de l’Ordre de S. Louis. 135
Les fléaux du Ciel fe joignirent cette année aux — ■-*
malheurs de la guerre, pour accabler la France fous Anne . c I7 ° 5 'le poids de toutes les calamités. Un froid excefliffit périr tous les arbres fruitiers, & ôta toute efpé-rance de récolte. Louis XIV pénétré de douleurau fpeétacle de la défolation publique, réfolut defaire lès facrifices les plus humilians pour obtenirla paix. Mais l’intérêt des trois Modérateurs del’Europe demandoit la continuution de la guerre.
La haine Sc la vengeance du Prince Eugene n’é-toient point encore fatisfaites : Malborough étoitinfatiable d’argent 8 c de gloire 3 8 c le penfion-naire Heinfius fe flattoit que les fuccès continuant,il pourroit bien élever un trône à fa Républiquedans les provinces des Pays-Bas. L’une des condi-tions qu’ils propoferent pour préliminaire de lapaix, fut que Louis XIV fe joindroit à fes enne-mis pour chafler fon petit-fils d’Efpagne dans l’ef-pace de deux mois 3 8 c pour fureté ils demandèrentqu’il commençât par céder dix Villes aux Hollan-dois dans la Flandre 3 par rendre Strasbourg 8 cBrifac 3 8 c par renoncer à la fouveraineté d’Al-face.
Des conditions auffi infultantes excitèrent l’in-dignation de Louis XIV , & n’abattirent point fortcourage. Puifquil faut faire la guerre , dit-il,j’aime mieux la faire à mes ennemis qu’à mes en.‘
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