel avecques le feu devant le ten ple de la Deesse : ou par le dedans est reu le simulacre du Palladium, la teste armée d'un caeffet, & qui tint de la main droite sa halte, & de lautre on escu, sans acune inscription. LUCILLE FAUSTINA NUMISMA. TU ⛪ Par Ee DE LA RELIGION 213 Par succession de temps vindrent les Vestales jusques Vingt Vistales ordò à vingt : & si estoit necessaire qu'elles fussent n'es d'un nées pour homme libre, & falloit qu'elles fussent sans manquele service ment de leurs personnes, estant prinses & rêdues depuis de Vesta. l'aage de six ans, jusques à dix : & aux premiers dix ans elles aprenoyent la façon & coustume des sacrifices. Ce que monstre la medaille de Faustine, ou lon voit la petite Vestale nonnain. Aux autres dix ans elles estoyent occupées & empeschées à faire leurs sacrifices : & aux dix derniers elles enseignoyent les jeunes vierges, Table avoyant esté nouvellement recevés. Et passé le terme de terme de trente ans, elles avoyent le pouvoir de se marier. Tant a xxx ans se pouvoa que qua$i toutes celles (comme nous li$ons) qui le fu) ent marirent, demeurerent infortunées & malheureuses. erlis VeLa principale (comme j'ay dit) eſtoit nommée des Restales. mains, Maxima : comme nous congnoi$$ons par deux sepultures, l'une de Flavia Manilia, & l'autre de Claelia Sepultures antiques. Claudiana, trouvées avecques leurs inscriptions de ne stre temps à Rome. Epitaphe de Navia Menilia rester. FL. MANILIAE VU. MAX. CUIU GREGIAM SANCTIMONIASUE NERABILEM MORUM DISCIPLI. IN DEOS QUOQ. PERVIGILEN MINISTRATIONEM SENATUS DANDO COMPR OBAVIT. ÆMIJ FRATER ET RUFINUS FRATE FLAVII SILUANUS ET IIIRE SORORIS FILII A MILITIIS OB PRAE MIAM ERGA SE PIETATEM, STANTIAMQUE. DES ANCIENS ROMAINS. 219 Epitaphe de Clalia Claudiana Vestale. CLAELIAE CALUDIANAE VV. MAX. RELIGIOSISSIMAE, BENIGNISSIMAE Q CUJUS RITUS ET PLENAM SACRORUM ERGA DEOS ADMINISTRATIO NEM UREIS ÆTERNAE LAUDIBUS SS. COMPROBATA OCTAVIA HONORATA VV. DIVINIS ADMONITIONIBUS SEMPER PROVECTA. Ces vierges Vestales estoyent tenues en grande reSterat. ference & veneration à l'endroit du peuple de Rome : à à leecun comme lon voit par Tite Live au cinquieme livre de la des l'eparemiere Decade, qui recite, qu'Albinus homme popuaire voyant les vierges Vestales qui se retiroyent de Rome à pied, il commanda à sa feirme & à ses enfans. qu'ils descendissent de leur chariot, pour faire monter en leur place les Vestales, pource qu'elles gardoyent le Les l'estaperpetuel par une tre$grande devotion. Et $i par les furent fortune il venoit à s'esteindre, elles estoyent chastices ordonnées rrar. par le grand Pontife : combien que tous les ans il estoit de le feu allumé de nouveau par les Vestales : comme nous faià la consecration du cierge de Pasques encores wiourdhuy. Sur l'autel des Hebrieux exterieur brusnitle feu perpetuellement, qui signifioit que les graces Dieu ne defaillent point, mais bien se presentent à Lagane de jour & de nuyt. Et per la mystique theologie de l les Anciens n'estoit entendu autre chose par Vesta, que Presente à efeu t.eucée pource que le feu par son continuel mouvement iour & de endre rein, comme dit Phurnutus : & pour cela roi. F gardée Vesta par des vierges. Nous trouvons que Eo DE LA RELIGION Veste pour que les Poëtes l'ont mise puor le feu souventes fois, mesle feu. mement Ovide, quand il a dit ces vers, Nec tu aliud Veſtam quàm puram intellige flammam, Nataque de flamma corpora nulla vides. Jure igitur virgo eſt, quæ ſemina nulla remittit, Nec capit, & comites virginitatis amat. Les vestales estoyent Le sacerdoce estoit si venerable, que les Vestales esestimees toyent estimées sacrosainctes. Et par leur seule autorité sacrasainfut remiſe la paix ſouvent entre les citoyens de Rome. stes. [iand les vierges venoyent à se rendre Vestales,] Vellales. observé qu'elles estoyent tondues, comme sont noz Non conduet. nains d'aujourdhuy : & leur estoit leffendu de nourrir 10 hos ca-leur poil, si nous voulons croir. Pline au livre sciziéme pillata. de son histoire naturelle, quand il a dit : Antiquio thos est, qua Cabillata dicitur, quoniam virginum Festolium Les Testa- ad eam copiil is deferiar. Saules les Vestaies pour se nouiles prem. rir (pource qu'elles estoyent femmes prenoyent leur hendeur venu du publie. Eedura ceste façon de faire jusque rentes luregne de Theodoſian Empereur Chrestien, qui leur . T ofta, à la requeste des Gentils hommes Romains, qui e L. 24. 1. 11. stoyent desia en ce temps de grandeur, d'opulence & Gustien. Symonia cheffes esguaulx avec Gentils, qui envoyerent pour am„ ur. basiadeur flymachus homine patrice, de noblesse, q loquence & de dignité tresinsigne, jusques Milan, sejournoit pour lors l'Empereur, pour luy remonstr entre les autres choses, que les vierges Vestales fussent maintenues en leurs privileges, pour recouurer les gats & fondations, comme elles avoyent de tout temps accoustumé de faire, lesquelles leur aurovent esté o j'égais lui à la persuasion des Chresciens, remonstrants audit Emsez aux pereur, qu'à Rome estoyent laissez si grand nombre Vurges Ve stales. legats aux vierges Vestales, qu'elles avoyent le DES ANCIENS ROMAINS. 221 de les distribuer aux indigens, & d'en nourrir par grande pieté les pouvres : de sorte qu'elles ne permettoyent point mendier aucune personne du peuple, & moins des estrangiers & suryenants. Toutes fois sa legation se Ambessalede syntreuva de peu de proffit, & de moindre valeur : & quel l. act. no de que remonstrance qu'il $ceu$t faire, les Vierges demeurerent sans legats. Parquoy se plaignant Symmachus en son orai$on, recite $emblables paroles : Honoreverat lex parentum l'estales virgines, ac ministros Deorum victu molico, justisque privilegiis stetit muneris hujus integritas usque gencres trapegelas. Et bien tost aperes il dit, Sequuta theosamas publica, & spem Provinci irum omnium messis gra decepit. Non sunt haec vitia terrarum: nihil imputemus stris: nec rubi, e segensibus obfuit, nec avena fryges necavit. facrilegio annus exaruit. Necesse enim fuit perire omnibus quod religionibus n. quibatur. Quid tale proavif ertulerunt um religionum ministros honor publicus passeret? Aux argu. ments de Symmachus respond Prudentius de bonne maison grace par ces vers, en luy remonstrant que le port d'Hoie estoit plein des navires chargez de ble, qui estoyent rivez des Provinces, pour la nourriture du deuple de de : & que les greniers estoyent si chargez de grain, ils estoyent prests à rompre : & que l'abondance des & de l'anuone monstroit le contraire, de ce qu'il amis en avant : & qu'il ne se trouvoit homme en la de de Rome, qui vinst aux spectacles des jeux Circenti ense faim & qu'il ne se falloit point estonner, si la erre se trouvoit quelque fois sterile & infertile, & sans porter, autant pour la seicheresse, que pour autre chose. le avant que le Palladium eust est apporté à Rome, Vesta, ou les Dieux Penates, Lares, & Dieux domeques, la terre bien souvent venoit àfaillir : & que par DE LA RELIGION 222 le vice de l'air autresfois estoyent survenuz semblables accidents. Et qui plus amplement vouldra veoir ce Prudence que Prudence en a laissé par escript, lise le deuziéme liure contre Symmachus, ou il commence tout ainsi, Vilima legati defleta dolore querela est, Pelladiis quòd farra focis, vel quòd stipis ipsis Virginibus, castisque toris alimenta negentur. Vestales ſolitis fraudentur ſumptibus ignes. Et depuis luy avoir respondu susfisamment, il remorRemonsira qui esto co ie syn stre l'honesteté de la virginité des Vestales machus tieles vier pour lors à Rome, soubs semblables parolles : Quæ nunc Vestalis sit virginitatis honestas, es VestaDiſcutiam, qua lege regat decus omne pudoris. Ac primùm parvæ teneris capiuntur in annis, Ante voluntatis propriae, quam libera secta Laude pudicitiæ ſervens, & amore Deorum, Juſla maritandi condemnat vincula ſexus. Captivus pudor ingratis addicitur aris, Nec contenta perit miseris, ſed adempta voluptas, Corporis intacti mens non intacta tenetur. Nec requies datur ulla toris, quibus innuba cæcum Vulnus, & amissas suspirat fæminatedas. Tum, quia non totam ſpes ſalva interficit ignem, Nam resides quandoque faces adolere licebit, Fest aque decrepitis obtendere flammea canis Tempore præscripto, membra intemorata requirens, Tan lem virgineam fastidit Festa senetiam, Dum thalamis habilis timvit vigor, irrita nullus Fœcunda vit amor materno viscera parte, Nubit unus veterana sacro perfuncta labore, Defertisque socis, quibus est famulata juventus, Transfort emeritas ad fulera jugalia rugas, DES ANCIENS ROMAINS. 224 Diſcit & in gelids nova nupta tepeſcere lecto Interea dum torta vagos ligat infula crines, Fatalésque adelet primas innupta sacerdos, Tertur per medias ut publica pompa plateas. Pilento reſidens, molli ſéque ore retecto Imputai ationitæ virgo ſpectabilis urbi: Inde ad confessum cave pudor almus, & exper. Sanguinis, ut pietas hominum visura cruentos Congressus, mortesque, & vulnera vendita pastu pectatura sacris oculis, sed & illa verendis, ittarum insignis phaleris, fruiturque lanistis. tenerum mitémque animum, consurgit ad ictus, Et quoties victor ferrum jugulo inserit, illa Delicias ait eſſe ſuas, petetúſque jacentis go modeſta jubet converſo pollice rumpi, Ne lateat pars ulla animae vitalibus imis Altius impressa dum palpitat ense secutor. Hoc illud meritum est, quod continuare feruntur Excubias, Latii pro majestate palatii, od redimunt vitam populi, procerumque salutem, Erfundunt quia colla comis bene, vel bene cingunt empora tamolis, & litia crinibus addunt. quia subter humum lustrales testibus umbris flauamam jugulant pecudes, & murmura miscent. ce que Prudence mõstre de la superstition & pomestales Vestales, qui aloyent aux cirques & amphitheade têps de dans leurs coches, accoustrées plus delicatement Prudence. eusement, qu'il n'estoit requis à Religieuses, pour combat des bestes feroces contre les Gladiateurs : yent pour delices de regarder mettre l'espee dege d'une personne. Parquoy il supplie l'Emvouloir faire oster ce sang des arenes, & tels specta De quelle maricres. rent les An. tions leurs saulo. cies. Personian in Arcadiin the d. unter en Populo me fait d. 1. lareige Unase bocchi. . bleaged the lista . the I. i. ... pues. DepraDE LA RELIGION 224 ſpectacles pleins de cruautez. Et que Rome ne ſoit plus contaminée de ces malheurs, disant ainsi pour la fin de ses vers, Te fricor Ausonij Dux augustissime regni, Ut tam triste sacrum jubeas, ut caetera tolli. Nous avons aſſes demeuré ſus l'hißoire des Dieux Deeſſes, & ſus les maiſons ſacrees & temples des Dieux, qu'adoroyent les Romains. Il demeure à veoir de quelle matiere firent les Anciens leurs simulacres, statues & imaiges: qui furent (comme l'escript Pausanias) de ebene, de cyprez, de cedre, de cheſne, de lothos, ſmilax de bords. Theophraste y adiouste la racine de l'olive, & servoir aux Anciens pour leurs petites imaiges : & I lui Ya mis le bois de la viene, quand il recite, que le simula cre tresancien de Jupiter en sat flict en Populonie, d'Italie treſantique : lequel il dit avoir veu, & avoir duré incorrompu bien longuement. Et non suis cause, com me je pense. Car si la dureté de la matiere estoit req pour faire l'ovurage des arbres, desquels nous avons [ le cy dessus, certainement lon trouvera qu'il ne se treuve bois plus durable, & qui moins sente Linjure du temp. que le bois de la vigne : comme il a esté experimente plusieurs experiences : combien que la statue de Mere re en Arcadie ne fu$t point faicte de la matiere de tous ces arbres, mais de celuy qui est non me fuyer, autrement appel d'Homere Troiethes : duquel lon usoit entre les comodeurs pour les delices qui vient principalement ( me dit Theophraste) en la contr.e de Cirene : l'esduquel tout entier, les rameaux, les $ucilles, & son fruict sont quasi semblables au cyprez. Et davantage dit I teur, que de sa racine estoyet faicts ovuraigies precio- DES ANCIENS ROMAINS. La cire fut encores en usaige, & le sel, duquel furent De la Sd=flft trouvées statues, n'a pas long temps, dedans une grotte sem les aupres de Volterre. Semblablement le voirre fut a$$es Andons slates. e$timé, duquel j'ay veu plu$ieurs figures : & entre les autres j'ay un vase faict en forme de la teste d'un Æthiopian, rempli par le fond de certaine composition antique odoriferante, trouvé en Daulphiné, avec plusieurs Faleic autres vases en la maison du Seigneur de la Motte, qui ne me anpresenta à feu Monseigneur d'Orleans, second fils de signes Gott. 7. rance, avecques un autre vase goderonné d'asses belle et Dulcorrae : & lesquels me donna depuis ledict Seigneur. pliné en la W. 1.n.64 L'or, l'argent, le bronze, le fer, l'ayement, l'estain, le plomb, Suur de la yvoire, l'argile, ne furent pas espargnez pour la decoBiette. tation de leurs temples, fores, & palais, qu'ils accompaiguerent par le dedans de pierres precieu$es:ſinablement le toutes sortes de marbre amenez de lointain païs. Il est temps desormais de faire fin à ce propos, & d'esdes sacerdoces & dignitez sacerdotales, pour suyla matiere de nostre religion. Et pour le commenment nous dirons comme les Romains eurent pluurs ordres & collegés de sacerdotes, qui presidoyent Colleges d. s. ficer. ex cho$es $acrées: comme furent le grand & petit Pontidetes K Flamines & Archiflemines, les Angures au regard mains. les oyseaux, les Salies : & de leurs collieges, prebstres, comme sont noz Chanoines, qui furent donnez aux pereurs apres leur deification, nommez les uns giste, Augustales d'Helvius, Helviens: d'Antonin, Sacerdotes A. g. sta Antoniens : d'Aurelius. Aureliens: & de Faustine, Faudniens : qui tous estoyent ordonnez pour la religion, ces, Antopieté, $aincteté (qui e$t la $cience d'adorer les Dieux, cõ, mens Aurelions & lit Cicero cerimonies, pour faire $ecrifices, pour Fau$tinies Ff DE LA RELIGION 226 annoncer les feſtes. dedications, conſecrations, ſup plications, processions, vœux, & devotions, & plusieurs autres cerimonies, qu'ils faisoyent pour honnorer leurs Dieux, & plustost Demones en leurs folles superstitions. Et avec telle erreur des Gentils nous porrons oindre la follie du peuple, en leurs diverses opinions, lesquels demeurerent en si grande inconstance de verité & d'ignorance si long temps. DES SACERDOCES, ET PREMIEREMENT des freres Arvales, & du ſacrifice nommé Amberuale. E sacerdoce des freres Arvales fut institué par Sacerdece Romulus pour faire les ſacrifices publicques, des freres Arval. aux fins que les terres portassent force blé Perquin Et pour enseigne religieuse leur fut donné stitué. une coronne spicée, qui estoit liée d'une ceintur blanche. Et le nombre ne passa pas douze, comme ont Arbeua les Anciens. Quant au sacrifice nommé des Latins A l: sacrum. beruale, il se faisoit de la truye, ou la vache pleine, que les champs & les blez estoyent lustrez & environne avec la victime par trois fois, & tous suyvoyent les cerdotes chantans : entre lesquels y en avoit un coronu d'une coronne de cheſne, qui chantoit les louënges Ceres : & depuis qu'il avoit taſté le vin & le laict, avant que de couper les blez, ils immoloyent la truye à Ceres comme nous avons dit. Et quand le pastre venoit à strer ses brebis, il les arrosoit de l'eaue, & puis avecques DES ANCIENS ROMAINS. 227 le souffre, del herbe sabine, du laurier, toutes ces choses alumées avecques le feu il aloit tout autour des troupeaux, & les perfumoit, & avecques vers sacrez, & le gasteau, qui estoit faict de millet & de laict, sacrifioit à Pales Deesse des Pasteurs. Et par telle fumigation ils en$oyent priver de la gale, & de toutes autres maladies eurs brebis. DES AVGVRES, ET DE la dignité Augurale. A discipline & religion des Augures vint premierement de Etrurie à Rome: combien Augur. que Cicero, qui fut de l'ordre, (comme il escript au livre de la nature des Dieux) dit au livre qu'il a faict De divinatione, que le sacerdoce gures estoit de si grande autorité & veneration, Saterdace que les Romains ne faisoyent chose dedans & dehors des Augucité sans l'Augure. Et vint la dignité Augurale res de ques aux premiers de la Noblesse Romaine & des grande veneration. impereurs, pour l'honneur & utilité que recevoyent ceux qui estoyent de ce colliege. Ce que lon peut veoir par les monnoyes de Pompée M. Antoide Cesar le Dictateur, qui feit recevoir Marc Anoine & Lepidus en ce noble colliege, ou ils ont figuré Pidus du u. s. litue, le sympule, le chapeau, le vase, & les petits poulets, pour monstrer la dignité de leurs sacerdoJULE Ff. 228 DE LA RELIGION POMPEIUS IVL Aesar ARGENTEUS ARGENTEUS. IS IMP ⛪ ③ S M. AUR ANTONINUS ET AELVERUS RESTITUTORES. ARG. ONIV RODOU LEG VI III•VIRR·P. IULIUS CAESAR ARGENTEUS. CARGENTEUS. ~ E AVGVR PONT•MAX IMPET MARC DES ANCIENS ROMAINS. 229 MARCUS ANTONIUS ARGENTEUS. S E M.N.IMP 7 N ⛪ PUO #### Newlee Au commencement que fut ordonné le colliege des 64 gures, ils furent constituez trois par les trois tribus gens. comme le monstre Halicarnasseus : & depuis quatre. Par succession de temps, demandant le peuple plus grand nombre, furent adjoustez cinq Augures de la plebe aux quatre patricies : & demeura tousiours depuis le nombre de neuf Interpretes des Dieux, la response desquels faisoit pas petite foy. Le lieu de l'Auguratoire estoit un temple, ou estoit Augura1.12 l'Augur, qui avoit la teste voilée, tenant à la main ImehaLitue, qui estoit proprement le baston Augural, ensigne de sa dignité, comme est aujourdhuy de noz evesques la Croce: la paincture duquel je representeray y dessoubs tout ainsi retirée d'un frise antique, qui se oit encores à Rome. BAPf3 Robode l'Argue non méc Trabear DE LA RELIGION BASTON AVGVRAL DES anciens Romains. Et de ce Litue l'Augur notoit les quartiers du ciel, estant revestu d'une double togue, ou robe Augurale, que les Romains nommerent Lena, ou Trabea, qui este teincte en escarlatte. Et en tel accoustrement est presenté Marc Antoine par ses medailles, ou d'un cost se lisent telles lettres, MARCUS ANTONIU LUCH FILIUS, MARCI NEPOS, AUGUR, IMPERATOR TERTIUM : & de l'autre se voit la teste du Soleil, avecques semblables paroles ab gées, TRIUMVIR REIPUBLICAE CONSTIT ENDAE, CONSUL DESIGNATUS ITERUM ET TERTIUM. MAR 230 DES ANCIENS ROMAINS. MARCUS ANTONIUS ARGENTEUS. 0 S. DESI II 4 par les medailles de Lentulus Spinter se peuvent ncores Ens.ignes veoir le Litue, le Vase, le Sympule, le Maillet de la reliCousteau, qui sont toutes enseignes de leur religion. LENTULUS SPINTER ARGENTEUS. S 0 ENTVLVS SPINT war LENTU 233 DE LA RELIGION LENTULUS SPINTER ARGENTEUS. c ~ 8) ⸸ LÊNVIVS BRVTVS SPINT פפפפע Pour le demeurant de ce que je veux e$crire de l'Augure, je monstreray par figure retirée de la medail d'argent d'Auguſte, les ſacerdotes avecques leurs robe longues, qui portent à leurs mains le sympule, & le tue, enseignes de la religion. AUG DES ANCIENS ROMAINS. AVGVRES ET SACERDOTES qui portent les enseignes de la religion, pour monstrer la pietr. Danse des poulets DF LA RELIGION 234 Quant à la danſe des poulets (nommée des Latins Tripudium) & de leur manger, par la divination des quels faisoyent jugement les Augures, combien que je les aye representé par la medaille de Marc Antoine c de$$us mi$e, je ne lairray toutesfois, avant que de parler de la caige pullaire, d'en monſtrer la figure retirée de la medaille d'argent de Marcus Lepidus le Triumvir, pour le contentement des amateurs des bonnes lettres qui en pourront tirer la vraye congnoissance plus ay sement. FIGURE DES ANCIENS ROMAINS. FIGVRE RETIREE DE LA medaille d'argent de M. Lepidus. ⛪ Lbs DE LA RELIGION 236 Les Romains eurent les auſpices en ſi grande recomLes aussi ces eng. mandation, qu'ils a$$eoyent leur jugement, & $e reigloy de recom mantation ent entierement de ce qu'ils debuoyent faire sus le mar ger de ces poulets : & ſi en leurs expeditions & difficiles à l'endroit des Roentreprises ils ne faisoyent rien, que premierement ils mains n'eussent consultez les poulets : & s'ils eussent esté trouvez alegres mangeants le blé qui leur estoit presente, ils donnoyent bon presaige : autrement les Romains n'en treprenoyent rien, & ne faisoyent point la guerre tout ce jour là. Celuy qui avoit la charge de ces pou$$ins, $e nommoit Pullarius Pullarius, & la caige ou ils estoyent encloz, Cavca pullaria Cavea purMaria qui estoit à peu pres de telle forme & figure, qu'elle voit à Rome en une table de marbre, en la maison du Cardinal de Cesis, accompaignée d'un fort beau e gramme, lequel pour n'estre point hors de nostre pos, je mettray cy apres. CAGIE PVLLAIRE RETIRE du marbre & epitaphe antique, qui $e voit tout entier à Rome. DES ANCIENS ROMAINS. M. POMPEIO M. F. ANI ASPRO LEG. XV. APOLLINAR. <> COH. III. PR. PRIMOP. LEG. III. CYREN. PRAEF. CASTR. LEG. XV. VICTR. ATIMETUS LIB. PULLARIUS FECIT ET SIBI ET M. POMPEIO M. F. ET CINCIAE COL. ASPRO SATURNINAE FILIO SUO ET UXORI SUAE POMPEJO M. F. COL. ASPRO FILIO MINORI Du Flamine Diale. Es prebstres de Jupiter & de Mars furent instituez & nommez Flamines par Numa Pompilius, qui les ordonna pour la celebration des choses divines. Marcus Varro livres qu'il a intitulé de l'origine de la langue Lad'une dit, que les Anciens eurent autant de Flamines Varro. fils adoroyent de Dieux : comme le Diale qui estoit à Dynker piter : le Martiale, qui estoit à Mars : le Quirinale, à $acordorahomulus : le Vulcanale, à Vulcan, & plu$ieurs autres : le$- les en la renon des quels comme les nostres sont differents, que nous appelKemains pas Eve$que, Arceve$que, Patriarches, Cardinaulx : diferemes. tout ainsi à leur endroit ils avoyent difference aux degrez de leur dignité. Depuis la Republicque ordonFlamines aux Empereurs, qui avoyent esté receus ciel, au nombre des Dieux, comme à Auguste, un amine Augustale: à Antonin, Antonian. Le Diale A oustre pecialement portoit une robe asses honorable, & avoit ment du ge d'yvoire, qui estoit donné en ce temps la seuleViale. ment aux grands magistrats. Seul le Flamine portoit chapeau blanc : & ne luy estoit point licite de sortir is de sa maison sans le porter. CLAG 83 Num. Pompilius instituales Salies. Tellius Hestilius. Tite Live figure di Anciles. DE LA RELIGION 238 CHAPEAV DV FLAMINE, retiré d'un friſe antique de marbre, qui est à Rome. Des Salies. Nntre les autres institutions des sacerdotes que feit Numa Pompilius, il eleut douze hommes, qui furent nommez Salies, les saults solennels, qu'ils faisoyent en leurs sacrifices. A ceux-cy en adjousta autres douze lius Hostilius. Depuis le nombre de ce sacerdoce creude telle sorte, qu'il en fut faict un colliege. Et quand ce venoit à l'election de ces Salies, il estoit requis, eussent & pere & mere vivants. Tite Live dit, q Prebstres aloyent dansant & balant parmy la ville, chantants vers Saliaires, au mois de Mars, portants les armes celestes nommées Anciles : qui estoyent petits escus faict à la vraye ſemblance de ceux, que lon voit par les medailles d'Auguste Cesar & d'Antonin Pie AUOUS DES ANCIENS ROMAINS. 239 ANTONINUS PIUS AUGUSTUS CEREUS. ARCENTEUS. ESTOLO TERATO D INCILLA L'accoustrement des Salies estoit une robe honnora. Accoustrement des le de couleur violette, qu'ils troussoyent, & si avoyent Salies. ateste armée d'une salade : & avecques leurs petites dagues frappoyent en dansant leurs escus. Des Sept-hommes Epulones. Ar ce que nous pouvons comprendre & conjecturer, les Septemvirs Epulones estoyent une septemvits espece de sacerdotes, qui furent instituez par Epolones les Pontifes, pour donner ordre aux festins, qui Par qui instituez rent, celebrez aux jeux que les Romains faisoyent Chonneur de leurs Dieux. Leur charge estoit, de Charge des fite accoustrer le souper des Pontifes, & annonçoyent Fpulones. jours qui estoyent ordonnez pour le souper de JupiEt si par fortune la solennité n'estoit observée, ils enoyent l'annoncer aux Pontifes : & par leur advis & conseil les sacrifices & cerimonies delaissées estoyent remises en leur entier. Les Grecs les ont nommés φράτιprebstres, qui s'assembloyent plustost pour faire Phratores. grand chere, que pour celebrer les choses divines : & qui faisoyent office plus de parasites, que des sacerdotes. L. CAL DE LA RELIGION 240 L.CAIDUS SEPTEMVIR EPUTONUM ARGENTEUS DMP the LCALDVS Vnreru X CALDVS. III. VIR 2 Et juſques à ce jour ſont demeurées à Rome taillées ce Phanide parolles en une piramide de marbre quarrée, OPU Curtus . ABSOLUTUM DIERUS CXXX. EX en sere. STAM. C. CORNELII TRIB. FLEB. SEI Rent TEMVIRI EPULONUM. Qui veut dire, Oeuvre absoluë en cent trente jours, par le testament de CaCornelius, Tribun de la plebe, & Sept homme des E lones : qui monstre la puissance, qu'ils avoyent, avecq ſon inſcription, qui eſt dedans la medaille de Caldus, deſſus miſe, ou ſont lettres ſemblables, qui diſent, LU CIUS CALDUS SEPTEMVIR EPULONUM Des deux, des dix & quinze hommes, ES Deux-hommes furent instituez par TarLes Deux humones quinius : & par succession de temps Aulu, instaner Sextius & Licinius Tribuns de la plebe mi En Tarqu'il nous Sic rent le nombre jusques à dix : & alors þabry. furent faicts & eleuz cinq de la noblesse, & cinq ementa le du peuple : & demeura ce nombre ju$ques au temps nombre des de Sylla, qui en feit adjouster encores cinq: & tou$ic furen dix hommes. DESANCENS ROMAINS. 241 furent depuis quinze hommes pour faire les $acrifices. Leur charge estoit de lire les livres sacrez, & vers de la Charge des xv. homSybille, & d'interpreter les choses & accidents, qui surrenoyent au peuple de Rome. Et si presidoyent aux sacri faire les safices, que lon faisoit à Apollo. Ce que monstre son tripos, cri$ices qui a esté gravé par les medailles de Vitellius & de VePasian, avecques lettres semblables, QUINDECIM VIR SAI RIS FACIUNDIS. VITELLIUS VESPASIANUS ARGENTEUS. CARGENTEUS S S XV. ① 2 ⛪ #15 o ##### Du grand Pontife Ntre les Pontifes, qui furent eleus par Numa, fut faict le grand Pontife : & long temps apres ils ne furent creez d'autres personnes que des Senateurs. Et quand le grand Pontife venoit à mourir, les petits Pontifes en elisoyent un autre en sa Election du place comme nostre grand Pontife d'aujourdhuy est grand Ponpar les Cardinaaulx. Au grand Pontife estoyent bubmises les choses sacrées, tant publicques que pri& non seulement ils avoyent la charge des cerimonies, mais bien encores des choses celestes, des funeailles, & prodiges. Et proprement sa charge estoit de charge du garder la religion, d'interpreter les choses divines, & grand PonH h Les To maius u. recevez ni p. int. ii. velles can Humesen leur reli Dignité du grand Pei Chapeau du grand Pontife. DE LA RELIGION 242 de les avoir signées, & escriptes. C'est assavoir à quelares ou autels, à quels Dieux, & quelles victimes, jours, & temples lon debvoit faire sacrifice. Et sur tout il debvoit prendre garde, que nouvelles coustumes & ce stranges ne fussent receuës en la cité de Rome, qui fussent cause de troubler les cerimonies de la religion, de leurs Dieux. Quant à la dignité du grand Pontife Cicero en l'oraison qu'il a faict pour sa maison, l'a trebien monstré soubs ces mots: Cum multa divinitus Pont fices, à majoribus nostris inventa atque instituta sunt, tum u hil præclarius, quàm quòd vos eosdem & religionibus Deoru immortalium & summae Reip. praesse voluerunt: ut ampliss & clarissimi cives Rempub. bene gerendo, Pontifices reliſ ſapienter interpretando, Rempub. conſervarent. Et pour decoration de sa puissance & dignité sacrosaincte portoit le chapeau, faict de la propre maniere, qu'il voit par les medailles de Cesar le Dictateur, accomgné du sympule, & lettres qui disent, CAESAR IM RATOR, PONTIFEX MAXIMUS. Et par les au tres monnoyes se voyent la patere, & le chapeau, accopaignez du litue, enseignes des diguitez de l'Augure, du grand Pon IULIUS CAESAR ARGENTEUS. ARGENTEUS S ~ Toute DES ANCIENS ROMAINS. 243 Toutesfois par les frises des marbres antiques qui sont à Rome, ou sont representées toutes les enseignes Finée du de la religion, la figure du chapeau du grand Pontife est chapeau du grand mieux veuë, que par les medailles dudict Cesar. Pontise. LE CHAPEAV DV GRAND Pontife des anciens Romains. Après avoir escript des Pontifes, il ne sera point hors propos de monstrer la solennité, cerimonies, & façon de faire de leurs con$ecrations : pour e$tre cho$e $i indicule, qu'elle merite estre recitée tout ainsi que Pruence l'a laissée par escript, qui dit : Quand le grand Consecration des Pontife venoit à estre consacré, il entroit dedans une Poetises. losse expressement faicte, en son habit Pontifical, ayant mitre sus la teste, sa robe de soye succinte & troussée. a fo$$e e$toit couverte, apres qu'il e$toit entré dedans, petit pont de bois, qui estoit percé de tous costez. Alors le Victimaire & ministres des sacrifices amenoyent H h 2 Cousteau sacré. Souper de Pontises. Herissons demer Pelorides Spondiles. DE LA RELIGION 244 noyent un taureau, qui avoit les cornes garnies de bouquets & de roſes, auquel le front reluiſoit pour l'or qui estoit par dessus. Et estant arrivée la victime sus le milieu dudict pont, ou elle debuoit eſtre immolée, Viecimaire luy ouvroit la poictrine avecques un cousteau sacré: & de là sourtoit une grande abondance de sang tout bouillant, qui s'espandoit par les troux, qui stoyent expressement faicts sur ledict pont: qui tomboit comme une rosée sus la teste du grand Pontife, qui la presentoit à chascune goutte de sang. Et apres qu'il e $toit bien ord & bien $ale, toute $a per$onne bien puante il presentoit encores ses oreilles, le nez & les jouës, & se frottoit les yeux & les levres de ceste liqueur, sans donner à $a bouche, ou à $a langue, qu'il arro$oit de ce sang noir. Cela faict, les Flamines levoyent le pont, tiroyent le grand Pontife dehors, qui se presentoit hors rible de regard, monstrant sa teste, la barbe, sa mitre, robe : comme si ce fust esté un jurongne. Et tout ainsi ac couſtré & ſordide il eſtoit adoré & ſalué de chaſcun, pres qu'il avoit esté lavé de ce vilain sang, qui estoit se ti de ce beuf mort. Les autres cerimonies e$toyent festin, qui estoit acoustré pour les petits Pontifes, mines, Archillaminer, & autres dignitez sacerdotales qui ſe faiſoyent magnifiquement, & non point avecq moindere deſpence, que le ſouper des Pontifes duquel parlé Macrobe, que je reciteray, pour monstrer la facde leurs magnifiques banquets. A l'entrée du ſou (comme il dit) furent servis herissons de mer, qui sont gros & ronds, & couverts de longues eſpines, aſſes mal vaise viande, comme l'on dit: des huitres crues, tant plai$oit à cha$cum d'en manger: puis apres des pelorides & ſpondiles, qui ſont ſorte de moules: des tourdes ou g ves, DES ANCIENS ROMAINS. 245 ves, que les Romains estimerent tant, que quand ce venoit à les servir à table, ils ne tastoyent d'autres viandes, que premierement elles ne fussent mangees. Et vindrent les irritaments de la gueule ju$ques la, que du tēps d'AuGüretner. guste elles estoyent farsies, pour estre trouvees meilleufors du roy res. Puis apres des asperges dessoubs une poule grasse, 1 Ni estoit une viande friande, que Cajus Annius PanAnnus nius defendit à Rome par edict de n'estre presentée à taRome. ble, & que l'on ne servist que de poules, qui ne fussent point engressées. Et qui vouldra sçavoir comme les Anciens les faisoyent grasses, lise Columelle & Varro, qui enseignent de la gueule ingenieuse la façon de faire. Puis fat mis un plat d'huitres & pelorides. Et ce qu'il nomme halanos nigros, balanos albos, ne peult estre exprimé de Salani. nom François: non plus que spondylos & glycomaridas, que lon dit estre une espece de moules: des orties de mer, qui sont poissons nommez barbarement Cud'asnes : des Orties de becquesigues, ramiers, une longe de sanglier & cheDecquest. jareau, des poules & becquefigues en paste, ou biē armez e farine: des pourpres, ebures, que les Latins ont nomnez purpuras & murices, que autrement se peuvent nommer limaz de mer. De ces conquilles tiroyent les Anciens ceste liqueur pretieuse pour teindre les robes, & pour Liqueur les manger : qui a faict dire à Seneque en la premiere epipour teintre de son quatorziéme livre semblables paroles: Com- & eles robien de $ortes de conquilles apporrées de lointains païs les passent par l'estomach insatiable des hommes? Oper$onnes malheureu$es, qui ne congnoi$$ez, que vo$tre appetit est plus grand, que vostre ventre ! Au second ser, nequerice furent mis sus table la ure d'un sanglier, un plat de Vre desapoisson cuit dedans la poile, avec leur saulce : un plat de gliercommade, qui se faisoit de la tetine d'une truye, qui avoit Sonnade. nouH h 3 DE LA RELIGION 246 nouvellement cochonné. Et tant plus estoit la tetine remplie de laict, d'autant plus estoit elle viande de plus grande recommandation. Les canars ne furent pas obliez pour en manger la poictrine, qui est gracieuse, le demeurant inutile : des cercelles boullies, lieures, volailles roPains de la sties, d'amydon, & des pains de la marche d'Ancone : q se faisoyent apres que la farine avoit detrempé neuf marche d'Anconc jours en ti$ane ou alique, & puis pe$trie & ro$tie avec ques raisins de Damas, & mis dedans un fourt en un pot de terre, jusques à ce qu'il se rompist : & pour leur du reté ils ne pouvoyent estre rompus sans estre mouillez avecques le laict, & le mulse, comme dit Pline. C'est le Pline souper & l'appareil des viandes des Pontifes farsi d'un grand nombre d'entremetz Des Auguſtales, & de leur colliege. Origine & creation des Augustales & de leur colliege fut premierement ordonnée à Rome There Ce par Tibere Cesar, apres qu'il eut faict dresser sarfeidaun temple à August, que Cajus Caligula con teur des Auguste secra apres la mort de Tibere: comme le monstre sa medaille de bronze. C.CESAR CALIGVLA AENEUS. FOX II/TA DES ANCIENS ROMAINS. 247 Et pour la reverence d'Auguste à Lyon fut dresse un Temple autel, & faict un temple, là ou toutes les Provinces de la "Auguste suli. Gaule avoyent mise particulierement chascune une staLyon. tue, pour sa decoration, au lieu ou s'assemblent la Saone & le Rhosne: comme recite Strabo au livre quatrieme de sa Geographie & description du monde. Ce pourroit bien estre le lieu ou à present est l'Abbaye d'Aisnay, ou sont encores dressies colonnes fusiles de grosseur inestimable, lesquelles, à mon jugement, pourroyent estre Gloiens des reliques & demeurant du temple, qui fut par la com-fusdes au temple mune despence des Gaulois edifié à Cesar Auguste apres sa deification. Et là pouvoit estre le colliege des saterdotes Augustales: ce que nous monstre clerement antique pierre de marbre, qui se voit à Lyon en l'eglise le S. Pierre les Nonnains. JOVI 0. M. ADCIN NIUS URBICI FIL. MARTINUS SEC. SACERDOS ROMAE ET AUG. AD ARAM AD CONELUENTES ARARIS ET RHODANI FLAMEN II. VIR IN CIVITATE SEQUANORUM. Par le present epitaphe nous congnoissons que non Colliegedo seulement à Rome, mais à Lyon, & quasi par tout le Argustales nommés monde furent fondez collieges & prebstres à l'honneur des Latins Auguste, nommez des Romains Sextum-viri Augustari AuguCe que monstre le monument, qui est encores à la Itales. Porte S. Just lez Lyon. M. DE LA RELIGION 248 CALUISIAE URBICAE ET MEMORIÆ SANCTISSIMÆ P. POMPONIUS GEMELLINUS VIR AUG. LUGUD. CONIUGI CARISSIMÆ ET INCOMPARABILI POSUIT Par succession de temps le colliege des Augustales vint en telle reputation, autorité & dignité, que TranTranzen quillius escript, que Sergius Galba, depuis Empereur, fu Sagius Gillevin receu entre les sodales Augustales par grand honneur Il suffira pour le present d'avoir entendu l'origine . creation du colliege des Auguſtales, & que ρextumuire ins estoit une espece de sacerdoce: pource que Alciat Adal risconsulte renommé, amateur singulier de l'Antiqui Aurions le 1e. te, aux annotations qu'il a faict sus les trois livres du Code, nie avoir esté entendu, quels estoyent les Sextumuirs & quelle estoit leur charge jusques a pilesent: remettant le Lecteur au livre troisiéme de mes Antiquitez de Rome, ou j'ay escript (parlant de Claudius Cesar) plus long de l'autroité des Decurions (que nous pourront Dein nommer Eschevins) qui estoyent ceux, qui donno a ces prebendes par les Provinces. La cité de Lyonne de . ### meura gueres apres que Plancus par l'autorité du Sende Rome y eut mis nouveaux habitans, qu'elle ne vint à passer d'hommes, de somptuosité, d'edifices, de magficence, de richesses, pour les foires tant celebrées p Latienze. tout le monde, toutes les autres villes de Gaule. Et cecy de la cité de Lyn ay traicte bien amplement audict troisi me livre, le debuoir & pour l'obligation, ou je demeure tenu terre naturelle de ma nativité, & de patrie. DES ANCIENS ROMAINS. 247 Des sacerdotes de la Mere des Dieux. Es sacerdotes de la Mere des Dieux, nom- Galli, sacerdotrs de mez Galli, furent instituez pour faire ses sa-j. Mericrifices avec des cymbales & tabourins : & des Deux Anligal le plus grand de tous estoit nommé Archigalus. Et sus le commencement du printemps, comme recite Herodian, les Romains avoyent de coustume le faire une grand feste tous les ans à la Mere des Dieux en pompe solennelle : & en ce jour ils portoyent devant le simulacre de la Deesse les plus precieux meubles, qu'ils refesse eussent, comme vases d'excellent ouvraige, d'or & d'arMere 19 gent, & autre matiere plus riche. Lon donnoit conPlux. ge à un chascun le jour de la feste de passer le temps en toute sorte, & aler en masque en tel accoustrement que bon luy sembloit. Et n'y avoit magistrat, ny dignité si grande, ne si honorable, auquel il ne fust permis de changer d'habillements. En faisant selle cesse nomnée Megalesia (c'estadire les grands jeux) Maternus Meglesia voit deliberé de tuer Commode : mais estant la concuration descouverte, il fut pris, & eut la teste trenchée. Lors Commode estant trefioyeux d'avoir eschappé celle fortune, n oblia pas de sacrifier triomphaniment à la Mere des Dieux, luy rendant graces de ce qu'il avoit esté preservé d'un tel inconvenient. Et en sa feste porta luy mesme les reliques sanctes de la Deesse, & en bate devotion se mit en debuoir de luy faire honneur. peuple de son costé feit jeux & solennitez pour le sa& conservation du Prince: & furent nommez les eux dessudicts SOTERIA, c'estadire secrifices de so-te filio . Toutes les autres fables de la Mere des Dieux nous sonta. asserons aux plus curieux. Et qui en vouldra veoir d'aantage, lise Tite Live au vintetueufiéme livre de ses tres Ime Decades. Nous Kröbel de secordetes Supplia tien.5. C . 1 dire en Prant 1 des pro sions des in 75.04 Co: upon Grillies. 5 1/2 des . DE LA RELIGION 250 Nous avons veu cy dessus les temples & autels, les simulacres des Dieux, les noms des sacerdoces: desormais pourra veoir le Lecteur ce que j'ay peu observer de la charge qu'ils avoyent, & pour la fin leurs voeux, & la cerimonie de leurs sacrifices. C'estoit doncques l'estat des sacerdotes de faire les supplications, que nous appelons processions, pour remercier leurs Demones de quelc victoire, ou bien pour detourner lire de Dieu. Et quand les sacerdotes faisoyent leurs supplications parmyles rues, ils portoyent les simulacre de Jupiter : & par les quarrefours estoyent dressez reposoirs, pour y metre son simulacre. Ce que lon faict encores en France à la solenn té de la feste Dieu Je me soiviens d'avoir veu une medaille de Domitian ou estoit representée par le revers une procession des anciens Romains, marchants les petits enfans cueur tous les premiers, en apres les sacerdotes, vestus de leurs surpelis, estants tous coronnez, & tenants à l main une branche de laure : & les suyvoyit l'Empereur en sa robe de pourpre. Et sans doubte les adorations oblations, vœux, ſacrifices, & oraiſons, ſont les degrez par lesquels il fault monter pour chercher Dieu. Et sur toute chose l'ora son a une grand force, quand elle est adressée à Dieu, qui nous entend, quand elle est faicte de bon cueur, & repoulse plusieurs maulx, que sans cela nous pourroyent survenir. Ce que nous a faict entendre Ovide, qui a dit, Flectitur iratus voce rogante Deus. Sæpe lovem vidi, cum jam sua mittere vellet Fulmina, thure dato sustinuisse manum. Par l'oraiſon s'exercent toutes les autres vertus: force de l'oraison est telle, qu'elle attire l'homme au cie source DES ANCIENS ROMAINS. 251 pource qu'elle se faict avecques la foy, que nous avons à Dieu, qui nous defend de toutes passions humaines. Et par ceste cause nous suscite l'espoir, que le Seigneur seurement nous defendra, & deviendrons par le moyen de l'oraison charitables, deliberez d'amender nostre vie, & ne retourner plus à pecher, comme nous avons faict. Et l'avantaige nous sommes fortifiez, pour ne faillir plus si facilement. Et finablement nous deliberons de vivre justement, & d'entrer en la compaignie de temperance, yants du tout arresté de vaincre tous les accidents, qui nous pourroyent aſlaillir. Ce qui a faict dire à Pythago- Pyhagotas homme plein de doctrine, que le vray fondement de 1. rres a vie saincte estoit la reverence de Dieu. Car si nous a-fendment de la vie tous prius de luy nous & noz biens, il n'y a point de hile est loobte que nous & noz biens sont à luy, comme chose la rer unſeué. Parq́l cy il ne ſe trouvera choſe plus gracieuſe, ny ce de Dioz l'aplastante a son endroit, que Poi, a son Collegion. Et ce que disenti dito, à un homme de bien il est n. ce flaj. Pla. dix noster Deel, terstler wix ehedes dernis. Le Treat est pour sa voulonté libre faict bien à tous ceux D l'adurent, & qui le prient & invoquent son cyde. Et fond nous sommes mescongréifiaurs & ingrets du ne nous écris receu de luy, soch l'anement nous vers' et aberen que leur calomité & misere: & alors fort avec le cetate nous qu'il ont fait appaiser Le Cea Londen, qu'il vous l'inte de toutes tribula. puse avec qu'il nous ferens le commandement de Dieu, que l'arch us serons to. siours entendus de luy: si nous verdons ( reire la sentence d'Ile mere, qui a dit, . 