de l’ Ordre de S. Louis 105
préparèrent à cette expédition avec un fecret impéné- -
trahie, enforte que leur Flotte paroilfant devant Annee 1453cette Ville, les Malouins la prirent d’abord pourune Flotte Marchande. On la reconnut bientôtaprès& les bourgeois fe difpoferent à la bien rece-voir. Ils ne purent point empêcher qu’elle ne s’em-parât du fort de la Couchée & de Fille de Sezambe,où elle réduilît en cendres un Couvent de Récollets.
Mais les bombes qu’elle jetta dans la Ville, n’y cau-ferent pas un grand dommage.
Ces premières attaques n’étoient qu’ùn prélimi-naire de la fureur des ennemis. Ils fondoient tout lefuccès de leurs entreprifes dans le jeu d’une machineinfernale, dont l’explolion auroit englouti toute laVille, li un accident n’en avoit arrêté l’effet. Com-me elle s’avançoit à pleines voiles vers la muraille,où des grapins dévoient l’attacher, un coupde venten la détournant, la jetta fur un rocher : elle s’ou-vrit. Son Ingénieur fe hâta d’y mettre le feu; maisl’eau avoit déjà gâté les poudres qui étoient à fondde cale. Il en relia pourtant alfez qui n’eût pas prisd’eau, pour que ce bâtiment fautât en l’air avec unhorrible fracas. Le cabellan du poids de deux millelivres, enlevé par delfusles murailles, écrafalamai-fon fur laquelle il tomba. Des Matelots furent jettésfur la grève; on en trouva un dans une gouttière.
La commotion de l’air fut li violente que les vitres