ïj£ Histoire
ft ' ■ une pareille bataille , les ennemis font détruits. La, Année j 7 o 9 . Maifon du Roi alla fix fois à la charge avec unevaleur 3 mandoit M. de Boufflers, au-deffus del’humanité. On remarqua dans la retraite que ceGénéral fit en grand Capitaine, que la contenancedes vaincus étoit plus fiere que celle des vainqueursqui n’oferent pas les pourfuivre. On dit que les fol-dats qui depuis trois jours n’avoient pas mangé depain, jetterent une partie de celui qu’on venoit deleur donner pour courir plus leftement à l’ennemi.Je n’ai point vu cette particularité dans les relationsdes Généraux : mais elle eft bien dans le zele, Sccet amour de la gloire qui anime les François.
Les Maréchaux de Villars & de Boufflers con-vinrent enfemble d’envoyer le Marquis de Nangisporter la nouvelle de cette bataille au Roi. Cet Offi-cier y avoit de la répugnance, parce que nous avionsperdu le champ de bataille. Mais M. de Boufflerslui ayant fait obferver qu’il étoit bien plus glorieux& plus avantageux de l’avoir perdu comme nousavions fait, que de l’avoir gagné comme avoiencfait les Anglois, il fe détermina à partir. Perfonnen’étoit plus capable que lui de rendre un bon comptede cette journée au Roi tant parce qu’il avoit uneconnoifiance parfaite des difpofitions générales avantla bataille, qu’à caufe.de fes talens &c de fon efpritde guerre.