7 et à dire, Il est ouy des Dieux, qui fait leur comman7. crament. li: Pour pr. b'ignor. der Ro mains. Nuncup re vota. DE LA RELIGION 252 Venons à la charge qu'avoyent les Sacerdotes de faire les voeux publioques tous les ans, apres les calendes de Januier. Ce que Tacitus recite au serziéme de ses Annales. Et Pline second en son Panegyrique dit, que la coustume des Romains estoit, de nommer les vœux pour l'eternité de l'Empire, pour la santé des citoyens, & principalement pour la santé des Princes. Et proprement ce que les Latins disent Nuncupare vota, n'est autre chose que de les vouêr, faisant sacrifices publicquement. Et cecy est la raison, qui nous faict veoir caracteres, qui disent, VOTA PUBLICA, QUINQUENNALIA, DECENNALIA, VICENALIA, TRICENALIA QUADRICENNALIA par les monnoyes des Empereurs. SEVERUS ANTONINUS GETA ARGENTEUS CARGENTEUS 2 WV B CRIS DES ANCIENS ROMAINS. 253 IULIANUS CRISPUS IRGENTEUS. NEI MNOS ③ QVOT VOT MVLT ⸤ IULIANUS CONSTANTINUS CENEUS. CENEUS. S TIN VOT 0 I Sev 9 ⛪ DIOCLETIANUS MAXIMLANUS EREUS. CEREUS. O VOT ⚓ⴱⵉ XXX XXX ### rece 11 3 DE LA RELIGION 254 Et quand ceste devotion envers les Dieux se faisoit les probstres & Flauines en leur habit sacerdotal sacriSecrifices sroyent publicquement en le presence des Consuls, l'repoor les rœux. teurs, Censeurs, qui prenoyent les yeux publicques, en la presence toutesfoys du peuple. CARACALLA CRISPINAE GENEUS NUMMULUS. TR. P. PVI Tous ces magistrats faisoynt escrire ces veaux 721 ploines mactre & tables d'airain : & si estoient frappées ni . dailles, qui monsero gent les aunées qu'il a eu, au doyent m r tantul pour les rendre, qui estoyent une fois pour cinq ans 7.1.20. pour lix ans, d'autres loys pour vingtans, pour trente, bien souvent vindrent les Romains jusques au nombre de quarante. Et par los monnoves de Maxentina & Licentius . quinquent trouve l’inscription de VOTIS Q. m . LIBES, H'LTIS, DECENNALLA, decenna. de chappeletz, qui sunt garxis par la sobre dud, de lab rum : et tout autour de la medaille sont les blables tres abresces, VICTORIA DOFUT OAVII. STRORUM AUGUSTORUM NU CZ RUM. MAXE DES ANCIENS ROMAINS. 255 DECENTIUS MAXENTIUS CAREUT CEPFU GEDDNN PP. N. 4 the ③ M BRPLS CONSTANTINUS ANIUS. CENEUS. ⛪ VOI temps de Pape Paule furent trouvez à Rome Marbris ou e$toyent in$culpées deux Victoires faictes à ou $ont insculpez les serablance de celles, que lon voit par les medailles cy πορυκ. sus quises, qui viennent desin soubs la declination de Pire, & qui degenerent de la bonne antiquité : ou un escu, qui est faict de forme ovale, se lisent letdisat, CAESARUM DECENNALIA ICITER. ESCV Vœux vovë7 pour vingt ans. 256 DE LA RELIGION ESCV DE FORME OVAle retiré du marbre antique. R OBSARV DECENT 62 FELICITER Et par les medailles d'Antonin Pie & de Marc A rele lon voit les vœux, qui avoyent esté vouëz pour vis ans, soubs telles parolles, VOTA SUSCEFTA CENNALIA, & le sacerdote qui promet de les rendre en sacrifiant. MAURELIUS ANTONINUS PIUS CAPGAR r'eus DES ANCIENS ROMAINS. 257 FLAVIUS IULIUS CRISPUS ANEUS. 18 TIS XX PTR געפפן I'ay deux medailles d'argent, l'une de Valens, l'autre de Cheodosius, ou sont insculpez par leurs revers, les vœux Taux nicenales tricenales & quadricenales, faicts par les Romains : comquadriceme monstre la ſcupture de l'imaige de Rome, qui por- nales. de la main droitte le globe, & la croix par dessus, qui ont les enseignes des Empereurs Chrestiens. THEODOSIUS VALENS ARG ARG. the ###### ⴶ 2 MLTIF XXI CIII CONG Ces voeux publicques se faisoyent avecques une grande Ceque deolennit, demandant le peuple aux Dieux la vie longue mandoyent les KoEmpereur, la seureté de l'Empire, sa maison grande, mains. KK aux Dieux en leurs v.xux publicques. Pline Second. Solennité aux vœux des anciens Romains. Congiain. Celibration des sacrifi cerdes ieux secu laires. DE LA RELIGION 258 la force de l'exercite, la fidelité du Senat, la bonté du peuple, le monde en paix, & la victoire contre les ennemys comme lon voit par les medailles cy dessus mises, ou l'inscription est telle, VICTORIA DOMINORUM NOSTRORUM AUGUSTORUM ET CAESARUM. Et depuis les premiers Empereurs ont este continuez ces vœux juſques aviourdhuy. Et quand les Romains estoyent venuz au terme qu'avoit este dict, ils rendoyent aux Dieux ce qu'Ie avoyent promis, comme chose deue. Ce que Pline Second escripuant à Trajan a monstré, disant, qu'ils avoyent voüs les vœux pour sa sante, qui contenoyent le ſalut publique, qu'ils avoyent accomplis : & l'a ils avoyent prié les Dieux immortels, de leur donner toufiors le moyen de les faire, & de les rendre tout ensemble. Et quand ces voe ix s'accomplisoyent par les Romains, ils faisoyent publicquement dresser autels, alumer feux, faire sacrifices, mener danses & banquetes parmy les rues, faisants grand chere, se resiouyssants publicquement par un deshonneur publicque, eſtimants pieté & religion ce qui se debuoit plustost nommer imbiet, pour la licence qu'ils avoyent de mal faire. Les jeux se faisoyent encores par les amphitheatres : les compaignies des Aurigateurs couroyent parmi les cirques : les bestes estoyent macties: les Gladiateurs dessires. Depuis les Cesars montez sur eschaffaults faisoyent diviser peuple le congiare, qui e$toit une di$tribution de grands dons de large$$e: criant le peuple à haulte voix, De nostris annis augeat tibi Juppiter annos. Quand le Flamine, Archiflamine, ou le $acerdote venoyent à faire les jeux publicques, le Pontife estoit revestu d'une robe de lin toute blanche, laquelle le tomboit DES ANCIENS ROMAINS. 255 tomboit jusques sus les talons : qui signifioit la fermesse l'une resplendissant vertu. Les prebstres chantoyent hymnes & peanes sacrez en celebrant les vertuz de leurs Dieux, par le moyen desquels ils avoyent receu plusieurs biens. Les autres commençoyent à jovër des flustes, de la lyre, ou cithare. Le ministre des sacrifices tenoit le beuf, & le Victimaire avecques son maillet assommoit : comme la figure cy apres mise le reprelente. JICI: Kk 2 260 DE LA RELIGION FIGVRE RETIREE DE LA MEdaille des jeux ſeculaires d'Augeste. N NOO DES ANCIENS ROMAINS. 261 Et toutes ces cerimonies se pourront veoir encores deux secutrusée par les medailles de Domitian & de Geta, en la repreDomitian sentation des sacrifices, qui se faisoyent en leurs jeux & de Gela. quiels DOMITIANUS ENEUS. ANEUS ANT. GETA. DOMITIANUS ENEUS. ANEUS. ⸸ SACRA ###### Quand ces $acri$ices e$toyent faicts par les temple, Adoption peuple s'agenovilloit pour adorer les Dieux, ou l'EmPercui ille. (ayants tes genoulx une certaine humilit. & yssance, comme dit Pline) assistoit, observant en celes sainctes coustumes en l'honneur de la religion. Et tels gestes devotieux de mettre le genoulx à terre observé par les medailles de Domitian. DOKK Plata. Les Romantenren en gr. de reverencer le fulga re de Iugi DE LA RELIGION 262 DOMITIANUS CAESAR CENEUS COS. La couſtume des Pontifes eſtoit de ſacrer les imaiges des Dieux pour les adorer : non pour elles, comme dit Plato, mais pour la repreſentation de ceux, par le beneſice desquels ils avoyent receu tant de biens. Et comme nous adorons la figure du petit aigneau de Dieu, pource qu'elle represente IESUSCHRIST : & semblablement la figure de la Colōbe, puorce qu'elle devote le SAINCT ESPERIT: tout ainſi les Gentils avoyent en ſingulier recommandation le fulgure de Jupiter : par lequel ils monstroyent la figure de leur grand Dieu, cuidants qu'il les gardoit de la tempeste, & qu'il eust une certaine vertu apres qu'il estoit sacré par le grand Pontife. ANTONINUS PIUS AUGUSTUS AENEUS. AENEUS. ##### 0 O doodbouro DES ANCIENS ROMAINS. 263 Et ce que les Gentils faisoyent en leurs ridicule superstitions, nous avons transferé à nostre religion Chretienne, en faisant consacrer & benistre noz pitits Agnus Dei & noz cloches, qui prennent par ce moyen une Porce do vertu pour chasser la tempeste & le mauvais temps. Et de de tout ainsi le sel & l'eave, par leurs benedictions & exorcismes, prennent une force & vertu pour dechasser les 1.1.47 mauvais esperitz. este salros. Apres avoir longument discouru, je me suis souvenesfois esbahi, comme les Gentils demeurerent si longue ment en leur religion faulse, superstitieuse & controuvée, faissants la nostre qui esturaye & venue de Dieu. Mais uelle faulse opinion estoit entrée en si grand nombre Nostre religiò est re gens saiges, modestes & vertueux, que de croire que nue de grand pere omnipotent Jupiter Optimus Maximus Dieu. esté vaincu d'un si grand nombre de voluptez deteFauise ep. nion des tables entre gens de bien, & de croire qu'il avoit le pouGenutz. voir, comme Tonant & Fulgurateur, de jetter son fulgure & ses sagettes ou bon luy sembloit: ovurage certainement de leurs Demons & mauvais esperits, qui les Demenes ont tenus si longuement en cest erreur. Aussi bien pou- des Anrent croire les Romains, que JESUSCHRIST avoit esuscité les morts, comme leur Aesculapius, qu'ils firent monter au ciel tout fouldroyé, & de penser qu'il estoit d'une vierge, comme ils cuyderent que Vesta estoit & mere des Dieux. Et si estoyent bien aveuglez refuser de croire que nostre Seigneur avoit rendu la reuë aux aveugles, veu qu'ils asseuroyent que Vespasian Empereur avoit faict un tel miracle en Alexandrie. Miracle Rouvres Romains, pouvres Gentils aveuglez d'ignoransaibede gnes certainement de grand pitié & de conpassion, l'estasianen Alexa qui adjousterent foy à toutes ces fables, sans avoir congnoi Constume de ceux qui voyen: eschappe un naufre ge de mer. . 7. . beque a Cerimanis de manten luus fuer. sion. Marieles 4. Institutione de N.a. pour adaverlas DILIN DE LA RELIGION ⵣ.64 meissance de ces mauvais Demones, qui les ont gardez longuement de renoncer à ces folles superstitions. C est l'observation que j'ay peu faire sommairement de noz Pontifes & ministres des Dieux, de leurs devotions, de leurs vœux & coustumes. Et pource je passeray oultre, apres avoir recité, que ceux qui avoyent souffert une grand tempeste & tourmente de mer, & estoyent eschappez d'un naufrage, avoyent de coustine de faire estacher tables contre les murailles saerées des temples, ou estoit paincte l'histoire des voeux qu'ils avoyent faicts & de la fortune qu'is avoyent eschappé : comme tesmoigne Horace en ses Odes, disant ainsi, — Ma tabula ſacer Votiva paries indicat humida Suspendisse potenti Vestimenta maris Deo. Il e$t temps de$ormais de venir aux cerimonies de noz sacrifices. Et si lon demandoit parquoy les Anciens commencerent à facrisier, je respondray, que c'estoit pour trois choles. La premiere, pour honorer Dieu: l'autre pour l'utilit du ſacrificateur, qui demandoit ſanté estimse entre les biens divins : & la troisiéme, pour ludemander pardon de ses faultes, pour apres devenir merleur, & pour recevoir de luy une medicine de l'ame languissante. Et en tous leurs sacrifices commencerent les brebsters premierement d'immoler, c'est à dire, sacrel'hostie, apres avoir mis sus le front de la beste, qui del uoit estre macte, de la farine, de l'orge rousti & du s detrempez enſemble, qui eſtoit appelé Mola, de laquelle usoyent les Anciens en leurs sacrifices. Ce que nous a monstré Pline au dixseptieme livre de l'historie naturelle, qui dit, que Numma institua d'adorer les Dieux avec DES ANCIENS ROMAINS. 265 avecques le blé, & supplier avec la mole salée: mais avant toutes choses ils se purgeoyent en se lavant d'eave, quand ils faisoyent sacrifice aux Dieux celestes. Et quand il falloit liter, que nous disons appaiser les Dieux, & les resjouir, c'estoit asses comme dit Macrobe, de se jetter de Macrobe. l'eave par dessus, & suffisoit le seul arrosement de l'eave : qui a faict dire à Virgile, quand il parle de Dido, qui se Virgile. mit à faire les choses sacrées aux Dieux Inferes : Annam, cara mihi nutrix, huc siste sororem. Dic corpus properet fluviali spargere lympha. Et là ou ledict Poëte recite la sepulture de Misenus, il Purgation des Ro-a monstre la coustume des sacrifices, ou estoyent purgez ins aveles assistant avecques une branche de laure, ou d'olive, q'es l'eaviQuand il dit, sairée. Idem ter ſocios pura circuntulit unda, Spargens rore levi, & ramo felicis olivae. Au lieu toutesfois d'une branche de laurier ou d'olive, les Romains usoyent d'un aspergile : qui se voit de telle fatsterzi çon par les medailles & frises antiques, qui sont à Rome. L'ASPERGILE des anciens Romains. Qu — L Eenestier des Anciens. DE LA RELIGION 266 Qui trempoit en l'eave, en laquelle la torche (qui ser oit à l'autel, ou ils avoyent celebre les choses divines avoit esté premierement esteinte. Et de là vint l'eave de Mercure aupres de la porte Appie, de laquelle le peuple de Rome s'arrosoit la teste, invoquant) Mercure, cuy dants par cela effacer leurs pechez, ſpecialement les perjures & menteries. J'ay toutesfoys observé, qu'à l'entrée de leurs temples les anciens Romains faisoyent dresser un benestier de marbre triomphant, là on les sacerdotes & le peuple prenoyent de l'eave, quand ils entroyent en leurs temples, pour faire leurs $acrifices. La paincture duquel je representeray cy-apres, tout ainsi comme l'ay retirée de l'antique. FACON DV BENESTIER antique, qui ſe voit encores aujourdhuy. DES ANCIENS ROMAINS. 267 Car le petit vase, que nous verrons cy dessoubs, qui Benestier est retiré du marbre antique, ou sont painctes les enseignes de la religion, servoit de petit beneſtier portatif, comme celuy qui se porte par noz eglises encores auJourdhuy. PETIT BENESTIER PORTAtif., ſemblable à celuy, duquel nous uſons en nostre religion. Hebreux à l'entrée de leurs tēples avoyēt un grand vale faict en forme de cuve, nommé des Latins Labrum, Cure des Hebreux à ou les sacerdotes, qui vouloyent faire le service divin pernoyent de l'eave pour se laver les pieds & les mains. Et Labrum. pour faire leur eave beniste ils prenoyent les cendres du bois de la victime, qui avoit esté bruslée, apres que le satrifice avoit esté achevé, les faisants mettre dedans un Pyfte ser ou ils jettoyent de l'eave par dessus : & en prenant vendarameau d'isope, qu'ils plongeoyent en l'cave, ils arroyent & purgeoyent les assistants. Combien que j'ay biux observe Ll 2 DE LA RELIGION 268 observé, que sur la fin de leur $acri$ice, quand le feu venoit à s'esteindre, ils jettoyent par dessus petites pieces de bois de cedre, de l'isope, & du cumin : & de la cendre de ces trois choses ils faisoyent de l'eave sacrée. Il fault toutesfois noter, qu'en tous les sacrifices des Anciens il se trouvoit trois manieres de purgations Trois m nieres de c'esta$$avoir la tede, le $oulfre, & l'eaue. Ce que Pline purgali au $eiziéme de $es livres preuve, quand il a dit, que le te aux ans de entre les arbres qui portent la resine, est aggreable Romains. pour son feu, & pour la lumiere des sacrifices. Du soul fre (comme dit Proclus) usoyent les sacerdotes aux purisis Proclus. catiõs avecques l'aſphalte, ou bitume, & de l'eave de mer po.irce que le ſoulfre puriſie pour l'acuité de ſon odeur. Vertu du Et Pline eſcript que le ſoulfre ha lieu aux religions, pour soulfre purger les maiſons avecques ſa fumée. En apres les prebstres s'abstenoyent & jeusnoyent, pour venir seurement Abstinen à l'autel: comme nous li$ons de Numa Pompilius, quand ce de N.1. ma Po noi il vint à prier pour les blez, qu'il se abstint des femme & de manger de la chair. Et Julian l'Empereur (si nous lius, & de Julian voulons croire Spartian) se cōtenta de māger des herbes l'Empe & des poix à son souper. Car, à ce que dit Porphyrius, reur. l'usaige de la chair ne sert de rien pour la santé, mais L'usaix de la chair plu$to$t l'empe$che & luy nuict: pource que la $ante perne sert d. due $e recouvre par une ab$tinance & viure bien petit rien pour la santé. C'eſt par ſobrieté, par charité, & par la religion que nous debuons eſtre purgez : car depuis que l'ame eſt reſtituée en $anté, elle ne craint point les concu$$ions qui peuvent survenir. La pureté & netteté se doibt garder en nostre façon de viure, & par les œuvres que nous faiſons chaser toutes choses qui offensent l'entendement & l'esp Lovënze. L'abstinence garde ceux, qui la font, de tous vices. Par le d'abstinen ce & de sobrieté nous rendons nostre esprit pur & net : & par le jeusne Griet DES ANCIENS ROMAINS. 265 jeusne nous extenuons le corps : qui feit garder aux Pythagoriens la table sobre & sacrée, & par telle tempegledes rance venir à viure longuement. Les Brachmanes ne Pyllao recevoyent en leur colliege & en leur ordre, que ceux, sens. qui se vouloyent abstenir de la chair, du vin, & des vices. Lrac maLa sobrieté est non seulement profitable pour l'ame, Las luimais encores pour le corps : pource qu'elle chasse les matalte à la ladies, qui ont coustume de venir par trop grande replene las tion. La sobrieté esguise l'esprit, & le revoque à tous ses co. offices particuliers. Brief il ne se treuve rien de plus louable à l'endroit des hommes, que la sobrieté. Et si bien nous regardons Tite Live au trentecinquiéme, nous Le jeufve trouverons que le jeusne fut observé par les Anciens, observa parles Anquand il mõstre, que pour les prodiges les Dix-hommes, dem. par le commandement du Senat, regarderent les livres Sibilins : & apres ils firent leur raport, quil estoit necessaire d'instituer le jeusne à la Deesse Ceres, commandants bilins. qu'ils fussent continuez de cinq aus en cinq ans. Quant à a chasteté, elle prossite à l'ame & au corps. Ce que jadis slac la monstrerent les sacerdotes des Atheniens, qui furent nommez des Grecz Hierophantes : & pour rendre leurs Hauplâsacrifices plus chastes, ils se chastroyent en beuvant du les desOrs. J. jus de la cigue. Encores n'est ce pas tout : car nous debuons estre libres de toutes passions, qui blessent le cueur, & pervertissent le jugement de la raison : comme lon peut leoir par les ambitieux, qui sont pleins de ces passions, que Cicero en ses Queñons Tusculanes, a nommées maladies du cueur pestiferes. Il fault laisser & fuir toutes ces affections sensitives, imaginations & opinions Ce qu'il tant differentes, pour venir à une vraye affection divi-fault laisqui nous conduira à la bienheureuse & perpetuelle ser pour renir à la bea Et pour l'eave, de laquelle les Anciens se laverent, iude L1 3 pour DE LA RELIGION 270 pour effacer leurs pechez, venons à nous laver par une Penitence est le uray atros ment penitence, qui est le uray arrosement de salut : & suy vous la sentence de Seneque in Thieste, quand il a dit. de salut. Quem pœnitet peccaße, penè est innocens. Et cela nous servira de vray soufre & de uray bitume, si bien nous regardons ce que entre les Poëtes Gentils a dit Ovide en son liure de ponto Ovide. Sæpe levant pœnas, ereptaque ludina reddunt, Cùm bene peccati pœnituiſſe vident. Quant à l'aumosne, qui estoit une autre maniere Les An d'expiation, en usèrent encores les Anciens : comme ciens use rent de nous a donné à entendere Spartiairen la vie d'Antoni Hausmont nus Caracalla, qui dit soubs semblables parolles, Non Spartian. tenax in largitionem, non lentus in eleemosynam. Et ce mo de eleemosyna se treuve unique (ainsi que je pense entre les livres des Gentils, duquel usent les Chrestiens ordinairement. Nous lisons en Homere, là ou il Homere. faict parler un jeune adoleſcent à Antinois Procus, se courrouce contre luy, de ce qu'il avoit oultraigé ur En quello pouure homme, qui demandoit l'auſmone à la porte, luy recommandation esto remonstrant que le Dieu celeste l'en feroit repentir: qui laumosmo nous faict congnoistre en quelle recommandation à l'endroi des R. eſtoit l'aumoſue à l'endroit des Romains, & des Grecs mains Il estoit encores observé entre les anciens Romains, que celuy qui debuoit celebrer les choſes divines pour nettier sa conscience, confessoit avoir failli: qui estoit la premiere voix de leurs sacrifices, comme en nostre religion la confession des pechez precede les actes diLes pre stres Kovins. Car la coustume des sacrificateurs estoit de se conmains se cõsessoyent fesser avant que de sacrifier, & demander à Dieu (comavant que me dit Pythagoras en ses carmes dorez, & Orpheus en sacrifier. ses hymnes) c'estassavoir choses justes & raisonnables Les DES ANCIENS ROMAINS. 271 Les autres Dieu ne les escoutoit point, comme ils disent. Apres la confession le prestre, ou la crie publicque, qui precedoit les choses sacrées, disoit semblables parolles, Hoc age, pour inciter le peuple à silence, & pour estre intentif aux mysteres divins : & avecques une verge qu'il portoit, faisoit faire place, & taire les assistents. Car aux Aux saoifices des sacrifices des Dieux devant toutes choses, lon usoit de pieux taciturnité & fidelle silence : comme tesmoigne Vergile soubs ces mots, Romains de silence. Hinc fida silentia sacris. Pource qu'il est manifeste, que tous biens viennent & Tous biens viennent de consistent de silence & taciturnité. Le prebstre comsilence. mandoit favere sacris ou favere linguis. Et proprement qu'en ce favere, comme dit Festus. est bona fari. Et de ces mots La- que favetins j'ay voulu user, pour ne sortir point hors des termes le noz sacrifices. Toutesfois les anciens Poëtes userent de ce mot favere, pour monstrer le silence, qu'il faloit garder pour devêment achever les sacrifices. Quand le prebstre venoit à l'autel pour sacrifier, il estoit cotonné d'herbes nommées verbenes : pource qu'elles estoyent estimées & tenues heureuses en tous les satrifices : & si estoit necessairement requis, qulles fussent tirées & arrachées d'un lieu sacré. Et combien que nous avons nommé abusivement toutes herbes & branches sacrées, verbenes, comme sont le laure, l'olive, & le myrthe: toutesfois Menander dit que c'estoit le myrthe. Et de ces terbenes usoyent les prebstres en leurs purifications, comme pour sa puret, du pentaphillon (que nous appelons Quintefueille) & des rameaux de l'olive, lesquels diyent estre les Anciens de si grande netteté & pureté, que flixerent les Anciens i une femme impudique venoit à la planter, elle demeusoit sans porter fruict, ou bien l'arbre venoit à seicher. lire. FIGV. DE LA RELIGION 272 FIGVRE DE L'AVTEL ACcouſtré tout autour de fueillages, comme il eſ à l'antique marbre. Et combien que la couſtume eſtoit de decorer l'autel A chascun Dieu estoit desdictes branches & fueilles, si est ce que à chascun Dieu estoit dedic particulierement son herbe ou son arconsacred son herbe bre, pour la decoration de son autel : comme à Jupiter et arbre. d'esculus, qui est une espece de chesne: du laure à Apollo Esculus l'olive estoit à Minerve, & à Venus le myrthe, pource que c'est un arbre odorifere, & que Venus se delecte des bons Venus se nes senteurs. Le pin servoit au Dieu Pan: & aux Dieux delecte des Inferes, le cyprez, arbre qui ne rejette jamais, quand il hennes sen teurs. est couppé, comme de l'homme mort lon n'espere Le cyprez mais rien: & pour ceste cause il estoit mis en la tutelle de ne rejette jamais. Dieux Inferes. Le liairre estoit à Bacchus, le peuple à quand il es Hercules, comme lon a peu veoir par leurs medailles couppe Et comme chascun Dieu avoit son arbre ou herbe conLe liairre dedie à sacré particulierement, tout ainsi ils avoyent diverses & diffe Bacchus. DES ANCIENS ROMAINS. 273 differentes victimes. Le bouc estoit immolé à Bacchus, Animaux immeld pource qu'il est nuysant aux vignes, & mange les raiaux Disius. A Ceres estoit mactée la truye, pource qu'elle gaGXUDeste les blez: le chien & la biche à Dianne : le cheval à Nepeßes. tune, qui fut le premier qui trouva le moyen de dompter & de bien picquer un cheval : à Faunus, la cheure : les taureau à Jupiter: le coq à Aesculapius: l'oye à Isis, & plusieurs autres, qui seroit chose trop prolixe à mettre par escript. Le Flamine ou le prebstre qui faisoit le sacrfice, estoit vestu d'une robe de toile de lin pure & blanche, que les Latins ont nommé Alba vestis, & le Lube laimd. vulgaire une aulbe : pource que la couleur blanche e$t 2. gratieuse à Dieu : & se disoit pure & religieuse la robe, Romaux celle qui e$toit $ans macule & $ans $igure, & de laquelle ceux qui debuoyent faire le divin service, u$oyent aux jours des festes solennelles : pource que le lin fort de la terre : & toutes choses que la terre porte, sont estimées Ce que la terra fonte tures & mundes. Encores aviourdhuy noz prebstres à Pellon Pompe de leurs sacrifices sont vestuz de linge blanc. for Gnet. Telle couffume lon diroit avoir esté translatée des Aegyptiens sacerdotes, qui avoyent leurs habits de lin tresggreables, & de l'eſpece du lin qui eſt appellé xylon : & de la fut nommée la robe xyline, comme Pline le monVle zyli ue der tre au dixneufuiéme liure de l histoire naturelle. Et CiPalstres. cero dit en ses loix, que la couleur blanche est principaPl.ne. lement entre les autres agreable à Dieu : & que les teintes ne debuoyent point estre receuës sinon aux accoutrements militaires, qui servoyent pour les gens de guterre. Et tel habit estoit commun aux prebstres des autres temples, qui estoit si large & si long, que sans estre trou$$é trainoit jusques à terre, si bien nous regardons l'antique sacifice cy dessoubs mis. SACRIMm Tunique des preb sires Re mains. Tue Live Albegalerus du Flamini Diale. DE LA RELIGION SACRIFICE RETIRE DV MARbre antique qui est à Rome. W Les prebstres estoyent encores vestuz d'une tunique paincte, & par dessus la tunique une couverture pecte rale. Ce que monstre Tite Live aux gestes de Numa Põ pilius, quand il dit, que il crea à Jupiter un Flamine Diale perpetuel, & le decora d'une robe insigne de la selle curule. Item il ordonna douze Salies au Dieu Mars, & une tunique paincte, & dessus la tunique une couverture ctorale d'airain (comme ont noz prebstres Chrestiens mais d'or & d'argent, broderies & pierres precieu$es. luy bailla d'avantage un chapeau de laine blanche, nommé Albogalerus, dont usoit le Flamine Diale, c'est à dire le prebstre de Jupiter. Et pource que les Flamine ne le povuoyent 274 DES ANCIENS ROMAINS. 275 pouvoyent porter au temps des chaleurs, ils se lierent la teste d'un filet : car il ne leur estoit permis d'aler la teste nue. Toutesfois aux jours des festes il leur estoit necesfaire de prendere leur chapeau, pour monstrer la dignité le d peau mende leur sacerdoce. stroſt la diOultre toutes ces choses les prebstres avoyent la teste gnité du sacerdoce. rase, à la maniere des Aegyptiens. Ce que nous enseignez Fline. Pline, & devant Pline Herodote, qui escript, que les Herodote. prebstres portoyent leurs cheveux ailleurs, mais en Aegypte, non. Et Commodus Antoninus se feit raire, pour porter (comme dit Lampridius) le simulacre d'Anubis, Iamprisuyvant telle coustume Isiaque. Lon diroit que lon a defendu à nox prebstres de nourrir leurs cheveux, combien que les escripuains eccle$ia$tiques l'interpretent autrement, & principalement S. Hieroſme, qui dit, que la S. Hieroſraſeure de teſte eſt la depoſition de toutes choſes tempeQue signi relles : & que par la coronne que portent les sacerdotes, $ulioronne que eſt deſignée la coronne du Royaume celeſte. portent les Pour suyvre la cerimonie de noz sacrifices, quand Prestier. ce venoit à sacrifier, le sacerdote portoit la main jusques sa bouche, & se tournoit comme font noz prebstres en nostre religion. Et sunt vertigines in sacris à Numa insti- Institution de Numa. tutæ. Les joveurs de flu$tes & les citharedes $toyent receus aux $acrifices, qui chantoyent hymnes & peanes, Hynnes clansés aux pour garder que les assistant ne feissent autre chose surfice. que d'estre attentifs au sacrifice. J'ay observé que les fluDe quelle tes desquelles ils usoyent es choses sacrées, estoyent de matiere esteyent les bovis : & celles qui servoyent pour les jeux, estoyent d'arfrétes des gent. Si l'hostie estoit grande, elle marchoit pour estre sacrifices. mmolée, avecques le front & les cornes dorées, enrichie Ornwent de petits chappelets, & patenotres dorez, qui luy pendes Pich loyent des cornes deça & dela, accompaignée des ViMm 2 DE LA RELIGION 276 Victimai-ctimaires, qui souventesfois estoyent à demy vestus des peaux des bestes, qu'ils avoyent immolées. Ce que nous res à demy vestus. a monstré Ovide, quand il a dit, Ovide. Indutáque cornibus auro Victima Et Virg. clerement l'a donné à entendre soubs tels mots, Virgile. Et statuam ante aras aurata fronte juvencum Et Pline au trentetroisiéme liure de l'histoire naturelle Plina. recite, que lon ne penſa autre choſe aux ſacrifices pour faire honneur aux Dieux immortels, que d'immoler le grandes hosties avec les cornes dorées. Et de cecy l'histoire presente nous rend certains, & de ce que nous avons escript cy dessus. FIGURE RETIREE DI marbre antique qui ſe treuve à Rome. 2 DES ANCIENS ROMAINS. 277 Si la victime petite debuoit estre immolée, elle estoit Imnola tion des coronnée du rameau de l'arbre, qui estoit dedié au Dieu, etiles viauquel se faisoit le sacrifice: ou bien elle estoit accoustrée dines. d'une infule de laine, de laquelle pendoyent deux liens, al.ic. qui sont nommez en Grec ταινίαι, & vittae en Latin. Et er tel ornement demeuroit la victime devant l'autel, sans estre lise: chose qu'estoit ordinairement observée (comme dit Pline) de ceux qui faisoyent les sacrifices : toutes- Plin fois il fault entendre, que c'estoit la coustume, ce pendant que lon fai$oit le $acrifice : car au paravant les victimes e$toyent liées, cõme nous mon$tre Juvenal en di$ant, Jurenal Sed procul extenſum petulans quatit hoſtia ſunem. Et si par fortune la victime, quand elle estoit menée à l'autel, eust resisté violentement, & qu'elle eust esté tirée par force jusques là, ou qu'elle eust prins la fuitte, ouqu'elle eust crié, depuis qu'elle avoit esté frappée par le Victimaire, ou qu'elle fust tombée sus un autre coste qu'elle ne debuoit, les Romains penſerent que cela leur Signes de innonçoit un malheureux augure, & que la victime estoit mavnan augure offerte oultre le vouloir des Dieux : & l'hostie qui s'en pour les estoit fuye, estoit mactée la part ou les ministres des sasacrifices l'avoyent arrestée. Et la beste qui demeuroit les le son bon gré, ils estimoyent que c'estoit par le moyen Sacristice de la divine voulonté : & que le $acrifice e$toit acceptable accepta. aux Dieux quand elle se monstroit patiente. Ce que nous ble aus Dieux. isons en Virgile par ces mots, Et ducens cornu ſtabit ſacer hircus ad aram. & comme lon peult veoir par la medaille Grecque d'Hadrian. MEMm 3 Charge de Victimai Aul etc. de Cesar Qualitey requises aux victo mes de Anciens 278 DE LA RELIGION NUMISMA GRAECUM HADRIANI CENEUM eccccccccccccc צצפפן Depuis les Victimaires furent introduits pour apvoiser & domestiquer les bestes, pour obvier aux choſes qui pouvoyent ſurvenir & troubler les ſacrifices. Et delà vint la ſuperſtition des victimes, & d'eſpreuuer ſi la beſte refuſoit d'eſtre tirée juſques à l'autel. ToutesfoiCeſar (comme recite Tranquillus) deſpriſa telle reli gion : & encores que la victime refuſa le ſacrifice, il ne lai$$e pour cela de combattre avecques la bonne fortune. Et comme les hosties debuoyent estre preparées re & entieres, tout ainſi le ſacerdotes qui debuoyent celebrer les $acrifices, $'ils n'e$toyent de me$me qualité, ils n'estoyent point receus à la celebration des choses divines : comme le monstre Pline, parlant de Sergius, septiéme liure de l'histoire naturelle. Il estoit donc requis, que toutes ces beſtes fuſſent entieres & ſaines, ſans estre blei$ées en nul endroit & $ans macule. Et pour ce$le affaire uſerent les Anciens d'une grande diligence, principalement ceux qui offroyent ce beſtes. Les Sacrificules, Ministres & Victimaire, & encores les sacerdotes tresexperts & exercitez en ces affaires, cherchoyent DES ANCIENS ROMAINS. 279 par tout le corps de la victime, depuis l'extremité du pied jusques à la teste : de sorte qu'il estoit impossible, qq vne seule macule fust cachée. Et la raison de toute ceste curiosité n'estoit autre, que pour mettre hors de coulpe υ ετον. ceux, qui les offroyent pour les macter. Les victimes des des Romains. anciens Romains furent la brebis, la truye, le beuf & la cheure : & fut l'opinion des Anciens de prendre les bestes les plus doulces, & les plus privées. Et qu'il soit ainsi, les beufs, les cheures, & les brebis se laissent conduire par chascun. Ce sont bestes qui aydent grandement à la Bestes qui vie humaine : les moutons portent la laine propice pour servent grandement covurir le corps : les beufs labourent la terre, & la prepa- à la vie de rent pour semer le blé, nourrissement tres necessaire pour l'homme. la vie de l'homme. Du poil des cheures faisoyent les Anciens feultres pour la pluye : & les peaux des brebis & moutons estoyent cousues ensemble, pour servir de manteaux aux soldats : & pour ceux encores que la necessité contraignoit de demeurer aux champs soubs le Soleil. Au commencemens du sacrifice, le sacerdote Romain Accoupre ment du tenan son sympule, venoit voilé & coronné de laure, a erdote accompaigné du chore des petits enfans, qui chantoyẽt Romain les lovênges des Dieux, & en leur compaignie les joveurs de flustes & citharistes : car bien peu se faysoyent sans musique leurs cerimonies. Et tout ainsi estoit accoustré le sacerdote Romain, comme la medaille de Longinius Triumuir le represente. LONGI Le sacer dote tenoi l'autre et sacrisiant Les Re mains sa. soyant leurs prieres & atrisi.e. de matin Les Romains fai gēt leur sacrifice. droit à l'o rient. Papby 280 DE LA RELIGION LONGINIUS III. VIR. CARGENTEUS E 0 Le prebſtre qui faiſoit le ſacrifice, tenoit l'autel avecques la main : car s'il n'eust tenu l'are, ils estimoyent que les Dieux n'estoyent point appaisez. Ce que nous a monſtré Vergile au quatriéme des Aeneides soubs ces mots Talibus orantem dictis, arasque tenentem Audiit omnipotens Le prebſtre tourné du coſté d'Orient avecques meditations & ſolennelles prieres prioit les Dieux en grande devotion. Et se faisoyent voulontiers ces prieres de matin, estimants les Anciens que c'estoit le temps le plus idoine pour $acri$ier. Et l'opinion qu'ils avoyent e$toit telle, qu'il leur ſembloit, que les Dieux aſſiſtoyent alors au temple, pour recevoir leurs oraiſons. Par cecy nous congnoissons, que les Romains faisoyent leurs sacrifices & devotions droit à l'Orient, comme nous faison encores aviourdhuy. Ce que Porphyrius a monstré: q veut que les entrées des temples & les statues sovent dreſſées à l'Orient. Et ce je penſe avoir leu dedans l'A chitecture de Vitruve, quand il parle de la situation des temples des Dieux immortels. FIGU. DES ANCIENS ROMAINS. 281 FIGVRE ANTIQVE RE. tirêe de la colonne de Traian. 2 8 0 S Apres la vaporation de l'encens les primices & fruicts L'aperation de lenque les Grecs ont nommez πρωτίματα) estoyent mis sus cens. tutel avant le sacrifice, comme l'antique paincture le nonstre. FIGV. Nn Er einde geram mez de che. Pou geyse restait le sel aree es l'orge Fermess d'amitié repreſemée par le sel 232 DE LA RELIGION FIGVRE DE L'ARE, O estoyent mis les primices & fruicts avant que de sacrifier. Et telle façon de faire estoit augure de la future fertilité des fruicts : & aussi pour rendre graces à la divine bont de ce qu'ils estoyent parvenuz à une plus doulce & gracieuse façon de vivre, que de manger des glands & de lorge, comme lon faisoit anciennement. Les grains de lorge se nommoyent olae, & ulae, quand ils envoyent meslez avecques le sel (Sic m scellam intelligunt Graecies herdes & sale materiam) qui se mangeoyent tous entiers au commencement, avant que l'usaige de mo Idre fuil trouve. Le sel se jettoit par dessus, non pour la naturelle fertilité, ou pour rendre graces aux Dieux de leur nourriture, mais pource que c'estoit le symbole d'amytié. Et aux hostes & amys anciennement lon presentoit le sel devant toutes choses, pour monstrer la fermesse de l'amy tié, & pour donner à congnoistre comme de plusieurs caves DES ANCIENS ROMAINS. 283 eaves fusiles se faict une chose solide: tout ainsi que ceux, qui viennent & s'assemblent de plusieurs & divers lieux, se font d'un mesme cueur & volonté. Le prebstre apres tout cecy, jettoit entre les cornes de la y ctime la mole : en apres versoit du vin. Ce que dit Virgile Virgile a ce propos, Frontique in vergit vina ſacerdos. Explora signifiant par cela, que l'hostie estoit mactée, c'estadire 1. ou de la augmentée, & si servoit pour l'exploration de la victime, & ictime. pour prouver si elle avoit point de poeur : & sans la molesalée ils estimoyent que le sacrifice n'estoit point agreable aux Dieux. Et cela ils estimerent une grande force pour mouvoir & appaiſer la divine bonté. Le prebſtre Preserict prenoit le vin du prefericule, vase ainsi nommé des An-le. tens, qui estoit ordinairement porté par un des minitres succint de leurs sacrifices : duquel la figure se voit Rome, par un antique marbre, ou il est dressé sus in autel. IGURE DU VASE NOMME Prefericule, retiré de l'antiquemarbre. Nn 2 Sympulie Les Ra. mains na sais yent point sa crifice san sett. DE LA RELIGION 234 Il fut observé aux sacrifices des Anciens, que le prebstre devant qu'il vinst à verser le vin sus la teste de la victime, il le liboit, c'estadire il le tastoit tout premier leg rement avecques le sympulle, qui estoit un petit vase, qui se voit ainsi representé par la figure de plusieurs marbres & medailles. SYMPVLLES RETIREZ DVN friſe antique de marbre, qui eſt à Rome. Apres toutes ces choses le sacerdote prenoit du poil entre les cornes de la victime, qu'il jettoit sus le feu, qui esto t'alumé sus l'autel, comme premiere libation. Ce Que Virgile a dit au fixiéme des Æneides. Et ſummas carpens media inter cornua ſetas, Ignibus imponit ſacris. Et la matiere, de laquelle faisoynt les Ministres le feu des ſacrifices ſur les autels, eſtoit de bois ſec. Car ſans feu il n'estoit pas licite de faire aucun sacrifice : comme en nostre religion le service divin ne se faict jamais sans feu, DES ANCIENS ROMAINS. 285 feu : non pour obvier aux tenebres, mais pour monstrer en adorant signe de joye. Et ce lon peut veoir clerement par le Candelabre des Anciens. CANDELABRE DES ANCIENS Romains, tout ainſi figuré, qu'il ſe voit par les marbres antiques. 2 ₤ Il n'estoit point permis de prendre le bois de l'olivier, pois de lu la rier, & de l'escorce du chefne pour faire le feu mauvais les sacrifices : pource que les Anciens disoyent, que tous augure. ces bois estoyent de mauvais augure. Et quand ce venoit mettre le feu sus l'autel, le sacerdote l'alumoit avecques me torche, qui estoit faicte de tede : tant ils observerent Tonhe de acerimonie de leurs sacrifices. Et si estoit requis que le tode prebstre gardast de ne commettre point d'erreur, & de garder l'ordre de leurs cerimonies. Car ce qu'avoit esté Pprouvé de long temps auec grand labeur (comme dit Jamblicus) c'estoit contre raison de le changer, pour cerimonie chose qui survinst. Cela faict, le prebstre portoit le cou-avant que steau Nn3 DE LA RELIGION 236 steau devant l'immolation depuis la teste de la victime de tuér la wiclime. jusques à la queuë: qui est ce que Maro a voulu dire Et tempora ferre Summa notat pecudum. Supposer Le prebstre commandoit en apres au Vict maire de supeles couposer les cousteaux aux victimes. Et de semblables mots steaux, ils usoyent en leurs sacrifices : ausquels les noms de mauvais augure estoyent evitez. Et de telles parolles a usé Virgile, expert en toutes ces cerimonies, quand il a dit, Supponunt alii cultros Et de la est venu que les Anciens disoyent macter, c'est Les Vtit. adire augmenter. Les Victimaires & ministres qui estoyent instruicts, succints, troussez, & en ordre de faimairis & ministres re le sacrifice, frappoyent la victime dessus la teste avecdes sacrs. ces estoyens ques des maillets, qui se treuvent de semblable façon par trouſſez les frises antiques, qui sont à Rome. FIGVRE DES MAILLETS, desquels frappoyent la victime les Anciens. DES ANCIENS ROMAINS. 287 Et sans commandement il n'estoit point permis aux ministres de macter la victime. Et pource que l'habit du ministre au Victimaire e-Habit du ministr. stoit different, j'ay consideré que la figure du sacrifice, au VElle que j'ay faict paindre cy dessoubs, en monstrera la diffe- y aire aif rence, & servira nostre paincture pour oster le doubte, seunt. qui pouvoit sortir entre les amateurs des Antiquitez & des bonnes lettres. FIGURE RETIREE DV marbre antique, qui est à Rome. the 2 Toutesfois il fault entendre, que ceux qui servoyent mysteres antiques des choses sacrées, & qui preceyent les victimes aux grandes mactations de cent beuts Hecaton. Facon de parler des Anciens. DE LA RELIGION 288 beufs (qui estoyent nommées des Grecs Hecatombes) comme Tubicines & Liticines, que nous dirons Trompettes & Clairons, & ceux qui conduisoyent les bestes, & qui servoyent pour porter les vases & bassins aux mysteres de la pompe de leurs sacrifices, estoynt tous coronnez & succints, comme l'antique figure le mon stre. TVBICINES ET LITICINES, qui precedoyent les victimes aux pompes des Sacrisices La victime ſouventesfois eſtoit mactée avecques le cousteau, que le sacerdote commandoit au Victimaire de poulser dedans la gorge de la victime, pour eviter ce mot DES ANCIENS ROMAINS. 285 mot de coupper : comme ils disoyent de macter au lieu de tuer : noms qu'ils estimerent & façon de faire de parler non convenables à leurs cerimonies. Et le cousteau Cou$$ea nostramé nommé Secespita, duquel usèrent les Victimaires, est assuarepresenté cy dessoubs, retiré d'un frise antique, qui se voit tout entier à Rome. COVSTEAV DVQVEL LES Victimaires couppoyent la gorge aux victimes. pres que la victime estoit par terre, les uns aportoyent des pateres, vases ainsi nommez des Anciens, des Anciens, propres pour recevoir le sang de la beste. Et comme la gure antique le represente, qui en monstre la façon, Virgile. tout ainsi comme l'escript Virgile, Tepidumque cruorem iſcipiunt pateris. VICTIO o Palecture du disque. DE LA RELIGION 290 VICTIMAIRES ET MINIstres, qui tuent la victime. Les autres tenoyent des disques, grands plats ou bassins, qui servoyent pour mettre les intestins de la victime, dont la façon se voit telle en plusieurs lieux de l'Italie & de nostre Gaule. FIGU DES ANCIENS ROMAINS. FIGVRE DV DISQVE DES anciens Romains, retiré du marbre antique. the Ces choses ne se faisoyent sans signification : pource de ayants les Anciens sacrifié les beufs, ils faisoyent alors mettre bassins avecques testes de taureaux depouillez de leur chair, accompaignez de festons (que les Grecs ont nommé carpuscules, ou encarpies) aux frises Carpuscude leurs temples sacrez, pour monstrer la pieté de la re- les cinarpies. gion, & la devotion qu'ils avoyent aux cerimonies de leurs sacrifices : comme lon peult veoir par les marbres, qui sont sus la grand porte du cloistre de Sainct Just les Lyon. FIGVOo 2 Testes de taureaux. 