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3 (1780)
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106
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C'

Année 1693.

JO 6 H I S T O I R E

Sc les toits de plus de trois cens maifons furentbrifés. LIngénieur qui, après avoir mis le feu àcette machine, neut point le tems de fe retirer,futconfumé par fon propre ouvrage. On voit périr fanspeine les inventeurs de pareils arts ( i).

La tentative de Milord Honkille fur la Martini-que ne fut pas plus heureufe. Sa Flotte , compoféede foixante voiles, dont dix-feptVaiffcaux deguer-

(1) Depuis les guerres civiles de Flandre, on navoicpoint entendu parler de ces fortes de machines. Les An-glois ont renouvelle cette invention. La machine quils fi- #rent jouer à Saint-Malo étoit, dit - on , conflruite fur lemodèle de celle dont onfe fervit au fiegc dAnvers en 1585.Cétoit un bâtiment en forme de galiote , du port denvi-ron trois cens cinquante tonneaux & de quatre-vingt-dixI pieds de quille. Il étoit maçonné en dedans avec de la bri-que , & chargé au fond de plus de cent barils de poudre,couverts de goudron , de foufre, de poix réfine , détou-pes, de paille & de fagots. Au deffus de ce premier lit,étoit un rang de grofTes bordailTes percées en plulîeurs en-droits , à delfein de communiquer le feu. Sur ces bordailTesétoient trois cens quarante carcalTes compofées de grena-des , de boulets , de chaînons , de canons, de piftoletschargés, le tout enveloppé dans des étoupes & de la toilegoudronnée. On y ajouta de gros morceaux de fer & toutesfortes de matières combuftibles. Ce vaifTeau avoit lîx ou-vertures qui étoient comme autant de bouches pour vomirdes torrens de flammes.