62Meditatio quarta.„ter. Il promit de lui obeïr. Neanmoins le matin,„il ne savoit à quoi se determiner. Une seconde ap-»parition si sensible & $i distincte, avoit peine à pa$-„ser dans son esprit pour un simple rêve ; d'un autre„côté l'elevation du Duc, la grande difficulté de lui„parler, & encore plus de se faire croire, sembloient„lui rendre impossible l'execution de cet ordre. Il„balança quelques Jours sur ce qu'il devoit faire : mais„enfin il se resolut d'en demeurer là comme il avoit„fait la premiere fois. Il eut une 3. apparition, mais„beaucoup plus effrayante, que les deux autres. Cet-„te ombre lui reprocha d'un ton severe l'inexecution„de la prome$$e qu’il avoit faite. Il repondit: Qu'ef-„fectivement il avoit differé l'execution de ce qu'elle„lui avoit ordonné, aprés avoir fait reflexion sur la„difficulté de parler au Duc, ne connoissant personne„qui eût avez auprès de lui. Que quand il obtiendroit„la facilité de lui parler, il ne pourroit jamais lui per-„suader, qu'il auroit été envoyé de cette maniere.„Qu'il passeroit infailliblement pour un fou: ou pour„un homme incité par $a propre malice, ou par cel-„le d'autrui, à faire cette tromperie au Duc, auquel„cas sa perte étoit inevitable. L'ombre lui repliqua„ce qu'elle lui avoit deja dit. Qu'il n'auroit point de„repôs qu'il n'eût accompli sa promesse. Mais elle„ajouta, que le Duc son fils étoit de très facile accez„qu’il n'avoit jamais fait attendre long temps ceux qui„avoient affaire a lui ; que pour s'attirer une entiere„confiance, il n'avoit qu'à lui dire 2. ou 3. particu-„laritez, dont elle lui dessendit de parler jamais à per-„sonne, qu'au Duc ; et que le Duc les ayant entenduës„croiroit tout ce qu'il lui diroit. Il ne pût resister à„cette troisieme apparition ; il partit dés le lendemain„pour Londres: & comme il étoit connu particulie-„rement du Chevalier Ralph Freeman, qui avoit„epouse
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Meditationes de novellatoribus
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62
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