292 DE LA RELIGION FIGVRE RETIREE DU marbre antique qui eſt à Lyon. T R S ( E the ② N N Les testes auſſi deſdicts beufs & taureaux eſtoyent inſculpées dans ces friſes, ſans diſques ou feſtons, ayants seulement autour des cornes leurs patenotres, ou chappelet, desquelles elles avoyent esté decorées vivantes, qui pendoyent contre bas : comme nous monstre le marbre antique qui est à Rome, ou sont taillées une partie des enseignes de la religion. TEST DES ANCIENS ROMAINS. 293 TESTE DE TAVREAV DESPouillée de sa chair, mise entre les enseignes de la religion. Et comme les testes des beufs estoyent là mises, pour mou$trer la pieté & religion, qu'ils avoyent à l'endroit de leurs cerimonies & sacrifices : semblablement les testes des moutons, y estoyent painctes & taillées, tout ainsi restes des qu'elles se voyent par le frise antique dessusdict, duquel moutons. J'ay faict retirer la presente figure. TESTE DE MOPTON, MISE ENtre les enſeignes de la religion par les Anciens. Lei Oo 3 DE LA RELIGION 294 Coustume Les ministres des sacrifices escorchoyent la victime, des Re qui avoit esté mactée : & faisoyent mettre souventesfois mans d. la peau parmy les autres en$eignes de la religion : pourdormir su les peaux ce que les Romains se couchoyent dedans les temples, & des ville des dedons dormoyent sus lesdictes peaux, attendants que les Dieux leur donnaſſent reſponce de ce qu'ils demandoyent. Ce les tems le que nous lisons en Virgile, qui dit Pellibus incubuit straus, somnósque petiuit Les Juifs (comme recite Strabo au $eiziéme livre de Coustume des Juifs sa description du monde) avoyent de coustume de veiller & dormir en leurs temples pour eux & pour les autres. Et les Romains pour prendre, en se reposant & en songeant, les responces des Dieux, prenoyent les peaux qui estoyent pendues en leurs temples pour dormir dessus : car les Dieux (comme dit Cicero) parlent avecque ceux qui dorment. PEAV DE LA VICTIME, MISE parmy les autres enſeignes de la religion. N 2 I DES ANCIENS ROMAINS. Et quant aux veilles que faisoyent les Romains, Con-Constantin Cesar. stantin le Grand changea ceste façon de faire, pour les insolences que lon y faisoit, en prieres qui se font de jour : comme recite Eulebius Pamphilus au quatriéme livre qu'il a faict de sa vie. La victime mactée, le Flamine ou le prebstre faisoit Endabat. dresser une table nommée enclabris: & de là est venu, que les vases qui servoyent pour les sacrifices, estoyent nomEndabila. mez enclapria. Et là ils faisoyent mettre la victime toute ouverte, pour chercher diligemment les intestins (qui qu'est ym estoyent le cueur, le poulmon, & le foye) avecques un guale. mellins. cousteau de fer. Et conseilloyent les Dieux s'ils avoyent esté bien contentez & pacifiez. Les Grecs (comme recite Pausanias) apres qu'il avoyent regardé les intestins des aigneaux, des cheureaux, & des veaux, annonçoyent les choses qui debuoyent advenir. Les Aruspices observoyent les flambes de feu, qui se faisoyent des victimes, que lon brusloit. Apres que les sacerdotes avoyent bien regardé les parties interieures de leurs victimes, ils faisoyent diviser les membres des bestes par leurs bouchiers (ainsi je puis nommer les ministres de leurs sacrifices) & puis jettoyent de la farine sus les parties divisées, & mises dedans une corbeille les offroyent à celuy qui voit faict le sacrifice. Et alors estoit l'hostie parfaicte. Le cousteau, duquel estoit demembrée la victime, & duquel uſerent les ſacrificateurs, eſtoit nommedes Lains Dolabra Pontificia. Tite Live a nommé Sera le cousteau, duquel ils couppoyent la gorge à la victime, auSera. trement nommé à secando, Se cespita. Et proprement les Secessitapetits cousteaux, desquels estoyent tuées les petites victimes, estoyent nommez Cultri. Ce que nous pouvons en tendre par Ovide au quinziéme livre de sa Metamor-Ovide. phose, DE LA RELIGION 296 phose, disant ainsi, — Percußúsque sanguine cultros Insicit. Cousleau: Combien qu'il y a d'autres cousteaux, que portent les vedes neurs, nommez des Latins Venatorii cultri. Et de ceuxneurs. Tranquil là a faict mention Tranquillus en la vie de Claudius Cesar, par ces mots, Reperti equestris ordinis duo in publice cum dolone & venatorio cultro. Les Juifs en leurs circonciLes Hesions usoyent de cousteaux de pierre. La façon de cebreux en leurs circõ ste coignée Pontificale est retirée cy dessoubs en la procisions ubre maniere, qu'elle se treuve par les sacrifices des marsoyem de cousteaux bres antiques qui sont à Rome. de pierre COIGNEE PONTIFICALE, ACcompaignée du cousteau, retirez de l'antique. Ceusteaux. Quant au cousteau, duquel le Victimaire demembroit pour demē-la victime, il estoit faict à la vraye semblance de celuy brerla vi- que j'ay faict paindre cy apres retiré de l'antique marctime. bre, comme celuy qui est representé cy dessus. COVS DES ANCIENS ROMAINS. 297 COVSTEAV DVQVEL ESTOIT. demembrée la victime par le Victimaire. La diversité de ces cousteaux me fera mettere la figudes coute de ceux, que portoyent ordinairement pendus à leurs steaux des ceintures les Victimaires, quand ce venoit à sacrifier & $urificanacter les victimes : chose qui tousiours servira pour leurs. donner le plaisir aux lisants de pouvoir entendre la faon, quand ils les verront retirez des frises antiques, qui ont a Rome. COV. 298 DE LA RELIGION COVTEAVX QVE LES VIctimaires portoyent ordinairement pendus à l'eur ceinture. Par les $acrifices qui $e mon$trent en la colonne de Trajan, aysement sera congnu ce qui a mis souventesfois en doubte les gens de sçavoir, qui travaillent pour la congnoissance du $acrifice, que fai$oyent les anciens Romains. SACRI DES ANCIENS ROMAINS. 299 SACRIFICE ANTIQVE REtirè de la colonne de Trajan, qui eſt à Rome. S N Depuis que le prebstre avoit regardé la victime, & qu'il avoit faciet presenter au sacrificateur les meilleurs sièces, il les jettoit sus l'autel, pour les brusler dedans le teu: combien que le plus souvent l'hostie estoit seulement immolée, & la chair demeuroit aux sacerdotes, apres que le sang avoit esté respondu sus les autels: si bien nous Virgile. entendons Virgile, quand il dit, Sanguinis & sacri pateras. Et aux grands sacrifices, nommez des Grecs ὀλουρατόμεῖν, la Holocautomata. victime se jettoit entiere dedans le feu : comme nous lilons en Virgile soubs ces mots, Pp2 DE LA RELIGION 200 Et solida imponunt taurorum viscera flammis. La chair n'estoit pas si tost dedans le feu, que le prebstre jettoit par dessus de l'encens, coste & autres choses odoriferantes, selon le pouvoir du sacrificateur, qu'il prenoit d'un petit coffre thuraire, nommé des Latins AcerraAcerra caffre tu ainsi taillé aux antiques marbres de leurs cerimonies. raire. PETIT COFFRE, OV TENOYENT leur encens les ſacrificateurs. the Je pense que c'estoit pour suffoquer la senteur de chair, qui se roustissoit. Et apres toutes ces choses, prebstre versoit du vin sus les autels : & à l'heure tout estoit parfaict, combien que le sacrifice estoit estimé Sperifice plein plein & parfaict, qui $e fai$oit d'une truye, d'un taureau, pa faict d'un boue, & l'un mouton : encores que les Atheniens le feissent de la truye, du mouton, & du taureau : sacrifice Sacrifict nommé des nommé des Romains, Solitaurilia, qui estoit faict par les Romains Censeurs au terme de cinq ans, pour lustrer la cité de Solitauri. Rome. Et par la paincture du sacrisice cy apres mis, lia. DES ANCIENS ROMAINS. 201 est veu le sacerdote, qui veult sacrifier, acompaigné de son petit ministre des sacrisices, du Sacrificule, & du Victimaire, qui tient son maillet, pour macter les victimes qui sont le taure, le mouton, & la truye. SACRIFICE RETIRE DU marbre antique, nommé des Romains. Selitaurilia. Monsieur 7. M e N nom seul designe Timmolation de diverse espece trois hosties, comme elles sont painctes cy dessus, quelles estoyent toutes entieres & saines : car solum Que veut dire Solum en langue Tusque, ne veult dire autre chose, que tout en langue entier. Ce que monstre Tite Tive, qui nomme les traits Tusque. bliferrez, pource qu'ilz estoyent tous de fer. Tue Live Au demeurant de leurs sacrifices, les prebstres accouyent la cene. Et estoit permis à ceux qui assistoyent La cene. aux PP 3 DF LA RELIGION 302 aux $acrifices d'en manger. Du re$idu des autres membres, selon l'ordonnance de la loy, pouvoit le sacrificateur emporter une portion à ses domestiques & familiers, & en faire part à leurs amys : comme lon fait en nostre religion du pain benist, qui est presenté tous les dimanches en noz eglises. J'ay observé que les Romains mangeoyent tous debout en leurs temples avecques des petits pains ronds, qu'ils servoyent en l'honneur des Paris prins tondefors Dieux : comme lon faict à la cene le jeudi absolu, en la en l'heũcin des Dieux. grand eglise de Lyon. Et ce pendant qu'ils mangeoyent, estoyent chantées les louênges des Dieux. Apres que les my$teres e$toyent achevez, ceux qui avoyent e$té aux ſacrifices, mangeoyent enſemble dedans le temple, & faisoyent cuire leur chair dedans un vase nommé Olla, olla, qui est retiré de l'antique en telle façon. OLLE, VASE OV FAISOYENT cuire leur chair les ſacriſicateurs J'ay DES ANCIENS ROMAINS. 303 J'ay encores observé par la sculpture d'un marbre, qui M se voit pour ce jour sus la porte du grand temple de Beau à testà Jeu, ce que j'ay escript cy dessus. C'est qu'apres que la victime avoit esté mactée & presentée à l'autel, le Victimaire la chargeoit sur ses espaules, & l'emportoit pour l'aler mettre en pieces, & la faire cuire : comme lon voit par le jeune Victimaire, qui porte le pot & le cuilier, & par le $acrificule, qui porte un pauier de la main droitte, ou estoit la mole salée. FIGURE DV MARBRE ANTIque qui ſe voit ſur la porte de l'egliſe de BeauIeu en Beauiolis. DE LA RELIGION 204 La raiſon qui faiſoit manger les Anciens enſemble, Raison q saiscit mâ n'estoit point pour se remplier de viandes : car là ils tades ensem. stoyent la chair legerement, plustost qu'ils ne la manble dedans geoyent mais c'estoit puor entretenir l'amytiéavecques les temples telle façon de viure, qu'estoit remplie de bons enseignemens, qu'ils rapportoyent en leurs maisons, plus envieux de la vertu. En apres ils offroyent de leurs biens, comme gens de pieté, selon que leur pouvoir & faculté le portoit. Et telles offertes estoyent distribuées à ceux qui Offertes des enciens estoyent en necessité: que pleust à Dieu, que telle coustuKwacom me fust retournée à nostre usage. Et en mangeant lon d’un es chantoit hymnes & cantiques accommodez aux louet expall u. e. ênges divines, qui estoyent, c'estassavoir à Dianne, un hymne, qui se nommoit hyppingos: à Apollo, pean, vel Hymner C hyporcheme, qui se chantoit principalement pour faire deroute cesser la force de la peste. L'hymne d'Apollo & de Diatrouvées ne se nommoit prosodia: a Ceres îulus, pour le forment. ... 1 rijrs Les hymnes Veneriens estoyent appellez erotiques, comme si tu disois amatoires, & pleins d'amour: à Dionysius, dithyrambus, hymne obscur & entremesse. Les yurongnes avoyent leurs hymnes à part, duquel Aristophane a parlé in Pauis, qui se disoit : pource que les Lan rei the Grecs nomment la tremeur & tremblement de Londres la te$te qui vient du vin, & comme$$ation ou banquet, n'exces ou bien (si tu veux) festin plein d'intemperance & yuronG.O.H.C.R. falecom gneric. Quand les choſes divines eſtoyent faictes, & les cerimonies achevées, le prebstre disoit les derniers mots. Ce Virgile. que monstre Virgile, quand il dit, Dixitque novissima verba. C'estadire, Ilicet pour mõstrer qu'il estoit temps de s'en Fin du sa aler: comme noz prebstres disent à la fin du service divin, cristice Ite, DES ANCIENS ROMAINS. 305 Ite, mi$$a e$t. Et ce mot donnoit à entendre à ceux qui avoyent e$té au $acrifice, qu'il e$toit temps de $e retirer. Tous ces $acri$ices $e fai$oyent en leurs temples & ba$iliques, que les nostres pour l'usage de nostre religion ont usurpé. Et la raison, que du commencement les Princes avoyent de coustume d'estre assemblez en ces basiliques. Et devant le siege, qui estoit ordonné pour le Prince, ou Chores dedmsles pour celuy qui rendoit la justice, estoit mis un autel avecbasiliques. ques grande dignité, & autour de l'autel le chore tre$ Portiques beau. Le demeurant de la basilique, comme les ambulaEgale. tions, portiques, & galeries, estoyent ordonnées pour donner lieu commode au peuple pour $e pourmener, at tendant que le sacrifice se feroit. Et certaniement il n'est rien, en quoy il soit necessaire de mettre plus de diligence, d'e$prit, d'indu$trie, & de cure, qu'à bien edifier noz temples, & de les decorer de cho$es triomphantes & magnifiques : pource que le temple qui est bien servi & bien Le temple biense viorné, apporte grand decoration à la cité, ou il est. Et si opporte nous fai$ons palaiz, & grands edifices pour no$tre degrand de neurance, que debuons nous faire à Dieu Immortel, coration à la cite ou il que nous appellons à nostre sacrifice & à noz prieres. Et trouvera chose bien dvisante pour decoration de la pieté, d'avoir temples qui delectent nostre couraige, & nous detiennent avecques leur grace & admiration. et en cela les Anciens asseuroyent que la pieté estoit honorée, quand nous frequentions noz temples, & faisions $toit anciennement sacrifices aux Dieux. Ce que nous ont monstré par leurs honores & medailles Cesar Auguste, Vespasian, Nerva, Marc Aupiete de la tele, tous bons Empereurs, dediez à la religion, ou lon religion. peut veoir les enseignes d'une gracieuse volonté, & la pieté par les vai$$eaux, & autres cho$es que nous atous veu par figure, qui sont asses congnues par la declaration Q 9 Relition des Egy piens. ISIS. DE LA RELIGION 306 ration que j'en ay faict cy dessus, ou nous avons veu quelle estoit la religion des anciens Romains. MAURELIUS ANTONINUS PIUS ARGENTEUS ARGENTEUS. E O to ##### פפפפן Maintenant il demeure à eſcrire de celle des Fg ens, qui furent les premiers qui leverent les yeux au ciel, con$iderants le mouvement, l'ordre & la qualité des choſes celeſtes : & qui penſerent que le Soleil & la Lune fuſsent Dieux, donnants au Soleille nom d'Osyris, & à la Lune d'Iſis, qui fut encores adorée comme Deeſſe des Romains : ce que monstre la medaille cy dessoubs mise, ou eſt repreſenté par le revers un Cynocephale, duq j'ay eſcript ailleurs aſſes amplement. NUMISMA CIRGENTEUM OCCCCO ⛪ DES ANCIENS ROMAINS. 307 Et entre les autres ſacrifices Commode l'Empereur (comme dit Spartian) honora ceux de la Deesse, laquelmere de. le e$t repre$entée dedans $a medaille, tenant une ſphere arts. la main, comme mere des arts, une amphore pleine l'espis de blé, qui môstre la fertilité du païs de l'Egypte, COMMODUS CAESAR ANFUS. La coustume des Egyptiens d'adorer leurs Dieux fut Coustume premierement pure & chaste, sans entremesler cruaul- des Foptiens d'a é: pource qu'en ce temps-là (comme depuis) le $ang des docer leurs bestes n'estoit pas repanda en leurs sacrifices, mais offroyent les fruicts de la terre, de$quels ils mangoyent. que firent encores les Romains, qui les presentoyent sus leurs autels, comme j'en ay monstré la figure cy desEt avecques les racines & fueilles qu'ils brusloyent ensemble, gardants les fruicts qui estoyent presentez à utel, ils litoyent & appaisoyent les Dieux celestes de fumée & exhalation. SAQq DE LA RELIGION 308 SACRIFICE RETIRE DV marbre antique, qui ſe voit à Rome encores aviordhuy. En ce temps là (comme dit Porphyrius) l'encens, la Porphy myrrhe, la ca$$e, le $oulphre, & le $affran n'estoyent [ rius. en u$aige, mais l herbe verte, qui mon$troit la pui$$ance de la terre : & telle litation, qui proprement ſe faiſoit de Litation herbes, fut nommée des Grecs θύσια. Depuis la coustume nominee. Thysia. vint d'appaiſer les Dieux avecques les beſtes : & les premiers qui les tuerent, furent Hyperbius & Promotheus, Hyperbius & de là vint la $uper$tition des victimes, & les loix dou & Promo theus pre nées à ceux qui faiſoyent les ſacrifices : C'eſtaſſavoir d'e miers sa crificateurs prouver la beste, si elle estoit entiere & saine, & si elle refusoit d'estre tirée jusques à l'autel. Ils elisoyent les taudes bestes reaux en leur preſentant la farine, & les cheures avecques des ciches : car si ces bestes eussent refusé à mang- DES ANCIENS ROMAINS. 309 ces viandes, les Anciens concevoyent de là, qu'elles n'estoyent pas entieres & saines. Apres survint une façon de faire, qui estoit l'oblation de la myrrhe & du saffran, & depuis ils firent une bouchierie de leurs sacrifices. Les autres cerimonies des Aegyptiens estoyen de saes des Aeluer les Dieux de matin, que les Anciens nommerent aOptiens. dorations. Ce que monstre Vitruve au quatriéme liure Vitruve. de son Architecture, quand il commande, que les temples & edifices des Dieux soyent ordonnez de telle façon. Sils $ont pres des rues publicques, que les pa$$âts les pui$sent regarder, & devant faire salutations, c'est à dire adorations. Ce divin service, qu'ils faisoyent de matin, ont yvi ceux de nostre religion Chrestiēne, qui disent l'of fice de matines, & gardent encores ce que les Aegyptiens Heure prefaisoyent, l'heure premiere, seconde, & tierce, que nous miere seconde & avons nômées prime, tierce & ſexte: leſquelles ils avoyent uerte. gitimes pour leurs cerimonies & sacrifices: & là ils chantoyent hymnes & lovënges, qu'ils avoyent en leurs livres Liures rirituels, qui estoyent faicts de chartes hieratiques, c'est à tuels faists de papier dire sacrées, qui estoyent dediées seulement (comme dit sacre. Pline) aux volumes religieux : & là ils escripuoyent par gures & caracteres des bestes, des oyseaux, & autres choses servants aux secrets de leurs cerimonies, que Tacitus, Macrobius, & Marcellinus disent estre nommées Hieroglyphes : dont estoyent insculpez les obelisques, Lettres Hierogh quels Pline au liure trentesixi (me de l'histoire natuples des telle escript ainsi: Les sculptures & effigies, que nous voAegyptions, sont lettres des Aegyptiens. Et telle lecture de leurs ens. ettres & de leurs liures estoit impenetrable, & sans chenin, ormis à ceux, qui estoyent de leur religion, & de leur colliege : & ceux là en avoyent la congnoissance, & non autres. Et quand Orpheus (ainsi que dit Julius Firmicus) Orpheus ou29 Dessense de ne pubhr point les secrets de la religion. Dignitez des Ronain sa cendotales. Callinges. Saullites DE LA RELIGION 310 ouuroit aux hommes eſtrangers la cerimonie des ſacrifices, il ne demandoit autre cho$e à ceux, qu'il recevoit en cest ordre sus le premier portal du temple, que la neceſſité de jurer : & avecques une certaine & terrible autorité de la religion, il leur faiſoit promettre de ne decouurir point les ſecrets de la religion aux prophanes, c'est à dire à ceux, qui n'estoyent point initiez, & de leur ordre : pource que toutes ces cho$es $ouffrent une grand perte, quand elles $ont mi$es dedans les cueurs de gens perdus & de$e$perez : mais bien fault qu'elles $oyent receuës entre gens qui soyent separez de tous vices c'e$ta$savoir entiers, pudiques, sobres, & modestes. Et quand premierement les $acerdotes des Aegyptiens venoyent à prendre leurs ordres des choses sacrées, la coustume estoit de leur donner des presents, & ils faisoyent un fe stin à ceux, qui avoyent assisté à leur receſſion. Puis le premier prebstre (que nous pourrions nommer en noſtre religion l, Eueſque) les enſeignoit, & leur bailloit un liure qui estoit en role, comme sont ceux des Hebreux encores aviourdhuy. Les Romains eurent autre façon de faire leurs dignitez sacerdotales, comme le grand Pontife, les petits Poutifes, Flamines, Archillammes, & Protollammes: tout ainsi que nous avons le Pape, les Cardinaulx, Eve$ques, Archevesques & Patriarches: collieges, comme sont chanoines, & $atellites, comme $ont les Chevaliers de Sainct Jean de Jerusalem. Et à tous ceux-là obeissoyent les Anciens par grande reverence & honneur, observants par grand cure leur religion. Ce que nous monstre la tres noble sentence de Cicero, De Aruspicum responsis, ou il dit, Que les Romains, encores qu'ils ne fussent de nombre esgaulx aux Espaignols, de force aux Gaulois, d'astu- DES ANCIENS ROMAINS. 311 ce & cautelle aux Africans, & de science & discipline aux Grecs, & d'esprit aux Latins, que de pieté & religiō, & avecques la seule saigesse (par laquelle ils avoyent regardé, que toutes choses estoyent regies & gouvernées par l'ayde des Dieux Immortels) ils avoyent vaincu toute maniere de gens & estrangeres nations. Et depuis le plus petit jusques au plus grand, les An. Les Anciens avojet du ciens eurent plusieurs benefices, qu'ils tenoyent avec b. nefues. ques la dispense du grand Pontife. Ce que tesmoine Tranquillus en la vie de Claudius Cesar, & Tite Live Tranquilau trentiéme dit, que le fils de Pabius Maximus avoit deux sacerdoces, quand il fut crée l'outife. Et de ces benefices le revenu estoit tel & si grand, que de ceux-là non seulement ils entretenoyent leurs familles, mais estoit le moyen de venir à la pompe de leurs triomphes. Prebstes Et nourrissoyent les prebstres leurs femmes & enfans des Rode leurs benefices, comme de leur patrimoine & revemaint. au: & s'ils tenoyent des offices publicques, & suyvoyent agendarmerie, & exerçoient la marchandise, tout ainsi que la fortune le donnoit. Et furent ces sacerdoces semblables à ceux, que nous autres Chrestiens nommons, par un nom plus propre, benefices. Et de ces sacerdoces, comme des benefices, il s'en trouvoit deux especes, les uns qui estoyent à la collation des Pontifes, de Republicque, & des Princes. L'autre, dont les fruicts, a rente & la charge demeuroit à la maison, & à la fanille, & perpetuels successeurs. Et tels sacerdoces furent Sorerdoces hominez des Anciens gentilicies, que les nostres nom- gentilicies. ment droit de patronage. Et de ceux là parle Cicero De Aruspicum responsis soubs ces motz, Il y a en cest ordre plu$ieurs per$onnes, qui ont faict les $acrifices gentilicies en ce mesme temple. Et si le revenu de tous ces benefices Revenu grand des benefices des anciens Romains. Fondatios royales. Institutions des Gētils Ceremonies translatees des Egyptiens & des Gentils. Fau'se re ligion des Gentily DE LA REL. DES.ANC. ROM. 312 nefices estoit grand, il ne le fault point trouver estrange: car les Romains, quand ils venoyent à construire, fonder temples & religions, ils adjou$toyent fonds & po$$e$sions, gaiges & revenuz, dont la nourriture des prebstres provenoit avecques les oblations. Et faisoyent les Roys & Empereurs fondations semblables à celles, que nous appellons Royales, & dont les prebstres prenoyent le revenu par les mains du Questeur : comme les nostres les prennent du Receveur du domeine. Ce que monstre Tite Live, quand il dit, que Numa institua les Flamines & les vierges Vestales, & ordonna leurs gaiges & revenu du public. Ce que les autres fondateurs (il ne fault point doubter) observerent tousiours depuis. Et si nous regardons curieusement, nous cognoistrons que plusieurs institutions de nostre religion ont esté prises & tranſlatées des cerimonies Aegyptienes, & des Gentils : comme ſont les tuniques & ſurpelis, les coronnes que fout les prebſtres, les inclinations de teſte autour de l'autel, la pompe ſacrificale, la muſique des temples, adorations, prieres & supplications, processions & letanies: & plu$ieurs autres cho$es, que noz preb$tres u$urpent en noz mystères, & referent à un seul Dieu JESUSCHRIST ce que l'ignorance des Gentils, faulse religion & folle superstition representoit à leurs Dieux, & aux hommes mortels apres leurs conſecrations. FIN DE LA RELIGION ET ANTIQUES CERIMONIES DES ROMAINS. INDI INDICE DES MATIERES PR'NCIPALES, DIEUX ET DEESSES CONTENUES EN CE PRESENI OEVURE. ESCULAPIUS. DES FRERES ARA 226 102 VALES APOLLO 186 DES AUGURES. 227 AUGUS. GESAR. 61 DU GRAND PONANTINOUS. 212 241 TIFE. DU FLAMINE DIALE. ACCHUS. 132 DES AUGUSIA246 LES. CERES. 129 DES SALIES. 238 CONCORDE. DES DEUX, DIX CHASTETE 108 ET QUINZECLEMENCE. HOMMES. 240 ONGIAIRE. 138 DES SEPT-HOM. ON SECRATION MES EPULO. NES. DES SACERDOTES DIANE. DE SYBELE. 249 DES SACERDOTES 114 DES ANCIENS Equite 126 ROMAINS. 226 ETERNITE. ESPERr ESPERANCE. 29 MINERVE. MONNOYE. FORTUNE. 199 NEPTUNE. FOY. NOBLESSE. FELICITE. 110.15. ORIENT FECONDITE. 158 PAIX. 148 GENIUS. PIETE. HERCULES. 178 PROVIDENCE. HERCULES RO181 MAIN. ROME. HONNEUR ROMULUS. JUPITER. SYBELE. 45.156 UNO. SANTE. JANUS SOLEIL. 306 ISIS 164 ITALIE TERRE. 112 USTICE VENUS. LARES. VESTA. LIBERTE. VERTU. LIBERALITE. TICTOIRE. VOEUX DES 203 MARS. 152 MAINS. MERCURE. FINIS. 47.93 114 19: 9.131 161 160 207 214 166 RO TA ABLE DES CHOSES MEMORABLES, QUI SE TREVVENT EN CE PRESENT OEVVRE. 150 Brutus apparut ſen mauvar eſſrit. Abstinance de Numa Pompilius & de Julian l'Empereur, quand ils vouloyent ſacrifier 268 aux Dicux. cierra, petit coffre en tenoyent leur encens les sacerdo121. 217. 300 Acouſtrement des Salies, ſacerdotes du Dieu Mars. Accuſtrement des vierges l'eſtales. Acouſtrement du Flamine Diale. 273. 279. Acouſtrement du prebſtre qui ſaiſoit le ſacrifice. 261 Adoratiens des Gentilz. giuchus, furram de Jupiter. te, mere des arts & l'ennes disciplines. sculape, Dieu de la santé. gate antique gravée d'un Neptun. Aigle conſacrée à Jupiter. Sigle qui emportoit aux cieux l'ame des Empereurs à leur cenſecration. 273 Alba vestis. Albogalerus, chappeau du Flamine Alciat Jurisconsulte renommé, grand amateur de l'Antiqui248 AlexRr 2 Alexander Severus fils de Mammea. Alexander Severus tenoit en son laraire l'imaige de JESUS CHRIST. Alpha &a, commencement & la fin, n'est autre chose que le Createur. Amatiste antique gravée du triomphe de la Iudée. Ambassade de Symmachus à Theodoſtan l'Empereur touchant les vierges Vestales. Amoindrir par faulfeté le pris de l'argent est chose, fort dete stable. Ance, ville en Lyonnois. Animaux immolez aux Dieux & Deesses. Animaux, qui ſervent grandement à la vie de l'homme. Animaux, qui ſont en la tutelle de Dianne. Anoblißement du soldat Romain, qui avoit faict acte de veAntinois eſtoit de Bithynie. Antuous, homme heroique. Antonio Fantussi painctre de nostre temps excellent. Antonin Pie feit dreßer un temple à son predecesseur Ha drian. Antonin Pie reſtituteur du temple d'Auguſte. Apelles painctre renommé entre ceux de la Grece Apollo conservateur. Apollo Dieu des Cithariſtes. Arbres conſacrez aux Dieux & Deeſſes. Arc triompha! de Tite Vespasian dressé à Rome par le Senat en son honneur. Arche couverte de lames d'or au temple de Salomon 111.2 Archeſilaus ſtatuaire excellent. Archigallus principal des ſacerdotes de Sybele. Aspergile des anciens Remains. Aug. Auguratoire des Anciens. 229 guſte Ceſar edifia le temple de Mars Vlteur au Capito1c. 206 Auguste Ceſar feit faire l'autel de Paix à Rome. guſte Ceſar receu au nombre des Dieux. Autels dressez pour l'eternité d'Auguste Cesar. Aux vierges Veſtales eſtoit deffendu de nourrir leur poil. 220• Bacchanales repreſentées aux medailles de Nero & d'Antonin 136 Bacchantes, Bacches, ou Mimalonides, $acerdotes de Bacchus. aſſins & teſtes de taureaux pourquoy mis par les Anciens aux friſes de leurs temples. Belliſſime reſponce du Philoſophe Anacharſis à un homme qui y reprochoit qu'il eſtoit Barbare. Bellona deeße de la guerre. Benestires des Anciens, tant Hebreux que Romains. 267 Bibliotheque au temple d Hadrian commun à tous les Dieux. 7 Bibliotheque belli$$ime au temple d'Augu$te en Alexandrie. 61 Bois de la tede agreable aux $acrifices. 263 Bois de la vigne fort durable. 224 Bois de mauvais augure pour le feu des ſacrifices. 285 Bons & mavu's Anges, ou Esperitz. Bottines de Diana nommées. Endromides Cachet de Nero l'Empereur. 12.16.153 Caducée ſymbole de paix. 153 Caducée verge de Mercure entortillée de deux serpens. nige pullaire des Anciens. Caius Rr.3 Cajus Memmius premier des Romains qui celebra les Cerea129 les. Candelabre qui eſtoit au temple de Salomon. 285 Candelabre des anciens Romains. Cassidoine antique gravée d'un Jupiter assis en son throsne. 53 Caſſidoine, pierre conſacrée à Jupiter Fuſgurateur. Celebration de la feſte de Diana en Epheſe. Cene des prebſtres Romains. Ce que doibt avoir l'homme noble. Ce qu'il fault laisser pour venir à la beatitude. Ce que la terre porte est estimé pur & net. Ceres ennemye mortelle de la guerre. Cerimontes des Romains aux consecrations de leurs Enreurs. Cerimonies des Romains en leurs sacrifices. Cerimonies des sacerdotes avant que la victime fust mactée 284 143 Changement d'estat faict perdre la nobleſſe. Chappeau de Mercure nommé Galerus, & Petafus. Chappeau du Flamine. Chappear du grand Pontife. Char de Bacchus tiré par deux Tigres ou deux Onces. Char de Ceres tiré par deux serpens Char de Juno tiré par des paons. Char de Neptune tiré par chevaux. Cher de Sybele mené par deux lions. Char de Venus tiré par des cygnes. Char de Venus conduit par deux Cupido. Charge des Maiſtres des monnoyes des anciens Romains. Charge des Quinze-hommes. Charge des ſacerdotes Romains. Charge des Sept-hommes Epidones. Chaigh 278 Charge des Victimaires. 241 Charge du grand Pontife. Chastete des Hierophantes, sacerdotes des Atheniens. Cheure de la Nymphe Amalthea, nourrisse de Jupiter. Chein de bronze, faict par un merveilleux artifice. Chiffre de CIRIST painct aux medailles des Empereurs. 171 305 Chores dedans les baſiliques des Anciens. Chose bien difficile que d'oster un peuple de sa loy. 174 Clave & peau du lion pourquoy donnes à Hercules. Claudius l'Empereur monstre encommence & non achevé de nature. 227 Cicero fut de l'ordre des Augures. Coignée Pôtificale, de laquelle estoit demembrée la victime. 295 Colasses feit le colosse de Rhodes. Colliege des Salies. 246 Collige des ſacerdotes Auguſtales à Lyon. Colonnes dressées à Rome à l'honneur de Trajan & d'Antonin Pie par le Scnat. 182 Colonie Commodiene. 194 Colosse de Rhodes. Combat d'Apollo & de Marsias. 184 Comme Hercules eſtoit painct des Gaulois. Comme Jupiter fut painct des Anciens. Comme les Anciens ordonnerent les temples de leurs Dieux. Commeles femmes Romains estoyent purgées par les sacerdotes de Juno. 209 Comme les Pheniciens ſacrifierent à la Deeſſe Venus. Comme paignirent les Lacedemoniens le simulacre de Mars. 191 Comme paignirent les Rhodiens l'effigie d'Apollo. Comme se faisoyent les pains, que les Latins ont nommé panes 246 Picentes. Comino- Commode l'Empereur acheptoit la foy de ſes ſoldats à denier. contans. 182 Commode l'Emp. dict Hercules Romain. Commode l'Emp. en accouſtrement d'Hercules. Commode l'Emp. faiſoit porter devant luy la maßue & peau d'Hercules. Commode repudia le ſurnom de ſa maiſon. Commode ſacrifia à la mere des Dieux, ayant eſchappe la 249 mort Concorde fort estimée entre les Empereurs Romains & leurs gendarmes. Confeſſion des pechez gardée & uſitée des ſacerdotes Romains. Conflagration du temple de Paix à Rome. 215 Conflagration du temple de Vesta. 137.25 Congiaire, liberalité faicte au peuple. 69.73 Conſecration des Empereurs Romains. Consecration des Pontifes. Conſecration du cierge de Paſques. Conſpiration de Maternus contre Commode l'Empereur. Constantin le Grand adora JESVSCHRIST, & luy feit temples magnifiques Consualia, festes de Neptune. Coronnes de laurier pendues $ur le portal des mai$ons des En 188 pereurs. Coronnes triomphales, civiques, murales & autres enſcip de vertu. Cornes de cerfs eſtachées aux temples de Dianes Corniol antique gravé d'un Aeſculapius. Corniol antique gravé d'une Fortune. Corniol autique gravé d'un Mercure assis sus un Cancre de mer. Cornio Corniol antique grave d'un Mercure tout troit. Corniol antique grave d'un Neptune. Corniol antique insculpé d'un Satyre, qui meine un bouc à l'autel. Couleur blanche agreable à Dieu. 273 Cousteau des Anciens duquel ils demembroyent les victemes. Cousteaux que les Victimaires portoyent pendus à leur ceintur. Coustume des Aegyptiens d'adorer leurs Dieux. Coustume des Anciens aux funerailles. 143 vistume des Juifs de veiller en leurs temples. 294 Couſtume des Romains de dormir ſur les peaux des victimes dedans leurs temples. 294 iſtume retenue des Anciens à la feſte Dieu 250 Converture du temple de Pantheon, d'argent. Cultri, petits cousteaux desquels estoyent tuées les petites victimes. ultri venatorii. 296 Danſe des Bacchantes repreſentée par les medailles. 234 unſe des poulets, nommée tripudium. D'anſe d'une meſure appellée Pyrrique. Deeſſe de nature. 310 fense d'Orpheus de ne publier les secrets de la religion. 109 finition de Chaflete. 112 finition de Justice. 109 finition de Liberté. 143 finition de Noblesse selon Scevola. finition de Noblesse selon Aristote. eſinition de Pieté. Defi Desinition de Providence. De la concorde des Princes provient le ſalut du peuple. De quelle matiere firent premierement les Anciens les simulacres 19.224 des Droux Déscription de la Rome paincte aux medailles de Fef 162 sean. Dispense de trois cens talents d'or pour la façon du coloffe de Rables. Despence du temple de Jupiter Capitolin à Rome. Devise de la providence. Devise de la velacité a ceux aignée de la terdité D v aien de lays IIII. Empereur à l'endroit de la rel Christienne Deux especes de heneſices des ſacerdotes Romains. Deux henus selon Plato. Diane avoit la charge des enſans apres qu'ils eſtoyent ne Diane confernatrice adorée en Sicile. Diane Deesse de la veneire. Diane & la Lune eſtoyent une meſme choſſe Diane nommée des Anciens Cervicide Diane dicte Taurobolos. Diane pourquoy nommée Tauropola. Diane l'aurique. Diane triforme Dianc Venatrice. Dict d'Epicure Dieu eſt appaiſé par l'oraiſon Dieux des anciens Rom. meritent plu$tast d'e$tre af 121. 226. 2 Domines. Dieu: & Dee Jes representez par leurs animaulx. Difference entre le noble & genereux D difference qui eſt entre la definition de Nobleſſe d'Ariſtote, & celle de Scevola. Dignité des Decurions. Dignité du grand Pontiſe. Dignitez ſacerdotales des anciens Romains. Dignitez ſacerdotales en la religion des Romains differenDinocrates Architecte renommé. Syne des Anciens ssention entre Nebtune & Pallas. Diversité de noms de Drane. Diversité des cousteaux des sacrificateurs. Dolabra Pontificia. Domitian l'Emp. feit dresser un temple à la Deesse Santé. 107 Denatis, liberalité faide aux gendarmes. Donatiſs ſignez par un jugeſte qui ſe trouve faict par les medailles en forme d'un dé. Doreure Preuestinc. 202 Droit public & privé. 113 Da temps des Romains il n'eſtoit point permis de jurer par le Gewe da Prince. 240 Daunvirs instituez par Tarquinius Superbus. Euve beniſte des Anciens. 265 ve de Mercure. adìct de C. Aunius Fannius à Rome. 238 Election des Salies. 241 Elector i du grand Pontife. deemyyna, mot qui se trouve unique entre les liures des Gen270 295 udabris, table servant aux sacrifices. EnclaSs 2 295 Enclabria, vases des ſacrifices. 172 En la victoire l'on ne ſent point le labeur. En l'union & concorde demouroit la seureté du peuple de Ro m En quelle recommandation eſtoit l'aumoſne à l'endroit des Romans & des Grecz, Enſeigne du labarum comme portée à la guerre. Enseigne sacrée à JESESCHRIST. 122 Enseignes de la religion des Romains. Enseignes de la Nicloire Enseignes de Mercure. Enseignes des Empereurs Chrestiens. Entrée du temple de Vesta defendue aux hommes guse. Epidaure, ville d'Eſclavonie, auiourdhuy nommé Re Epigramme qui eſt a Lectore ville de Gaſcoigne. Epitaphe de Clalia Claudiana Vestale. Epitaphe de Flavia Manília Vestale Epitaphe de Sabina Tranquillina femme de Gordian l'Empereur. Epitaphe trouvé à Turin. Epithetes d'Hercules. Epithetes du Dieu Mars Eroſtratus bruſla le temple de Diané en Epheſe. Erreur des Gentilz à la congnoissance d'un ſeul Dieu. Escules, espece de chefne. Esperance l'unique conſolation des hommes. Estoille de Jupiter Estoille de Mercure Eternité de l'Empire Romain. Exclamation de Seneque contre l'eſtomach inſatiable des hommes Exemple du loup & du lion Exemp. Exemple singulier de pieté. 125 Exploration de la victime. 283 Façon de faire de ceux qui avoyent eschappé un naufrage demer. 264 Façon de parler des Anciens en leurs sacrisices. 286. 283 Façon des temples qui doibrent estre edifiez aux Duux & Deesses selon l'opinion de Vitruve. Fauſe opinion des Gentilz. 263 Fauſe religion des Gentilz. Felicité pourquoy paincte des Romains tenant le caducée. este solennelle de la Mere des Dieux faitte tous les ans par les Romains. 249 gure de Cerberus tiré des enfers par Hercules. gure de Juno Lucina. 157 [gure de la Deeſſe Equité. gure de la Deeße Venus. 20) gure de la Pieté gure de la Terre adorce des Anciens. agure de Rome Deesse. 160 gure des Anciles, armes celeſtes. figure differente de la Providence. 186 figure du Dieu Apollo. 148 gure du Dieu Genius gure du ſympulle. 162 gure du Tibre fleuve. figure du tripos d'Apollo. 283 gure du vaſe nomme Prefericule. in du ſacrifice. lamines & les Vestales prenoyent leur revenu du public. 312 237 lamines ordonnez pour les Emp. qui avoyent este deiſiez FluS5 3 275 Fluſtes de bovïs & d'argent. 50.69.76 Tolle ſuberſtition des Romains. force de jullice. force du fils de l'eave ſacrez Fortune paincte aveugle Fortune pourquoy paiade couchée par Abelles Fortune pour qu'retenant un rameau de laurier. Fulgure de Jupiter tenu en grande reverence par les Anciens Fuscine sceptre de Neptune. 154 Gal en la tutelle de Mercure, & pourquoy. 411 Galerus thappeau de Mercure. Galli, sacerdutes de la Mere des Dieux. Genius Dieu de nature. 145 Genius & les Hares sont une mesme chose. Gestes & triomphantes vices res des Romains resplendissent par tout le monde Grains d'orge mesiez avec du sel se mangeoyent avant l'usaigo d'un rudre Gerecs $ur$ies en grande recommandation du temps d'Aug Gyrinaſe & bibliotheque au temple d'Hadrian commun à tous les Dieux. Habit des Victimaires. Huit des Ministres aux Victimaires different. Uul eues Tubismes & Latismes des $acrifices. Idéence plus, machations de cent beufs. Hétegabale, ainsi nommé le Soleil des Pheniciens. Heliog Heliogabalus l'Emp. painct en habit de ſacerdote pheniciē. 199. Hercules a couru le païs de la Gaule. 184 Hercules Ognius ou Gallique. 184 He cales parat des Aaricurs tant trois pommes. Hesculas pour jure paiact des Anciens tout nud. 174 185 Hercules (to 152 Hermis, Mercure, ainſt nommé des Grecz Un pocrates a consomne è. i medicino. 100 Tippacratiz, se le cul honneur de Neptune. Hyprobias & Promotheus premiers sacrificateurs des bestes. 292 Hymnes accomodez aux lovanies des Dieux & Deesses. 304 Hymnes chantez aux $acri$ices. Hymães des yarongnes. 3⁰⁴ 20.40 Iacquamo Strado Antiquaire Martuan. anus Dieu de la paix & de concorde. lanus Geminus. 15.17. lanus pourquoy painct des Anciens à deux viſaiges. lanus premier edificateur des temples. Ianus Quadriforme. lanus red iist les hommes sauvaiges à toute humanité & douccur. 202 pe antique grave de la teſte de bonne fortune. asse antique gravé d'un formis. ste anti que grave du tripos d'Apollo, da, mont en Condis & en Phrygie 269 leuf ne institué à la Deesse Ceres par les Anciens. aux fubricques ou seculaires des Anciens. leurs seculaires de Domitian l'Emp. & d'Antoninus Geta. 261 maige d'Acſculatius. 108 Imaige de la Deesse Chasteté. 88.91 maige de la Mere des Dieux. Imaing 12. 13. Imaige de la Paix Deeſſe adorée des Romains. 139 Imaige de liberalité Deesse 277 Infule de laine de la quelle eſtoit decorée la viſtime Institution de Numa Pompilius pour adorer les Dieux. Interpretation de la paincture d'Hercules Gallique. Isis Deesse adorée des Romains. Italie ſigurée par les medailles des Empereurs. Italie jadis Dame & maiſtreſſe de tout le monde. Italie pourquoy paincte avec le Cornucopie. Jule Cesar a paßé tous les Princes de misericorde & clemen 125 Jule Cefar depriſa la ſuperſtition des Romains es victimes. Julio de Calestan Parmesan, singulier amateur de l'Antio Iuno avoit la charge des femmes enceintes. Iuno femme & jour de Jupiter. Inbiter Ammon Iupiter Anxurus. Jupiter Capitolinus. Iupiter Conservator. Iupiter Croissant. Iupiter Custes. Iupiter Eleus, ou Olympius. Iupiter Fulgurateur. Iupiter Propugnateur. Jupiter ſeu' coronne d'olive. Iupiter Stateur. Iuſiter ſtateur de l'Empire Romain. Iupiter Victeur. Iupiter Vlteur. La Laigle qui porte la teste de Jupiter & de Juno. Labarum enſeigne principale des Empereurs. 168 L'abondance de tous biens vient de la concorde Labrum, cuve des Hebreux. 267 La Cheure consacrés à Jupiter. La Choyëtte consacrée à Aesculapius 104 La Chovëtte dediée à Minerve. 47.94 La Colombe symbele de chasteté. 183 La Corneille consacrée à Apollo. La Corneille devise de concorde. La Corneille en la tutelle de la Deesse Cencorde a diligence & la vertu font dresser expeditions d'immortelle renommée. a garde de la cité de Rome demeuroit entre les mains de Jupiter, de Minerue, e de Juno. justice faict regner les Princes. 112 puissance de faire battre la monnoye appartenoit aux Tribuns 117 draire des anciens Romains. 150 ares & Lemures. Sres filz de la Lune & de Mercure irgesse vient d'un noble cueur. 141 a truye conſacrée à Ceres. 130 vertu frappe de loing 180 Victoire pourquoy paincte tenant le caducé de Mercure. praye noblesse est en la vertu. 144 Belier consacré à Jupiter. Bouc immolé à Juno. Bouc pourquoy ſacrifié à Bacchus chappeau de vise de liberté. Tt Le Cheval conſacre à Neptune Le cyprez ne rejette jamais quand il eſt couppé. Le Daulphin dedié à Neptune. L'Empire de Rome avoit forme de liberté. L'eſpieu donné à Dianne pour le ſanglier. Le formis ſymbole de la providence Le Gal, le Bouc, l'Eſcorpion, la Mouche, animaulx qui apartiennent à Mercure. Legats en grand nombre laiſſez par les Romains aux vierg Veſtales, & depuis eſtez à la perſuaſion des Chrestiens 220.22 269 Le jeuſne obſervé des Anciens. 