i©4 Histoire
grandes Flottes en petites Efcadres, qui, fe tranf-ji ’ portant d’un bout du monde à l’autre, protégèrentnotre commerce ôc ruinèrent celui des ennemis dela France. S’il eft un moyen de mettre en pratiquecette maxime des anciens, que la guerre doit nourrirla guerre j ce n’eft pas affurément celui de mettreen mer de nombreufes Flottes. Au refte , je n’ai pasla folie de vouloir établir d’opinion fur une matièrequi furpafle mes foibles lumières. Je jette fur lepapier des idées qui me paroiffent être le rélultatdes differeus événemens de plufieurs guerres.
Cependant les Alliés, fiers de leurs énormes Flot-tes , fe vantèrent d’avoir reconquis l’empire de l’O-céan • & pour amufer les peuples , accablés fous lepoids de la guerre, & les flatter de Pefpérance degrandes conquêtes, ils firent des entreprifes fur plu-fieurs de nos Villes maritimes, mais qui ne fervirentqu’à leur caufer de nouvelles difgraces, & à multi-plier leurs exceflïves dépenfes. S. Malo fut la pre-mière infultée, parce qtie fes Corfaires plus hardis,& par conféquent plus heureux que les autres,avoient fait une prodigieufe quantité de prifes, &caufé par là des dommages énormes au commercedes Alliés ; ce qui eft le vrai moyen d’affliger & dedéconcerter des Républiques Marchandes.
Les Anglois réfolurent donc d’abîmer S. Malo,& d’écrafer tous fes habitans fous fes ruines. Ils fe