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3 (1780)
Entstehung
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104
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i©4 Histoire

grandes Flottes en petites Efcadres, qui, fe tranf-ji portant dun bout du monde à lautre, protégèrentnotre commerce ôc ruinèrent celui des ennemis dela France. Sil eft un moyen de mettre en pratiquecette maxime des anciens, que la guerre doit nourrirla guerre j ce neft pas affurément celui de mettreen mer de nombreufes Flottes. Au refte , je nai pasla folie de vouloir établir dopinion fur une matièrequi furpafle mes foibles lumières. Je jette fur lepapier des idées qui me paroiffent être le rélultatdes differeus événemens de plufieurs guerres.

Cependant les Alliés, fiers de leurs énormes Flot-tes , fe vantèrent davoir reconquis lempire de lO-céan & pour amufer les peuples , accablés fous lepoids de la guerre, & les flatter de Pefpérance degrandes conquêtes, ils firent des entreprifes fur plu-fieurs de nos Villes maritimes, mais qui ne fervirentquà leur caufer de nouvelles difgraces, & à multi-plier leurs exceflïves dépenfes. S. Malo fut la pre-mière infultée, parce qtie fes Corfaires plus hardis,& par conféquent plus heureux que les autres,avoient fait une prodigieufe quantité de prifes, &caufé par des dommages énormes au commercedes Alliés ; ce qui eft le vrai moyen daffliger & dedéconcerter des Républiques Marchandes.

Les Anglois réfolurent donc dabîmer S. Malo,& décrafer tous fes habitans fous fes ruines. Ils fe