188. 199. 27 Le laure conſacré à Apollo. Le laure dedié aux triomphes Le Paon & l'Auſtriche conſacrez à Juno. Le ſacerdote Romain tenoit l'autel en ſacrifiant. Le ſel ſymbole d'amytié Le ſerpent dedié à Aeſculapius. Le serpent painct avecques la Deesse Santé aux monnoyes des 106 Empereurs. Le ſerpent ſymbole de prudence. 34.173 Le ſimulacre d'Hercules repreſentoit la vertu. Le Soleil honoré des Pheniciens Le tēple bien ſervi aporte grand decoration à la cité ou il eſt. 305 Les Anciens avoyent des benefices. Les Anciens uſerent de l'aumoſne. Les armes & les lettres ſont deux choſes qui font vivre leurs poſ 143 ſeſſeurs eternellement. Les auffices en grande recommandation à l'endroit des Ro mains. Les Gouverneurs Romains faiſoyent coigner monnoye d'or Les d'argent à Lyon. Les grands honneurs naiſſent de la racine de vertu. Les lettres rendent le nom des Princes immortel. Les liures Sybillins repoſoyent au temple de Jupiter Capitolin Les Muſes eut monſtré aux hommes la religion. 197 Les Muſes pourquoy faintes demeurer par les montaignes. 196 Les muses pourquoy vierges. 196 Les Pheniciens avoyent la Deesse Venus en grande reveren209 Les Quinze-hommes presidoyent aux $acrifices d'Apollo. Les Romains faisoyent leurs sacrifices de matin & droit à l'Orient. 280 Les Romains ne faiſoyent point ſacrifice ſans feu. 284 Les Romains ſur tous garderent la religion. Les trois jambes deuise de la Sicile Les vertuz des predecesseurs ne ſervent que d'exemple. 144 Les vierges Veſtales prenoyent leurs rentes du public. 220 Lettres hierogliphes des Aegyptiens. Thomme vitieux qui preſche ſa nobleſſe par les faicts de ſes Majeurs, s'enterre de luy mesmes. honneur fait maintenir la foy promise. Liairre dedié a Bacchus. 272 Liberalité d'Auguste Cesar. 137.138 liberalité d Hadrian & d'Alexander Sevcrus figurée par leurs medailles. 104 aberalité de Marc Aurele. aber erigea un temple à Jupiter Ammon109 iberté rend heureux l'homme qui la poſſede queur pretieuſe pour teindre les robes. 292 itation faicte d'herbes, nommée des Grecz Thysia. LithoTt 2 203 Lithostrates ou Muſaiques des Anciens 229 Litue, baſton augural des Anciens. Liure de l'Auteur de Imaginibus, sive de natura Deorum 93.133 Des epigrammes de toute la Gaule. 146 Des animaux feroces & eſtranges, 17.248 XII. Des Antiquitez de Rome Liures rituels aux tēples des Anciēs faicts de papier sacré. 293 Loix Decemuireles Loix des Macedoniens, Amazones & Scythes contre seluy qui n'avoit faict a la guerre preuve de ſa vertu Lothos capillata L'evangé de l'obſtinance & ſobrieté. Lovange de la cité de Lyon Lovanges de la paix. Lovanges de liberalité. Lovanges de liberté Lovanges de l'Italie Loys IIII. Empereur Prince belliqueux. Lucerne antique de bronze trouvée à Lyon. Lupercal lieu ſacré à Rome au Dieu Lupin Lyſimachus, l'un des ſacceſſeurs d'Alexandre M. Machaon fils d'Aesculapius. Maſlation des beuſs pourquoy defendue aux ſacrifices de Ceres. Maillets des Anciens, deſquels le Victimaire frappoit les viclimes. Mains dextres deviſe de concorde Mains dextres repreſentées des deux coſtez aux medailles antiques. Maison Maiſon de Cicero conſacrée par Clodius à la Deeſſe liberté. 105 Maniere de faire des $acerdotes Lupercales quand ils couroyent 158 parmy les rues de Rome. Manteau de pourpre belliſſime au temple de Jupiter Capitolin a Rome. 231 Marc Antoine en habit d'augur. Marc Antoine & Lepidus Augurs. Marcellus voüa le temple d'Honneur & de Vertu, Marius ediſia un temple à Honneur & à la Vertu. 204 Mars pourquoy nommé Quirinus. Mars pourquoy painct tout nud. 203 Marfes vaincu par Apollo, & escorcht. Ma$$ue & peau du lion pourquoy données à l'antique HercuMaxentius Conservateur de tout le monde. Medailles d'or & d'argent trouvées à Reims. 120 Medailles d'argent trouvées en Lyonnois. 181 Medaillons frappez pour la memoire des Empereurs, 249 Megalesia festes de la Mere des Dieux. 150 Mercure Dieu d'eloquence. 152 Mercure Dieu des marchants. 154 Mireure adore par les Gaulois. Mercure inventeur de plusieurs choses necessaires aux hommes. 156 Mercure pour quay nomme Pacifere. Meſſire George de Vauzeles Chevalier de Rhodes, homme li194 bera à l'endroit de ſes amys. Imerue son latrice d'Atheres. Minerue pre de a la memoire. Minerue Victorieuje. 263 Miracle faulx de Vespasian l'Empereur en Alexandrie. Mola T1 3 Mola des Anciens, & comme elle ſe faiſoit 264 Monnoye des Princes ſacrée. Monsieur le Thresorier Grolier grand amateur de l'Antiqui 272 Myrthe, arbre conſacré a la Deeſſe Venus. Navire de marbre Thassie a Rome. 100 Neptune equeſtre ou Chevalier Neptune pourquoy fainct Dieu de la mer Noblesse de ſang ſeule eſt comme une nuée & comme le vent. 145 Nobleſſe des antiques maiſons ſe treuve ruinée par les vices. Nombre des Augures des anciens Romains. Nombre des vierges Veſtales ordonnées pour le ſervice de la Deesse. Noms de mauvais augure evitez aux $acrifices des Romains 286 Noms divers de la Mere des Dieux. Noms & tilters de Commode l'Empereur, Noſtre religion eſt vraye & venue de Dieu. Numa Pompilius edificateur du temple de Vesta. Numa Pompilius fondateur du temple de Janus. 238.274 Numa Pompilius inſtitua les Salies. Numa Pompilius premier edificateur du temple de la Foy. 33 252 Nuncupare vota. Oeuvre vertueuſe eſt plus excellente que la vertu. Offertes des Romains faictes aux temples e$toyent données aux pouvres, & indigens. Ola Ola & Vla. 282 Olive dediée a Minerue. 95.272 Olive devise de la paix. Olive de Pallas. Once anim il consacré a Bacchus. 136 Onice antique gravee d'un Aesculapius. 103 Onice antique insculpee d'un Mercure 156 ()nice antique insculpée du cheval de Neptune. 101 Dnices antiques gravees chaſcune d'un Bacchus. Draiſon attribuee à Hercules par les Gaulois. Ordre des Philoſophes Brachmanes. 269 Ordre des processions des Anciens. 250 Ordres & collieges des sacerdotes Romains 225 Orient insculpe aux medailles des Empereurs. 193 Ornement des grandes hoſties, qui debuoyent eſtre immolees. irnement des petites victimes. 277 130 l'ainƈture de la Deeſſe Ceres. 126 ainƈture de la Deeſſe Eternite differente. Paincture de la Deeſſe Fortune. 199 113 Paincture de la Deesse Justice. 109 dincture de la Deesse Liberte. 166.172 Paincture de la Deesse Victoire. aincture de Minerue. aincture de Noblesse. 189 ainiture diverse d'Apollo. Paincture du Dieu Bacchus. 207 ainƈture du Dieu Mars. Paincture du simulacre de Neptune. Pains 302 Pains ronds faicts en l'honneur des Dieux Paix univerſelle du temps des Veſpaſian l'Empr 122.214.217 Palladium de Troye. Paludament manteau Royal. Par les imaiges les Anciens entendirent la nobleſſe du ſangPar quelles raisons commencerent les Anciens a sacrifier. 264 Parolle penigere comme une fleſche Pateres, viſes des Anciens. Penitence eſt le vray arroſement de ſalut. Perle de Cleopatra, singulier ouvraige de nature Petrus Gilius amateur ſingu'ier de l'Antiquite 179. Peuple arbre dedie a Hercules. Phidias ſculpteur renomme entre ceux de la Grece δράτους, ainsi nommez des Grecz les Sept-hommes Epulones. Piete enuers les parents. Piete enuers noz enfans. Piete de la Cigogne a l'endroit de ſes parents. Piete, qui aſſemble les deux freres Titus & Domitian. 88.9 Pin arbre dedie a Sybele. Pin erbre dedie au Dieu Pan. Plantille femme d'Antoninus Caracalla. Pompe des Vestales du temps de Prudence Populonie cite d'Italie treſantique. Portes du temple de Janus fermees par trois fois. Pourquoy furent adioustees deux cornes aux ſtatues & medaille de Lysimachus. Pourquoy les Anciens paigniront le Cheval de Neptune avec la queuë du Daulphin. Pourquoy les Empereurs ferient insculser leurs viſaiges a leurs monnoyes. Pour Pourquoy ont fainct les Poëtes Minerve estre née de la teste de Jupiter. Pourquoy paignirent les Atheniens la Victoire ſans aiſles. 168 Prebſtres d'Auguſte nommez Sextum-viri Auguſtales. 247 Prebstres de Jupiter & de Mars par qui instituez Prebstres des Romains e$toyent mariez & exerçoyent la marchandist. Prebstres des Romains fortoyent la teste rase. Prebstres & Flamines ordonnez pour le service des temples des Empereurs conſacrez. Prefericule, vaſe des ſacrifices. 283 rimices & fruicts mis sus l'autel avant le sacrifice. 281 Principale des Festales nommée Maxima. 217.218 Processions des Anciens. 250 roserpine femme de Pluto. 156 urgation des Romains avec l'eaue ſacree. Q Qualitez requiſes aux victimes pour eſtre agreables aux Dieux. Quatre l'enus differentes deſcriptes par les Anciens. 208 Que demandoyent les Romains aux Dieux en leurs vaux publicques. Qu'eſt ce que Favere, proprement. 202 Qu'est ce que Pertunc. C'est ce que Quiris en language des Sabins. Queſt ce qui meut les Romains de creer les Triumuirs des monloyer. 116 104 Qu'est signifié par le serpent d'Aesculapius. 156 Qu'estoit signifié par Jupiter & Juno. e signifie Cerberus vaincu par Hercules. 104 Que signifie le baston que porte Aesculapius. Qus ue ſignifie ſolum en langue Tuſque. Que ſignifient la raſeure de teſte des prebſtres, & leur coronne. Que signifioit la clave que portoit Hercules. Que ſigniſioit le chapeau de Mercure ne signifioit le feu, qui brusloit perpetuellement sur l'autel des Hebreux. Que vouloyent entendre les Anciens par ce nom, Macter 286 Que voulurent signifier les Anciens, quand ils paignirent le ſimulacre de Bacchus en figure d'un enfant uel fut Hercules ſelon les Hiſtoriographes. Quel $acrifice e$toit e$timé plein & parfaict. Quels eſtoyent les Sextumvirs Auguſtales. Quelles eſtovent les victimes, deſquelles uſoyent en leurs fices les Romains. Qui estoyent les intestins. Quin quatria, feſtes de Minerve, Racine de l'olive ſervoit aux Anciens pour leurs petites imat ges. Racine de thya arbre Raguſe ville d'Eſclavonie, anciennement nommée Epidaure. Raiſon qui faiſoit manger les Anciens enſemble dedans les tem ples. 293.3 Religion & cerimonies des Aegyptiens. Reſponce de Prudentius à Symmachus, touchant les le oſtez aux vierges Veſtales. Revenu grand des beneſices des ſacerdotes Romains. Rererence de Dieu est le vray fondement de la vie ſaincte. 25 Richej 144 icheſſes neceſſaires à l'homme noble pour deux raiſons. Robe de l'Augur nommée lena, ou trabea Robe pure & religieuſe. 273 272 Robe xyline des ſacerdotes Aegyptiens. Robes de l'Empereur Aurelian. Rome Eternelle. 160 Rome tenue entre les autres Deesses des Romains. 160 Rome Victorieuse. Rome victorieuse de tout le monde. 160 Romulus en acouſtrement de Mars. 160 Romulus receu au nombre des Dieux. Sabina femme d'Hadrian l'Empereur. 124 iacerdoce des Augures en grande autorite & veneration des Romains. 227 Sacerdoce des freres Arvales par qui inſtitué 226 Sacerdotes Augustales, Helviens, Antoniens, Aureliens & Faustiniens. 225 acerdotes Romains mangeoyent tous debout dedans les temples. 302 acerdotes de Mars nommez Salies. 203 acerdotes des Aegyptiens ne portoyent point de cheveux. acifice à Dianesoubs le nom d'Hecate. sacrifice des Bacchantes. sacrifice des jeux ſeculaires. 258. 261 226 sacrifice nomme Amberuale, & comme il eſtoit faict. acifice ordonné à Dianc par la Royne des Amazones. sacrifices des Anciens ne faisoyent point sans musique. SacriVr 2 Sacrifices des vierges Vestales. 128 Sacrifices faicts a la Terre par les Anciens. Sacrifices gentilicies. Sacrifices pour les vaux Sacriège commis à Rome par Constantin III. Em reur. Salacia femme de Neptune Salies sacerdotes d'Hercules. Sans la mole ſalée le ſacrifice n'eſtoit point agreable au Dicux 289.29 Seceſpita, couſteau des Victimaires. Seva, cousteau des Victimaires, Sentence belliſſime retirée d'un marbre antique. Sentence d'Antonin Pie pleine de picté Senteur du laurier dechaſſe l'infection de l'air. Sept montaignes de Rome. Septemuirs Epulones par qui inſtituez Sergius Galba de l'ordre des Auguſtales. Severe l'Empereur canonizé. Signe de la Croix qui apparut à Conſtant in Signes de bon & de mauvais augure esvictimes qui debuo estre immolées. Silence grand gardé par les Romains aux ſacrifices de leur Dieux Simulacre d'Esculapius aporté a Rome Simulacre de Bacchus de bronze. Simulacre de bronze de Romulus & Remus Simulacre de Diane des Epheſiens. Simulacre d'Hercules. Smulacre d'Hercules tenant Anteus. Simulacre de Jupiter en Populone faict du bois de la vigne 224 Simu Simulacre de Vertu. Simulacre de la Deesse Concorde. 111 Simulaire de la Deesse Felicité. Simulacre de la Foy. Sincilacre del Honntur. Simulacre de Providence. Simulacres de l'Eternité. Six tasses d'empran le, & six vases murrhins au temple de Jupiter Capitolin à Rome 190 Soleil in vincible nommé Apollo des Anciens. Solennité aux vrux publicques des Romains. 300 politaurilia, ſacrifices faicts par les Romains. 301 Soluaurilia, nom qui deſigne l'immolation de trois hoſties. Soteria, jeux & sacrifices faicts pour le salut de Commode 249 l'Empereur. 244 Souper des Pontifes. Statue d'Hercules faicte par Polyclete. 173 Statue de Mercure en Auvergne. Statue de Mercure en Arcadie, faicte du bois de thya arbre. 217 Suffibulæ, robus blanches des l'estales. 286 pposer les cousteaux ylla augmenta le nombre des Dix-hommes. ymbole de victoire. ymmachus homme patrice de noblesse, d'eloquence & dignité 220 tresinsigne. Cable d'or au temple de Salomon, 269 Table ſacrée des Pythagoriens. auropolium ſacrifice ſant a Dianne. Vv 3 Et à la Mere des Dieux. Temple à Diané erigé par Auguste Cesar, en signe de la defy faicte de Sextus Pompejus 103. 105 Temple d'Aesculapius a Epidaure. Temple d'Auguste à Rome commencé par Tibere, & achevé par 62. 246 Caligula. Temple d'Auguste dreſſé à Lyon au lieu, ou eſt à preſent l'Abbaye d'Aisnay. Temple de Concorde dedié par Tibere Temple de Diane en Ephese, mis entre les ſept ſpectacles du monde. Temple de Dianne en l'isle de Icarie Temple de Diana renommé en Sicile. Temple d'Hadrian à Athenes commun à tous les Dieux Temple de Salomon en Hieruſalem Temple de Janus de bronze, faict premierement par Numa de la grandeur d'une chapelle. 17.2 Temple de Janus Quadriforme Temple de Junior Temple de Jupiter. Temple de Jupiter Capitolin Temple de Jupiter Olympius, ou Eleus a Syracuse Temple de Liberté. Temple de Mercure Temple de Paix entre les œuvres magnifiques de la cité d' Rome Temple de Pantheon dreſſé par Marc Agrippe. Temple de Pantheon dedié à Jupiter Vengeur. Temple de Venus Genitrice dedié par Auguste à Jule Ces 210 Temple de Vertu. Tem Temple de la Deeße Felicité. 165 Temple de la Dreſſe Victoire. 125 Temple de Pieté. Temple de Santé. Temple dreſſé a Auguſte Ceſar en Alexandrie. Temple du Solcil. 128 Temple faict a la Terre par les Romains. 202 Temple superbe de Fortune a Preneste. Temples d'Antinons magnifiques, l'un en Arcadie & l'autre 211 ſur le hort du Nil edificz par Hadrian l'Emp. Temples de Concorde. Temples de Jupiter l'iteur, Olympique & Tonan. 206 Temples de Mars. 216 Temples de Vesta de forme ronde. 161 Temples dressez à la Deesse Rome. Temples erigez al honneur d'Auguſte. Teſte de Clemence figurée aux medailles de Tibere Ceſar. 113 Teste de Justice representée par les medailles de Tibere. Ceſtes des victimes deſpovillées de leur chair, inſculpées par le Romains aux friſes de leurs temples. 220 Theodosian Empereur Chrestien. 224 Thya arbre odorant entre les delices des Anciens. Thyrſus, baſton que porte ordinairement Bacchus 246 Tibere Cefar fondateur des Augustales. 134 gre, animal conſacré a Bacchus. cite Live avoit veu fermer les portes du temple de Janus. Torches de cede en usage pour les $acrifices des Anciens 271 Tous biens consistent en silence & taciturnité. 103 Trasymedes ſculpteur excellent. 197.241 Cripos d'Apollo. Triumeirs 116 Triumvirs des monnoyes des Romains. 268 Trois manieres de purgation des Anciens. Tullius Hostilius augmenta le nombre des Salies. Tunique des prebſtres Romains. 225 Vases antiques de voirre trouvez en Daulphiné Veilles des Romains changées par Constantin le Grand en prie res qui ſe ſont de jour Feneration d'Albinus homme populaire à l'endroit des vierg Pestales Venus comme paincte des Anciens Venus Deesse de beauté Venus Genitrice. Venus Victrice. Verbenes estimées heureuses aux sacrifices des Anciens Vers de Petrarque en la lovênge d'Italie Vertigines in sueris a Numa instituta, Fertu d'Hercules triple. Vertu du ſoulfre. Fertu qu'eſtimerent les Anciens eſtre en l'olive Vertu honorée & grandement prisée des Romains Vertu ſe contente de l'homme nud. Veſpaſian l'Empereur, & Tite ſon fils triompherent de la J. dée. Veſla miſe des Poëtes pour le feu. Veſtales eſtimées ſacroſainctes. Veſtales ordonnées pour garder le feu perpetuel. Victime qui ſe jettoit entiere dedans le feu aux grands, ces. Victoire Britannique de Severus Victoire Deesse paincte des Anciens ſans aiſles. Victor Victoire pourquoy figurée tenant un cornucopie 167 101 Victoires navales comme painctes des Anciens. Viſaige d'Apollo accompaigné de deux ſerpens Viſaige de Neptune painct diſſeremment par les Anciens l'iſaiges de Rome & de Conſlantinoble figurez aux medailles de Conſlantin l'Emp. Une partie de nostre religion priſe & tranſlatée des cerimonies 312 Aegyptiennes & des Gentilz Vaux publiques des Romains. 252.258. Vaux eſcripts en marbre & tables dairain. Vaux quinquennales, decennales, vicenales, tricenales & quadricenales des Romains. 268 ſaige de la chair ne ſert de rien pour la ſanté. Xenodorus Statuaire treſexcellent. Xylon, espece de lin. FIN. INDIXX INDICE DES MEDAIL LIS ET REVERS TANT DES Grecs, Consuls Romains, Triumvirs, des monnoyes, que des Empereurs & Imperatrices, representez en c'est oevure. Et premierement des Grecs. Edaille d'Alexandre Roy des Epyretes, Medaille des Atheniens. Autre medaille des Atheniens. Medaille de Lysimachus. 1 Autre med. de Lysimachus. Revers d'une medaille Grecque frappée en l'honneur de Jupiter Medaille des Syracuſiens Medaille frappée en l'honneur de Dianc. Medaille du Roy Agathocles. Medaille frappée en l'honneur de Sybele. Medaille des Tarentins Medaille du Roy Demetrius. Revers d'une medaille des Epidauriens. Medaille frappée en l'honneur de Liber. Medaille d'une Princeße des Macedoniens, Revers d'une medaille faicte en l'honneur d'Hercule. Medaille frappée en l'honneur d'Hercules. Autre medaille d'Hercules. Medaille coignée en l'honneur d'Apollo Medaille des Rhodiens. Autre medaille des Rhodiens. Revers d'une med. des Rhodiens. Autre revers d'une medaille deſdicts Rhodiens. Medailles des Consuls Romains & Triumvirs Medaille frappée en l'honneur de Janus. Medaille de Petillius. Revers d'une medaille de Lucius Cotta. Medaille de Lucius Lentulus & Cajus Marcellus. Medaille de Pansa. Revers d'une medaille de Pansa. Autre revers d'une med. de Panſa. Medaille de Lucius Hostilius. Medaille de Gela Triumvir. Medaille de Cajus Postumus. Medaille de Marcellinus Medaille de Aulus Postumus. Medaille de Cajus Folte, us. Medaille de Marc Agripe Autre medaille de Marc Agrisse. Revers d'une med. dudict Agrippe Entre revers dudict Marc Agripp Medaïile de Quintus Creper. Medaille de Marcus Valerius Atilius Triumvir. vers d'une medaille de Brutus. Medaille de Titus Cariſvis. Revers d'une medaille de Marcus Herennius. Revers d'une med. de Cajus Memmius. Lors d'une med. de Marcus Voltejus Iedaille de Cajus Mamilius Limcanus. Medaille frappée en l'honneur de Rome Autre medailie à l'honneur de Rom Medaille de Sextus Po. Medaille de Lucius Hostilius Saserna. evers d'une medaille de Quintus Cincinnius Triumva. Evers d'une med. de Cajus Antius. (evers de Cajus Poblicius Quinti filius Medaille de Lucius Flautius. evers d'une medaille de Lycius Cinna. Revers d'une medaille de Clodius. XX 2 101 106 110 115 123 159 164 206 215 Meda 216 Medaille de Quintus Cassius. Medaille de Lentulus Spinter. Autre medaille de entulus Spinter. Medaille de Claudius Caldus. Medaille de Longius Triumvir. Medaille frappée en l'honneur d'Isis. Medailles des Embereurs JULE CESAR 122. 228 Teste de Jule Cesar Revers. CAJVS COSSVTIVS MARIDIANVS A.A.A.F.F. 110 Aeneas qui parte son pere Anchises. Teste de la Deesse Venus. Autre teste de Venus. Une Venus. PUBLIUS SEPULLIUS MACER. AUGUR, PONTIFEX MAXIMUS. Enseignes de l'Augure POMPEE LE GRAND. 122 Teste de Pompée Medailles. Vnnavire, & lettres, MAGNUS IMPERATOR ITE RUM Revers. Neptune qui frappe les monstres marins. PRÆF. CLAS. ET ORAE MARIT. EX SC. Teste de Nepeune Rev. Trophée navale MARC ANTOINE III. VIR. Teste de Marc Antoine Medailles. Teste de la Concordé. Rey. Deux mains jointes & le caducée. Medaille, ou des deux costez sont les enseignes de l'Augure. 229. Marc Antoine en habit d'Augur. Rev. Teste du Soleil. Rece Revers. Serpens qui embrassent une are Autres ſerpens qui embraſſent une are. AUGUSTE TRIUMVIR. eſte d'Auguſte eſtant encores Triumvir. Kevers. SALUS GENERIS IIUM INI AUGUSTE CESAR. 15.16.46.62.117 Teste d'Auguste Cesar. Medail'es Auguste deisie, DEO AUGUSTO. Rey Temple. A. TERNITATIS AUGUSTAE CUSTOD 1. Teste de Dianc. Rev. Temple erige par Auguste à l'honneur de Dianne. AUGUSTUS TRIBUNICIA POTESTATE R. C. PLOTIUS RUFUS III. VIR ÆRE, ARGENTO, AURO FLAVO FERUNTO. Revers Janus avec deux viſaiges. Deux mains qui tiennent deux cornucopies & un caducée. ΡΑλ. 16 Tempie. JOVI OLYMPICO. Tempie. JOVI TONANTI. Une Aigle. AUGUSTUS. Temple de Juno. JUNONI. Temple. COMMIVNIS ASIAE, ROMAE, ET AVGV STO. ne are. PROVIDENTIA. ne are. CONSECRATIO. Diane, IMPERATOR DECIES, SICILIA. Diane. IMCERATOR UNDECIES. SICILIA. Neptune 102 ICTORIA AVGVSTI. CASSIVS CELER III. VIR ÆRE, ARGE. 116 AVRO FLAVO FERVNTO. M. S. XX 3 M. SALUIUS OTHO TRIUMVIR ÆRE, AR117 GENTO, AURO FLAVO FERUNTO. Victoire qui porte l'enſeigne du Labarum. BALBUS PROPRAETOR. DIVOS JULIUS. SALUS GENERIS NUMANI. Temple. MARTI ULTORI. Temple. MARTI VICTORI. Temple. S. P. Q. R. Venus avec ſon char tiré par deux Cupido. L. JULIL. F. Temple. DIVO JULIO. Les Anciles. P. STOLO. III. VIR Fulgure de Jupiter TIBERE. Teste de Tibere. Revers PACE AUGUSTI PERPETUA MEDALLON. Temple dreſſé en l'honneur d'Auguſte. MEDAILLON Temple erige pour l'eternite d'Auguste. ÆTERNITATIS AUGUSTAE Teste de Justice. JUSTITIA. Teste de Clemence. CLEMENTIAE. C. CESAR DICT CALIGULA. Medaille. PIETAS. Rev. Temple. DIVO AUGUSTO. Revers. Le chappeau enſeigne de liberte CLAUDIUS CESAR. Teste de Claudius. Revey Revers. Deification de Claudius Cæsar. Temple. COMMUNIS ASIAE. ROMAE ET AUGUSTO. Temple. DIANAE EPHESIORUM. 118 Les balances. CLAVDIVS NERO. 187 Teste de Nero. Revers. ARA PACIS. lemple de Janus. Autre temple de Janus. JVPITER CVSTOS. 104 La Chouëtte ſus une arc. 105 Sacrifice à Aeſculapius. Une balance. EHI RAATAIOY MIOPIAATOY. MEDATLLON 136 Les Bacchanales. 148 GENIO AUGUSTI. 161 ROMA. ΛΟΛΑΠΝ ΣΩΤΗΓ. Vn temple. 216 Temple de Vesta. 216 Autre temple de Veſta. SERGIVS GALBA. Revers. 110 LIBERTAS PVBLICA. ELICITAS PVBLICA. SILVIUS OTHO. Revers. 132 esse de Paix. VITELLIUS CESAR. Revers. IONOS ET VIRTUS. 104 Vn Aesculapius. CLEMENTIA IMPERATORIS GERMANICI. 126 198 QUINDECIN VIR SACRIS FACIUNDIS. 198 XV. VIR SACR. FAC 198.24 Tripos d'Apollo 204 MARS VICTOR VESPASIAN Teste de Fespafan Kevers. Temple de Paix. Trophée de la Judée. JUDAEA. JUDAEA CAPTA JUD. CAP. JUDAEA CAPTA. PAX AUGUSTI. PAX AUGUSTI. FICES PUBLICA. OVIS CUSTOS. Une are. PROVIDENTIA. NEPTUNO REDUCI. Victoire navale. PAX AUGUSTI. Le Caducée de Mercure Rome assise sus sept montaignes. ROMA. VICTORIA AUGUSTI. Tripos d'Apollo. VESTA. VESTA. TITE VESPASIAN. La teste de Titus Vespasianus Revers. Temple de Paix. JUDAEA CAPTA. JUDAEA JUDAEA CAPTA. PAX ÆTERNA. PROVIDENTIA AUGUSTI. PIETAS AUGUSTA. ÆTERNITAS AUGUSTI. 126 CONGIARIUM TERTIUM POPULO ROMANO IMPERATORI DATUM. SELICITAS PUBLICA. VICTORIA AUGUSTI. 103 In temple. 214 DOMITIAN este de Domitian. 103 Revers. PACI AUGUSTI. FIDEI PUBLICAE. VINTUTI AUGUSTI. QVI VICTORI. OVI SERVATORI. ALUTI AUGUSTI. omulus & Remus qui tetent la loure. ICTORIA AUGUSTI. FICTORIA AUGUSTI. (ne Videire.) 167 Sacrifice. LUDOS SAECULARES FECIT CONSUL 261 DECIMUMQUARTUM. Autre $acri$ice. LUD. CAEC. FEC. COS. XIIII. 261 264 Autre ſacrifice. 262. emple. LUD. SAEC. FEC. COS. XIII. TRAJAN. Revers. seignes militaires. S. P. Q. R. OPTIMOPRINCIPI. 28 Temple. JOVI OPTIMO MAXIMO. ROVIDENTIA AUGUSTI, SENATUS, POPUIQUE ROMANI. Une Vne colonne. S. P. Q. R. OPTIMO PRINCIPI. 110 La Deesse Liberte. CONGIARIUM SECUNDUM DATUM POPUI.O. Vn Hercules. Teste de l'Orient. SENATUS POPULUSQUE ROMANUS FOTUNAE REDUCI. Vne Fortune. 201 FOTUNAE REDUCI. HADRIAN. Teſte d'Hadrian l'Empereur. Revers. Vn temple. VOINON IZIOYNIAE. Janus Quadriforme. SECURITAS POPULI ROMANI. SPES AUGUSTA. SPES POPULI ROMANI. FIDES EXERCITUUM. Aigle qui porte la teſte de Jupiter. Aigle qui porte avec ses aisles la teste de Jupiter & de Juno. 4 Jupiter Ammon. 114 USTITIA PIETAS. AETERNITAS AUGUSTI ÆTERNITATI AUGUSTI. LIBERALITAS AUGUSTI. Romulus & Remus qui tetent une louue. Rome Victorieuse. Vn Hercules. Hercules qui tient Anteux FORTUNAE AUGUSTI. Mars. Un Fictimaire qui meine un mouton à l'autel. ANTI ANTINOUS. La teste d'Antinons. 212.213 Revers. MEDAILLON Temple. AAPIANOE RKOAOMHZEN 212 Vn mouton. Mercure & le cheval Pegasus. ANTONIN PIE. La teste d'Antonin Pie. Revers. La Deesse Esperance. Vne Aigle, un Paon & la Chovëtte. Ja Jupiter. TEMPLUM DIVI AUGUSTI RESTITUTUM. Temple dresse en l'honneur d'Hadrian l'Empereur. S. P. Q. R. OPTIMO PRINCIPI. Colonne, DIVO PIO. Tabernacle de la conſecration des Empereurs. Diane des Ephesiens. SYBELE. SALUTI AUGUSTI. KEMPORUM FELICITAS. PIETAS. PIETATI AUGUSTI. MEDAILLON. Les Bacchanales. GENIO SENATUS. 1 ROMULO AUGUSTO. TALIA. TALIA. APOLLIN/ AUGUSTO. Vne Fortune. Mars Victeur. IARTI ULTORI. Yy 2 106 112 121 124 160 164 164 788 200 204 ANCI ANCILIA VOTA SUSCEPTA VICENALIA. Le fulgure. PROVIDENTIAE DEORUM. PIETAS AUGUSTI. MARC AURELE. Revers. CONCORDIA AUGUSTORUM HONOS. VINTUS AUGUSTI. JOVI VICTORI. upiter Victeur. Tabernacle. CONSECRATIO. CONSECRATIO. Minerve Pacifere. La Santé qui ſacriſie à Aeſculapius. MEDAILLON. Minerve qui facrifie a Aesculapius soubs la figure du serpẽt. 10 PIETAS AUGUSTORUM. LIBERALITAS AUGUSTI SEPTIMA. La Deesse Rome MEDALLION VICTORIA AUGUSTI. VOTA. PIETAS AUGUSTI. MARC AURELE ET ALIUS VERUS. ANTONIUS AUGUR TRIUMVIR REIPUBLICÆ CONSTITUENDÆ. Rev. ANTONINUS ET VERUS AUGUST/ RESTITUTORES LEG. SEX. COMMODE CAESAR. 129. 181. 1 Teſte de Commode l'Empereur. Revers . CONCOROLE FIDES EXERCITUUM. APTE APTEMIS EDEZIAN. MINERVAE FACIFERAE. M. SAILLON. SALUS. MEDAILLON. TELLUS STABILIS. 129 VICTORIA BRITANNICA. AEDAILLON. In Hercules. DATLLON. HERCULI ROMANO AUGUSTO. 181 HERCUL. ROMAN. AVGV. 182 COLONIA LVCII ANTONINI COMMODIANA. HERCVLES ROMANVS CONDITOR. 182 Une Victoire qui coronne Commode l'Empereur, accompaigné de l'Aegypte, qui tient une sphere. 307 AELIVS PERTINAX. Revers. PROVIDENTIAE DEORVM. CONSECRATIO. SEPTIMVS SEVERVS Veſle de Severe l'Empereur. Revers. VIRTVTI AVGVSTI. P.Q. R. OPTIMO PRINCIPI. RESTITVTOR VRBIS. NDATOR PACIS. NDVLGENTIA AVGVSTORVM. FLICITAS PVBLICA. PAILLON 204 MARTI FACATORI. EDAILLON. In Mars. 204 temple. 214 252 OTA PVPLICA. AN ANTONINUS GETA. Teste de Anto. Geta, fils de Severe l'Empereur. Revers. INDULGENTIA AUGUSTORUM. NOBILITAS. FORTUNAE REDUCI. VOTA PUBLICA. SACRA SÆCULARIA. M. AUR. ANT. CARACALLA. Teſte de Caracalla Empereur. Revers. CONCORDIAE AUGUSTORUM. PROVIDENTIÆ DEORUM. TEMPORUM FELICITAS Vn Apollo Vn Mars. VENUS VICTRIX. Sacrifice HELIOGABALUS. Revers. SUMMUS SACERDOS AUGUST. INVICTUS SACERDOS AUGUSTI. ALEXANDER SEVERUS La teſte d'Alexander Severus fils de Mammea Revers. MEDAILLON Temple. JOVI ULTORI Effigie de Jupiter assis au milieu des quatre elemens. OVI PROPUGNATORI. PROVIDENTIA AUGUSTI. JUSTITIA AUGUSTI. LIBERALITAS AVGVSTI QVARTA MARS ULTOR. MAXIMINVS. Revers. CONCORDIA MILITVM. GORDIAN. Revers. VIRTVS AVGVSTI. JOVI CONSERVATORI. JOVI CONSERVATORI. JOVI ULTORI. JOVI STATORI. VITAS AVGVSTI. LIBERALITAS AVGVSTI QVARTA. MARTINI PROPVGNATOREM. 205 PHILIPPE. Revers. DIES EXERCITVVM. IRTVS AVGVSTORVM. JVNONI CONSERVATRICI AVGVSTI. JOVI CONSERVATORI AVGVSTI. DIANAE CONSERVATRICI AVGVSTI. DIANAE CONSERVATRICI AVGVSTI. ÆQVITAS AVGVSTORVM. ETERNITAS AVGVSTORVM. 128 LIBERO PATRI CONSERVATORI AVGVSTI. LIBERALITAS AVGVSTORVM TERTIA. 140 ROMAE ÆTERNAE. 161 emple. SAECVLVM NOVUM. 162 VALERIAN. teſte de Valerian l'Empereur accompaignée de celles de ſes aux filz Gallien & Valerian. Revers. QVI CRESCENTI. nis temples. ΤΓΙΣ ΝΕΠΚΟΡΝ ΝΙΚΟΜΙΙΑΕΩΝ. GAL GALLIEN. Kevers. Cheval de Neptune. NEPTVNO LIBERO PATRI CONSERVATORI AVGVSTI. 137 APOLLIN/ COMITI. POSTHVMIVS. Revers. MERCVRIO FACITERO HERCVLI MACVSANO. CLAVDIVS. Revers. GENIVS ENERCITVVM MARS VLTOR QVINTILLIS Revers. CONCORDIA EXERCITVVM FL. JVL. CRISPVS. La teſte de l'Empereur Criſpus. Revers. DECENNALIA CAESARVM NOSTRO VOTA RVM. BEATA TRANQVILLITAS AVRELIANVS. Revers. SOLI INVICTO. ORIENS AVGVSTI. TACITVS. . Revers. TEMPORVM TELICITAS. FLORIANVS. Rovers. PROVIDENTIA AVGYSTI PROBVS. CONRevers. . CONCORDIA MILITIUM PROVIDENTIA AUGUSTI. Temple. ROMAE ÆTERNAE. 162 SOLI INVICTO. DIOCLETIAN. Revers. VINTUS MILITUM JOVI STATORI AUGUSTORUM. SACRA MONETA AUGUSTORUM ET CAESARUM NOSTRORUM. POTA TRICENALIA. 53 MAXIMIANUS. Revers. JOVI CONSERVATORI. PROVIDENTIA DEORUM. QUIES AUGUSTORUM. VOTA TRICENALIA MAXENTIUS. Revers. Temple. CONSERVATORI URBIS ÆTERNAE. 162 lutre temple. CONSERVATORI URBIS ÆTERNAE. 162 ECTORIA AUGUSTI LIBERATORIS ROMANORUM. ICTORIAE DOMINORUM NOSTRORUM AUGUSTORUM ET CAESARUM. LICINIUS. Revers. JOVI CONSERVATORI AUGUSTORUM NOSTRORUM. CONSTANTIN LE GRAND. Revers. MEMORIA FELIX. ENIO POPULI ROMANI. URBS URBS ROMA. CONSTANTINOPOLIS. VOTA VICENALIA DOMINI NOSTRI CON STANTINI MAXIMI AUGUSTI VICTORIAE DOMINORUM NOSTRORUM AU GUSTORUM ET CAESARUM. VOTA POPULI ROMANI. CONSTANS Revers. MONETA AUGUST FELIX TEMPORUM REPARATIO. CONSTANTIUS Revers. SALUS DOMINORUM NOSTRORUM AUGUSTORUM LUCET. DECENTIUS. Revers. SALUS DOMINORUM NOSTRORUM AUGU STORUM LUCET. VICTORIA DOMINORUM NOSTRORUM AU GUSTORUM ET CAESARUM JULIANUS. Revers VOTIS DECENNALIBUS, MULTIS VINENABUS TRIUMPHUS CAESARIS. VALENS. Revers. VOTIS TRICENALIBUS, MULTIS QUADRICENALIBUS THEODOSIUS. Revers. VOTIS TRICENALIBUS, MULTIS QUADRICENALIBUS. Loys LOYS. Revers. Vne croix., LVDOVICVS, IMPERATOR. Rev. Temple. CRISTIANA RELIGIO. 115 Vne autre croix. LVDOVICVS IMPERATOR. Rev. BITVRIGES. 120 Revers LVCDVNVM. 120 METALLVM. 120 Medailles des Imperatrices. DOMITIA. La teſte de Demitia, femme de Domitian l'Empereur 124 Revers PIETAS AVGVSTAE. 124 PLOTINA. eſte de Plotine femme de Trajan l'Empereur. Revers. FIDES PVBLICA. SABINA. eſte de Sabine femme d'Hadrian. 124 Revers. IETAS AVGVSTAE. 124 FAVSTINA. Revers UNONI REGINAE. NONI REGINAE. JUNONI REGINAE. ONSECRATIO. CONSECRATIO. MATRI DEVM MAGNAE. TERNITAS. 128 ux elephants, qui tirent le chariot de Fauſline deifiée. IERNITAS. 128 FAUZt 2 FAUSTINE LA JEUNE. — L'eſte de Fauſtine, fille de Marc Aurele, & femme de Lucius Verus. Revers. CONCORDIA. TEMPORUM FELICITAS. SÆCULI FELICITAS. Vn Paon. FECUNDITAS AUGUSTAE. VENUS. Temple de Veſta, & les Veſtales qui ſacriſient LUCILLA. Teſte de Lucille fille d'Antonin Pie. Revers. JUNONI LUCINAE. MEDAILLON Temple de Vesta, & les Vestales, qui ſacrifient à la Deeſſe. 21. CRISPINA. Revers. MEDAILLON. VOTA PUBLICA. JULIA PIA. Teſte de Julia Pia femme de Severus l'Empereur. Revers. JUNO. DIANA LUCIFERA. LUNA LUCIFERA. MATER DEUM. PUDICITIA. ÆTERNITAS IMPERII. VESTA. PLAUTILLA. Teſte de Plautille femme de Antoninus Caracalla. Revers. CONCORDIA FELIX. VENU. VENUS VICTRIX. 208 JULIA MAMMEA. Revers. FECVNDITAS AVGVSTAE. SEVERINA. Revers. CONCORDIAE MILITVM. MACNVRBICA. Revers. 208 VENVS VICTRIX. Medaille d'Aurelia Quirina Vestalis. Medaille, ou des deux costez sont insculpées les mains dextres. 24 214 Medaille, au revers de laquelle ſe voit un temple. FIN. CE QVE LE PRVDENT LECTEVR pourra corriger en ce present oevure. A la page 14 ligne 10. iuliras, & des bonnes sciences, à la pag. 23. lig. 2. lis, se pourra veoir la teste de la Concorde d'un costé, & pap. 20. lig. 4. ortez tes mots & de Plotine. pag. 33. lig. 29. cor. pag. 33. lig. S. & sa haste de l'autre. Pig. 42. liq. 19. En celle pag. 20. lig. 18. conduisant son armée. pag. 72. lig. 15. au second chapitre. pag. 88. lig. 15. ostez ce mot, que pag. 123. lig. 13. & de S. bine femme d Hadrian. p. 13. 143. lig. 12. serf. pag. 169. lig. 10. LIBERA TORIS. p21.223.lig.3. prunas. pag. 145. lig. 15. glycymeridas. Clig. 20. & bures. pag. 251. liz. 29. (1a) xv. pag. 275. lig. 12. Sayvants telle coustume Isiaque lon diroit. prg. 281. lig. 2. médoum. 282. lig. 6. se nommoyent & inaxirat quand. & lig. 7. sic miscellantem pag. 310. lig. 16. à leur reception tà la table, en l'enumeration des medailles d'Auguste Cesar tu trouvelas MARTI VICTORI pour ULTORI. Lecteur, tu ne te doibs esbair, s. l'auteur de ce present ce vure a souventerfois usé des propres mots, qu'il a trouvé corrompus par les medailles Grecques : ce qu'il a fait pour ne rien changer, adjouster, ou diminuer de Antiquité: & lesquels tu pourras ainsi corriger. ZLYE LALION pr. 55 APTEMIE ECEXION. EPETPICON AAMALIAE. TII NEGLOPOI NIKOMHALAN. AIUN ARFON AIONIZO. Z7 3 Au Lecteur. Ecteur, la medaille qui ſe treuve avoir eſté miſe apres celle de Nero à la pag. 105. ou eſt inſculpé le Serpent & une are, est demeurée sans interpretation pour l'abſcente de l'Auteur, laquelle depuu il a faict mettre cy deſſoubs en la maniere que s'enſuit. L'inscription Grecque de AYTOKPATOP O TAAEPIASOE, PAAAIENOE, O TAAEPIANOE KAISAPEZ, ne nous monstre autre chose, que la medaille, que feit frapper Valerianus l'Empereur avecques la figure de son visaige, & celle de ses deux enfaus Gallienus & Valerianus. Et du costé du revers se treuvent paincts trois temples, milieu desquels se monstre un autel enuironné & teint d'un serpent, avecques lettres qui disent, TPIE SEOKOPOI NIROMHAEON : pour monstrer que c'estoyent trois Custodes desdicts temples, qui faisoyent prieres pour la santé (qui est signifiée par le serpent) aux Empereurs dessus nommez. LAUR Ost sich N DESLENCE LatusTRID STADT BELIOTIUS DUSSHIDOR A TRESCHRE STIEN ET TRESPVISSANT PRINCE HENRI SECOND DE CE NOM, ROY DE FRANCE, Guillaume du Choul, Conseiller dudict Signeur, & Baillif des montaignes du Daulphiné, S. YANT desir de vous monstrer, Prince tresuertueux & maguanims, la discipline militaire des anciens Romains, par laquelle n'en seulement ils establirent l'Empire de Romme, mais encore ils persevererent de la garder, avec une perseverance sa'utaire, sans estre violée, que la tranquilité de leurs citoyens en procedoyt, je me uis mis au devoir de vous presenter ce petit discours (pequant à l'excellence de vestre majesté) par lequel vous gneistrez qu'il ne se trouve chose plus triumphante que la guerre : laquel le tousiours a esté à toutes autres choses prese- EPISTRE rée, & par la guerre nous quous gardé nostre liberté, & la dignité des provinces en a esté tousiours estendue, les Royaumes demeurées Sconseruées en leur entier, & (qui plus est) par la guerre la vie en a esté souvent retenue, & s'en est enfuyxi la victoire. Ce que nous monstrerent jadis les Laccdemonieus : qui abandonnerent tous les autres arts & doctrinos, pour $uyvre la guerre du tout : & depuis commanderent longuement à tente la Grece, en se monstrant excellons sur toutes autres nations : de forte que nous lissons qu'ils furent tant estimées des eſtrangers, par leur diſcipline milicaire, que les Carthaginois, par le conseil de Xenthippus Lasedominien, diffirent M. Attilius Regulus: qui leauoyt veineus chés souvent, pour la manuvaise conduicie & pouvre ordre qu'ils teneyens. Semblablement quand Hannibal passa en Italie, il voulut prendre un maistre de la guerre Lacedemenien: tant se trouva ce gentil Empereur amaleur de la militie, & studieurs de la conserver. Le Pommains encore (comme nous liſons dedans Végece) à caude leur discipline militaire surmenterent le nombre grand de Gaulois, la grandeur des Germains, la force des Eſpeignols, cautelles des Africains, & la prudence des Grecs, non pour autre choſe, que pour ouoir l'art de la guerre entre les mains : & contraire nous monstre. Afschines la pouvreté & misere q reçoivent ceux, qui sont mols & esseminés & bien peu exertés à le guerre lesquels, par faute de cueur & de l'art, sente trains de laisser saccager leurs villes, raser leurs murailles, ler leurs moi$uns, de$poviller leurs temps, violer leurs filles, sorcer leurs sommes, tuer les hommes, & à la fin diminuer les regien du labeur & de la jeunesse. Parquoy il est necespour la conservation d'une Republique, de la patrie, ou à AV ROY. Royaume qui veut avoir de bons soudars, d'élire & chois bons Capitains & suffisans, pour les regir, gouverner, & exerciter. Car, tout ainsi qu'une maison ne peut demeurer longuement sans un bon pere de famille, & moins un navire sans gouverneur, & une cité sans magistrat : tout ainsi un exercite ne peut estre gouverné sans un bon Duc, & monis un Royaume sans un bon Prince : qui nous a esté donné en France par la grace du Dieu immortel : dont toute la Chrestienté se resiouyt : & sommes asseuré, Roy Tresauguste, que, par vostre seule providence, la pieté, la foy, la serce, la temperance, la recompense de la vertu, les armes, voſire gendarmerie ſera conſeruée & entretenue, & conseptemment nous sera donnée la victoire que nous desivons, par la fin du petit traicté que ie vous presente : qui vous fera congnoistre l'assiette du camp des Rommains, leur ordre & discipline militaire, les armes & accouſtremens de guerre, tant des gens-de-pied, que de-cheual, & plusieurs choses, qui serviront pour tousjours rendre plus clairel'antique militie des Rommains. Et encores que l'argument ſoyt difficile, & qui demandoyt d'eſtre traicté par homme de plus grande exercitation en cest affaire que ie ne ſuis : toutesſois ceux, qui entendront la fin de mon petit discours, cognoistront aisement que je ne veux instruire comm: la guerre se doyt faire : ains que particulierement je preten de repreſenter par figures, retirêes des marbres antiques qui $ont à Romme & en nostre Europe, cho$e qui nus a esté incognue jusques â ce jour. Et pour ce faire î ay employé ce qui eſt en moy de diligence, de labeur, & d'eſprit ignoissant le plaisir que naturellement vous prenez aux armes, & auſſi pour vous faire congnoiſtre l'affection treſ- EPISTRE AV ROY. obeissante que i' ay de vous faire service ; vous suppliant treshumblement, Sire, de prendre la garde & protection de la gendamerie, cy-apres mise : qui se presentera furieuse à l'ennemi, quand elle congnoiſtra eſtre favoriſee du ſervici de voſtre majeſté ſacreé. POVR hoh the hchchohche hchche ⸫ 9.0. 5.6.6.6. 1.0.0..0..5.. S. 6. 5.6.5 eoλ. e/c e/ A . . — — ############################ BELACASIRA. METATION ET DISCIPLINE MILITAIREDES ANCIENS ROMMAINS. OVR vous monstrer, Sire, la fin de ce qui est necessaire à un Prince, qui veut faire la guerre triompham Ce qu'est ment, il faudroit avant toutes choses, necessaire à un Prinzo ordonner une armee, &, pour ce faiquivry re, il conviendroit de trouuer les faire la hommes, les armer, les mettre en orr/iem donance, les exerciter, les loger, & phamment. tonduire, pour apres les presenter à son enemy. Et en cecy consiste & demeure toute l'industrie de la guerre, à qui veut venir à chef, & tirer aucum fruict d'une vertueuse entretise. Et pource que la premiere chose & la plus necesaire est de trouver les hommes, nous commencerons à Constume Parler de l'election que faisoyent les anciens Rōmains, des Romquand ils venoyent à prendre tous les meilleurs hommes mains à d'une province pour leurs nouueaux soldats : & pour les l'elestion de leurs mieux choisir, ils recouroyent à la conjecture : laquelle nouueaux lient & se tire des ans & de la presence. Et combien que soldats. Pyrröm [Ytrhus, Roy des Epirottes, demandoyt le soldat grand, ie Ry des seroye Episcuis. CASTRAMETATION seroye toutesfois d'opinion de n'auoir point de regard à la grandeur du corps : mais seroyt plustost requis de considerer la grandeur du courage : pource que la magnanimité & force du cueur fait renommer, par raison, Cesar, les hommes plus forts que la grandeur. Cesar neantmoins regardoit à la disposition de la personne & à la grace du regard. Qui à fait dire à ceux, qui ont escrit de l'art de la guerre, que le bon ſoudard doyt auoir les yeux grāds, le coul nerueux, l'e$tomach releué, les doigts lōgs, le ventre petit, la jambe seche, & le pié essuit: lesquelles parties rendent volontiers l'homme dispos & fort : qui sont deux qualités bien requises, & que l'on doit chercher Les quali tés requises ordinairement en un bon soudard. Les autres ont dit que sur toutes choses il est trop plus que necessaire de regaren un hoi soudad. der aux coustumes & honesteté: autrement vous elisez un instrument de scandale & un commencement de corruption: pource qu'il est impossible qu'un homme, qui à esté mal nourri, puisse faire acte digne de louange : & par resolution il ne se trouvera chose, qui tant rende suffisant le soudard, que la vertu, qui engendre la honte, & qui le garde de fuir, & par ce moyen le fait venir à la victoire. Que profite de bien armer le soudard, & de bien montei l'home-d'armes, s'il se trouue couard & foible de cueur Certainement les choses, qui se font par dissimulation, par faueur, ou de grâce, font souuentesfois honte à celuy qui l'a fauoriſé : & (qui qlus eſt) avecques la perte de l'honneur, grand dōmage : qui le plus souuent ne se repare ju$Office d'un ques à la mort. Parquoy il est de besoing qu'un gentil Cabon Cap pitaine choisisse, quand il vient à faire sa bāde & à drec dine. sa compaignie, gens de service, vaillans, hardis, & su fisans: desquels il puisse retirer honneur pour luy, service pour son maistre, sans se fier aucunement en son licute DES ROMMAINS lieutenant, ou bien au rapport de ses compaignons. Car l'on trouve souventesfois des hommes, qui de corps & de visage se treuvent dignes d'este mis au rang des gens de biendesquels, apres avoir esté experimentés à la guerre, sont indignes de manier les armes, & de se trouver en bonne compaignie. Ce n'est pas le tout à un Prince d'avoir grand nombre de gensdarmes à sa soude veu que Plus prest si nous voulons croire les anciens) plus profite à la guerre te à la guenela verlà vertu, que la compaignie: &, si un Capitaine veut avoir tu que la de bons soudars, il est de necessite qu'il soit luymesme bõ campaig soudard. Mais ce, qui le plus souvent abolit toutes ces cho nie. ses, est la faveur: qui donne à gens sans experience les cōpaignies. Car certes il est bien difficile que le Capitaine puisse enseigner & monstrer à ses soudars ce que luy mesExeuita me ne fait faire. Nous lisons que Pompée le grand faiuse de Po soit exerciter ses gensdarmes à courir, & couroyt avec pée avec ques les plus legers, & sailloit avecques les plus dextres, & ses soucombatoyt avecques les plus forts, & prenoyt grand plaisir à draicuer la pierre, jetter la barre de fer, & le dard, & finalement à luiter à force de bras. Ce qui nous donne à congnoistre en quelle reputation il avoit toutes ces exercitations sifio PAbelliqueuses. Scipio l'Africain faisoyt aussi en tout temps filian exerciter ses soudras, sans pardonner au repos, empeschant per ce moyen l'oisiveté: ne jamais fatigve ny lassitude les $eut aucunement rendre recreus. Or pource que importance de l'election, de laquelle nous avons parlé cy dessus, n'est das petite, j'escriay premierement, le plus souinairement qu'il me sera possible, l'ordre, que tenoyent les Consuls Rommains en la levee de leurs legions, remittant le lecteur à lire plus au long la traduction des restes du sixiéme livre de Polybe (que tous ceux, qui ont escrit de l'art de la guerre, ont suyvi) per lequel se pour Machines de mère. Election des sonders Kömanis Nerfz de l'exercite Romains. CapitalCASTRAMETATION pourra veoir ſuffiſamment ce qui ne ſerviroyt que de redicte. Car certainement les traductions, que j'ay faictes des auteurs Grecs & Latins, & tout ce que j'en ay peu recueillir, n'a esté que pour donner autorité à noz figures: qui pre$teront (peut e$tre) quelque $oulagement à ceux, qui $ont curieux d'entendre la façon qu'avoyent les anciens Rommains d'armer leurs ſoudars, de drecer leur cāp & leurs boleverts pour la ſeurté de leurs vivres, faire la tortue, porter le belier, drecer les ſcorpiōs, arbaleſtes, catapultes, tours ambulatiores, grues, corbeaux, & pluſieurs autres choses, qui concerneut l'art & mestier de la guerre. Ainsi donc, pour le regard que les Rommains avoyent de leurs continuelles guerres, ils eliſoyent des jeunes & des vieux soudars:et par ce moyen procedoyent à l'experience par les vieux, et à la conjecture par les nouveaux. Sur quoy faut noter que les Rommains faisoyent ceste election, ou pour combattre ſoudainement, ou pour les exerciter en l'art de la guere, pour s'en seruir quand l'affaire le demanderoyt. Au surplus, pour suyure l'election des Rommains, apres que les Consuls avoyent pris la charge de la guerre, ils ordonnoyent leurs armes : pource que la coustume estoyt que chascum d'eux fist sa levee de deux legions de son lars Rommains: qui estoyt le nerf de leur exercite. Ils faisoyent encores vingtetquatre Tribuns militaires : quatorze du nombre de ceux qui avoyent servi à la guerre l'espace de cinq ans, et dix de ceux qui l'avoyent $uyvie dix ans: et en departoyent $ix en chaſeune legion: leſquels tenoyēt le lieu de ceux que nous avons nommés depuis Capitaines. Or est il que, quand les Consuls avoyent affaire d'une levee de soudars, ils faisoyent crier, à son de trōpe, le jour que tous les Rōmains, suffisans pour porter armes, se devoyent trouver ensemble. Ce qu'ils faisoyent tous les as: &, là ou le jour determi- DES ROMMAINS né estoyt venu, & qu'ils estoyent arrivés dedans la vile & assemblés au Capitole, les Tribuns se departoyent, par le cōmandement du Conſul, en quatre parts : pource qu'en Dôttende 7/ quatre legions faisoyent les Romains l'universelle divi1 K(1) sion de leur armee. Les quatre Tribuns, premiers éleus, insi estoyent ordonnés à la premiere legion, les trois ensuyvans Frs 1 à la ſeconde, les quatre ſubſequens à la tierce, & les trois 10 15 derniers à la quarte: & des plus au ciens Tribuns les deux me leg premiers à la premiere legion, les trois seconds à la seconde, les deux ensuyvans à la tierce, & les trois derniers à la quarte. Apres que les Tribuns avoyent esté ainsi departis & ordonnés, de sorte que toutes les legions avoyent leurs Capitaines egaux, les Tribuns de chascune legion se separoyent les uns des autres, & tiroyent par sort les compaignies, desquelles se devoyt faire la revice premiere levee : de ceste compaignie elisoyent quatre levredes son. des meilleurs hommes, jeunes, & semblables de taille. a lesquels venus, les Tribuns de la premiere legion faisoyent le premier chois, le second ceux de la seconde, & le tiers ceux de la tierce, & le dernier venoyt à tumber à à la quatriéme legion. Puis des quatre, qui estoyent presentes, apres ces autres, les Tribuus de la tierce legion elisoyent les primiers, ceux de la seconde estoyent les derniers. Par ce moyen, faisant tousiours ceste election pàr ordre, la distribution des hommes en chascune legiō estoyt egale. La levee n'estoyt pas si tost faicte, que les Tribus aslembloyent leurs soudars, en choisissant l'un des plus suffiSein F. du sans: duquel il prenoyt le serment d'obeïr loyalement à son forda Rums Capitaine, & de tout $on pouvoir accomplir $es cõmande mens, Al'heure tous les autres, en passant, juroyent particulierement, monstrans, par signes, de faire tout ce qu'avoyt juré le premier. Au mesme temps les Consuls Remm: sus mandoyẽt aux gouverneurs des cités confederees d'Italie le jour & le lieu, auquel se devoyent assembler ceux qui se royent Volitis. Ponditeurs. Ficul 2. turs. Amis des avrutcon reurs. Langarn Gegriffen du pile. Acrustre men de guerre les avanten CASTRAMETATION royent levés : lesquels, apres avoir fait leur levee & le serment accoustume, ils les envoyoyent, leur baillant un chef & un thresorier. Apres que les hommes estoyent trouvés choisis, & enrolés, il estoyt necessaire de les armar: &, pour entendre comment, il faut examiner de quelles armes usoyent les anciens Rommains : afin de congnoistre si celles, que l'on porte aviordhuy, sont approchantes des leurs. Nous lisons donc, pour le commencement, que les Rommains divi$oyent leurs gen$-de-pied en ges armés pesamment & en gens armés legerement : & tous les soudars, qui estoyent armis d'armes legeres, d'un mesme non estoyent par eux appelés Velites: sous lequel nō & vocable estoyent conpris tous ceux qui de loing pouvoyent offenser l'ennemi : comme jetteurs de pierres par la fonde, particulierement nommes Fonditeurs: ainsi que ceux, qui s'aidoyent de lancer des dards estoyet nommés Jaculateurs. La pluspart desquels (comme dit Polybe) estoyent armés d'un morrion lasse: & portoyent, au bras, pour leurs deffenses & pour se covurir, une rondelle, ayant trois pieds de diametre, avec un pile (qui estoyt faict comme un dard, & une courte dague, longue d'une brasse, sus le costé droict. Le pile avoyt la longueur de trois pieds & demy, & de la grosseur d'un doygt, avec un fer d'une paume de long, delié & agu : de sorte qu'à le jetter necessairement il estoyt contraint de pleyer, & pour cela inutile pour le redarder. Car autrement il eust peu servir aux uns & aux autres. Du temps de Trajan, de Adrian, & d'Antonin Pie, ces Avantcoureurs estoyent vestus les uns de corcelets simples : les autres les portoyent faits à e$caille, cõme ceux des archers : & les Fonditeurs estoyent vestus simplement de leurs habits & manteaux : qui leur servoyent pour porter les pierres qu'ils jetoyent. Et tous ces Velites, Fonditeurs, Jaculateurs, & Archers, faisoient courses &entreprises à toutes heures sur les annémis. Velit DES ROMMAINS. VELITES, OV Avantcoureurs. b 3 FON CASTRAMETATION FONDITEVRS, QV. IETteurs de pierres. . ② N O 3 N AR DES ROMMAINS ARCHERS avantcoureurs. S the Les Armes posa desde. for this Romains. Deceipti delger Courte da venamare Espai and Polybecsicht an. temps de ipist 1 CASTRAMETATION Les hommes, qui suyvoyent les Velites, & qui estoyent a la force de leur aage, portoyẽt armes pesantes: desquelles estoyt une salade, qui leur couvroyt la teste, en leur deſcendant par le devant juſques aux yeux, & par le derriere jusques sur les espaules. Ils avoyet le corps armé d'une cuirace : qui aloyt, avecques ses faudes, jusques sus le genovil: & si avoyent encores les bras & les jambes couverts de greves ou avantbras: & si portoyent un escu large de deux pieds & demy, & de quatre de lōg : lequel avoyt un cercle de fer par le haut, pour mieux $ou$tenir les coups d'eſpee, & pour le garder d'uſer & de ſe cōſomer ē l'appuyant contre terre. Il retiroyt à un pavois, sans la bosse ou coupe de fer, qui e$toyt $ur le $in milieu, faicte pour recevoir les coups de pierres, de pertuisges, de dards, & d'au tres armes violentes. Outre le pavois ils portoyent ceincte une eſpee ſus le coſté gauche, & ſus le coſté droict une courte dague (qui trēchoyt des deux costés) avec une poin cte fort aigue : laquelle ils nommerent Espaignole. Ils avoyent encores un dard en la main, pour lance contre l'ennemy : & portoyent aussi comme deux espieux, qui avoyent deux celles : la haute desquels ne passoyt point la longueur de quatre pieds & demy, estant ferree ju$ques au bout. Ce sont les armes des Romains : avec lesquelles ils se feirent Signeurs de tout le monde. Polybe (ce e$toyt du teps de Scipio l'Africain) leur donne un e$pieu, rand come un lançon, ferré & clové jusques au bout de la hāte : toutes fois il est bien difficile à croire qu'un espeu, si pesant, & si large, se puisse aysement manier avec un pavois & un dard. Car, pour le manier à deux mains, le pavois le devoyt empeſcher: & d'une main eſtoyt biē difficile d'en faire choſe, qui euſt eſté bonne, pour la peſāteur desdictes armes : & d'en combattre dedans les rang, ce stor DES ROMMAINS stoyt chose inutile, n'eust esté au premier rang ou l'espace estoyt assez large pour s aider de ladicte hate. Et, qu'il soyt ainsi que les Rommains, qui portoyent armes pesantes, nes aidoyent point de telles armes, ou bien s'ils les portoyent, elles estoyet inutiles, nous pourrons veoir, Tite Lire. par les batailles renommees de Tite Live, qu'il fait bien peu mention de telles armes : mais tousiours escrit que quand les drads estoyent lances, les soudras avoyent de coustume de mettre incontinent la main à l'espee. Les Grecs n'armoyent pas leurs soudras si pesamment que les Rommains : mais pour assaillir leurs ennemis, ils se fondoyent $us les picques longues, principalement $i nous voulons croire Aclianus: qui dit que les phalanges lorgoDr. I. de Macedonie userent de sarices (qui estoyent bastons Scriase. de dixhuict pieds long) avec lesquelles ils ouvroyent les $t. yer babataillons de leurs ennemis: combien qu'aucuns des Histoieds de riens ayent voulu dire qu'ils portoyent des pavois avecleng ques leurs picques. qui eſt choſe autāt difficile à entẽdre comme ce qui est ecfript des espieux des Rômains. Aussi en la deffaicte de Perses, Roy de Macedoine, faicte r 3 1/2.4. deine. par P. Aemilius, Tite Live ne fait point mention des D. 3. pavois: ains seulement parle des sarices. Dion, en la vie l'Antoninus Caracalla, sils de Severus, recite que la Armes de phalange de Macedoine, du temps d'Alexandre le Grand, la pallanestoyt de seize mil hommes: laquelle usoyt d'une salade, gede Macedaine du faicte de cuir de beuf tout crud : & la cuyrace, que por temp. d. oyt le soudrad, estoyt triple, faicte de lin: l'escu de cuyExarére le re la picque longue la javeline & l'espee courte. Nau, Grand pource que nous sommes venus à parle des armes des Grecs, il m'a semblé n'estre point hors de porpos de metArmes de re la maniere, de laquelle Homere, au troisi me livre de . son Iliade, a voulu armer Paris Alexandre : quand il dit que la demippre d'Howere, 27 3 de son Uliade CASTRAMETATION premierement il s'accoustra de ses greves : secondement il prit sa cuvrace : en apres il pendit son espee sus son costé, & mit son escu, grand & fort, sus ses espaules, & sus sa teste son morrion : lequel estoyt accoustre d'un pennage che, qui branloyt quand il venoyt à se remuer. Dupuis il prit une ha$te roide & forte:de laquelle le fer relui$oyt comme fin argent, & dont aysement il se pouvoyt aider en bataille, & de ceste facon de pennaches rouges & noirs, relevés d'vn pied & demy sus leurs morrions, use rent encores les anciens Rommains, faisant cela resembler le soudard plus grand, & par ce moyen de plus belle apparence & plus furieuse à l'ennemi. LEc DES ROMMAINS. LEGIONAIRE ROMMAIN. redire du marbre antique, qui eſt à Magonce. CASTRAMETATION LELEGIONAIREAN tique, qui eſt à Narbone. S LEGI. DES ROMMAINS. LEGIONAIRE ROMMAIN, Å¿us la declination de l'Empire. P Amets a certaine part.) and r.m. Rom 1. a 1 befund Cruique CASTRAMETATION Je n'avoye pas delibré d'escrire du legionaire Rommant, qui estoyt du temps des Empereurs Orientaux, faisons la guerre contre les Goths en Italie, sans une sigure retiree de l'antique, qui autrefois, m'a esté donnee par un Allemand, homme de lettres & de savoir : par laquelle l'on pourra voir les armes & accou$tremens de guerre, que porterent les soudras sur l'inclination de l'Empire de Romme. Ce qui se trouvera fort different à l'accouſtrement des legionaires, qui floriſſoyēt ſous les bons Empereurs Rommains : comme furent Traian, Hadrian, Antonin Pie, & Marc Aurele: sous lesquels les gens de guerre, tant de pied que de cheval, estoyet en leur force & vigueur, & les armes & discipline militaire en treigrande reputation. Et ne faut s'esbair, si Veg ce crie contre les ſoudras de ſon temps, qui avoyent laisse l'armeure legere & pesante des anciens, & alloyent tous nus à la guerre : dont se trouva la cause & le uray chemin de la perte de plu$ieurs batailles, ayans, les $oudras à la fin pris un accouſtrement barbare & Gottique, fort different à celuy que j'ay representé cy dessus. Car, pour les corselets & cuyraces, ilz s'armerent de cotte de laine & de coton contrepoinctees, imposant un nom inu$ite de Thoracomache à leur jacques : & ju$ques à ce our tel accoustrement a retenu ce nom : qui ne signifie autre chose que thorace ou cuyrace de guerre : mais bien tenoyt le lieu du corselet militaire des anciens : & ont duré telles armes, accompaignees des grandes arbaleſtes de bois, juſques à ce que les arts & la diſcipline miliceire $ont retournées en leur entier, & que, pour l'arbale$te de bois & d'acier, le $oudard a pris l'arquebus, l'alebarde, & la picque. Telle façon de se vestir fut inventee pour eviter la pesanteur & la rudesse des harnois, pour DES ROMMAINS pour obvier au froid, estant devenu le soudard plus delicat, pour la crainte qu'il avoyt de campeger en hyver. Et si par fortune le lecteur demandoyt, comme pouvoyt le soudard porter tel habit, quand il estoyt movillé pour la pluye, je respondray que la coustume pour lors estoyt d'avoir un accouſtrement de cuir à manches: quils jetoyent, au temps de la pluye, sur leurs thoraconiaches: les Capitaines les portoyent de velours & satin crainoilacques de sis : les Dizeniers & Centeniers, de soye de differenGourner tes couleurs : les soudars, de futaine & de toile teincte. Au demeurant, pour le cabacet ou morrion, portoyt le soudard une salade à rovelles: & armoyt ses jambes, de greves, & les pieds, de souliers bandés & bordes de fer, ceignāt son eſpee ſus le coſté gauche: &, pour ſe couurir, portoyt, da la main gauche, un grand bouclier de bois, couvert de cuir, bandé de fer, à l'anviron, & de l'autre Lagare à main une ha$te, longue comme une zagaye a la genette, F.m.te. ou bien un pile fort & pui$$ant, qui avoyt le fer triangulaire : & en tel equipage marchoyt le londard & legionaire thoracomaché contre l'ennemi. Pour retourner à noz gens-de-guerre Rommains, Anerie la plus grand partie des Hastats portoyt une piece d'aeba raiu, d'une paume de large (qu'ils nomn. oyent Gardegar le dicho cueur) devant l'estomach: & avec telles pieces ils estoyent entierement armés. Ceux, qui passoyent de leur bien quinze cens liures, prenoyent, pour leurs garde-cueurs, Corois de avecques les autres armes, des cottes de mailles. Les males. Princes & les Triaires avoyent une mesme maniere de Améris s'armer: fors que pour les espieux ils portoyent certaines Princees & Triches. ha$tes plus longues & ſemblables aux zagayes. Oreli$oyēt ils les Chefz-de-bandes de toutes ces façons dessusdictes (exceptés des plus jeunes) jusques à dix les plus gens de bien Randes. O.W.S. Truppes. buschues Enseignes des Rom wans femmes Panonſci gne se * Berlin Les mains deutse concorde Portenscithe 1.1.71. Pyr F. i enseigno du dragon. CASTRAMETATION bien : &, outre ceux là, encores autres dix : lesquels ils nommerent tous Chefz-d'ordonnance : & de tous ceux là le premier eleu entroyt au conſeil. Ceux cy eliſoyent tout autant d'Arriere-Chefz. Cecy faict, ilz divi$oyent, avecques les Capitaines, chascune aage en dix parties (exceptés ceux qui portoyent le pile) ordonnant à chascune bande deux Chefz & deux Arriere-Chefz, de ceux qui desia avoyent esté esleus. Au regard des Hastats, qui demeuroyent, ils les distribuoyent e$galemēt par toutes les bandes : lesquelles ils nommoyent ordres, trouppes, en$aignes, & leurs Capitaines, Centurions, & Chefzde-bandes. Ceux cy elisoyent encores, pour chascune bande de ceux qui re$toyent, deux pui$$ans hommes, genereux, & hardis, pour Portenseignes: desquels ilz se servoyent pour guide & pour se mettre en ordre : & ce que lon peut veoir par les antiques marbres & sculptures, ſelon les trouppes, cohortes, & compaignies, les en$eignes e$toyent differentes. par ce que les uns portoyent l'image & le visage du Prince, nommés des Latins Imaginiferi: les autres fercules, avecques les mains, symbole de concorde: & les autres l'aigle d'argent, se reposant sus une petite arule ou fercule: qui se portoyt par le porteur de l'aigle (quils nommerent Aquilifer) au bout d'une haste, au demie picque, se finissant en poincte aigue, pour plus aisément la planter dedans terre, comme dit Dion, au liure quarantiéme de son histoire Romaine. Et la raison, qui meut les Rommains de la porter d'argent plus tost que d'or, fut pource que l'argent se voyt de plus loine, comme dit Pline. Les dragonaires portoyent le dragon: qui avoyt la teste d'argent, & le demeurant de tafetas: que le vent faisoy DES ROMMAINS. faisoyt branler en lair en la façon d'un uray dragon : qui estoyt attaché aut bout d'une haste, avecques gros cordons, enrichis par le bout de houppes de soye. Le Laba- Enseigne du Labarum, porté quand l'Empereur se trouvoyt au camp, rum. estoyt une enseigne de couleur de pourpre, enrichie d'une frange d'or par le bout, & de pierres precieuses, comme l'on verra plus amplement au liure de mes Antiquites de Romme. IMA CASTRAMENTATION IMAGINIFERI, PORTENſeignes de l'inmage du Prince. SIG DES ROMMAINS SIGNIFERI, Portenseignes. C — 42 CASTRAMETATION A QVILIFERI PortenÅ¿eignes des Ailges. DRA DES ROMMAINS DRACONARII, ET LABARIFERI, PortenÅ¿eignes du Dragon & du Labarum, cornette de l'Empereur. . Vegece Affaires de guerre non point d'ex cise Divisione la carale rie des R mains La bonne conduitte le ho conse il est trop mieux à la guerre que ta hardit CASTRAMETATION L'on pourra veoir, par les figures precedentes, comme les Portenseignes portoyent leur cuirace, la courte dague, ceincte sus le costé droict, la cotte d'armes, gréves, &, pour le morrion, un accouſtrement faict à la uraye semblance d'une teste arrachee d'un lyon : laquelle servoyt (comme dit Vegece) pour rendre le Portenseigne plus feroce & plus terrible à l'ennemi. Apres les Portenseignes les Rommains avoyent deux Capitaines à chascune bande, pour estre chose incertaine que pouvoyt endurer un chascun d'eux. Car (comme Cato disoyt que les affaires de la guerre n'avoyent point d'excuse : pource que soudainement la penitence suyvoyt la faute) pour ceste cause ne permet toyent jamais les Rommains que leur bande demeurast sans Chef ou Gouverneur : & si par fortune les deux Capitaines estoyent presens, celuy, qui avoyt esté éleu le premier, guidoyt le costé droict de la bande, & le secõd ceux qui estoyent du costé gauche de l'enseigne. Si l'un de failloyt, celuy, qui estoyt present, gouvernoyt tout. Les Rōmains divisoyent leur cavalerie en dix ælles, que nous appelons bandes (nom, s'il ne se trouve propre, à tout le moins aſſez cognu, pour ſon uſage) prenans de chascune trois Capitaines : desquels lon choisissoyt trois Arriere chefs : & de ceux cy le premier estoyt Chef de la bande, les autres tenoyent l'ordre de Decurions ou Dizeniers : le second tenoyt le lieu du premier en son absence. Au demeurant ilz ne desiroyent pas tant la haudiesse & mespris de la mort en leurs Capitaines, qu'ils faisoyent la bonne coduitte & le bon conseil, & qu'ilz teinssent bon, sans abandonner le lieu qui leur estoyt or donné. Apres que les tribuns avoyent fait leurs divisions, & qu'ils avoyent fait ces manieres d'ordonnances concer DES ROMMAINS concernants les armes, ilz renuoyoyent les nouveaux soudars en leurs maisons : &, quand le jour ordonné estoyt venu, auquel ils estoyent assignés per les Consuls, tous ceux, qui avoyent fait monstre & qui estoyent enrolés, s'assembloyent, sans nul excepter: attendu que l'on ne recevoyt point d'excuse : si non pour l'augure ou pour la Les Rommains à la santé. Les aliés n'estoyent pas si tost assemblés avecques guerre na les Rommains, que les Capitaines, ordonnés par les renvoyent Consuls & appelés Prefects (nous les nommerons Gouerose si verneurs) jusques au nombre de douze avoyent la non peur l charge de leur departement & traictement : lesquels eliaugure M soyent les plus adroits de tous leurs gens pour servir pour li loyalement aux Consuls, autant ceux de cheval que les santé gens-de-pied, qui estoyent arrivés pour le secours, & nommés Extraordinaires. Toute la trouppe des auxiliaires estoyt le plus souvent, quant aux gens-depied, egale aux legion's Rommaines. Le gens-de-cheval estoyen. deux fois plus: desquels ils prenoyent presque la tierce partie en extraordinaire, & la cinqueme aux gens-de-pied. Au demeurant, ils divisoyent la reste en deux bataillons : le premier ils nommerent bataillon dextre, & l'autre senestre. Toutes ces choses ainsi ordonnées, les Tribuns, prenans les Rommains avecques les aliés & confederés, tenoyent camp, ayans tousiours une mesme façon de faire à l'asseoir : dont ils userent en tout temps & en tous lieuy. Mais, premierement qu'ils veinssent à le drecer, ils regardoyent, sur toutes choses, la bonté de l'air (ainsi que recite Vitruve) & Vatruve. pour ce faire, ils regardoyent les intestins des bestes quilz avoyent immolees, pour savoir si elles estoyent entieres & saines : & s'ils trouvoyent qu'elles eussent esté offensees & blecces de l'eave, ou du pasturage, ils trans Diligence des Rom mains, pour garder la santé de leur camp Palissi. met fosse clousture du camp des Rom mains Titie Live. Cavalerie des Rommains pour la garde des jeune soudars. CASTRAMETATION transportoyent & remvoyent leur camp en un autre lieu : tant ilz furent soigneux & diligens pour garder la santé de leur camp & de leurs soudars. Si le Mareschal du camp trouvoyt que le camp se peust asseoir pres des forests & des bois, il commandoyt aux soudars de prendre leurs coignees & de couper du bois, pour faire le palissement & closture. Ce que les uns faisoyent, & les autres le fossé pour se fermer à toute diligence, boutant souventesfois la terre par le dedans, à servir de rempars. Par ce moyen le camp estoyt en defence, les gens darmes plus forts, & leurs ennemis plus grevés & si pouvoyent demeurer plus seurement aupres de leurs ennemis ce que nous lisons au neusiéme de Tite Live qui dit que les loges & demeurances des Rommains, en leur camp estoyent asses seures : pource qu elles se trouvoyent ordinairement bien fortifiées. C'estoyt un grand plai$ir que de veoir les jeunes $oudars, quand la trompette sonnoyt, delai$$er leurs armes, mettre bas leurs pavois, oster leurs morrions hors de la teste, & souventes fois se despoviller de leurs corselets, & prendre des hoves, & des pales, pour nettoyer le fossé : qui se faisoyt ordinairement de douze pieds de profondeur & autant de largeur : & si les Rommains estoyent pres de leurs ennemis, les Triaires & la cavalerie e$toyt en ordre de bataille, pour garder ces jeunes soudars d'estre surpris de leurs ennemis. SOVD DES ROMAINS. SOVDARS, QVI COVPPENT. du bois pour faire le camp. — CASTRAMETATION LES SOVDARS, Q. font le fossé & palissement. A S ⵛⵓ XXX DES ROMMAINS. Apres toutes ces choses, les Chefs de bandes ve-Trenchées du camp. noyent regarder les trenchées, & mesurer la grandeur & profondeur des fossés, faisant punir ceux, qui avoyent esté paresseux & negligents à faire leur devoir : & savoyent les Capitaines les quartiers, que chascune trouppe de soudars devoyent tenir. Cela faict, la tromLi retraiette sonnoit la retra cte : & alors le Tribun & le Prede ce ſai fect des gens-darmes, qui avoyent visité le lieu pour asde la soir le camp, marqoyent premierement la place pour compelle. la tente du Consul ou General, & puis celle des Tribuns ou Marc schaulx, & consequemment des legions, puis diz designoyent les rues, parquoy chascun cognoissoyt la rue & le quartier ou devoyt estre son pavillon : veu qu'ils tenoyent tousiours une mesme place au camp : & Fagen des tous, en general & en part culier, savoyent en quel temer & partier estoyt leur demeurance. Et, alors que tout edes Rom stoyt achevé, les gens-darmes Ronimains, confederez & nains. aliez, se retiroyent dedans leurs tentes & pavillons : qui estoyent couverts de petits ais, & environnéz de toile : comme la figure de l'antique marbre, cy apres mise, facilement le fait conguoistre. CASTRAMETATION FIGURE DU CAMP DES ROMMAINS. portes, palissemens, fosses, tentes, pavillons des gens darmes & soudars, retirés du marbre antique: qui se voyt encores aujourdhuy. L the S N ① — T DES ROMAINS. Au sur plus, c'estoyt une chose bien necessaire, apres que le camp estoyt fortifié, de pourveoir à la campaigne, de donner ordre que les blez & les vins & le bestial fussent gardés de la course des ennemis, tant pour la feureté des vivres & munitions, que pour garder le foing, la paille, le bois, & tout autre fourrage. Ce qui ne se pouvoyt bonnement faire, sans que les lieux circunvoisins fussent gardés par les gens-darmes : & par ce moyen estoyent asseurés les chemins : estant bien difficile à l'ennemi d'entreprendre d'aler courir jusques aux lieux qui estoyent gardés le jour, & la nuict avecques flambeaux. Les anciens, sur toutes choses, pensoyens de tenir leur camp bien pourveu de blé & de vin : combien que les Rommains ne penserent oncques au vin. Car, si leur venoyt à falllir, ils beuvoyent de l'eave, mellée avecques un peu de vinaigre : & ne se trouve gueres qu'entre leurs munitions soyt parlé, en sorte que ce soyt, lu vin : mais tousiours d'eau & du vif aigre. Toutes foys, si les Rommains avoyent la commodité des rivieres, ils faisoyent venir du vin, le faisant charrier & decharger par les soudars, sans empechement, jusques au camp: 1 à ou il estoyt en sureté pour la garde des petites loges . palissres, qui servoyent de boulevers : que les anciens hiloriographes ont nommé Procestria. I I. CASTRAMETATION FIGVRE DES BOVLEVERTS ANTI gnes, pour garder le bié & le vin, nommés Proceſtria. DES ROMMAINS. SOVDARS, QVI CHARGEOYENT du vin, pour le conduire jusques au camp. CASTRAMETATION Par la peincture qui est veve cy dessus, prise du marbre de la colonne Trajane, il est à presupposer que les muis & tonneaux estoyent plus tost remplis de vin que de vinaigre : & ne fays point de doute que, du temps des Consuls & de l'ancienne discipline militaire, les gens-darmes Le freda ne beussent de l'eave, meslee avecques un peu de vin 1 trava ds aigre, comme j'ay dit: et, s'ils beuvoyent du vin, c'estoyt par accident. Depuis qu'ils vindrent à vivre sous les Empesl'autre me slie ave reurs, ilz eurent le moyen d'en boire, manger du pain frais, du vinal & vivre plus à leur aise qu'ils ne faisoyent au paravant : & la coustume, qu'ils avoyent de ne cuire point le pain au four, se trouva par succession de temps abolit, & laisserent les gasteaux, tourtes, bignetz, talemouses, & autres viandes de bõne saveur qu'ils faisoyent d'une certaine quatite de farine, qui leur e$toyt di$tribuée tous les jours à la inunition. Bien est il vray qu'ilz avoyent quelque peu de lard, la qui leur servoyt pour faire leur potage, & donner quelque peu de gou$t à leur viando. Aussi c'e$toyt tout. Ilz su. te do comp. des avoyet grande quantité de bestail à leur suitte : comme beufs, Romain vaches, pourceaux, & moutons : qui ne donnoyent point d'e peschemet à un camp: dont a renoyt que l'armée de Romains faisoyt grand chemin, sans souffrir aucune necessité de vivres : pource que le bestail, gros & menu, les suyvoyt bien facilement. Et, si par fortune l'armée estoyt contrainte de cheminer plusieurs journées par lieux deserts & solitaires, les soldars, en ces entreprises difficiles & dā gereuses & là ou le peril estoyt eminent, portoyent leurs vivres, hardes, farine, vase, pot, & culier, an bout des haLe fidan stes, ou javelines, desquelles ils s'aidoyent pour repousser bout de son leurs ennemis : & si ne le trouvoyent point penible & diffi hasle ha cile, par ce qu'estans jeunes, ilz s'estoyent exercités à porter les Isac gros fais & grosse pesanteur. De telle ordonnance fut in rina. venteur Marius, pour oster la superfluité du bagage DES ROMMAINS. de tout autre attiral, que souloyt porter son exercite : par quoy furent nommés ses soudars les mulets de Marius. Les mulets C'st ce Marius sept fois Consul, qui par ordre vint aux de Marius. honneurs, & fit la guerre contre Jugurtha, Roy de Numidie : le deffit, & le prit, & triomphant le mena devant son char. Il deffit encores l'exercite des Allemans, & chassa les Cimbres, peuple de Germanie : & de ceux la & des Theutones il triompha pour la seconde fois. Estant en son sixiéme Consulat, il remit la Republique Rommaine, toute troublée de seditions, en son entier. Apres la soixante dixiéme année de son aage il fut chassé de Romme par les guerres civiles : & depuis avecques les armes restitué. Et au dernier de ses Consulats, il edifia, des despovilles des Cimbres & des Allemans, le temple d'Honneur & de la Vertu, comme l'on peut veoir plus amplement par l'epitaphe qui est au liure des Epigrammes de l'antique Romme. LE CASTRAMETATION LEGIONAIRE ROMMAIN. qui porte Å¿es hardes & viures par pais. 1 D DES ROMMAINS. DelicitesAujourdhuy les soldats sont devenus si delicatz que le desf. l. si le jour se passoyt sans boire bon vin & manger pain d'un d'anfrais, le service du Prince, ou de la republique, qu'ils serGu.4.de. viroyent, ne passeroyt point un jour. Les gens-de ### cheval du Grand-Seigneur, pour grands qu'ilz soyent, gros gunt. portent tous, à l'arçon de la ſelle, une maniere de vaſe d'argent ou de brouse (selon la qualité des personnes) qui ne ſert d'autre choſe, que pour porter un pain d'un double, accompaigné d'un morceau de chair (soyt de mouton, de beufou de poule) avecques une poignée de raisius de Darcas, figues, ou bien autre fruict: ayans egard que, s'ils venoyent à faire long chemin & à passer par lieux deſerts & que par fortune leur bagage ou attiral ne les peust suyvre, ne se trouvassent sans viures. Et comme les Romains en tel cas passoyent douze ou quinze jours de chemin, portans leurs viures, tout ainsi les Turcz les portent pour trois jours, & pour le cheval Les Turcs to sit. li une certaine mesure d'orge sus la crouppe, pour obvier quere vià tous inconveniens qui leur pourroyent $urvenir. Les vres pour trois jours. Tartares, en la necessité de la fain, font saigner leurs Les Tartars à lune chevaux (par ce que tous universellement sont gens de cheval) & si la fain les presse trop (combien qu'ilz la cesté de la sam sont portent asses longuement) ilz les tuent, & les mangent, tiguer plus tost que de se retirer à houte de leurs expeditions : & ne faut point trouver estrange s'ils trouvent telle chevaux. chair de bonne saveur, car il n'y a si grand Signeur enVital de tre eux, qui ne tienne pour viande la plus delicate qu'il thards Tara's Puisse manger, la teste d'un chevale mesmement si elle est mel areste encore saignante, & bien mal cuitte : & la servent mal u. sic. toute entiere en leurs festins & banquets, comme nous d'un de faisons en France la liure d'un grand sanglier, par singularité. En ce temps le Grand-Signeur n'a que faire de CASTRAMETATION vin pour ſes ſoudars, qui ſont Turcs : à cauſe que leur lot le defend : & en la necessité ilz se passent bien longuement ſans manger pain : à cauſe de l'abondance du ris, Abend in ce du ns au que l'on porte continuellement apres leur camp. Aussi cunp du est le ris leur plus estimé manger, le faisant cuire si grand Turc. espois, qu'ils le levent par pieces avecques les doigts : & outre, ils ont une certaine paste de froment, meslee avec ques du laict, nommée en langue Turquesque Boude Boudoquy paste de quy : qui se fait en ceste maniere. Premierment ils froment prennent le grain du froment, tout pur, & le font boullir jusques à ce qu'il soyt crevé. Apres ils le prennent avecques $a decoction, & une certaine quantité de laict aigre, & le reduisent par pelottes, grosses comme un esteuf, les faisans secher au four, ou bien au souseil, selor la diſpoſition du temps, portants ce boudoquy les Turcs ordinairement avecques eux. Quand ils tiennent camp les soudars Turcs, qui ont besoin de pain, en font une maniere, qu'ils appellent pain de pierre : qui se fait en Pain do pierre prenant une quantité de cailloux, ou bien autres pien res, de la grosseur d'un oeuf, les rengeans par terre & faisans du feu par dessus, jusques à ce qu'ils congnoissent qu'elles soyent chaudes, faisans de leur farine paste en maniere de tourte, qu'ils e$tendent $ur le$dicts cailloux pour les cuire. Qui e$t un pain de tresbonne $aveur, faict selon la coustume retenue des anciens Romains Encores se passent les Turcs bien aisement de chair frai$che : par ce qu'ils portent avecques eux chair de beuf, moyennement salée : laquelle ils nomment l'astremaPastrema chair de qui se fait par pieces decouppées de l'espesseur d'un beufpen doigt, comme si c'estoyent carbonnades qui eussent pris s. lee. $el de deux ou trois jours : & pendent le$dictes pieces en lieu sec & ou le vent frappe le plus fort : si que par ce moyen DES ROMMAINS. moyen sont dessechees de telle sorte, qu'elles se portent facilement, & les mangent les gens-de-guerre, autant de pied que de cheval, crue & rou$tie de$$us les charbons, si la chair fraische leur vient à faillir : & les portent les Turcs pour le dernier remede, quant à la chair. car, des autres viures, ils en sont bien fournis: comme des Carobes. biscuits, ris, féves, lentilles, miel de mousches, & de carobes, & d'une autre espece de miel de raisins, qu'ils nomDels. miel de raisins ment Debs. Quant à l'eave, les gens-de-cheval, de quel que font que condition qu'ils soyent, sont contrains de la faire les Turcs. porter, & les Jannissaires & Solacques (pietons) sont Jannislai fournis d'ave, par le commandement du Grand-Si-res & Sogneur : qui leur est portée en certains lieux ordonnés l'iques Pietons. (par ce qu'ils marchent ordinairement tous ensemble) & là leur est distribuée, comme est le vin aux soldats François, à l'estape & munition. Toutesfois les Grands signeurs ne boyvent pas l'eave tousiours pure : mais souventesfois la meslent avecques le sucre : & nomment cette eave sucree, entre eux, Secher. Celle, qui se fait Secher. avecques le miel, se nomme Terbech, ou Cherbech. Cherbech. Ils font encores une autre sorte de breuvage, bon & doux, composé d'uves passes (que nous appelons raisins de Damas) apres qu'ils ont jetté le grain dehors, les faisant cuire avecques l'eave. Aucuns y ajoustent souventesfois prunes, abricotz, poires, & figues seches, & l'autres y mettent de l'eave rose, & un petit de vray miel. Cette eave se demande Hossaph: laquelle se vend Hoffaph. au camp, & par toute la Turquie. Ils ont encores une espece d'eave, faicte de moust : &, au goust & à la veoir, elle retire au miel : & detrempent telle composition avecque l'eave, la faisant servir pour le boire de leurs esclaves. Le Grand-Signeur use en son camp d'une grande Hospitalite d. Griec Sign.ur. Dissats Billa bey Sajarques Agips. Capitgen Laloyde Mahomet defent have cun te avec la m'e' pou. I say any Fmeurs. CASTRAMETATION grande hospitalité, à l'endroict de ses soudats. car il fait tenir par dedans gens expressement: qui portent de l'eave à pleines utres, faictes comme celles ou l'on porte le vin par les montaignes d'Auvergne, avecques tasses d'airain, pour donner, en I'honneur de leur prophete Mahomet, à boire à chascun, qui en veut, & qui en demande. Outre cela, les Bassats, Billarbeyes, Sanjarques Agaps, Capiagaps, Gouverneurs des provinces, Capitaines, & Lieutenans, font une mesme charité & au mosne, pour les ames de leurs predecesseurs. Or est il qu'il ne se trouvera entre eux personne, qui ne porte à la guerre un vase de cuir : qui se plie comme fait un bonnet carré. La façon en est auiourdhuy assez congnue par toute la France. Au dedans il eſt garni d'une eſponge : qui est imbue & remplie d'eave, pour la crainte qu'ils ont qu'elle ne verse, quand ce vient à courir & che miner par païs : &, si le Turc veut boire, il vient à ser rer l'esponge qui rend facilement l'eave, qu'elle a receve : & par ce moyen le soldat s'estanche la soif, quand il a appetit de boire. Universellement par toute la Turquie, selon la loy de Mahomet, est defen du le vin (comme j'ay dit) & boyvent tous les Turcs ordinaire ment de l'eave. Les plus grands, & les plus riches, eaves composees: comme sont julets, eaves sucrees, ou cuitteavec le miel, en tout temps : &, craignans que l'eave l'hy ver ne leur face mal pour sa froideur, ils boutent un charbon vif dedans le verre ou vase, qui est plein d'erve : & par ce moyen la boyvent sans nul danger. Par tout tes ces choses l'on pourra congnoistre la façon de faire des Turcs, & leur maniere de viure à la guerre, en enſuyvant l'ancienne couſtume de la diſcipline militaire Rommaine. Apres DES ROMMAINS. Apres que la camp eſtoyt drecé, & les genſ-de-pied, & la Cavalerie, mis en ordre, avant que de combattre, le Consul, ou l'Empereur, faisoyt drecer un autel, pour faire sacrifices, conduisant en leurs compaignies sacerdotes & victimaires: tant ils eurent la religion devant les yeux. Ce que nous congnoissons par la tresnoble sentence de Cicero, De aruspicum responsis: Cicero De 1 quand il a dit que les Romains, encores qu'ils ne fusFagis. sent de nombre égaux aux Espaignols, de force aux Gaulois, d'astuce eux Africains, de science aux Grecs, d'esprit aux Latins, de pieté, religion, & avecques la seule sagesse (par laquelle ils avoyent regardé que toutes choses edoyent gouvernées par l'aide des Dieux immortels) avoyent vaincu toutes manieres de gens & estrangeres nations. Certainement c'est une chose tres necessaire pour maintenir une armee, un Royaume, & une Republicque, que la religion en un exercite : laquelle est cause du bon ordre : le bon ordre fait la bonne fortune : & de la bonne fortune succedent les heureuses entreprises. Parquoy les anciens Rommains, penserent que la religion gouvernoyt les armes : au contraire, sans icelle, qu'il estoyt bien difficile de les Delabmne fo. tune maintenir longuement, principalement en leurs entre succedent prinses d'importance. Et en tous leurs faicts militaireuses entes, mesmement quand ce venoyt à combattre, ils ureprises. loyent des sacrifices: ny jamais un Consul, on Genetal, eust pris le chemin de son expedition, qu'il n'eust premierement persuadé à ses soudars que les Dieux leur promettoyent la victoire. A cette cause ils n'ale- Religium des mains. reut oncques sans les ministres de leur religion: qui menoyent avecques eux ce qui estoyt necessaire pour sacrifier; ne trouvans meilleur moyen les Rommains, pour CASTRAMETATION pour mettre le cueur de leurs soldats en ob$tination de la victoire, que les inciter à faire jurer : tant ils eurent la religion en reverence & honneur. Parquoy $ouvent tefois cela s'est trouvé le dernier refuse pour gaigner une betaille, ou pour prendre l'eſperance de recovures la vertu, perdue par la crainte qu'ils avoyent eve de leurs ennemis. SACR DES ROMMAINS. SACRIFICE DV CONSVL, ACcompaignê de ses sacerdotes, victimaires, & nistre qui porte l'ac N CASTRAMETATION Nous avons entendu briévement comme estoyt ar mee l'infanterie des Rommains. Il demeure à veoir les armes de la cavalerire : lesquelles furent au commence ment fort semblables à celles des Grecs : qui estoyent sans cuirace, & combattoyent en saye, par ce moyen plus adroits à cheval, mais en plus grand danger au com bant, comme gens nus & deſarmés, eſtans leurs piles, dars & javelots inutiles, pour le mouvement du cheval, leurs escus de cuir de beuf relevés, qui s'enfloyent à la pluye parquoy $ans pro$$it. qui en feit perdre l'u$age, les changeans incontinent, pour prendre la façon des armes Grecques. Aujourdhuy, pour le regard des selles arçonnées & des estriers non usés des anciens, les gensdar 10 fesan mes $ont mieux à cheval, & plus adroicts qu'ils n'estoyent mes rom wains it pas alors : & s'arme noſtre gendarmerie trop plus ſeure l. zë. duval săs ment : de sorte qu'aviourdhuy une compaignie d'homGirur. mes-d'armes seroyt avec plus grande difficulté souste nue que l'antique cavalerie des Rommains : à cauſe des $elles de leurs chevaux, qui retiroyent plus aux ba$tieres couvertes de cuir, qu'aux selles-d'armes : qui depuis ont eué trouvées. CHE DES ROMMAINS. CHEVAL HARNACHE à l'antique de l'homme-d'armes Armes de gens-de chesval Q. Curse CASTRAMETATION Au regard des-gens-de cheval, l'homme-d'armes Rommain estoyt pourveu d'un lançon, qu'il portoyt à la mair droicte, & d'un grand escu à la gauche: & estoyt cou vert d'une cotte de mailles, qui luy tomboyt jusques sus les genoux, d'avantbras, gantelets, gréves, & d'un morrion, lacé & accou$tre par le de$$us de son pennache Souventefois les chevaux estoyent bardés de mailles & lames de fer, mises par ordre, comme celles des brigans dines, que l'on portoyt au temps pa$cé, comme j'ey veu par une figure retiree du marbre antique. Telle coustume leur estoyt venue des Perses : comme l'on peut veoir par Q Curſe : qui recite que les Perſiens avoyent leurs chevaux bardées de lames de fer, comme nous avons encores aviourdhuy HOM DES ROMMAINS. HOMME-D'ARMES DV TEMPS des anciens Romains. . 1 Des Armes des chevaux legers. CASTRAMETATION Des chevaux legers, les uns portoyent vne javeline, & au bras gauche un grand escu : les autres trois dard d'assez large poincte, avec le meſme eſcu, qui leur peu doyt au bras $ene$tre, & de la main droicte un tout $eul, avec une ſalade, ou cabacet, & cuiraces ſemblables à cel les des gens-de-pied. CIII DES ROMMAINS CHEVAVX LEGERS armés à l'antique. ① CASTRAMETATION IACVLATORES, IET teurs de dards. S Welti Les DESROMMAINS. Les Archers-à-cheval, qui estoyent armés à la legere, portoyent sur le dos une trousse pleine de flèches, & un are comme turquois à la main gauche, la fleche à l'autre main, preste à tirer, l'espée pendue sus le costé senestre: & tous portoyent morrions & greves, & aucuns une dague sur le costé droit. Quant au reste des autres armes, selon le temps elles ont esté differentes. Car, de ceux que j'ay fait peindre cy apres, elles sont retirées de la cavalerie de Traian & d'Antonin Pie, comme l'on voit par les marbres antiques, qui sont à Romme. AR Archivs. cheval armis dla legere. CASTRAMETATION ARCHER-A-CHEVAL, DV nombre des Chevauxleges. estoy DES ROMMAINS Tous ces Chevaux-legeres, encores qu'ils fussent d'armes & a coustremens differens, si est ce qu'ils estoyent condvits & menés par leur Enseigne: qui portoyt l'aigle, de la main gauche, aſtiſe ſus une petite arule, à la mode des autres, que nous avons veues cy dessus : lice toutefois, par dessous, d'une cornette de tafetas qui . monstroyt la difference de l'aigle des Hommes-d'armes em Le teà celle des Cheaux-legers. Pour le morrion il portoyt Le su luy une teste de beste feroce : qui le monstroyt plus furieux de l'enseig it ipar & terrible, à la uraye semblance des Portenseignes des wil gi le gens-de-pied, que nous avons veus cy dessus. des vers de direl EN . CASTRAMETATION ENSEIGNE DES CHEVAVXlegers des anciens Rommains. — nur T Telle DES ROMMAINS. Telle fut la gendarmerie des anciens Rommainis, tant des gens de pied que de cheval, comme nous l'avons figurée cy dessus. Il sera bien raisonnable de monstrer L'ordre de cy apres l'ordre de leur armee: qui estoyt de deux legions la gendard'hommes Romains, & le nombre le douze mil hommeric des mes de pied, & six cens de chval : lesquels estoyent acRom. mains. compaignés d'autres onze mil hommes, envoyés par leurs aliés, confederés, & amis, pour leur secours : ny jamais en leur armée l'on ne trouvoyt plus de soldats estrangers que de Rommains, excepté, que des gens-decheval : desquels il ne leur chaloyt s'ils passoyent le nombre de la gendarmerie Rommaine. Et comme en tous leurs affaires ils boutoyent les legion au milieu, & les auxiliaires sus les flans, tout ainsi ils observerent une mesme maniere de se loger : à ce que nous lisons par les Histoires. A cette cause je ne suis pas deliberé de les reciter plus au long : mais, le plus sommairement qu'il me sera possible, je mettray leur maniere de campeger qui estoyt telle. Mariere La tente du Consul estoyt drecee au lieu le plus comde campemode du camp, & au milieu d'une place quarrée : de sorte rder que tous les costés estoyent à cent pieds de ladicte tente : & aux quatre colns estoyent assis les pavillons des soldats, qui estoyent ordonnés pour la garde du ConConsul. sul: & au costé la plus commode se logeoyent les legions Rommaines, pour les eaves & pour le fourrage. Chascune avoit, ainsi que nous avons dit, six Tribuns : & chascun Cōsul deux legions. Il est manifeste qu'aux deux gions avoyt douze Tribuns, pour la guerre : lesquels dreçoyent leurs tentes & se logeoyent, avecques leurs chevaux, leur train, & leurs hardes, à une ligne droicte, distante également de cinquante pieds, du costé qui avoyt I G 1 kante. CASTRAMETATION avoyt esté choisi du quarré. Or estoyent les tentes tendues, de tournans leur regard au dehors du quarr. La place des pavillons des Tribuns estoyt égale, & de telle estendue qu'elle tenoyt autant de pais qu'avoyent en largeur les tentes des legiones Rommaines : & au devant de leurs pavillons avoyt un eſpace de cent pieds, juſques aux tentes desdictes legion. Ils logeoyent les gens-dechevades deux legions à l'opposite les uns des autres : & l'assiette des tentes des gens-de-cheval & des gens-depied estoyt ſemblable. Les loges des chevaliers reſpondoyent au milieu des tentes des Tribuns. Il se faisoyt encore une certaine voye traversante la susdicte ligne droicte & ce vuyde de devant les Tribuns. Aussi la figure de tous les pa$$ages avoyt $emblance de rues : & comme d'une costé & d'autre estoyent les bandes & trouppes, ils lo geoyent, apres la cavalerie des deux legions, les Triaires Derechef estoyent mis les Principaux, ou les Princes, distans de ces autres à l'opposite des Triaires. Apres les Principaux estoyent logis semblablement en derriere les Haſtats, en regard oppoſité. Subſequemment apres les Picquiers $e trouvoyt, vis à vis d'eux, la cavalerie de Alles. Or estoyt, comme nous avons dit, le nombre des gens-de-pied des Aliés égal aux légions Rōmaines (excepté $eulement les extraordinaires) & celuy des chavaux plus grand au double: encores que la tierce partie $e trou va$t roignée pour les extraordinaires. Apres que les Rōmains avoyent fait cinq rues, ils logeoyent l'infanterie des Aliés, les détournans de la cavalerie, & leur baillant tousiours le regard au rampar. Ils faisoyent encores un passage au travers des legion, & au travers des rues : qui estoyt une voye equidistante toutesfois des tentes des Tribuns, appellee Quintaine ou cinqiéme: par ce qu'elle estoy DES ROMMAINS estoyt tirée apres les cinq bandes. La place, qui demeuroyt au derriere des tentes des Tribuns, & qui touchoyt d'un costé & d'autre le pavillon du Consul, servoyt en Partie pour le marché, & en partie pour la Tre$orerie, & pour ses monitions, au regard des deux derniers pavillons d'une part & d'autre des Tribuns. Les Chevaliers clersux j'enten les chevaux d'élite & voulontaires, qui suyvoyet d'ille vonlau.zi. le camp pour l amour du Consul) estoyent logés sur les costés traversans des rampars, regardans les uns aux munitions du Questeur, & les autres au marché. Il ad venoyt souvent que ceux cy n estoyent pas logés seulemet pres du Consul : mais aussi faisoyent leur devoir aupres de luy & du Tresorier, quand l'armee marchoyt, & en leurs autres affaires. A ceux cy estoyent cojoins les gens de-pied, regardās au rampar : qui ſervoyēt de meſme que les ſuſdicts hommes-de-cheval : apres leſquels on laiſyt un eſpace de deux cēt pieds qui ſōt ſeize toiſes quatre pieds de large, equidistant des tentes des Tribuns. Lemn. Outre le marche, le Pretoire, & la tre$orerie, qui s'estendoyt par toutes les susdictes parties du ramper : sus une & li Tirscreire. costé haut duquel les gens-de-cheval extraordinaires des Aliss campegeoyent : qui avoyent leur regard sur le pretoire & Questoire, au milieu des pavillons les Tribuns estoyt laissé un passage, pour aller en la place du preteur ou Consul, tirant au dernier costé du camp. Apres ceux cy estoyent logés les gens de-pied extraordinaires du secours, leur tournans le dos, & qui avoyent leur regard au ramper, & au dernier costé de tout le camp. Au regard du lieu vuide, qui estoyt d'un costé & d'autre, il estoyt ordonné pour les estrangers & survenans, & pour le Capitaine des ovuriers, nommé Poes. du. Praefectus fabrorum, comme charpentiers, mareschaux, sabrorum. armu Armanic tan. CASTRAMETATION armuriers, faiseurs d'engins, & machines de guerre, & pour l'Armamentaire du camp : c'est à dire le lieu, ou tenoyent les Rommains leurs armes. Les choses estans telles, toute la forme du camp demeuroyt quarrée. Q aux particulieres figures, tant des $eparations des rues que des autres ordonnances, elles avoyent grande similitude de vile. Ils reculoyent le ramper loing des loges deux cent pieds, $ur cha$cum co$té, pour la commodité des legions Rommaines. car il estoyt fort aisé pour en trer & saillir sans se rencontrer : & aussi ils gardoyent là le bestial asseurément la nuit, & le pillage & butinqu'ils avoyant fait $us les ennemis mais encore c'e$toyt un grand bien que, si l'ennemy les assailloyt la nuit, le feu, ny le dard, ne pouvoyt donner jusques à eux, pour la distance, qui estoyt asses grande. Or est il facile à considerer combien estoyt ce lieu logeable, & le camp ample pour le remplir d'une groſſe compaignie de gens-de pied&de cheval, si nous considerons les espaces des chemins. Si les deux Consuls & les quatre legions estoyent assemblées en un mesme camp, ce n'estoyt autre chose que deux armées, qui estoyent joinctes l'une contre l'autre, & la place deux fois plus grande. Et tousiours les Consuls campegeoyent emsemble, & userent tousiours de cette façon de faire : &, si chascum à-part, ils faisoyent toutes les autres choses de mesme, Au regard du marché du Pretorie & de la Tresorerie, ils les logeoyent au mi lieu des deux armées. DES ROMMAINS Apres que la camp estoyt drecé, les Tribuns s'assembloyent : qui prenoyent le serment particulierement de tous ceux qui estoyent au camp, estant accoustres & vestus de leurs paludamens (que nous appelons cottes-d'arment mes) comme l'on peut veoir par les figures representees cy apres. Le soldat juroyt ne dérober chose qu'il eust Serment trouvee, & que, si par fortune il trouvoyt quelque cho- du soldat Rommain. se, il l'apporteroyt aux Tribuns: autrement il estoyt puni griévement. Et font encores aviourdhuy les Turcs le semblable. car le soldat à la guerre n oseroyt prendre injustement aucune chose : autrement il seroyt sans misericorde puni : & autre eux y a gardes ordinaires, qui defendent de prendre aux soldats ce que l'on trouve que portent les gens par chemin : de sorte que les enfans de huit à dix ans vont vendant pain, fruict, orge & choses semblables a$$eurement. Encores $ont tenus de defendre les jardins & vergiers ou sont les fruicts, qui se trouvent le long des chemins : de maniere que les gardes mesnes il oseroyent prendre une pomme, sans le congé du Trine rimaistre à qui est le fruict : & cela sus paine de la teste. gureuse En-apres ils ordonnoyent les enseignes, & deputoyent du Turc. deux des Principaux des deux legions & des Hastats : qui servoyent pour garder la place, qui estoyt devant eux. Pource que là frequentoyent tous les jours la plus grand partie des Rommains : & pourtant il estoyt de besoing qu elle fust tenue nette, & arrosée au temps des chaleurs : combien qu'aucuns ayent voulu dire que c'eLixe & stoyt la charge des calons & lixes : qui estoyent serviteurs calous. & valets suyvans le camp en grande compaignie, & teltement accoustumes aux travaux de la guerre (ainsi que Iesephe. lit Josephe en ses liures, qu'il a fait de la guerre des Juifs) qu'ils differoyent bien peu à ceux qui mieux savoyent com CASTRAMETATION combattre. Parce qu'en paix ils accompaignoyent leurs mai$tres en leurs exercitations & travaux, & en temps de guerre aux perils & dangers auſquels ils s'offroyent. Or gouvernoyent six Tribuus chascun à leur tour, & particulierement trois enſeignes : leſquelles drecoyent la tente, au lieu ordonné, à celuy qui avoyt le gouverne ment, pavissans le lieu, qui estoyt autour d'elles. Au demeurant, ils avoyent le soing de fortifier, si le besoing le demandoyt, pour garder le bagage. Par ce mot de baBayre des arct gage les anciens comprenoyent toutes choses necessaiens Rem res pour le service de leur armée. Ils ordonnoyent mains au$$i deux guets : cha$cun de$quels e$toyt de quatre hommes : dont les uns le faisoyent devant la tente, les autres Le mot du derriere, aupres des chevaux. Quant au mot-du-guet, ils guel. le bailloyent bien ſeurement, comme plus amplement l'on pourra veoir par la description de Polybe : qui dit que, s'il se trouvoyt qu'un soldat eust failli à faire le guet, il estoyt amené devant le Tribun : qui luy faisoyt faire ſon proces ſus le champ, en la preſence de toute l'aſſem blée : & s'il estoyt condamné, la maniere de la punition estoyt telle. Le Tribun n'avoyt pas quasi atteint d'une verge le condamné, qu'il avoyt liberté de s'enfuir : & ce pendant il estoyt permis aux soldats de le tuer à gran coups de pierre, de dards, de fléches, & autres $ortes de bastons. Si par fortune il échapoyt, il n'estoyt pas pour Ptine irre unible de tant ſauvé. car le retour en ſon païs luy eſtoyt denié : & coluyqu si n'avoyt parent, ny amy, qui l'eust osé retirer en sa marwath M. a faire son. Parquoy, à ceux qui tombovent en telle calamité & ternet miſere de viure, il leur eſtoyt trop mieux de mourir que d'endurer une peine ſi rude & irremiſſible: & cela eſtoyt cause que le guet ne faisoyt jamais faute. Cette façon de faire ancienne des Rommains est encores gardée & obser DES ROMMAINS. observée des Suiſſes: qui font paſſer ceux, qui ont failli, par les picques. Quant aux autres fautes, qui estoyent plus legeres (comme ſi le gendarme Rommain ſe trouvoyt desobeissant, & avoir failli) le Tribun commandoyt au Centurion de le battre de sermens, an lieu du fovet. Qui a fait dire à Pline Vitis ipsa in delictis poe nam honorat. c'est à dire, que la vigne faisoyt honneur à la peine. Et, si par fortune le gendarme eust retenu la main du Centurion, ou les sermens, il estoyt cassé de sa place, & de Gendarme il estoyt faict Archer : &, si par force il se deffendoyt, il estoyt puni comme de crime capital. Sur les autres soldats les Chefs & Capitaines avoyent le mesme droict, comme aussi sur les Alies. Or faloyt il par ce moyen que les gens-de-guerre fussent obeissans aux Tribuns, & les Tribuns aux Consuls: &, outre toutes ces choses, avoyent les Tribuns puissance, de gager & condamner à l'emende. Si quelcun avoyt e$té trois fois repris pour un me$me delict, l'on le puni$soyt griévement, comme obstiné. Encores estoyt-ce grande infamie & deshonneur, si le gendarme ou soldat s'estoyt vanté au Tribun faussement de ses provesses, pour acquerir honneur & lovenge : ou bien qu'il eust abandon par lascheté le lieu, qui luy avoyt este donné : ou si par crainte il avoyt quité & lasche les armes au combat. Qui stoyt cause que les soldats, craignans la peine, n'abanlonnoyent point la place, qui une fois leur avoyt esté ordonnee. Quand ces choses avenoyent à toute une bande, & que les Enseignes avoyent, par le commandement de tous, abandonné leur place, le Consul, ou General, ne trouvoyt pas bon de faire mourir tant de gens : mais prenoyt un expedient autant necessaire que terrible. Car, apres avoir assmblé tout le camp, le Tribun 1 an ihm raufa /ex/ rimula p.1.10. CASTRAMETATION les amenoyt au milieu de l'armee : là ou il les accusoyt avecques gro$$es paroles. Finalement il en retiroyt à part, par sort, cinq, dix, ou vingt, ayant égard à la trouppe : de ſorte que la cinqiéme, dixieme, ou vingtié me partie des delinquans s'y trouvoyt : lesquels il faisoy pa$$er au fil de l'e$pee, $ans aucune remi$$ion : &, $i tous ne ſentoyent la peine, au moins ils la craignoyent mer veilleusement. Telle façon de faire estoyt appelée des Deciraton Rommains Decimer : & de cette decimation j'ay un me Kommaidaillon de bronze entre mes mains: qui en monstre la terrible execution. Et, quant au demeurant de la compaignie, les Tribuns les faisoyent loger hors des rampars & palissemens du camp, leur faisant liurer de l'orge pour forment. Par ce moyen, & pour la crainte du sort tot chant à tous également, les gens d'armes & soldats venoyent à s'amender de leurs fautes : &, comme le Rom Le Rõma. main estoyt en sa justice & punition invisible, tout the 5 pm ainsi il incitoyt honnestement la Jeunesse à prendre le nion in vincible. peril, recompenſant fort bien ceux, qui avoyent fait acte de vertu. Car, par le commandement du General son armée estoyt assemblée, & là, en presence de tous, i commençoyt de lover chascun à-part, du cas qu'il avoy fait vaillamment & digne de memoire : &, pour recompense il donnoyt un dard Gallique à celuy qui avoy Derd Gal bl'ce son ennemi. A l'homme-de pied, qui l'avoyt porte lyne deeheval à terr? un vase d'or. A l'homme-d'armes, le harnois d'un cheval: &, à ceux, qui premiers avoyent monte la muraille des ennemis, une couronne d'or. Le Conſu encores monſtroyt ceux, qui avoyent defendu & ſauy quelcun de leurs citoyens, en luy donnant la couront quernee, faicte d'or : & de là veint la façon que, quand le Couronne Senant & le peuple de Romme vouloyent honnorc quemer. leurs DES ROMMAINS. leurs bons Empereurs, ils faisoyent mettre en leur monnoye d'or, d'argent, & de bronze, la couronne de che$ne, Inf. Brev avecques telle inscription, S. P. Q. R. OB CIVIS de midaSERVATOS. Ce qu'ils feirent depuis, quand par illes antigrande adulation ils vouloyent slater leurs meschans quis. Empereurs, qui avoyent fait mourir grand nombre des citoyens Rommains: tant furent grandes les meschantes flateries à-l'endroit de leurs Empereurs : qui prireut de leurs subjects ce que les bons Consuls Romains donnoyent, pour recompense, à celuy qui avoyt $auve en la guerre un citoyen Romain. Toutes ces choses provoquoyent non seulement les autres gens d'armes & soldats au combat, mais encores les autres citoyens qui estoyent demeurés en la cité. Car ceux, qui avoyent eu ces beaux presens, & gaigné ces dons, avoyent, outre la gloire des gens-de-guerre, pompes avecques grans honneurs : &, quand ils estoyent de retour en leur patrie, ils attachoyent, es plus apparens lieux de leur cité, les despovilles des ennemis, come tesmoignage de leur propre vertu. Au demeurant, quant à tous devoirs, l'administration necessaire, l'honneur, & l'obeïssance, estoyt deüe au Charge du Tribun. Tribun : qui rendoyt au camp justice à un chascun, & à son tour, devant sa tente, estant vestu de son paludament & accou$trement militaire, a$$is $us une chaire de guerre, accompaigné des Centurions & Decurions comme la figure le monstre. EIGUi 3 CASTRAMETATION FIGVRE DV TRIBVN de la guerre. D CEB DESROMMAINS. CENTVRIONS ET DECVRIONS en leur accouÅ¿trement de guerre, tel qu'ils les portoyent au camp. Election d. s. Th buns. Amorité du Tribu Cancellus. CASTRAMETATION Au commencement les Consuls élisoyent les Tribuns, pour pre$ider aux legion's Rommaines, & pour avoir l'autorité sur les gens-d'armes & exercite des Rommains. Depuis ils furent éleus par les gens-d'armes, à qui estoyt donnée cette charge & preeminence. Par succession de temps ils veindrent à estre faicts par le suffrag du peuple. Apres que la republicque Rommaine vint sous la puissance des Cesars, ils éleurent les Tribuns. hommes de vertu, de bon aage, de grande prudence, & de savoir : ou demeuroyt l'experience de la guerre. Depuis vint la coustume, que, ſi l'Empereur donnoyt l'office de Tribun à un gendarme, ils luy mettoyent l'eſpee en la main, pour signifier le commandemet qu il avoyt par droict militaire, sus les soldats & gens-de-guerre Sa charge principale e$toyt d'avoir la cure & le $oing du camp & de l'armee, & de prendre garde qu'il ne demeu rast sans munitions, & commander de faire le guet de jour & de nuit, pour la crainte que les Rommains a voyent que les e$pies des ennemis $ecrettement ne vin$ ſent juſques à leur camp. Ils recevoyent ſolennellement le ſerment des gens-d'armes. Car il n'eſtoyt permis ne li cite à un soldat ou homme-de-cheval de prendre les armes, ſans que premierement il euſt fait le ſerment leg time au Tribun, quand il faloyt combattro. C'estoyt la charge du Tribun de mettre en ordre l'infanterie & la cavalerie, de donner honne$te congé aux gens-d'arme qui avoyẽt bien ſervi, & le temps requis à la militie, pour se retirer en leur maison : toutesfois par le commande met du Conſul ou Lieutenant general de l'armee. Ce q Marcellus a noté en l'art militaire : qui dit que la charg du Tribun estoyt de tenir encores, sur toutes choses, le gans-d'armes obeissans à ses commandemens, de les faire exer DES ROMMAINS. re exerciter, de prendre les clefs des portes du camp, de donner ordre que les gens d'armes ne fussent surpris, quand ils aloyent au fourrage : principalement s'ils estoyent pres des ennemis. Les Tribuns avoyent encores la charge, avec les Capitaines, des armes, des chevaux, de l'argent, de visiter les malades, de faire penser les blecés, & de mettre en memorie le nom des Centeniers, Dizeniers, Portenseignes, & Sergens-de-bande. Car les anciens estimerent déraisonnable au Consul ou Tribun, d'ignorer le nom de ses Capitaines. Il estoyt encores necessaire que le Tribun eust la patience d'ouir les querelles des gens d'armes, & de leur faire raison : &, s'il trouvoyt que par les bandes des bons soldats, s'en trouvaſt des meſchans & mutins, il les faiſoyt chacer & caſser de leurs compaignies. Comme donc chascum Tribun eust trois enseignes, & en chascune plus de cent hõmes, exceptés les Triaires & les Hastats, qui n'estoyent point tenus à la charge, pourquoy se trouvoyt plus legere attendu que le guet tonboyt à chascune Enseigne au quatriéme jour. Les Enseignes des Triaires estoyent exēptées des charges des Tribuns : mais aussi ils servoyent tous les jours aux trouppes des gens-de-cheval, selon qu'ils estoyent logis en suitte : & avoyent mesmement la charge de garder les chevaux de peur que, s'ils venoyent à s'encheveſtrer, ils ne ſe battiſſent & bliçaſsent, pour estre apres inutiles & de peu de service. Car. s'ils s'entrebattoyent, cela pouvoyt estre cause de dr çer une alarme au cap. Au surplus, l'une de toutes les Enseignes faiſoyt le guet tous les jours, devāt le Conſul, pour sa $eurté, & pour autre cho$e, qui pouvoyt $urvenir. Parquoy en estoyt trop plus honnorable le magistret. Les Alies avoyent la charge des deux costes du fossé & Charge des Alles. CASTRAMETATION paliſſement (par ce que chaſcune de leur trouppe en enstoyt plus prochaine) & les Rommains des autres de ux: & en avoyt chascune legion un. Les Chefs-de-bande des gens-de- cheval venoyent au Souleil levant aux tentes des Tribuns, & les Tribuns allyent faire la cours au Consul : & là ordonnoyent & parloyent des affaires, Les Triqui estoyent survenues : & les Tribuns aux gens-de-chebuns con turians & val & Chefs-de-bande : lesquels commandoyent aux Decation compaignies, quand la necessité le requeroyt. Enapres le . nile Consul sortoyt de sa tente, accompaigné de tous ses Ce nel qui Tribuns, Centurions, & Decurions, & sa garde autout (1) 1/4 pr. de luy avecques les verges & haches Consulaires : qui se terles verE portoyent ordinairement en sa compaignie. Ce qui Cens rendoyt sa dignité puis terrible, comme la figure le compaignit. monstre. LE DES ROMMAINS. LE CONSPLEN SON CAMP accompaigné de ses Capitaines & de sagarde. Charge des Histats. Quatre portes au conydes Romains Porte Pretoire. Porte Decumane. Porte Principale. Vor sein vale. Porte Quin taine. CASTRAMETATION Au demeurant ils ordonnoyent leur guet, comme nous auvons dict. Les Hastats remplissoyent le dehors du camp, faisans de jour la garde tout autour du palissement pource que c'estoyt leur charge) & de ceux là avoyt dix hommes à chascune porte, pour la garder. Or, pour ce que nous sommes venus à perler des portes, il faut en tendre qu'il se trouvoyt ordinairement quatre portes au camp des Rommains, larges, & amples, pour recevoir la gendarmerie, les jumens, bagages, fourrages, butius, & paillages, si la necessité les contraignoyt. Et autant de diverses portes qu'ils avoyent, autant de noms differens ils leur donnoyent. Quand à la premiere ils la nommerent Pretorie : pource qu'elle regardoyt droict à la tente du Preteur (qui estoyt le General, & qui presi doyt ordinairement au camp des Rommains) & regardoyt tousiours l'Orient, ou les ennemis : & la raison estoyt que, si par fortune il venoyt une alarme, ou que l'on veint à combattre, les ordres, compaignies, cohortes, ſquadrons, & enſeignes, euſſent le pouvoir de ſaillir dehors, sans tumulte. La seconde (qui estoyt nommée pour sa grandeur & largeur Decumane) servoyt pour passer les larrons & meschans, qui avoyent failli, & dérobé le camp, quand ce venoyt à les punir, & en faire la justice. La tierce se nommoyt Principale : par laquelle les gens-d'armes principaux (qu'ils nommoyent Princes) & les Capitaines ſailloyent, comme d'une fauſse porte : &, si l'affaire le demandoyt, par là passoyent les bandes & la gendarmerie, pour ſecourir leur armée en la necessité : & le chemin principal, qui aloyt à ladicte porte, estoyt nommé Voye principale. La porte Quintaine prenoyt son nom de la voye cinqi me : ainsi nommée Pour les cinq rues, ou chemins, desquels nous avons DES ROMMAINS avons parlé cy dessus. Par là entroyent les viures au camp, utensiles, marchandises, munitions de tous oustils, qu'is faisoyent porter quand & eux, pour le service de l'armée. Nous avons sommairement escrit l'assiete du camp des anciens Rommains, l'estat & la charge du Tribun de la guerre. Il demeure à veoir l'ordre quils tenoyent, quand il venoyt à déloger, qui estoyt tel, Que soudainement, au premier son de trompette (que nous pourrons nommer le premier Douteselle) on abbatoyt & Douteſelle. serroyt les tentes & pavillons, & faisoyt on les charges. Par-ce qu'il n'estoyt permis à homme de dréçer pavillon, que les tentes des Tribuns ou Consuls n'euſſent esté dréçées ou abbatues. Au second son (qui estoyt A Aikoval. cheval) ils trouſſoyent leurs bagages ſur des ſommiers & au tiers (qui estoyt A l'estendard) tout le camp s'ébranAl'estanloyt, & preuoyt les champs, & marchoyt ou les Consuls les vouloyent mener. Les trois bataillons des Hastats, des Principaux, & des Triaires, faisans mettre le bagage de toutes les Enseignes, qui marchoyent audevant : & tout ainsi marchoyt la gendarmerie des Rommains pas à pas. SOL CASTRAMETATION SOLDATS ROMMAINS marchanks par païs accompaignés de leurs Enseignes. I DES ROMMAINS. Si par fortune ils eussent rencontré une petite riviere, ou grand reisseau, soudainement ils se despovilloyent, & tous bouttoyent leurs cuiraces, corselets, dagues, & morrions, dedans leurs grands pavois, qu'ils portoyent sur la teste. Par ce moyen passoyent la riviere. Tantost apres ils estoyent revestu, & au mesme parois des Wdan ordre marchoyent, suyvans tousiors leur chemin enGmalm. commence. Et par la peincture, cy apres mise, l'on congnoistra l'utilite & commodité que recevoyent les soldats Rommains de leurs longues targues & grands pavois. SOL CASTRAMETATION SOLDATS ROMMAINS QVI portent leurs cuiraces & cabaſſets dedans lours graus eſcus. DES ROMMAINS. Si les Tribuns estoyent advertis de quelque fort des ennemis, ils commandoyent que tout incontinent ils fussent sommés de se rendre : & au premier refus une ou deux Enseignes partoyent pour les aler assaillir, marchans droict, jusques aupres de la forteresse, serrés & couverts de leurs pavois, comme s'ils eussent esté coupplés ensemble : & par ce moyen ils se trouvoyent inexpugnables, & se couvroyent si bien & dextrement, qu'ils chapoyent & obvioyent à la fureur du traict & impetuosité des grosses pierres. Ceste façon de faire a esté nommée de Cesar & de Tite Live, au liure cinqi (me de la premiere Decade, faire la tortue : laquelle jay fait Faitela tortue peindre cy apres, retiree du marbre antique, qui est a Romme. LA CASTRAMETATION LA FACON DE FAIRE la Tortue. DU ②ⵙ III Les DES ROMMAINS. Les autres soldats enuironnoyent la forteresse. Les fonditeurs, qui estoyent les jetteurs de pierres, & les Fonditeurs Archers tyroyent de tous costés & offensoyent l'ennemy de loing, pour emporter plus aiſément la place, tandis que les autres rompoyent la muraille, avecques les beliers & autres torments de guerre, que portoyent les soldats à force de bras. BELI CASTRAMETATION BELIER DES ANciens Rommains. DES ROMMAINS. Et pour savoir que veut dire ce mot belier, il faut Le bolier michine entendre que c'estoyt une machine, ainsi nommee du de guerre. nom de l'animal, que nous appelons belier, ou mouton : duquel l'on usoyt anciennement contre la fureur des assaux des ennemis. Toutesfois c'estoyt encores un instrument de guerre, faict à la similitude d'un mas de navire : qui estoyt par le bout tout de fer massif, forgé à la forme d'une teste de belier, & pendu, par le milieu, d'une corde, comme une balance, attachee à une poustre, soustenue de deux paux bien plantés & fermes d'une part & d'autre : lequel belier, tiré en-arriere avec grand nombre de gens, & repoussé par eux de toute leur puissance, urtoyt, de sa teste de fer, la muraille de telle impetuosité & furie insupportable, qu'il n'estoyt Impetuo für da si forte tour, ny mur si espoys, que par continuelle batbelut. terie ne demeurast abbatu & ruiné: comme le seut tres bien experimenter Vespasian, depuis Empereur, à l'essay de huit machines semblables, qu'il mit en ordre pour forcer la cité de Jotopathe, comme recite Josephe en la Josephe guerre des Juifs. L'invention de cette machine, comme dit Vitruve au dixiéme liure de son Architecture, Vurure fut trouvée du temps que les Carthaginois assiegerent la ville de Gade : qui estoyt assise au cap de la mer, appelee des Latins fretum Gaditanum, que nous appelons aujourdhuy l'estroit de Gilbertas. Là fut premierement L'estroit de Gilbertus. edifiée une petite cité par ceux de Tyre: laquelle depuis La cité de habiterent les Romains : qui la mirent en si grande Tyre colo reputation, qu'il se trouva en un mesme temps dedans la me des Rommains cité cinq cens hommes d'equestre dignité. Ayans pris les Carthaginois la forteresse, estans deliberés de la ruicher, & se trouvans en necessité de paux de fer propres à ce faire, prirent une grosse pou$tre, & la $ou$tenans avec CASTRAMETATION CATAPVLTE, MACHINE de guerre des anciens. the ⸸ⴱ the A. ⛪ D. D. D. U. DES ROMMAINS. De la baliste, que nous appelons arbaleste, s'aiderent Arbaleste des anciens encores les anciens Rommains: qui estoyt une machine pour tirer faicte pour tirer pierres de grand pois, comme de deux pierres de cens cinquante liures ou plus, selon le vouloir du Capi- grand pois. taine, qui la gouvernoyt. Aucuns ont dit qu'elle estoyt encores faicte pour jetter grosses sagettes & garrots. Qui est la raison, qui nous a fait donner le nom d'arbaleste au petit instrument, duquel nous usons pour tirer le traict aujourdhuy. Voila les parties de l'affiette du camp & de la diſcipline militaire des anciens Romains, briévement escripte selon la description de Polybe & autres Historiens. Polybe Nous pourrons veoir par Josephe, au liure qu'il a fait de Josephe. a guerre des Juifs, une semblable chose, quand il dit que les Romains dreçoyent tousiours leur camp en lieu fort difficile, souventesfois avec grand labeur & industrie. Car, s'il se trouvoyt quelque place inegale ou bossue, elle estoyt soudainement esplanadée, par le grand nombre des pionniers & munitions de tous oustils, qu'ils faisoyent porter quand & eux, rendans le lieu quarré : su dedans duquel se dreçoyent les loges & tentes en tresgrande seureté : pource que le dehors du circuit estoyt clevé en façon de muraille, avecques bouleverts & deni-ronds à lentour : qu'ils garnissoyent d'arbale$tes, garlots, ares, sagettes, & autres machines, jettans grosses pierres & cailloux, sans oublier mile especes de dards ou Entrees des raits, dont ils se pouvoyent adviser. Ils faisoyent edifier nostre porquatre portes, ou entrées fort larges, pour recevoir aisément, le bestial, vivres, & autres choses, qui en fortoyent fort larges. luy arrivoyent, estans les rues compassées de tous coées le long desquelles se logeoyent les soldats & suitte Le Pre toire. Maistre. du camp Fossé du camp de quatre condees de profon deur Le mot duquet. CASTRAMETATION de l'armée : & au milieu leurs Capitaines & Chefs, avec le Pretorie semblable à un temple des Dieux : si que tout assemblé, l'on jugeoyt le lieu estre une vile soudainement edifiée. Car il y avoyt marché dedans, & places pour toutes $ortes d'ouvriers, & $ieges pour les Chef? de la gendarmeire & Colomnels de l'armee : qui ordonnoyent & jugeoyent des querelles, qui survenoyent au camp. Lequel estant ainsi assemblé & fortifié, par l'induſtrie & labeur de ceux qui en avoyent la charge, une fois plus grand, l'autre fois moindre, selon l'assiete du lieu & devoir des Maistres du camp, reposoyent en ſeurté ſi grande, que ou il leur ſurvenoyt quelques alarmes qui les contraignoyt par trop soudain, souvent se renforçoyent avec un fossé par dehors profond de quatre coudees, & de pareille largeur. Et ain$i envie ronnés d'armes & de gens seiournoyent en toute seul té, executants leurs affaires par deliberation, fust pour recovurer eau, bois, ou froment, & les autres necessi tés qui leur survenoyent. Et si n'estoyt en la puissance d'aucun de di$ner ou $ouper quand il luy plai$oyt. Ouy bien le dormir : lequel estoyt permis pour tous, à son de trompette, au$$i tost que la ſentinelle & guet eſtoyen assis. Car rien ne se faisoyt sans edict ou commande ment. Le matin venu, les soldats aloyent donner le bon jour à leurs Centeniers : les Centeniers aloyent saluer les Capitaines : avec tous lesquels les Colomnels de bandes se retirovent par devers le Lieutenant General, & par luy leur e$toyt baillé le mot du guet, autres commandemens, accouſtumés d'eſtre faicts en tre gens de guerre, prests & disposés à comparoir ou combattre. Mais, quand il estoyt question de partir, tromp DES ROMMAINS. trompette commençoyt à sonner, & donner signe que Premier tous se preparassent. Alors s'abbatoyent les tentes, & sen de trowpette. se troussoyt le bagage. Puis, quelque espace de temps apres, sonnoyt de rechef la trompette : qui estoyt le si- Second son detrom gne pour faire tenir chascun en estat de déloger. Par petie. quoy commençoyent les mulets, chevaux de charge, charriot, & autre bagage à se mettre en ordre, attendans le troisiéme son de trompette : & tandis rompoyent les rampars de leur camp, & mettoyent le feu dedans leurs loges, pour oster le moyen à l'ennemy de s'en serTroisiem vir puis-apres. Finalement sonnoyt le dernier & trois61 de jéme son de trompette, & alors marchoyt l'armée en trompitte. age en son ordre. Si quelcun faisoyt bataille, & le bag le long, & demeuroyt trop à suyvre, il estoyt hasté & contraint de reprendre son rang. Ce faict, & estant le Chef de l'armee à la dextre, de tout l'exercite, la Trōpette demandoyt par trois diverses fois, en son langadu tronge, s'ils estoyent appareillés de combattre: auquel estoyt curaus autant reſpondu de tous, & d'une voix haute & alegre, J. Blan Nous le sommes : & quelquefois prevenoyent l'inter Romains. rogant : si que, remplis d'un courage Martial, avec grand clameur levoyent tous leur dextre, marchans en bon ordre, d'un pas prave & posé, droict ou ils estoyent conduits & guidés. Or, pource que nous avons parlé des trompettes cy dessus, je monstreray la façon des buccines (ainsi a nommé la trompette Vegece, en son Duccine de ezece. art militaire) des litues (qui servoyent de clarions, & estoyent trompettes courbes, faictes à la semblance du titue, qui estoyt le baston augural) & finalement des cornets : qui servoyent de phiffre. Les Trompettes sonnoyent pour le combat : lesquels estoyent tous accoustrés m 2 Trompet. tes furieux ses de Romains CASTRAMETATION ſtrés de leurs cuiraces, portans leurs dagues ſur le coſté droict, & pour les mourrions portoyent testes de peaux de lions & d'autres bestes feroces, sus leurs bonnets de fer (ce qui les rendoyt plus grans & épouventables aux ennemis) & avoyent les jambes garnies de leurs gréves : comme plus amplement l'on pourra veoir par la peincture, qui a esté retirée du marbre antique, cy apres mise. TVBI DES ROMMAINS. TVBICINES, TROMpettes. m 3 LI CASTRAMETATION LITICINES, LITVES, ou Clairons. 2 S COR DES ROMMAINS. CORNICINES, JOVEVRSde-cornets. Les Armes des gens depied. Soldats éleus pour la garde di General. Armes de la cava lerie. Diversité des morrions antiques. CASTRAMETATION Les gens-de-pied portoyent corselets & mourrions, avecques dagues & espees, l'une à dextre l'autre à senestre. L'espee, à gauche, estoyt plus longue de beaucoup que la dague: laquelle n'excedoyt gueres la mesure d'une paume. Ceux, qui environnoyent le Duc & Chef de l'armee, estoyent soldats à pied, & cleus entre les autres, portans les uns targues & e$cus avecques la picque, & les autres halebardes avec longs boucliers, tous fournis de leur sie, serpe, coignee, de corbeilles à porter terre, de pales pour faire fossés, haches pour coupper bois, liens pour attacher les chevaux, faucilles pour coupper les herbes, de $orte qu'il y avoyt peu de difference (quant à leur charge) entre les jumens bastées & eux. Au regard des gens-de-cheval, ils estoyent pourveus chascun de lance, d'une masse en leur main, d'un bouclier peudant à larçon de la selle, & d'une trousse, avecques trois dards d'assez large poincte, & de grandeur (peu plus, beu moins) d'une hache, avec le morrion & cuirace semblables à celles des gens-de-pied. Quand au reste des autres armes, ils ne differoyent aux Chevaliers éleus, qui estoyent à-l'entour du Prince : &, pour le regard des Avant-coureurs, ils estoyent ordonnés & èleus ainsi que le ſort les appeloyt. Et voila l'ordre & l'acheminement, que tenoyent les Rommains par païs, avecques leurs armes & equipale, que j'ay assez longuement poursuyvi & discouruIl demeure à monstrer, par figures antiques, la diversité & facon variable de leurs salades, cabassets, chappeaux, bonnets de fer, morrions simples & lassées: desquels la visiere (qu'ils haussoyent & baissoyent, comme celles que portent aviourdhuy noz Hommes-d'armes) estoyt faicte à la similitude des masques, que l'on DES ROMMAINS. voyt encores par tout le monde. Quant aux crestes, bestes, ailes, oyseaux, cornes, fueillages, & autres animaux, que les Rommains faisoyent mettre sus leurs morrions, nous en retenons encores auiourdhuy la Coustume retenue dis coustume, comme l'on peut veoir sur les timbres de noz enseignes & armoiries. CASTRAMETATION MORRIONS SIMPLES, ET lacés, garnis de leurs visieres, faicts à la semblance des masques. S W DES ROMMAINS. SALADES, CABASSETS, Chappeaux, & bonnets de fer. wenn the r CASTRAMETATION Or auons nous veu ce que dit Polybe, & Josephe du camp, & de la discipline militaire des Rommains: qui rendent les figures, que i'ay representèes, pour la diversit du temps variables. Nous retournerons au propos dont nous sommes partis, ayans laissé les Rommains hors du camp. Il demeure à escrire l'ordonnance de leurs ſquadrons, ou bataillons, quand ils eſtoyent preſts de donner la bataille à leurs ennemis. Et, par ce que nous Tite Live. Division de l'armée des lisons en Tite Live, nous congnoissons qu'ils partissoyent leurs batailles en trois squadrons, en Hastats, Rommains Princes, & Triaires: que nous nommons auiourdhuy Hastats. l'Auant-garde, la Bataille, & l'Arriere-garde. Premierement ils ordonnoyent le premier front des Hastats, qui estoyent si bien unis & fermes ensemble, que souventefois ils auoyent le pouuoir de veinere, & de soustenir leurs ennemis. Apres les Hastats suyvoyent les Princes: qui estoyent tous vieux soldats, & experimentPrincis. tés aux faicts de guerre, ordonnés pour les secourir, s'ils eussent esté repoussés de l'ennemi. Les Rommains ne faisoyent pas ces squadrons si serrés que le premier mais ils entretenoyent leurs ordres plus clers, pour receuoir les Hastats, si la necessité les eust contrains de se retirer. Le troisiéme ſquadron eſtoyt des Triaires: qui portoyent l'armeure pesante, & le pauois, ayans leurs rangs si clers, qu'ils pouuoyent aisément retirer les Princes, & les Hastats. Apres que les choses estoyent venues iusques aux Triaires, & que de ces deux squadrons ils Triaires. auoyent fait vn corps, ils recommencoyent la bataille : &, si la fortune vouloyt que les Triaires fussent defaits, la resorte & le remede estoyt perdu. car c'estoyt le derpier ordre pour se retirer : & en iceux demeuroyt toute la force de la bataille, estant leur deliberation de mou- DES ROMMAINS. rir ou de veincre : & de-là est venu que, sur la derniere desesperation de tous affaires, l'on disoyt anciennement, Prouerbe. Res ad Triarios rediit. Les choses sont reduictes aux Trila derniere aires, pour monstrer vne chose perdue & sans remede. desespera Cette façon de se retirer, & de combattre par trois fois, non des choses. sembleroyt quasi impossible d'estre veincue. Car il conuiendroyt que par trois fois la fortune fust contraire, & que l'ennemy eust le cueur & la force de demeurer par trois fois auec la victoire. Les Grecs ne tenoyent L'ordre des Grecs pas l'ordre des Rommains en leurs phalanges, de se retirer les uns dedans les autres : mais bien ils faisoyent un phalanges. corps de leur armee : & le moyen, qu'ils tenoyent, estoyt, qu'un homme entroyt en la place de l'autre, faisans leurs phalanges par rangs : de sorte que, si un soldat du premier rang tomboyt mort, ou blécé, soudainement un autre du second rang entroyt en sa place, puis consequemment du troisiéme, & quatriéme, iusques au dernier. Par ce moyen les rangs demeuroyent tousiours entiers, & le lieu n'estoyt iamais vuide de ceux qui combattoyent : & se trouuoyt la phalange plustost consumée que rompue : pource qu'un corps si gros les faisoyt inuincibles. Les Suisses tiennent encores aujourdhuy, Bataillon der Suisser. en l'ordre de leurs bataillons, de la phalange des Grecs, les faisant gros & entiers, & par rengs entrans les uns en la place des autres. Au-surplus, pour acheuer nostre discours, nous mettrons la qualité que deuoyt auoir le Consul & Lieutenant general : &, pour ce faire, il faut entendre que, apres que le Senat & le Peuple de Romme auoyt deliberé de faire la guerre, ils donnoyent toute la charge de leur armée au Consul : qui jettoyt les le(öf.t.nl. gions aux champs : &, quand il aloyt aux expeditions & amie des entreprises difficiles de la guerre, le Senat luy donnoyt Rommaint. Tite Litte. Ce que dit Polybe du Consul Centurien. & Decurions CASTRAMETATION l'autorité & puissance qu'il auoyt sus toute la gendarmerie, en se fiant du tout en sa vertu & diligence, en laquelle estoyt commise le salut de la patrie, des gens-d'armes, de leurs citoyens, & de toute la republicque Rommaine, ne retenant autre autorité que de confermer la paix. Ce que nous li$ons en plu$ieurs pa$$ages de Tite Live: qui monstre l'autorité du Consul auoir esté tresgrande du temps des Rommains. Et me$mement Polybe dit qu'il auoyt droict de commander ce que bon luy sembloyt aux confederés & Alliés : de faire les Tribuns de la guerre : & d'ordonner punition au camp, à sa voulonté, gardant son autorité auecques grande severité, en faisant rigoureusement punir ceux, qui auoyent failli à la guerre. Encores luy estoyt permis d'employer les deniers communs, d'autant que les affaires publiques le requeroyent : e$tant $uyvi du Que$teur, lequel e$toyt le Tresorier general des guerres, qui obeîssoyt à ses commandemens. Quand ce venoyt à combattre, le Consul montoyt sus un lieu haut, faict de terre ou de gazons, accompaigné de ses principaux Capitaines, remonstrant, par raisons evidentes, aux Centeniers, Dizeniers, Portenseignes, qu'il faisoyt assembler à son de trompe, que la victoire demeuroyt totalement entre leurs mains. AD DES ROMMAINS. ADLOGVTIO COHORTIS, Harangue du Consul à ses soldats. CASTRAMETATION Et ſans point de doubte de perſuader ou diſſuader à petit nombre de gens il est bien facile : mais la difficulté est grande d'oster une mauaise opinion à un exercite, ou d'aler contre l'opinion de tous : &, pour remedier à tou tes mutineries, & pour donner courage de combattre Gētilinstru aux gens-d'armes, vous n'auez meilleur instrument que ment que la la langue & les paroles : lesquelles il faut estre entendues langue. de tous les soldats. Voila pourquoy les anciens Consuls & Lieutenans generaux estoyent tous gens de sauoir, à ce que nous li$ons par les concions de Tite Liue & auL'eloquence tres Historiens. Et certainement l'eloquence d'vn Capid'un Capita ne sert fort taine sert bien aux affaires de la guerre: de sorte que bien aux aj nous congnoissons par les Commentaires de Cesar, saires de la combien a serui la parole. Quand Tranquillus parle guerre. Germanicus de Germanicus, entre ses autres louenges il dit qu'il aguoyi la pa uoyt la parole faicte pour acquerir le cueur des homcele faicte cur acque mes. Car, parlant gratieusement à Syphax, qui auoyt esté r le cueur mortel & capital annemy des Rommains, il le rendit es homines par sa parole amy de la republicque Rommaine. Par la Yphax. Forte de la parole, un gentil Duc, ou Capitaine, oste la poeur à ses parole. soldats, leur donne courage, & leur fait croistre le desir de combattre leur ennemy, decouure les perils, promet les recompenses, & à la fin toutes passions sont ostées La lague & par la parole. Et cecy nous fait entendre que les mains la main de & la langue des hommes ont esté tousiours deux nobles l'homme sont deux nobles instromens pour les anoblir. Outre la parole Epamiinstrumens nundas Thebain, disoyt qu'à un bon Chef-de-guerre pour l'ano estoyt chose tresnecessaire de congnoistre la deliberablir. epaminũd is tion de son ennemy : &, d'autant qu'il se treuue diffiThebanus. cile, d'autant plus a de louenge celuy, qui la peut conjecturer. Combien profite un bon General en une armée Polybe l'escrit, au premier liure de son maoire Rom DES ROMMAINS. Rommaine, parlant de Xantippes, Capitaine Lace-Ce que du Pelzkeds demonien, homme tres expert en l'art militaire, & en xxx la guerre non me diocrement exercité: lequel, apres qu'il lui fute d. manie. eut entendu la deffaicte des Carthaginois par les Rommains, le lieu, le temps, & la façon de faire, & qu'il vint à considerer leur appareil, & le nombre de leur cavalerie, soudainement commença à se tourner contre ses compaignons, en leur disant, que certainement les Carthaginois n'avoyent pas esté defaicts par les Rommains: mais par eux mesmes s'estoyent rompus, & par l'ignorance de leurs Capitaines. Ce qu'il monstra depuis par experience, & par la victorie qu'eurent les CarthaVIII ginois encontre les Rommains, & par la pri$e & defai1 4 1 cte de M. Attilius Regulus, Consul. Qui nous fait congnoistre que la bonne conduicte d'un bon Chef-deguerre eut le pouvoir de veinere, & defaire une grosse armee (qui tousiours avoyt esté invincible, comme celle des Rommains) & de remettre sus une cité deseſperée, & de laquelle le cueur des citoyens eſtoyt perdu. Au-surplus, pour achever d'escrire la qualité que doyt avoir un Lieutenant general, il doyt estre homme de reputation, de conseil (outre les autres bonnes ann conditions, qui sont requises pour le gouvernement général. d'une armée) & de telle autroité que les gens-darmes, ou soldats, qui sont soubmis à son gouvernement, ayent le vouloir de luy obeïr & de luy faire service. Car, à ce que Tae de disoyt Plato, un Chef-de-guerre ne pouvoyt faire chose Pluë. La cria bonne, si son armée ne se rendoyt autant obeissante comdelivre. me il devoyt estre temperé : & penseyt que la vertu de (in) obeïssance & de commander venoyt d'une vertueuse d'enctu un se pourriture. urnure. Nous Soude de l'infante & cavele rie des Rommain Gens de Acting & aliés. Medimne des Grecs CASTRAMETATION Nous avons cy devant premierement é leu noz $oldats, & apres les avons armés & logés. Il demeure à congnoi$tre la $oude de l'infanterie & cavalerie : qui e$toyt en bien petite choſe differente de la noſtre : par ce que les gens-de-pied prenoyent par jour, pour leur pitance, deux oboles: qui pouvoyent valoir quatorze deniers tournois. Les Centeniers & Dizeniers, que nous avons nommés Chefs-de-bandes, quatre oboles: qui valoyent deux $ouls & quatre. L'homme-de-cheval une drachme: qui valoyt trois $ouls & $ix. Outre cecy, l'homme-depied prenoyt par mois les deux parts d'une mine Attique de froment (qui $ont quatre boi$$eaux) & l'homme-de-cheval sept minas d'orge pour sa monture: qui estoyent trois setiers & mine d'orge : & deux mines de froment : qui estoyent un setier. Au regard des auxiliaires & alliés, l'homme-de-pied prenoyt tout un comme un legionaire : mais l'homme-de-cheval avoyt de blé une mine, & un tiers de mine) qui sont huit boisseaux de froment) & cinq mines d'orge : qui sont deux setiers & mine. Ce que nous appelons mine, les Grecs l'appellent medimne : & ce mot, corrompu & syncopé, est venu de medimne à mine, comme evidemment l'on peut congnoi$tre. Or, pour reduire les me$ures anciennes à celles de preſent, la mine contenoyt ſix boiſeaux, & le medimne contenoyt six muyts. Ce que les Grecs & Rommains diſoyent muyts, nous l'appelons en France boisseau. Par ces raisons il est tenu pour certain qu'un homme-de-pied avoyt par mois quatre boisseaux de froment, pour ſa nourriture : qui eſtoyt un boiſſeau par ſe maine. l'homme-de-cheval ſept mines d'orge, ou cinq, s'il estoyt des compaignies allices : lesquelles faisoyent quarante DES ROMMAINS. rante deux boisseaux pour un Rommain, & trente Polyte. pour l'autre. Et faut noter que Polybe dit en ce lieu, que, quand un gendarme legionaire avoyt faute de blé, ou estoyt mal vestu, ou mal armé, le Questeur Questeur, treſonir 3 (c'estadire le Tresorier des guerres, qui tousiours suyre. voyt le Consul Rommain, l'Empereur, ou le GeneGenes. ral) luy fournissoyt ce qu'il luy faloyt, en deduisent sus l'argent qu'il prenoyt par jour pour sa pitance. D'aPlutarque. antage, par la description que Plutarque a fait des vies de Tiberius & Cajus Gracchus freres, l'on peut veoir que le Tresorier general des guerres estoyt homme d'honneur, d'autorité, & de grande reputation. Nous lisons encores en Cornel. Tacitus, que, du temps Tacitus. d'Auguste Cesar, les gages de l'homme-de-pied estoyent un denier d'argent par jour : qui valoyt trois souls & six : & sus cela il se vestoyt, armoyt, & fournissoyt de 7) payillon. En Thucidide, Auteur Grec, nous trouvons qu'un soldat, pour luy deuziéme, avoyt deux drachmes Budec. par jour : qui sont, selon l'estimation de Budee, huit sesterces Rommains, ou deux deniers d'argent: qui valoyent sept souls tournois: qui est une mesme chose. Ainsi un homme-de-pied avoyt à Romme, en ce temps à, cent cinq $ouls tournois: qui e$toyent trois e$cus, à trente cinq $ouls tournois par e$cu. Et pource qu'un Phleé Chef-de-bande prenoyt double paye, & l'homme-deTite Live. cheval la prenoyt triple, comme recitent Polybe & Tite Live, c'estoyt par mois, pour homme-de-cheval, quinze liures quinze seuls tournois (qui sont six escus) pour homme-de-pied trois escus. J'enten tousiours les eſcus à trente cinq ſouls la piece. Par cecy on peut aire compte & estimer combien une legion coustoyt à entre. CASTRAMETATION entrenir: encores que la chose ſoyt incertaine : pource que le nombre des hommes n'estoyt pas tousiours semblable. Car ledict Polybe parle une fois d'une sorte, & T'egere. l'autre fois de l'autre. Vegece en son art militaire dit qu'en la legion complette avoyt du moins six mile homLegion Rosenmaine mes-de-pied, & sept cens trente deux hommes-de-cheval. Il y avoyt dix cohortes en la legion. La premiere contenoyt onze cens cinq hommes-de-pied, les plus gens de bien, & cent trente deux de cheval avecques J. ai le leurs cuiraces. C'estoyt celle qui avoyt l'Aigle, principrincipale pale enseigne de la legion & de toute l'armée. C'estoy assigni de p.2 k. giò.1 encores le chef de la legion : &, quand il faloyt comKonmaine battre, l'Avantgarde se saisoyt de ceste-cy. Les autres avoyent cinq cens cinquante cinq hommes-de-pied, & $oixante $ix hommes-de-cheval : combien qu'en l'extreme neceſſité de la guerre les Rommains les rempliſſent Nombre de de plus grand nombre, y adioustant souventesfois une la legion coliorte ſimple, une autre fois une cohorte militaire, ou Kommand deux, selon que l'affaire de la guerre le demandoyt. Et cecy ſuffira, quant à l'ancienne ordonance de la legion Rommaine. Mais, pource que les legions n'estoyent pas touſiours fournies, nous prendrons pour legion ſix mille hommes-de-pied, & cinq cens de cheval, à trois escus pour homme-de-pied, & ce sera par mois dixhuit mille escus, &, pour cinq cens de cheval, à neuf escus pour homme, quatre mille cinq cens eſcus. Puis nous ad ousterons, pour soixante Chefs-de-bande, autant de Ce que payes (car ils prenoyent double paye) & cela ſe montera manicy tat an ie neuf vingt escus, & par an deux cens soixante & douze payment mille cent soixante escus. d'un le Nous avons veu combien une legion avoyt de tion from maine DES ROMMAINS par an, Parquoy nous pourrons facilement estimer qu'il faloyt pour en stipendier quarante & quatre (qui furent Le payemont de 4 entretenues par Auguste Cesar) & trouverons que le legions Rôpayement des dittes legions, au nombre dessusdict, maines. montoyt à onze milions neuf cens soixente & quinze mile quarante eſcus couronne, de ceux que j'ay dict cy dessus. Toutesfois, quant est du payement des gens-deguerre, il est difficile d'y asseoir jugement. Car les Princes les augmentoyent souventesfois, par ce que nous lisons dedans Tranquillus, quand il parle de Domitian, disant qu'il adjousta, aux gages des gens-d'armes, trois dePois des niers d'or. J'ay pesé les pieces, dont il parle : qui pesent un quart d'once communement, & d'avantage, selon d'ord'Auque l'Empereur faisoyt battre sa monnoye forte. AuCesar. jourdhuy les medailles d'or, dont il fait mention, valent un double ducat : & quatre liures seize souls tournois les moindres. Et, entre les autres d'or, qui sont entre mes mains, j'en ay de celles d'Auguste deux : qui sont si fortes, qu'elles viennent chascune à la valeur de cinq liures dix souls tournois. Fin de la Caſtrametation des Rommains . DISCOURS sur la LASTRAMETATION DISCIPLINE MILITAIRE des . 1 MA sur les Bains & antiques Exercitations Grecques & Romaines Par Noble Seigneur UILLEAUME DU CHOUL, conseiller du Roi & Baillif des montagnes du Dauphiné, avec figures en taille douce. Suivant la copie de Lyon. DUSSELDORP Chez Jean vander Smissen 1731. . 7 . . . — LMIDVS. D L:OT. . passzipoar . . DISSE MENT. CC.P. MENT. .............. ............... ............... COUSTE GAUCHEDES ALLIEZ. MENT. FIGURE DU CAMP DES ROMAINS. LE FOSSE ET PALISSEMENT. P. DECUMANE. GENS DE PIED EXTRAORDINAIRES ET P.L. GENS DE PIED EXTRAORDINAIRES ET P. CCCLXXXIII. P. CCCLXXXIII. AUXILIAIRES. AUXILIAIRES. VVIDE VVIDE. P. CCCC P. CCCC POUR LES ESTRANGIER CHEVAUX EXTRAORDINAIRES CHEVAUX EXTRAORDINAIRES POUR LES ESTRANGIERS ET SURVENANS. ET SURVENANS. ET AUXILIAIRES. ET AUXILIAIRES. LARGE. VOIE EDÉ, IL, EXTYTVOIO CAPIT DE FTAVRE L. ARMEVRERIE. LXV LE MARCHE PHIEAL EXTRIVO KV. LA TRÉJORÉRIE. DE PRE TOIRE. Sec. Bc TENTES DES TRIBUNS. .............. * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * VOIE LARGE. P. CXXXIII. P.CC. P.CC. P. CXXXIII P.C. P.C. P.L. P.C. P.C. P.L. P.C. P.C. CHEVAUX GENS DE PIED GENS DE PIEL CHEVAUX . DES ALLIEZ DES ALLIEZ. DES ALL EZ. DES ALLIEZ ⵣ ⛪C ............... ⛪ — 2.45 5 5.5.21 2 ............... ............... ⵙ ⵥⴱ 0 ⵙ⛨ ส S ⵟⴱ ........... S .............. S t n. ............... ............... 15 ⵟⵉ LA VOIE QUINTAINE. P. CC. GENS DE CHEVAUX ESPACE EN GENS DE S. CHEVAUX . TRELESLO PIED DES DES AL5.5 PIED DES DES ALLIEZ. ALLIEZ. . 5 GES ET LE ⸸ — — ALLIEZ. LIEZ ............... PALISSE. ............... 0 MENT. CC.P. . ............... 2 ............... ⛪ S. S. . . ............... ............... □ פופ ⵟⴱ ● 9 21.2 ............... ............... 2 P.L. EL P.L. P.L. COUSTE DROIT DES ALLIEZ, PREMIERE LEGION ROMAINE, SECONDE LEGION ROMAINE, COUSTE GAUCHEDES ALLIEZ. P. PRETOIRE. LE FOSSE ET PALISSEMENT. DES BAINS ET ANTIQUES EXERCITATIONS GRECQUES ET ROM. MAINES. hohd chchchchchchchch 1 1 S. 6. 0.0.0.0.0.0.0.0 4. O.O.E. A . 1 d * * * * * * * . 1 * * * * * * AU ROY. IRE, ces jours pa$$es e$tant en vostre royale maison de Fontainebleau, je me pri à regarder ce, qui à mis ſouventesfois les eſpris des bons Architectes en admiration : &, entre les autres choses, vostre valerie, & les personnages qui y sont, faicts par telle diligence, & sa G bien reires du naturel, qu'à les bien voir l'on penseroyt que ce fust la nature mesme. D'avantage, ſi la peincture eſt belle, la decoration du ſtuen eſt pas moindre, pour raison de ses fruicts, estans plus plaisans que les naturels : d'autant que ceux-cy se despovillent de leurs fleurs, &, en changeant leur couleur, s'enviellissent & laiſſent leur beauté : & ceux-là monstrent une primevere perpetuelle, & les fluers immortelles de ſorte que ceux, qui s'en approchent, cuidans recevoir l'odeur ſuave des fleurs & des fruicts, reçoyvent la ſenteur par grand riſee. Iane ſe treuve rien d'affecte, ny de trop, ny chose que l'on puisse reprendre. uant à la doreure, le peinƈtre en a mis a ſuffisance, ſans superfluite. Ce qui enrichit le lambris par si grand grâce, que l'on jugeroyt que ce fust un Ciel accoustré de ses estoiles : avec certains eſpace tellement diſtans de l'un a l'autre, qu'ils font monstrer que l'or n'y demeure point otieux, mais y est mis pour rendre le lieu (quand le soleil se jette dedans) plus delestable A 2 ctable. Outre toutes ces choses là, si nous voulons parler de son regard il est decouvert, sans qu'il ſoyt empeſche d'aucune part, & $i bien diſpoſe, que la naiſon en eſt plus belle, lus elegante, & digne de plus grand lovange. Pource que ſur voſtre verger royat (qui est accouſtre d'ambulations ſpaticuſes pour ſe proumener) & sur le jardin, ſe voyt l'eſtang, par ſes bors garni d'une saußaye, qui presente aux regardans une grâce de verdure ſi grande, que l'on jugeroyt eſtre une demeurance divine, & que les Dieux ſeroyent venus choiſir ce lieu, pour inviter les Nymphes à la muſique. Dequoy ne ſe faut ebahir. Car le regard des choſes belles a eu grand force & pouvoir d'attraire à ſoy le cueur des Dieux. Et entre les autres ſingularites de vostre bastiment, voz thermes, Sire, & voz bains, sont faicts par telle diligence, & ſomptuoſite, que, à les bien regarder, peuvent combattre de comparaison avecques ceux de M. Agrippe. Parquoy quand je ſuis venu à conſiderer combien de beauté pour le contentement de l'œil, & d'utilite & prof fit ilz apportoyent aux anciens pour la sante du corps : je me ſuis mis au devoir, ſuyvant voſtre commandement, de vous en donner la cognoissance par la lecture de ce petit liure : que je vous preſente, accompaigne du vouloir tres humble du Bailly des Montaignes, voſtre treſobeiſſant ſerviteur : qui vous ſupplic treshumblement de luy faire tant de faveur & de bien, que de le mettre au nombre de ceux que vous tenéz en obeiſſante ſervitude aupres de vous. Ygint Bæcikév. DIS . e 1 (1.4) . . . . . . . . . . . . . . . . . ... e Geschäftsfertigungsrecht. wissenschaft . * e . DISCOURS DES BAINS ET ANTIQUES EXERCITATIONS GRECQUES ROMMAINES. Escript par Guillaume du Choul, Gentilhomme Lyonnois, Conseillier du Roy, & Bailly des Montagnes du Daulphine. OUR avoir, Sire, la cognoiß sance du premier usage des bains, thermes, & gymnases. ou se lavèrent jadis les anciens, l'on pourra sommairement voir par ce petit discours, ou abreS gé, ce que nous en lisons es Histoires Grecques & Latines. Chose, qui tousiours servira pour l'intelligence de l'antiquité sacrosaincte. Il faut donc entendre pour le commencement, que les thermes publicques furent ordonnees aux anciens Grecs & Rommains pour se laver, & pour la santé : comme furent les thermes Agrippiniénes, Neroniénes, Domitiénes, Antoniénes, & autres: la grandeur & magnificence desquelles se voyt par les ruines, qui sont à Romme, lesquelles pouvoyet estre comparées à l'un de septspectacles DES BAINS. du monde: tant elles estoyent construites avecques grand labeur, & prodigieuse despense, & enrichies d'une infinité de colomnes de marbre different, qui avoyent esté amenées des dernieres régions, & quasi de tout le monde : de maniere que les montaignes, desquelles ont esté tirées ces grosses pierres, se plaignent encores aujourd'huy de la pui$$ance des Rommains : & pleure encores la mer du grand fais, & de la charge qu'elle a portée Toutesfois devant Agrippa, Nero, Domitian, & Antonin, la chose estoyt bien venue jusques à tel poinct, que les gentilshommes Rommains les faisoyent edifier en leurs maiſons par ſomptuoſité ſinguliere : comme nous monstre Cicero en ses epistres à Terentia sa femme, & Cicero. à Quintus son frere, quand il leur e$crit, qu'ils donnent ordre que la cuve $oyt en ses bains, & qu'ils le rendent La cuvi aux bains certain en Asie (ou il estoyt Proconsul) de la diligence des anciens que l'on faisoyt a bien edifier ses bains en sa vile Arpinate. Depuis lequel temps semblable chose fut conti nuée : comme plus clairement nous enseigne Pline le Pline. Jeune, en la description de sa vile Laurentine: de laquelle, outre les autres ſtructures & edifices, il love le gym Le gymnase. nase : & de ses bains la celle frigidaire, les baptisteres, La celle l'unctuaire, l'hypocauste, la piſcine chaude, les zetes, frigidaire. Les bapti le stipade, & l'heliocamine. Or, pource que tous ces steres. noms sont tirés de la fontaine Grecque, je me mettray L'unctuau devoir de les declaire particulierement, & de monaire. L'hypostrer ce qu'a tiré souventes fois les gens doctes en admicauste ration : c'est qu'avecques les bains se faisoyent les jeux & La piscine exercitations : & si estoyent entremeslées avecques les chaude. Les vides Les stibade bains, les disputations des gens doctes & vertueux. Je ne doute pas que l'on ne le trouve estrange: mais si fut il touPheliotamine. tefois observé & garde des anciens: comme Pollio : l'escrit Viruve. ET ANTIQUES EXER. au cinquiéme de son Architecture, & comme encores fait Josephe, parlant du Roy Herodes, quand il dit qu'il Josephe. avoyt edifié à Tripoli & à Damas bains publiques (qui furent nommés gymnases) & à Bibli exedres, fores, & Exedres. Forts. portiques. Encores Herodian au premier de ses liures. recite que Cleander (serf premierement de Commode, par lequel il fut pou$$é si haut, qu'il le feit Capitaine de sa garde, & luy donna la superintendance de sa gendarmerie) des grans richesses qu'il avoyt amassé, feit bastir un gymnase, ou escole fort magnifique, pour exerciter un chacun à la luitte, & aux autres armes : & des bains, qu'il donna au peuple, ou l'on pouvoyt aler se laver sans rien payer. Ainsi donc, pour monstrer que les Philosophes aloyent aux gymnases pour disputer, escoutons Vitruve, qui dit, parlant d'Aristippus, Philosophe Socratique, jetté par fortune de mer au port de Rhodes, qu'apres qu'il eut veu des figures de Geometrié. commença à crier à ses compaignons, qu'ils devoyent esperer quelque bonne chose, pource qu'il avoyt veu là trace des hommes : & soudainement s'en ala à la vile de Rhodes, & tout droit au gymnase : ou apres qu'il eut disputé en Philosophie, luy furent faicts plusieurs presens. A ce propos servent les paroles de Cicero, au second Cicero. L'usage de l'Orateur : qui eſcrit que les auditeurs du Philoſophe det gym aux gymnases, estoyent trop plus aises de veoir le dis- nases, que que le Philosophe: lequel, s'il commençoyt à disputer de choses graves & ardues, ils le laissoyent, pour s'aler oindre, au milieu de son oraison. Par ces mots, & par la $entence de ces Auteurs, facilemẽt l'on pourra congnoistre que les gymnases furent en usage pour l'exercitation du corps & de l'esprit : & que les bains & gymnases furent une mesme chose : & que la disputation estoyt au nom. 1. hypocauste. Præsurnium. Cato. Vitruve. Vases, Caldaire, Texidaire, Frigidairs. DES BAINS. nombre des autres exercitations, pour garder la bonne santé. Au demeurant nous escrirons particulierement les parties de noz thermes & bains, pour apres suyvre les exercitations du gymnase, de la palestre, & des lieux necessaires, ou s'exercitoyent les palestrites: & commencerons à l'Hypocauste: qui estoyt le lieu ou l'on faisoyt le feu pour échaufer les vases estans aux pains, à la façon des fourneaux que l'on voyt encores pour les barbiers & teinturiers. La bouche se nommoyt Praefurnium, comme l'escrit Cato au livre de la chose rustique, quand il nous enseigne de quelle hauteur & largeur se doyt faire la fournaise de la chaux. Toutes fois, pour savoir le nom de ces vases, ou, pour l'usage des bains, l'eave se gardoyt, le plus diligent de tous les Architectes, Vitruve, le nous enseigne, quand il escrit de ces bains la disposition, le lieu, la situation, & structure: disant que par dessus l'Hy pocauste il faut mettre trois vases d'airain : l'un nommé Caldaire, ou soyt l'ave chaude: l'autre Tepidaire, pour l'eave tiede : & le troisiéme Frigidaire, recevant l'eau froide, qui venoyt par le dessus des thermes tomber dedans une cuve de marbre : dont elle descendoyt per accord au va$e Frigidaire, du Frigidaire au Tepidaire, & conſequemment au Caldaire, comme plus clairement le nous monstrera la figure cy-apres mise. ORD ET ANTIQVES EXER. ORDONANCE DE LEDIfice des bains antiques. Famil. Wiseripdure. Vase Caldaut. Plafur nicus. pon be la ſembeaz. Galien au 10 chapitre Therapeu tices. L'hypocauste. Senecque. Labrum. Strigiles. Galim an livie 3. de sanitate menda. Clemens Alexandrinus Le Bapti s. cre. Pline le jouno DES BAINS Toutefois Galien a divisé les bains en quatre lieux separés : desquels le premier estoyt l'Hypocauste: que Senecque nomme Sudatoire : par la chaleur duquel l'on provoquoyt la sueur : comme nous faisons en nos estuves d'aujourdhuy. Le second lieu estoyt le Lavacre, où estoyt la cuve, nommée Labrum : qui estoyt ordonnée pour laver tout le corps avecques l'eaue chaude. Le troisjéme servoyt pour se laver d'eaue froide : & au quatriéme ils abbatoyent la sueur, & nettoyoyent avecques les strigiles & esponges. Je cuide que l'eaue venoyt par tuyaux, des vases desquels a parlé Vitreve : & se prenoyt dedans ces lieux l'eaue avecques les fontaines de bronze. Qui a fait dire audict Galien, au livre troisiéme, qu'il a fait pour garder la bonne santé, que le bain estoyt divisé en chaud, en temperé, & en froid: qui sont les trois vases desquels nous avons parlé ci-dessus. Et servoyent ces lieux anciennement pour quatre choses. La premiere, pour nettoyer le corps: la seconde, pour la chaleur : l'autre, pour la santé : & la derniere, pour la volupté: comme dit Alexandrines: qui rejette cette derniere, disant qu'il faut prendre le bain pour se nettoyer, & pour la santé seulement. Le Baptistere se souloyt edirier aux celles (c'est à dire, au lieu le plus secret de la maison) dont les unes estoyent chaudes, & les autres froides. Ce que monstre Pline ad Apollinarem, qui dit que la Baptistere grand, & spatieux, se trouvoyt en la celle frigidaire : & là les anciens se plongeoyent entierement pour se laver : dont est venu le nom de Baptistere, que nous avons en nos eglises : où, selon nostre religion Chrestiéne, sont baptisés les enfans, & reçoyvent leurs noms, apres qu'ils ont esté par trois immersions purgés. Parquoy ne sera point mauvais de monstrer la coustume ET ANTIQUES EXER. me des anciens à ceux, qui l'ont ignoré jusques à present, que, neuf jours apres qu'ils estoyent nés, on les nommoit par leurs noms : & ce jour estoyt appelé Lustrique, comme Macrobe le tesmoigne, escriuant que les Rommains Iirique. Macrobe. avoyent une Deesse de grande religion, qu'ils nommérent, pour le neufiéme jour de ceux qui estoyent nés, Nundina, à cause des enfans, qui estoyent lustrés, & prederse noyent leurs noms en ce jour là. La raison estoyt, suy Nirdina. vant l'opinion d'Aristote, pource que, devant le septiéme jour, les enfans demeurent exposés à plusieurs inCoastries conveniens : &, au contraire, la coustume des Athéniens, des Ortes & quasi de toute la Gréce, estoyt d'imposer le nom à dimposer le nom à leurs enfans au dixiéme jour de leur nativité. leurs caLes Piscines au commencement furent lieux or-fant donnés pour tenir le poisson. Depuis la coustume vint Pli$cine — que tous lieux natatoires, où l'on pouvoyt se baigner, estoyent nommés des anciens Piscines : &, combien que Piscuree, les Rommains les eussent en leurs thermes publiques, tenirte toutefois la piscine servoyt de lavacre froid & chaud, pei$semaux maisons privees, pour nager, & pour se laver : comme nous congnoissons par Cicero : qui demandoyt en Chers. ses bains plus grande. Piscine, où les bras en nageant ne se fussent point rencontrés : & l'Empereur Heliogabalus (ainsi que nous lisons en Lampridius) fut si dissolu, lus se lavojt en qu'il ne voulut oncques se laver ou nager en piscines Piscines qu'elles ne fussent teinctes de saffran, ou d'autre composassian. sition bien noble. La Zee Les Zetes, comme l'on pourra congnoistre par le delices dis jeune Pline (qui les a nommées ses delices) estoyent jeune Pline lieux edifiés aux maisons pour la recreation de Teses prit, & plaisir du corps. Dont les unes estoyent quart. Stagonet. rées, les autres exagones, & octagones: c'est à savoir à six, . B 2 DES BAINS à six, & à huit pants : de maniere que le Soleil y battoyt temperement, depuis qu'il se leuoyt, jusques à ce qu'il se couchoyt, par le cours qu'il fait tout le jour : combien que, de la partie du midi, les Rommains y feissent metContrese tre contrefenestres, pour temperer l'ardeur du Soleil, nestres pou. jusques à ce qu'il s'en aloyt. Par ce moyen le lieu, bien artemperer l'ardeur du chitecté, estoyt aorné triomphamment, plein de jour, Srle.l. & odorifere, comme une demeurance diuine: & là s ebatoyent les anciens Rommains auecque delices & plaisirs Lieu secret secrettement. Pource que le lieu estoyt secret & separé pour le du bruit de la maison, accompaigné de plaisans & graplaisir des Rommains. cieux vergers, de portiques ou galeries pour se pourmener. Des zetes, l'entree n'estoyt permise qu'aux Princes, ou bien au maistre de la maison, qui demeuroyt en ce lieu, accompaigné de sa femme, de ses amis, de Gentilshommes & de Damoiselles: & souuentefois les Princes vertueux y faisoyent venir gens de sauoir, & de vertu, pour parler des bonnes lettres, de la peinture, de l'architecture, & autres arts excellens. Par ces moyens joui$$oyent les Rommains de la felicité de ce monde. Stibides Les antiques eurent les Stibades, ainsi nommés pour pour aucir les herbes que les Grecs nommérent σβάδας: desquelles les l'embre. anciens auoyent de coustume faire de petis licts de terre couuers de verdure, pour auoir l'ombre & pour repousser en l'esté l'iniure du Soleil, comme nous faisons encores auiourdhuy : &, au lieu qu'ils sont faits de bois à la façon de petites chambres ou cabinet couuerts de vigne, de jasmin, de smilax, ou autre verdure, ils les edifioyent de marbre blanc enuironné d'ouurage topiaire, Onvrage topiaire. pour y manger non seulement auecques leurs amis, mais encores auecques leurs municipes & estrangers, en grande somptuosité de delices. He. ET ANTIQUES EXER. Heliocaminus estoyt un lieu incrusté & vouté, & totalement exposé au Soleil : dont il receuoyt la chaleur du jour la plus vehemente : & le seul nom Grec nous fait Pournaist congnoistre que c'est une fournaise du Soleil. du soleil. Il se trouuoyt encores en ces bains le Spheristere, faict Spheristere en forme ronde, commode pour le jeu de la paume, & pour le jeu autres diverses exercitations. En ce lieu (comme recite de paume. Tranquillus) Vespasian l'Empereur ne faisoyt autre Tranquilchose que de frotter ses membres, pour garder sa bonne lui. santé. Les autres principales mansions des bains estoyent appelées des Grecs ἀποδυτή φιοη, ἐλαιοβείσιον & λετρίκ. Apodyte L'Apodytaire estoyt le lieu ordonné pour se despovilEleothe ler & déuestir, deuant que d'entrer aux bains : où se te-sium. noyt un officier, nommé des anciens Capfaire : qui aCapsaire. voyt la charge de garder les robes & accoustremens de ceux qui venoyent de la palestre. Au plus pres de l'Apodytaire estoyt l'Unctuaire, habitation amene & elegante : qui se trouuoyt pleine de deYpocanlicates & pretieuses unctions : qui estoyt garnie de deux stum. entrées, pour receuoir ceux qui venoyent de la palestre. La tierce mansion servoyt pour se lauer d'eaue froide que les Grecs ont nommée λνερὰ) & devoyt, sur tout, le Lavacre lavacre froid auoir le regard sur boreas (que nous appe-froid. lons le vent de bize) & fuir le Soleil du midi: &, tout au contraire, la lauation chaude (qui demandoyt un grand Soleil & plus de chaleur) estoyt mise contre les vens de No. thus, Eurus, & Zephirus: & si estoyt accompaigné des lieux propices pour suer, qui estoyent faits de forme ronde, & que les Grecs ont nommés λακονικὰ, pour les Lacedemoniens, desquels l'on receuoyt à l'entrée, par une alée, le chaud si suave & si doux, que les personnes n'estoyent point surprises ny suffoquées de la chaleur. Aucuns ont voulu ajouster une quatriéme demeu- DES BAINS Escole. “rance aux thermes, appelée Escole, ample, & spatieuse, pour receuoir ceux, qui estoyent vestus, & qui attendoyent es bains leurs familiers & compaignons. En ces thermes l'on trouuoyt des sieges pour se seoir & pour se Thermes. reposer : les uns faits en forme d'hemiciole, & les autres quarrés, pour seruir les Rommains, qui prenoyent le soleil & l'ombre de matin & de soir, tout ainsi que la commodité le requeroyt. Le lieu, ordonné pour les bains, se trouuoyt triomphant, & l'habitation interieure pleine d'aménité & elegance, clere & resplendissante, & toutes les appartenances illustrées de lumiere & de grand iour, de portiques peins au frais, pour ſe pourmener, & propices pour se réjouir : qui passoyent de magnificence & de beauté, pour les coulonnes & peintures, toutes les autres habitations. Quant à la decoration du frontispice, il estoyt enrichi de deux statues de marbre, Statues ou de bronze: dont l'une estoyt consacrée à Esculadedices à pius, & l'autre dediée à la Santé: lesquelles monstroyent Escula. pius & à une face elegante & splendide, que les Grecs ont nommée ιυροθμία, que nous disons forme venuste & bien prola Santé. Eurythportionée : qui monstre par destination des membres mia. la chose belle auecques delectation. Les autres parties, necessaires pour la commodité des bains, sont assés con gnues par ce que Vitruue en escrit au cinquiéme liure de Virtruue. Labrum, son Architecture. Quant à la cuue, nommée Labrum, la semblance se voyt par celles, qui sont deuant la RoCuue. tunde de Romme (l'vne desquelles ie representeray ciapres) & celle de porphire, qui est en l'eglise de S. Denys en France. CVVE . . ET ANTIQVES EXER. CVVE, OVSELAVOYENT les anciens Rommains. 2 Il demeure à veoir par figure les Strigiles (que nous pouons nommer Estrilles à estuues) à ceux qui n'ont veu celuy que i ay presenté à vostre majesté (qui est faict selon la description d'Apulée, au commencement du liure second de ses Florides) & par celuy de bronze doré que i'ay entre mes mains, fort antique. STRI Apulée. DES BAINS STRIGILES L'usigedes Et, pource que ceux qui verront les ſtrigiles, en pourSt. Ignes. royent demander l'usage : il faut qu'ils entendent que les anciens Rommains les faisoyent porter aux bains par leurs pages, quand ils alloyent aux thermes, auec les guttes (comme l'on pourra veoir ci-apres) pour abbatre la fueur, au lieu que nous usons de couurechefs : & les faiStriviles soyẽt faire d'or, d'argẽt, & de bronze: cõbien que Strabo, dordar au quinziéme de sa Geographie, recite que les Indiens, gent & de entre les autres exercitations, avoyent coustume de se pobronze. Strabo. lir le corps avecques ſtrig les legéres d'ebéne. Les plus Pline. delicas des anciens Rōmains (cōme nous li$ons en Pline) Esponges tein étes en usérent d'esponges pour les strigiles : qu'ils faisoyent teinescarlatie dre en escarlatte, pour leurs delices : & souuentefois les pour les fai$oyent blanches, par grande ſingularité. delices. HERVS ET ANTIQUES EXER. LE ROMMAIN QVI SALOYT estuver, & laver, accompaigné de son page, qui portoyt le ſtrigile, & le gutte. S Guttus, ou le gutte, que nous avons veu ci-dessus, fut Guitus. ainsi nommé, pource que la liqueur en descendoyt goutte à goutte. Les grans Princes & les plus nobles les avoyent de licorne, & la plus grande partie de voirre, ou de corne de buffle. De ce vase usérent les Rommains Vase pour en leurs bains, pour tenir les huiles odoriferans, des-tenir les quels, apres qu'ils estoyent lavés, ils se faisoyent oindre, huiles odovnir, & adoucir la chair : comme l'on pourra veoir par la riferans. figure, que j'ay emprunté de Fabius, aux simulacres qu'il Fabius. faits de la cité de Romme. BAIN DES BAINS BAIN VOVTE DES anciens Rommains. LABRVM ET ANTIQVES EXER. Les mixtions toutefois & compositions en furent differentes. Car les uns demandoyent les huiles composés de fleurs : comme le Rhodinum, qui estoyt de roses, & le Li. Huïe de reses. rinum, des fleurs du lis : ou du Cyprinum, qui estoyt faict delis. de la fleur d'un arbre nommé Cyprus : qui a la fleur blanche & bien fort odoriferante. Il vient en plusieurs lieux mais en l'isle de Cypre passe d'odeur suave tous les autres. Les Aneiens eurent encor entre les huiles, le Bac- Huiles de cabaret. carin: duquel parle Aristophane, l'herbe est nommee Aristo. Baccar : qui porte une fleur de couleur de pourpre : dont bane. la racine en quelque chose porte la senteur du cinnamo me. Ils'en trouve assez en nostre France: lequel est appelé vulgairement Cabaret par transposition de lettres. Ils eurent aussi l'huile Gleucin & Myrrhin en grands Gleneindelices. Le Gleucin se faisoyt de moust, que les Grecs appellent combien que Columelle, au cinquant- Columelle jéme chapitre de son treiziéme livre, le compose de simples odoriferans. Pline a mis cest huile entre les especes plinedes artificiels, disant, qu'il est froid, au vint-&-troisiéme livre de son histoire naturelle, ce qui est contre l'opinion Huile de de Theophraste & de Dioscoride Le Myrrhin se compomyrthe. soyt de myrrhe, & désechoyt suffisamment. Nous avons perdu l'usage de telle composition, pource que la myrrhe, que l'on apporte aujourdhuy d'Alexandrie est entierement contrefaicte & sophistiquée : & en vient bien peu de la vraye en France & en Italie, j'enten de celle Dioscorique Dioscoride a laisse par escript, transparente comme la corne de beuf. Les autres huiles se faisoyent des Huiles de fueilles d'herbes : comme ceux qui estoyent de mariolaine, de lavande, & de la fleur de vigne sauvage : qui fu, ne, de lavande & rent dicts Amaracinum, Nardinum, & Oenanthinum. de la fleur, Les autres se composoyent de la racine & escorce des de vignear-sauvage. C 2 DES BAINS Huile du arbres : comme le Cinnamominum : qui estoyt précieux rienamom & de grande despense, qui se faisoyt ancienement a precierx et vecques l'huile de been, le bois du baume, nommé X de grande de spense labalsamum, & du squinanthe: qui est la fleur du jonc Dioscoric odoriferant, aromatizé, comme recite Dioscoride, avecques le cinnamome & le Carpobalsamum (qui est le fruict du baume) y adjoustant quatre fois autant de myrrhe que de cinnamome, & du miel autant qu'il suf fisoyt, pour detremper le tout ensemble. Aujourdhuy seroyt chose bien difficile, & quasi impossible, de faire tel unguent. Car le vray cinnamome est du tout incongnu : comme disent ceux qui vont querir les espiceries jusques au Levant : & desia du temps des Empereurs (qui estoyent obeîs par tout le monde) estoyt rare & difficile à recouvrer. Pour le cinnamome l'on prend auCasse ode jourdhuy la casse odoriferante (que nous appellons carif rant: nelle) pour ajouster à la composition de nos unguens quies &, quand Galien fit le theriaque pour M. Aurelius Annommer canelle. toninus, il ne se trouvoyt point ailleurs qu'au cabinet Galien fe des Empereurs : qui le faisoyent garder bien chérement la theriaque peur mare entre leurs pretieuses choses. Ledict Empereur fit mon Aurile strer à Galien plusieurs vases de bois remplis de cinnaCinnamo mome : lesquels avoyent esté mis en son palais : les uns me trouve aux calidu temps de Trajan, & les autres d'Adrian, qui adopta nets de Antonin Pie: lequel succeda à l'Empire, & recouvra Traian. du cinnamome frais: qui passoyt de bonté & de senteur Hadrian Antonin tous les autres. Depuis, Commode l'Empereur (incommode à tout le monde) se souciant bien petit du cinnamome & du theriaque, laissa perdre tout ce qui estoyt demeuré de bon, & que les bon Empereurs, ſes predeceſ Galien seurs, avoyent amassé de long temps par grande sin pour la deuxieme. gularité: de sorte que, quand Galien vint à composer le theria DES BAINS theriaque pour l'Empereur Severus, il fut contraint de seis tempoprendre le plus vieil cinnamome qu'il trouva de reste au seleti enae pou palais desdits Empereurs : qui estoyt (ainsi comme il Sorent dit) fort foible de senteur & de force : & si ne passoyt l'Emjecanpas trente ans qu'il avoyt esté apporté à Romme. Quant aux autres huiles, le Narcissin (qui se fait de la fleur de Narcissus, que les François nomment fleur de Pasques & l'Irin, de la racine du glaieul, se faisoyt au temps de Hulle de Narciscus Pline, bon en Pamphilie, mais meilleur, plus suave, & & de laraplus odorant, en Elide, cité d'Arcadie : combien que cine du laicul. l'Iris de Florence tienne aujourdhuy le premier lieu bade Flo L'huile Rhodina esté tousiours le meilleur à Naples & rencer Conserve à Capoüe, &, du temps des anciens, à Malthe : à cauſe de de rases de la bonté des roses, desquelles on fait aujourhuÿ la meilNaples en leure conſerve & la plus belle que l'on puiſſe trouver : & tre les autres la duquel, comme recite Possidonius usoyent les Carmamedleure. niens pour reprimer les vapeurs du vin. Le Nardin se Huile Nardin. trouvoyt le meilleur à Rhodes, qui se composoyt d'huiles Omphacin, de been, bois de baume, fleur du jonc odorant, calame odorifére aromatises avecques l'Amara cus (qui est la mariolaine) coste, amome, nard, casse ordorante, du fruict de baume & de myrrhe. Et ceux, qui le vouloyent rendre plus pretieux, y ajoustoyent du cinnamome: qui a esté perdu depuis le temps que Galien en prit, qui avoyt ja trente ans, au cabinet de Marcus Aurelius Antoninus, pour luy faire sa theriaque: de Mare Au laquelle il usoyt tous les jours. Car, à ce que dit Galien, il rele uso] ne seut avoir la patience qu'il n'en prist deux mois apres tous les jours du qu'il l'eut fait : &, à ce que recite Dion en la vie dudic theriaque. Marc Aurele, il estoyt si subjet à maladie, qu'il ne prenoyt rien sus jour, outre ce medicament, qu'estoyt le cheriaque : &, ne prenoyt pas tant ce pharmaque pour crain DES BAINS orainte qu'il eust d'estre empoisonné, que pource qu'il avoyt l'estomac debile. Il y à long temps que telle cõposition Huile n'a esté vrayement faicte, pour avoir esté les noms de Balanina plusieurs simples corrompus par les Arabes. L'huile Balanin, que les Anciens ont ainsi nommé, se faisoyt du Huile de gland unguentaire nommé des Grecs μερεέαλανον. Les PerBeen fumeurs l'ont appelé huile de Been : pource que le fruict a esté ainsi nommé des Arabes. Sa proprieté toutefois porte (combien qu'il soyt fort vieil) qu'il ne ransit point. qui est la cause que lesdits Perfuineurs s'en servent pour incorporer leurs mixtions, qu'ils font pour perfumer gands, faire pommes de senteurs, & patenostres, Le glan avec le musc, ambre, & zybed, & autres senteurs odoriunguen ferentes. Ce gland s'apportoyt autrefois de la region taire s' Barbarique (qui est au jugement des doctes, l'Aethiopie porte d'Aethio-en general, ou la Troglodytique partie d'icelle) & usoyent de la liqueur tirée de la chair de son fruict les Galien. Perfumeurs, comme recite Galien. Et n'est pas de mer veille si le fruict, duquel se prend cest huile, a esté nommé des Anciens, Gland unguentaire : pource que sali queur est la plus propre & la plus frequentée es compositions de leurs unguens pretieux & odoriferes. C'est grand chose qu'en toutes les liqueurs unctueuses ne se Le ſeu. huile de treuve que l'huile de Been, qui ne soyt subiet à ransir : & Been ne Pour sa vertu particuliere, detrempent les unguentairansist j res toutes leurs compositions odoriferentes en cest huimais le de Been: pource qu'ils sont asseurés qu elles se peuvent garder sans craindre l'injure du temps. L'Amaraciu Amara estoyt le meilleur en l'isle de Coo (que nous avons de Ces d'es puis nommee le Langou) &, selon la diversité & prode Lange prieté de tous ces huiles, les Anciens en usérent en leurs bains, pour garder & entretenir leur bonne santé : &, à ET ANTIQUES EXER. ce que nous lisons, ils se faisoyent frotter les sourcils & les Huiles de cheveux, le col & la teste, d'huile de Serpolet (qui est Serpole: autrement nommé Polliot) dict Serpyllinum, & les bras & Mende celuy de Sisymbre (qui est Mente aquatique) & de ce- te aquatiluy de Cresson, & de l'Amaracin ou Mariolaine, les que os & les nerfs. L'Amaracin estoyt le meilleur de tous, principalement pour l'hyver, & pour ceux qui habitoyent es regiones froides. Les plus delicas des Atheniens (comme recite Cephisodorus) se faisoyent oindre les Cepiese pieds d'onguent : & telle estoyt la coustume en Athenes, dorus. comme il dit. Nous lisons que les Thoriciens, peuple Thorici d'Attique, se frottoyent les jambes depuis le genoil en ens peuple bas, & jusques à l'extremité des pieds, κέρω Ανγοπτιν les jouës d'Athenes & les mammelles, φοινικήω ; l'un des bras, σισυμβρίαι les sorcils, & les cheveux, ἀμαίακίνων les genoils & le col, De l'huile baccarin (duquel nous avons parlé cy dessus) Huile ont escrit plusieurs Comiques, & principalement Hip-baccarin. ponax, quand il a dit: βακκάρει εἰ τὰς ἡρας ἤλειφος, dont le sens ἤ ꝑponax. est tel : Je me perfumoye le nez & visage du baccarin. Toutefois Aeschylus a mis difference du baccarin aux Aeschylus autres onguents, disant ainsi : ἔγότε τὰς βακκάρως τε κὸι μύρυ : C'est à dire, le demande le baccarin & les perfums. Par resolution les Aeoliens nommerent τὰ μέρεν, les onguents, que les autres Grecs σμέρας par ce que la plus grand partie de Smyrna. la composition des onguents, se faisoyent à Smyrne: &, ce qu'ils nommerent Stacte, est faict de la seule myrrhe, Sirccte. comme dit Athenaeus. Par ces compositions nous congnoisons la grande recommendation, où furent ces huiles à l'endroit des anciens Rommains : veu que les Italieus en ont gardé les noms & l'usage, jusque à ce jour: Huilet, &, outre ceux-cy, de l'huile Imperial, de l'huile de fleur-Imperiale d'Oranges, de Jasmin, du Benioin, & du Stirax: mais de fleu princi-dorano DES BAINS ges de las principalement de l'huile Royal nommé des Grecs par mindo dont usérent les Roys des Parthes, comme nous lisons Tenjein de en Pline : qui en escrit la composition, & de plusieurs, qui Lurax, & Revale se vendent par les Myropoles & Unguentaires, que nous avons nommés Perfumeurs. Les montaignes de Perse portent des noix Persiques, desquelles l'on faisoyt l'hui Amyntas. Ctesias. le pour le Roy, comme dit Amyntas. Et en Carmanie Hode A (auteur Ctesias) estoyt composé l'huile Acanthin, duquel canthin le Roy du païs se faisoyt frotter le corps. De l'huile, qui a esté nommé des Grecs ὀμοτειδις, a fait mention Thiephra Theophraste au livre qu'il a fait des odeurs : lequel afferme qu'il se faisoyt des olives non encores meures, & a mandes. Les autres compositions, seches & arides (que Diava les Grecs ont nommées δηαπεισμηστι) servoyent, selon Plimata ne, pour arrester & secher la sueur de ceux, qui sortoy ent des bains, pour apres se laver d'eaue froide. Je cro Pondre de que ce peuvent estre poudres semblables à celles de vio violettes & lettes & de Cypre : dont l'on use encores aujourdhuy de Cypte Toutes ces compositions liquides se faisoyent avec ques huiles : &, d'autant que l'huile estoyt plus gras, elles estoyent meilleures & plus utiles. Qui fut cause que l'hui le d'amandes fut le plus propre & le plus estime ancienDisference nement. En parlant des huiles, Dioscoride dit que ceux, entre les qui se font sans y ajouster autre chose que ce que l'or huiles & unguens. prend du fruict des arbres, ou de la semence, sont nommés huiles, & tous les autres, unguens : qui sont compoHuiles. sés d'huile, & d'autre matiere : comme les huiles Rosat, Rosat, Sanſucin, Amaracin, Melin, Telin, Eleatin, Oenanthin, Sansutin, Amaracino Anetin, Crocin, Megalin, appelé des Grecs μεγάλιον, comMelin. me dit Sosibius, & de l'unguent duquel a parlé Epilycus Telin, dictSagdes, & de plusieur sautres, que je passeray, n'ayant Elcatin Oenambin, pas deliberé d'escrire en ce petit Traicté si grand nom- ET ANTIQUES EXER. bre de compositions, & encore moins de parler des bains salés, sulphures, alumineux, bitumineux, ferruginés, & plusieurs autres : & des composés avecques plantes, & fleurs: ny de ceux qui sont faits pour restorer & remettre sus les personnes, qui sont consumées & extenuées par maladie, remettant ce demeurant aux Médecins. Ains j'ay voulu sommairement escrire de ceux, qui estoyent du temps des anciens Grecs, & RomRemoie mains : qui les frequenterent pour conserver la santé, & tingutur pour obvier à plusieurs maladies. Car c'est un reméde pour les singulier pour les gens de lettres, que le bain : si nous gons de let nes, gr. voulons croire Gallien, au troisieme liure, qu'il fait tain pour entretenir la bonne santé. Pour obvier à toutes Allexius. ces grandes despenses, Athenaeus recite que les Lacedemoniens chaçoyent les vendeurs de toutes ces delicates compoſitions : pource quils perdoyent & conſumoyent inutilement l'huile comme les teinturieres des laines, qui Pline. corrompoyent la blancheur : & Pline dit qu'il est certain que les Rommains n'en firent pas moins, apres la Antiochus. defaite du Roy Antiochus, & que l'Asie fut suppeditée, lannée, depuis que la cité de Romme fut fondée, cinq 7 du du cens soixante cinque &, alors que Publius Licinius Crastemps de sus, & L. Julius Cesar estoyent Censeurs, fut faict PU. Luminis Grassus L. un edict que personne ne vendist huiles & unguens Julius Ceexotiques: ainsi nommerent les estrangeres & pere ſer Con grines compositions. Or, pour monstrer en quelle soit reputation estoyent à l'endroyt des bons Fmpereurs, ceux qui en portoyent, je reciteray, en passant, les paroles de l'Empereur Vespasian à un jeune adolescent, bien perfumé : qui le venoyt remercier d'un magistrat, dont il avoyt esté pourveu : auquel il dit, tout fasch : Reffense de l'EmJ'aimeroye mieux que tu ſentiſſes les aux : faiſant revopereur Ve quer stofan Cicero. Theimes d'Antonis & de Dicletian. Les An ciens se lavoyen Quasiteur les jours. Sencqui L'interne maison Scipio l'A fricain Püne. DES BAINS quer les lettres de l'office, qu'il luy avoyt donné. En cela le sage Empereur suyuoyt la mousche à miel: qui ne peut endurer la ſenteur, ains picque aigrement ceux, qu'elle sent perfumés. Suyvant aussi l'opinion de Cicero qui dit que les odeurs, qui ſentent la terre, ſont plus gratieuses que celles, qui tiennent de l'odeur du saffran. Par la lecture de ce, que nous avons dit ci-dessus, l'on congnoi$tra les grandes de$penses, que firent les Rommains, a bien edifier leurs bains : ou ils ne garderent ny moyen ny mesure. Ce qui se voyt par les ruines des thermes d'Antonin, & de Diocletian, à Romme : ou se treuvent coulomnes de marbre de couleur differentes, & lieux infinis appropriés à plusieurs usages: qui estoyent en tretenus curieusement par les Anciens : qui se lavoyent qua$i tous les jours, en provoquant la ſueur, pour entretenier leur bonne $anté. Ce que mon$tre Seneque en ses Epistres à Lucille, quand il dit que Scipio l'Africain, qui s'estoyt retire voulontairement à Linterne, en une sienne maison, qui estoyt construite de pierre quarrée : avoyt en ſa vile un bain eſtroict & obſcur, lequel ne luy eust point semblé chaud, sans qu'il eust est obscur : & en ce petit bain l'horreur de Carthage Scipio lavoyt son cors lasse, apres qu'il avoyt travaillé tout le jour en ses œvures champestres & rustiques. Depuis, les Rommains tournérent les bains en delices, & firent les thermes pour aider à la digeſtion crue de l'eſtomac. Q a fait dire à Pline, chastiant une si mauvaise façon de faire, que pour ceste cause en son temps avoyent ordonné les bains chauds les Médecins : qui avoyent persuadé aux Rommains que la concoction & digestion de la viande se faisoyt par ce moyen dedans l'estomac : combien qu'au saillir des bains ils se trouvassent si mal, qu'ils se fai ET ANTIQUES EXER. se faisoyent porter, par trop croire les Médecins, tous vifs en leurs sepultures. Pour les bons Capitaines & point Empereurs Rommains, nés au labeur, furent ordon- donnés pour les nés les bains, & non pour les delices, dont usa de bens Empuis le peuple de Romme. Car ils furent à la fin si comfereurs. muns, que les Princes se lauoyent auecques le peuple & fut le premier Hadrian : lequel, en se lavant un jour Hadrian. aux bains, & regardant un vieux soldat (quil avoyt autrefois congnu en la gendarmerie) qui se frottoit le dos contre les murailles, apres avoir entendu de luy que c'estoyt par necessité, luy donna serviteurs & argent par grande liberalité. Une autrefois pluſieurs gens-d'armes vindrent aux bains, pour ainsi provoquer la liberalité du Prince : & alors Hadrian leur commanda que chascun frotast son compaignon, par grand'risee. Nous avons aſſes demeuré ſur les Bains, Thermes, & Lavacres. Nous escrirons presentement des Gy-Gymnases de la pale mnases, & de la Palestre : que les Grecs firent pour exerciter les jeunes gens, les uns à luiter, à jover de l'esla jeunesse. pée, à la picque, & les autres à $auter, à tirer de l'arc, à lancer le dard à picquer chevaux, à voltiger, à courir au stade, & à toutes autres militaires exercitations. Et pour inciter les jeunes enfans à la vertu, ils faisoyent dreçer statues aux Gymnases, pour la memoire de ceux qui estoyent parvenus à la sommité de ces exercitations & disciplines: lesquelles statues reposoyent sur bases insculpées & gravies des inscriptions & excellence de leurs exercices. En ces Palestres devoyent estre mis les jeunes enfans (comme dit Aristote, au huitié Griffote me des Polytiques) pour les rendre plus forts & plus roau 8. úes bustes. Encores Plato ne reprouvoyt point que les vier- Polytiques. Plato. Wenophon Lycurqus. Cicere Properce. li zalego DES BAINS ges s'exercitaſſent toutes nues à jetter le Diſque, à courir, à luiter : & fit son opinion que non seulement les jeunes filles, mais encores les femmes d'aage, luiteroyent avecques les hommes, pour entreprendre, avec la patience de ces labeurs, choses ardues & difficiles. Ce que Xenophon a monstré en la politie des Lacedemoniens: qui dit que Lycurgus pensa que les esclaves suffiroyent pour faire les robes, & accouſtremēs, & que les femmes libres (qui vaqueroyent à faire des enfans) exercite royent leurs corps comme les hommes. Depuis il ordonna que le combat de force & de courir seroyt entre les femmes, comme il estoyt entre les hommes : cuidant que de tous deux les enfans se feroyent plus robustes & plus forts, suyvant l'opinion des Grecs. Cicero ne reprouve point toutes ces choſes, quand il eſcrit que ceux, qui donnerent la façon de viure aux Republiques de Gréce, voulurent fortifier le corps des jeunes hommes, avecques le labeur. Ce que les Spartiate avoyent traduit aux femmes : lesquelles aux autres viles vivoyent serr'es dedans les murailles delicieusement. Parquoy Properce, perdu d'impatience d'amour, se plaignant que les filles Rommaines n'estoyent point veves publiquement, loue la Paleſtre Spartiane, avecques une vehe mence d'amour & fureur de jeunesse, tout ainsi Multa tuæ, Sparte, miramr jura palæſtræ, Sed mage virginei tot bonagy mnaſij Quòd non infames exercet corpore laudes Inter luctantes nuda puella viros Cùm pila veloceis fallit per brachia jactus, Increpat & verſi clavis adunca trochi, Puluerluentaque ad extremas ſtat fœmina metas, Et patitur duro vulnere Pancratio, Nunc ET ANTIQUES EXER. Nunc ligat ad cœſium gaudentia brachia loris, M sile nunc disci pondus in orbe rotat, Gyrum pulsat equis, niveum latus ense revincit, gineumque cavo protegit ære caput. Pour retourner à nostre propos, les Princes frequentoyent non seulement les Gymnases, pour plaisir & pour congnoistre les bons Athletes, mais aussi pour ouir les disputations des Philosophes, & de ceux qui diſputoyent aux autres facultés & diſciplines. Parquoy faloyt qu'en ces Palestres fussent diverses habitations, grandes places, & Portiques : (que nous avons nommés galeries) & aux Portiques Exedres ſpatieuſes : qui eſtoyent lieux semblables aux escholes publiques, & mieu 5 aux chapitres des cloistres de noz Religions : & là esto yent sieges ordonnés: ou estoyent assis les Philosophes & ceux qui prenoyent plaiſir à diſputer. Outre les Exe dres se trouvoyent Peristyles quarrés (qui estoyent garnis & enuironnés de coulomnes, qui avoyẽt douze cen piéds de tour) pour se pourmener, que les Grecs nommerent L'un des Portiques, & celuy, qui regar doyt sur la region du midi, estoyt double, pour eviter que le vent ne portast la pluye juſques au dedans. De ce double portique tenoyt le milieu l'Ephebeum : qui estoyt la place, ou les adoleſcens avoyent ſieges pour estudier, comme nous pourrions dire les sieges extrémez des chores ecclesiastiques. Et devoyt avoir ce Portique plus de longueur, la troifiéme partie, que de largeur. Au plus presestoyent lieux ordonnés pour le service de ceux, qui s'exercitoyent en la Palestre : comme le Corycée (qui estoyt le jeu de la grosse bale, nommen Corycum) & le Conistere: qui servoyt à tenir la poudre de ceux, qui luittoyent à force de bras: & aux Geometriens, Pour Portiques. (xt. 10). Perithlet. Diau lon. L'eplebet. Coryum. seu de la resse bale. Comittere. DES BAINS pour designer, en estudiant, leurs figures. Entre ces portiques avoyt petits bois, jardins, & vergers, planArbres qui tés en quincunce, ou à la ligne: dont les arbres estoyent ne se de lauriers, cypres, palmes, myrthes, pins, sabines, je povillent neures, cedres, tamaris, houx, bovis, & oliviers: qui pointed lurs fueil sont tous arbres qui ne se despovillent point de leurs fueilles, & rendent pour cela les vergiers plai$ans : & $i donnoyent aux Athletes & à ceux, qui les regardoyent, outre l'ombre, senteur & verdure, confort & consolaHypet retion. Parmy ces arbres se faisoyent pourmenoirs & luy embula petres ambulations : que les Grecs ont nommés παιαίριμισιν tiens. Paradro. & que nous pouvons interpreter descouvertes & soubs mides. le Soleil: auſquelles l'hyver (quand le temps eſtoyt cler & beau, & le ciel serein) les Athletes, appelés Xystiques . pour le Xyste, qui estoyt couvert, descendoyent pour se pourmener, exerciter, & courir. Apres le Xyste estoyt Let Sade le Stade, lieu de la course : qui estoyt faict par telle maniere que chascun, à son plaiſir, pouvoyt regarder courir Julius Pol. les Athletes : qui estoyent (comme dit Julius Pollux) tuer tous ceux, qui s'exercitoyent au Gymnase de la Palestre Apres que nous avons eu congnoissance des habitations diverses de la Palestre, il faut exposer, à ceste heure, qui estoyent les noms de ces Athletes. Et premiere ment nous escrirõs de ceux, qui de celerité passoyẽt tous Dromider les autres: lesquels les Grecs nommérent d'est-à-dire Coureurs : qui couroyent legérement & longuement : & avoyent la force & le pouvoir, en courant, de pousser & retenir leur adversaire. De ces coureurs les uns estoyent Stadiodromes (pource qu'ils couroyent au ſtaS. 1. Iindre de) & les autres Diaulodromes: qui redoubloyent leur mer. course : c'est à savoir que, quand ils avoyent couru jusDaule. diamts. ques aux metes, retournoyent, dont ils estoyent par- ET ANTIQUES EXER. tis. Les Dolichodromes couroyent six courses au stade: Deliche dienen toutefois ils est à presumer que c'estoyent ceux, qui le plus longuement continuoyent une course : & les Athletes, qui se exercitoyent nus à la luitte, furent nommés PakiliPalestiques. Telle coustume de monstrer au Gymnase le corps nud, & de le frotter d'huile, vint des LacedeThe ydide. moniens: ainſi que nous liſons en Thucidide. Les autres ajou$térent de la terre avecques l'huile: & telle compo$ition fut depuis nommee coroma: qui servoyt pour fortisier les nerfs & les membres (pource que l'huile mollifie le corps : & luy donne force & vigueur) selon Pline qui Pline li 14.c.22. dit: Duo sunt liquores corporibus humanis gratissimi, intus vi ni, ſoris olei: arborum è genere ambo præcipui, ſed olci neceſſarius, C'e$t à dire, qu'il y a deux liqueurs gratieu$es pour le corps humain, ie vin pour le dedans, & l'huile pour le dehors: l'huile toutefois fort necessaire. Encores parLi.22.da. lant ledit Pline d'Auguste Cesar, qui s'enqueroyt de Auguste, Romulus Pollio son hoste (qui avoyt passe cent ans) du Cesar. moyen qu'il avoyt tenu, pour garder la vigueur & force de son corps: il luy respondit, Intus mulso, foris olco: qui nous fait congnoistre, que l'huile ce tout temps a esté meilleur pour les parties exterieures, que pour les interieures. Combien que anciennement l'on servoyt l'hui- Huile rierge. le à la premiere table, comme l'on fait encores aujourAntiphadhuy. Et celuy se trouvoyt en plus grand'estime, qui estoyt le plus blanc : comme à-present entre nous l'huiSamique. le vierge : duquel a parlé Antiphanes auteur Grec, qui l'a Demoirinomme huile Samique. La renommée dure encores ius. Alderide Democritus Abderites qui avoit deliberé de donner fin à sa longue vieillesse : & pour ce faire, journellement il appetissoyt son manger: parquoy il fut pri de ses femmes domestiques de ne se laisser point mourir aux jours, Cerés. Cereales. Vtilité du Themiste L'huile a fismau vais pour le dedans du corp. human Drypata oleae. Drupæ. Diphinus. Celynba Halmada Stemple) J. A. Fin. 3. Mariol: in Xrims. DES BAINS jours, qui estoyent consacrés à Ceres : ce qu'il accorda, commandant qu'ou luy apportast un vase plein de miel. qu'il mangea : & par ce moyen prolongea $a vie ju$ques à ce que les Cereales (jours consacrés à la Deesse) fussent passés. Et interrogé de ses amis, comme pourroyt un homme en santé viure longuement: il leur feit responce, s'il usoyt du miel par le dedans, & de l'huile par le dehors. A ce propos servent les paroles de Themisto cles : qui se mit en cholere contre son argentier (qui luy rendoyt compte de sa despence) d'une bien petite somme d'argent, qu'il avoyt emplié pour achepter de l'huile : & regardant les assistans, qui s'ebahissoyent bien fort de son espargne, il commença à leur dire, qu'ils avoyent mal entendu la cauſe de ſon courroux, qui eſtoyt pource que son cuisinier luy avoyt fait trop manger de l'huile assés mauvais pour le dedans du corps de l'homme Quant aux olives, on les ſervoyt anciennement à la seconde table : desquelles les unes estoyent nômées des Grecs δρυπιτειί. & des Latins drupæ, quand les bacques (comme tesmoigne Pline) commençoyent à noircir. Diphilus a dit qu'elles sont de bien petit nourrissement & engendre douleur de teste : & que les noires sont pernicieuſes à l'eſtomac. Les plus ſaines & les meil leures sont celles, qui ont esté nommées des anciens Les autres qui sont consictes avecques le fenoil, ont esté dictes ####: & celles, qui estoyent pilées dans un mortier, furentappelles des Atheniens, me recite Athenaeus. Quoy que disent les Grecs, les Rommains uſerent des olives depuis le commencement de table jusques à la fin : comme dit Martial, Haec, quae Picenis venit ſubducta trapetis, Inchoat, acque eadem finit olica dapes. Plusi ET ANTIQUES EXER. Plusieurs autres especes ont esté nommees de Macrobe Olines & de Pline : comme les Africaines, Licinienes, Sergia Africaines nes, Salentines, & Royales. Et certainement de toutes Licitationes, les olives la plus grosse est meilleure pour manger, que Serginas, Salentines, la petite, qui est plus convenable pour faire l'huile : comC Ry=let me Columelle l'escrit au fixiéme liure de la chose rustiCelen cäd. que. A l'olive firent cest honneur les Rommains, qu'ils en coronnerent ceux qui triomphoyent en leurs petis triomphes : & la Grece coronnoyt les victeurs à Olym pe d'olivastre. Les Atheniens en leurs monnoyes acdes Athe compaignerent la chevesche (consacrée à Minerve niens, ou d'une branche d'olive : comme plus amplement nous en est lacho vette. monstrerons la figure au liure de noz Antiquités de Romme. Aucuns ont voulu dire que l'huile servoyt pour rendre le corps des Palestrites plus lubrique, & pour prendre les bras avecques une plus grande difficulté : toutefois les Grecs (qui furent les premiers inventeurs de tous vices) le tournoyent à luxure, en le publiant aux Gymnases : & l'huile, qui servoyt pour les Athletes, fut à la fin mxtionné de choses odoriferentes: si nous voulons croire Pline : qui dit que aucuns mesloyent Pline. aux Gymnases senteurs avecques l'huile, mais plus utiles & de moindre valeur. Apres que les Luitteurs sestoyent faits oindre, ils estoyent arrousés & couverts d'une poudre, ou sable (qui estoyt nommé Aphé) pour Aphé pouaider à fortifier le corps. Ce que nous enseigne Lusillites cain : quand il dit, en parlant du combat d'Hercules & Lucain. d'Anteus: Auxilium membris calidas infundit arenas. Qui nous fait cognoistre que les Luitteurs & Pugiles combattoyent avecques la poudre : dont est venu le proverbe, que l'on disoyt entre les Grecs ἀκοῦμαν : qui veut vieit. dire DES BAINS dire emporter la victoire, sans s'estre mis en besongne, Pausanias sans peine & sueur, ne se presentant personne au combat. Ce que nous lisons en Pausanias: qui parle de Dio reûs Athlete : qui avoyt esté victorieux à Olympe ἀκοῦτι Plinz au M. que Pline a interpreté sans poudre (c'est-à dire, sans que Florana nul se presentast pour l'attendre, & sans qu'on le mist en turelle peine de prendre la poudre pour faire son devoir) quand il escrit, au trentecinqiéme de l'Histoire natuMina relle, qu'Alcimachus avoyt peint ou portrait Dioxy chus. pus : qui estoyt demeuré victorieux à Olympe, sans Dinypus. avoir combatu : que les Grecs avoyent dit au, & a NeConiti mée (c'est-à-dire, de force apres avoir conbatu) pour le nom de la poudre : qui estoyt nomée : dont est veCanis nu au Gymnase le nom de Comstere: duquel nous aConisters vous fait mention ci-dessus qui servoyt pour garder la poudre palestrique: laquelle fut de si grande curiosit. aux Anciens, qu'ils la faisoyent venir d'Ægypte : comme recite Tranquillus, quand il monstre l'indignation Trenquil lus in No du peuple de Romme contre Nero: qui avoyt fait venir, au temps de la fame publique, un navire, charg de ceste poudre, pour les Athletes de la court Son usage nous enseigne Pline : qui escrit, que la difference estoyt Plinz. PoidroPa- bien petite de la poudre Puteolane à la plus subtile partie du sable du Nil : non qu'elle servist pour resister aux teolam. ondes de la mer, comme la poudre de Pussol : mais bien Patrobiue liberte di pour effeminer les corps des Athletes en la Palestre : & Nero. Leonatus d'Ægypte la faisoyt venir à Rôme Patrobius liberte de Crstlerus Nero. Leonatus Craterus, & Meleager, Capitaine Meleager d'Alexandre le Grand (comme il dit) la faisoyent porCapitaines d'Alexan. ter apres eux avecques leur bagage. Les Pyctes ou Piectiques, que les Latins nomment Pugiles, combattoyent drel: Grand. Pyctes, ou à coups de poing : &, en frappant leurs adversaires com Pugiles. ET ANTIQUES EXER. comme dit Cicero au second des Tusculanes, ils se plai- Ciceron gnoyent in jettant les Cestes, non par faute de courage, ou pour douleur qu'ils sentissent, mais pource qu'avec le cry & la voix ils avoyent le cueur plus grand, & donnoyent le coup plus vêhement. Et, pour venir au combat, ils s'accoustroyent les bras & les mains de CeDe quelle stes, qui estoyent faicts de cuir de buffle, remplis de matieiec plomb par le dedans. De ce combat escrit la façon VirReyen gile, au cinquiéme des Aeneides : qui en donnera aux leCesies. cteurs la cognoiſſance, avecques la ſigure retirée de l'anVogúr. tique, que j'ay fait peindre ci-apres. COMT DES BAINS COMBAT DES CESTES ENTRE Dares & Antellus, ſelon la deſcription Virgile. Les ET ANTIQUES EXER. Les Pancratiastes estoyent Luitteurs & Pugiles tout Pataensemble, & les Discoboles jettoyent une boule ronde p. de pierre ou de cuyure, persée par le milieu, appelé le Disp. Disque : &, d'autant que celuy qui le jettoyt estoyt plus fort, il le recevoyt de plus haut à force de bras. Quant aux Sailleurs, ils portoyent en leurs mains, pour mieux saillir, des Alteres : qui estoyent petites maces, ou boules de plomb, faictes à la façon d'un cercle, qui avoyt la moitié plus de longueur que de largeur : & si avoyent des boucles pour y mettre les mains à l'aiſe, comme dedans un bouclier. Le lieu, dont partoyent les Sailleurs, les Catha. Grecs le nommerent βέπτια, & lameſure καὶον, & le ſaut Canon c'est à dire, fossé. pource que le saut le plus souvent scimina se faisoyt à sauter sur un foss, pour servir à l'exercitation militaire, & pour garder l'ennemy à la guerre, en sautant un fossé, de se sauver. Tous ceux, qui s'exercitoyent en ces cinq eſpeces de jeux (c'eſt à ſavoir à courir, à luitRodales. ter, à ſaillir, à ruer la barre de fer, & aux Ceſtes (furent Cunquer nommés des Grecs ποθαλει, & des Latins Quinquertiones „ „ 4. desquels a parlé Pline, en parlant de Myrone : qui avoyt Pline. fait un Diſcobole, Minerve, les Penthales Delphiques. Exenita& les Pancratiastes. Les autres exercitations furent tions diffedifferentes. Car les unes estoyent lentes, & les autres robuſtes & legéres tout enſemble. La robuſte, de laquelle les Grecs s'exercitoyent violentement sans celerité, fut par eux nommee ἡστου, & la violente σρεθον. La valide Fouren. estoyt comme de monter par une corde à force de bras : plodron. & à telle exercitation faisoyent exerciter les jeunes enfans ceux, qui les preparoyent à la force. Car il est cerKl tain, si l'on monte par vne corde à force de bras, que clide ex c'est une robuste & valide exercitation, outre toutefois ercitatien. la celerité : & si est meilleure celle, qui se faisoyt en jettant Mil. Cto. ioniater. testratus Euxenius Pansani. Acrocher siles, Eyrcko tion leg 1. p’dbri 1 Pl. (brun.) 1 G petit b. 6d2n2 this Phenis Galenus Clemem Alexan chinus. Laje. nostri Peters Flent stius Forskirch DES BAINS les Alteres, ou bien de tenir en un lieu le pié ferme, & à la mainune ponime, qui ne se puisse oster: comme le faisoyt Milo Crotoniates, pour monstrer une grande ostentation de force. Et Sostratus Sicyonius, Athlete Pancratiaste, estoyt si fort, que Pausanias recite qu'il fut sornommé Acrocherſites: pource qu'en prenant ſon adverſaire avecques les mains, il le froit loyt de telle sorte, qu'avant que de le laisser, il le contraignoyt â mourir. Au contraire, les exercitations legères estoyent sans force & violence comme à la rue (ʒ & ποιλιθιην : dont πετουρω se faisoyt mar. chât sur le bout des piés & remuant continuellement les mains, l'une par devat en haut, & l'autre par derriere en bas: & d'un aërçon, quand en la fixiéme partie d'un Stade appelle vale, on couroyt s'evançant & reculant alternativement, sans se tourner ça ny là : & à chasque course on gaignoyt quelque avancement, jusques à ce qu'on fust venu au bout. La Pile ou la Paume, la petite Bale, lHarpastum (qui est la grosse Bale, ou Pelotte) la Sciamachie (qui est un cõbat umbratile, que nous disons le jeu de l'e $crime, lequel les Lanistes & Mai$tres-d'e$pee mō$trent & en$eignent aviourdhuy par tout le monde) & le Phenis estoyent toutes exercitations légeres : desquelles a parle Galenus, au ſecond liure, qu'il a fait pour garder la bõne santé. Le jeu de Phenis estoyt (comme dit Alexandrinus quand celuy, qui tenoyt une Bale, faisoyt semblant de la jetter à celuy de ses compaignons, qui le regardoyt: toutefois il la jettoyt à un autre : & fut ce jeu nommé Phenis de l'inuëteur (qui estoyt nommé Phenestius) ou bien à qui signifie decevoir, pource que ce jeu n'estoyt autre chose que de trōper son compaignon. Les exercitations, qui estoyent composées (come nous avont dit) de la robuste & de la legére, estoyent jetter le Disque (qui est une grosse ET ANTIQUES EXER. grosse pierre ronde & percée au milieu) sauter sans se reposer, & jetter incessamment une grosse barre de fer. Si l'ariete ceux qui s'exercitoyent ainsi, se reposoyent, cela faisoyt la d'exircidisference de l'exercitation continuelle à l'interposée. qui nous fait congnoistre la varieté de ces exercices : qui servoyent les uns pour les os, comme la course: ############ & la Attod hissciamachie pour les bras & pour les mains. Ceux, qui de mandoyent l'exercitation du corps, faisoyent mettre les Alteres devant eux l'espace d'une aune. Depuis qu'ils estoyent au milieu, sans remuer les piés d'une place, en pliant le corps ils les dreçoyent, pour les mettre l'un en la place de l'autre : & par ce moyen ils exercitoyent tout le corps. avecques ces mouvemens : qui furent tous introduits & trouvés des Grecs, pour entretenir leur bonne santé. Les gens de lettres s'exercitoyent à lire à haute voix : que les Latins ont nommé assa vice. Pittacus, Roy des Mytile- Assa voce. Pulacus niens, avoyt une estrange façon de s'exercer. qui estoyt de Rey de tourner une meule : & tel exercice il trouvoyt bon pour Myulene. sa santé. Les autres tiroyent de l'ave, & portoyent & couppoyent du bois. Ce que j'ay veu faire souventesL'excreifois à l'un des plus doctes hõmes de nostre Europe. Il ne tātō entrese trouve chose, qui tant entretienne la bonne santé que tient la bnne sante l'exercitation. C'est le uray bain que le labeur, qui ne passe point la sueur. car le labeur trop grand est mauvais. Parquoy suffit à plusieurs personnes le pourmener, aller doucement à pié depuis la vile juſqu'aux champs. Pour satis faire aux Lecteurs je me suis mis au devoir de mettre par escrit les exercitations Gymniques, desqueltions symles usérent les Grecs. car les Rommains eurent autres jeux miques. pour passer le temps : comme les Circenses, le jeu de Troye Ieux Circenses leu (que nous appellons le tournay) &, pour l'exercitation, Por de Troye, ou tiques & Deambulations, pour se pourmener. Aussi sans journay. dili DES BAINS ET ANT. EXER. difficulté il n'est chose au monde, qui tant maintienne & garde le corps, que l'exercitation: que Celsus nous Celsius. enseigne faire avant que de manger, & à celuy, qui moins a travaille, plus grande. Au contraire, l'homme, qui est las & fasché, la doyt faire moindre, & la prendre plus Coses dent la gratieusement. Car commodement s'exerciter, lire haut, manier les armes, jover à paume, courir, se pourmener, konincjan & plus tost sous le soleil qu'à l'ombre, sont toutes chose qui gardent la bonne santé: que les Philosophes ont estiLa feme mée entre la felicité & biens divins. Ledit Celsus escrit entre le que l'homme, qui eſt ſain & qui ſe porte bien, & qui vit bien, di Wins. en liberté, ne doyt point obliger sa vie aux loix des MéCe que di decins : & est necessaire qu'il prenne une differente faCelsus de çon de viure, une fois demeurant aux champs, l'autre à Tho nim? Iain. la vile, à la campaigne, aller par eaue, à la chasse, se reposer quelque fois, mais le plus souvent s'exerciter. Car il ne se treuve chose, qui tant rende hebeté le corps que la pareſſe, qui haſte la vieilleſſe, & le labeur rend la longue La presse bist. l. jeunesse. Il profite encores de ne fuir point la diversité viehl des viandes, desquelles le peuple mange. Il convient se & letz beurrend treuver aux festins, & d'autresfois s'en retirer : & manger La longue deux fois le jour plus tost qu'une : combien que Cicero, aux Questions Tusculanes, escrit que Plato souloyt rePiat 70 prendre la vie des Italiens : pource qu'ils mangeoyent deux fois le jour. Qui est contre l'opinion dudict Celsus wo davon lieur pay qui dit que le plus salutaire est de largement disner, & ce qu'il souper sobrement : &, de la meilleure opinion, il s'en faut r rapporter aux Physiciens & Médecins. ### Leis luiur. Fin des Bains & antiques exercitations. 1 ⸸ . 1 7 9 ### 5.6 e . ############################ . 1 TABLE DES CHO SES PRINCIPALES CONTENUES AUX DEUX TRAICTES DE ce volume : & faut noter que le C, qui precede le nombre, ſignifie Caſtrametation, & le B, les Bains. Bondance de ris au camp du Grand Turc. C. Ακονιτι νικᾶμ, proverbe. B. — Acouſtrement de guerre des Avantcoureurs au temps de Trian, d'Adrian & d'Antonin Pie. C. Acouſtrement de teſte furieux du Port'enſeigne des Rommains. Affaires de guerre n'ont point d'excuse. C. Acouſtrement furieux des Trompettes des Rommains. C. Alteres & leur uſage. B. Arbaleste des Anciens pour tirer pierres de grand pois. Ce Arches à cheval armes à la legere. C. Armes des Avantcoureurs. C. Armes peſantes des ſoldas Rommains. C. Armes TABLE. Armes de la phalange de Macedoine, du temps d'Alexandre le Grand. C. Armes de Paris Alexandre ſelon Homere. C. Armes & acouſtremens de guerre du ſoldat ſus la declination de l'Empire de Romme. C. Armes des Princes & Triares. C. Armes des Haſtats, garde-coeur. C. Armes des hommes-d'armes Rommains. C. Armes des chevaux legers. C Armes de la cavalerie. C. Armes de gens-de-pied. C DAguage des anciens Rommains, & qu'eſtce qu'ils compre33. & 4 Dnoyent par tel mot C. Bains ordonnes pour les bons Empereurs. B. Baptistere.B. Bardes des chevaux des Perſiens, ſelon Q. Curſe. C. Belier, machine de guerre, & l'invention d'iceluy. C. Bestail à la ſuitte du camp des Rommains. C. Bon jugement de Xantippus, Capitaine Lacedemonien, touchant la deffaicte des Carthaginois. C. Boudoqui, paſte de troment. C. Bouteselle, A cheval, A l'estendard, en usage au camp de Remmains comme aujourdhuy à nous. C. Buccine de Vegece. C. Atapulte & son usage. C. Cavalerie des Rommains pour la garde des jeunes soldas, Ceſar quels ſoldats choiſiſſoit. C Cestes & de quoy estoyent faicts. B. TABLE. Ce que dit Celsus pour se maintenir en santé. B. Ce que montoit par an le payement d'une legion Rommaire. C. Charge du Tribun. C. Charge des Aliés. C. Charge des Hastats. C. Charge du Conſul en l'armée des Romains. C. Chevaux d'elite & voulontaires. C. Cinnamome trouvé aux cabinet de Trajan, Hadrian & Antonin Pie Empereurs. B. Commodité des grand pavois des ſoldas Rommains pour paſſer une riviere. C Commodes exercices pour garder la ſanté. B. Composition de l'huile gleucin. B. Constere. B. Conserve de roses de Naples entre les autres la meilleur. B. Cotte-d'armes dicte autrement Paludamentum. C Couronne quernée. C. Coustume des Grecs d'imposer le nom à leurs enfans. B. Coustume des Rommains à l'election des nouveaux soldats. C. 4 Courte dague nommée Espaignole par les Kommains. C. Cuve aux bains des anciens. B. Ecimation Rommaine. C. Deesse Nundina. BeDelicateße des ſoldas d'aujourdhuy. C Demande du Trompette aux ſoldas Rommains avant combattre.C. De quelles viandes usent les Turcs pour la pourvision du camp.C. Deſcription de l'eſcu Romain. C. Disserence entre les huiles & ungvens. B. Dili F 2 TABLF. Diligêce des Rommains pour garder la santé de leur camp. C. 16 Diverſes opinions de l'uſage de l'huile touchant les gymnastes. B. 19. & 20 Diverſité d'exercitations des Anciens. B. Diverſité des morrions qui eſtoyent en uſage aux Rommains C 6. & 50 Diviſion de l'armée des Rommains C. Diviſion de la Cavalerie des Rommains. C. HAve cuitte avec le miel pour les grands signeurs Turcs Edit de ne vendre estrangeres & peregrines compositions. B. Effects d'eloquence en guerre. C. Election des ſoldats Rommains. C. 36. & 37 Election & autorité du Tribun. C. 12. & 13 Enſeignes des Rommains differentes. C Exercitation belliqueuſe de Pompée avec ſes ſoldas. C. CAçon de l'enſeigne du dragon. C. Façon des tentes & pavillons des Rommains. C. Faire la tortue en guerre au temps des Rommains. C. Fonditeurs. C. Fossé du camp de quatre coudées de profondeur, & de pareille largeur. C. Fornaiſe du ſouleil, dicte autrement Heliocaminus. B. Ages de l'homme-de-pied du temps d'Auguste Cesar. C. 54 Galien pour la deuxiéme fois compoſa le theriaque pour l'Empereur Severus. B Gens de cheval du Grand Signeur portent avec eux viures à l'arçon de la ſelle. C. Gymnases TABLE. Gymnaſes de la paleſtre pour exerciter la jeuneſſe. B. 14 Eliogabalus se lavoit en piſeines teinctes de ſaffran. B. 6 Hhuiles de diverses sortes, fort precieux, & leur compoſition, deſquels les Rommains uſoyent aux bains. B. 10. 11. & 12. Acques de differentes couleurs. C Industrie des Turcs pour porter de l'eave en guerre Industrie & labeur des Rommains à drecer leur camp. C. Inſcription des medailles antiques. C Jour lustrique. B. Abrum.B. LLa bonne conduitte & bon conſeil eſt trop mieux à la guerre que la hardieſſe. C. La cité de Tyre, colonie des Romains. C. Le gland unguentaire s'apporte d'Aethiopie. B. L'aigle, principale enſeigne de la legion Romaine. C. La loy de Mahomet defent le vin. C. La langue & la main, instrumens pour ennoblir l'homme. C. La mouſche à miel picque ceux qu'elle ſent perfumes. B. La retraicte ſe faiſoyt par les Rommains au ſon de la trompette.C. La ſante entre les biene divins. B. La vertu de l'obeissance vient d'une vertueuse nourriture. C. La vigne anciennement faisoit honneur à la peine, pource que le Centurion batoit le delinquant de ſermens. Ce Le bon ordre fait la bonne fortune, & de la bonne fortane succedent les heureuses entreprises. C. Le Capitaine des ouvriers, autrement dict. Præfectus fabrorum.C. L'elo TABLE. L'eloquence d'un Capitaine ſert fort bien aux affaires de guerre.C. la mesme. L'eloquence de Germanicus. Legion Rommaine. C. Le Pretoire du camp. C. Le ſeul huile de been ne ranſiſt jamais. B. Le Rommain en ſa juſtice & punition, invisible. C. Le ſoldat Rommain beuvoyt de l'eave meſlee avec du vinaigre. C. Le ſoldat portoit au bout de ſon haſte hardes & farine. C. Les anciens se lavoyent quasi tous les jours, & pourquoy. B. 1 Les gendarmes Rommains allyent à cheval sans estriers. C. 25 Les mains deviſe de concorde. C. Les mulets de Marius. C. Les Rommains à la guerre ne recevoyent point d'excuse, sinon pour l'augure ou pour la ſante. C. Les Tartares à la neceſſité de la faim font ſaigner leurs chevaux, pour vivre, & au beſoin les mangent. C. Les Tribuns prenoyent le ſerment de tous les ſoldas quy eſtoynt au camp. C. Les Tribuns, Centurions & Decurions accompaignoyent le Consul. C. Les Turcs portent en guerre viures pour trois jours. C Le vray cinnamome eſt aujourdhuy dutout incongnu. B. L'huile aſſes mauvais pour le dedans du corps humain, ſelon Themistocles.B Liberalité d'Hadrian Emp. vers un soldat se baignant. B. 14 Lixes & calons. C. Loges paliſſees, nommées des Latins Proceſtria. C. L'ordre de la gendarmerie des Rommains. Ce L'ordre des Grecs en leurs Phalanges. C. L'ordre ABLE. L'ordre des bataillons des Suißes aviourdhuy encores à la mode des phalanges des Grecs. C. L'usage des gymnases. B. L'usage des strigiles. B. L'usage du vaisseau dict Guttus. B. Achines diverses de guerre. C. M. Maniere des Rommains pour commodement se cam31. 32. 33 per.C. Marc Aurele usoit tous les jours du theriaque. B. Ministres de la religion assistoyent ordinairement au camp des Rommains C. Monnoye des Atheniens ou estoyt la chovette. B. Mot du guet en uſaige aux Rommains. C. Erf de l'exercite Rommain. C. Ffice d'un bon Capitaine. C. 34 Office des Tribuns & Consuls & leur puissance. C. 16. S 17 Olives de diverse sorte & leur usage. B. Ain de pierre. C. Palissemens, fossé & dosture du camp des Rommains.C. Pancratiastes & discoboles. B. Paresse haste la vieillesse, & le labeur rend la longue jeunesW.B. Peine irremiſſible de celuy qui avoit failli à fere le guet. C. Picques longues des Grecs. C. Pile, ſa longueur & groſſeur. C. Piscines.B. Plato reprenoyt les Italiens pource qu'ils mangeoyent deux fois le jour. B. Poix TABLE. Poix des medailles d'or d'Auguſte Ceſar. C Police & bon ordre du camp des Turcs, & peine rigoureuſe des transgresseurs d'icelle. C. Polybe eſtoyt du temps de Scipio l'Africain. C. Port'enſeigne de l'aigle. C. Port'enſeigne de l'image du Prince. C. Portiques & exedres. B. Proverbe en uſage aux anciens à la derniere deſeſperation de tous affaires. C.51 QValités requiſes à un bon ſoldat. C. Qualités requiſes à un bon Lieutenant general d'une armee. C. Quarantet quatre legion stipendiees par Auguste Cesar C. 55 Quatre portes au camp Rommain. C Queſteur, treſorier & receveur general des guerres quel doyt estre. C. Quels ſoldats demandoit Phyrrhus Roy des Epirottes. C. D Ecompense de ceux qui avoyent fait acte de vertu en guerre par les Rommains. C. Religion des Rommains avant que combattre, de faire ſacrifices. C. Remede ſingulier pour gens de lettres, que le bain. B. Response de l'Empereur Vespasian à un jeune adolescent perfumé. B Reprehension de Vegece contre les soldats de son temps C. 11 SArices estoyent bastons de 18 pieds de long. C. Scipio l'Africain diligent à fere en tont temps excerciter ses soldas. C. 6. & 33 Serment du ſoldat Rommain. C. Soldas eleux pour la garde du General de l'armee. C Soude TABLE. Soude de l'Infanterie & Cavallerie des Romains. C. Stibades pour avoir l'ombre. B. Strigiles. B. Hermes d'Antonin & Diocletian Emp. B. Trenchées du camp des Romains. C. Trois sons de trompette en usage aux Romains pour faire de loge le camp. C. Aſes ſur l'hypocauſte des bains. B. Velites. C. Vertu plus duisante à la guerre que la compaignie. C. Victoire des Carthaginois contre les Rommains. C. Voye Quintaine qu'est-ce. C. 31 S 34 Vsage de divers huiles & unguents. B. Vtilité du miel. B. VAgaye à la genette. C. Zetes exagones, & octagones. B. FIN. Le Lecteur aura la bonté de corriger. Au livre de la Caſtrametation. Fueillet 11. page 2. ligne 21. pour cotte, lisez cottes. f. & p. mesme lig. 25. pour mais bien tenoyt, lisez laquelle tenoyt. f. 36. p. 2. lig. 12. lisez il luy mettoyt. f. 39. lig. 8. pour quand il ve noyt, lisez quand ce venoyt. Au mesme, lig. 19. pour faisant mettre, lisez fesoyent mettre. Au livre des Bains. Fueillet 14. pag. 1. lig. 18. Gymnases de la palestre. & pag. 2. lig. 14. apres plus forts, lisez Suyvant l'opinion des Grecs Cicero f. 19. lig. 19. pour πένθαλοι, lisez πένταθλοι. LAFUN.S. UND STADI BIBLIOHEX DUSSELDORI