De Machiavel. 137quelques Particuliers. Au relie, c«. 17,il eft impoflible , qu’un PrinceNouveau s’éxemte d’être cruel,toute domination Nouvelle é-tant pleine de dangers 1 , com-me Virgile le fait dire à Didon
Res dura , & regni Novitas , me taîia cogmtMoliri, & latefines cuftode tueri. (Æneid. i
Toutefois, il 11e faut pas, qu’il
ait
1. Tout Prince nouveau étant chancelant,
Novum & -autantem Principem. (Ann. i.) Ta-cite dit, que l’on fe fouléve fouvent contre lePrin.ce nouveau, quoi même qu’il n’en donne pointdefujet, feulement parceque le changementde Prince donne une plus belle occafion debroiiiller, &fait concevoir aux brouillons l’e-fpérance de faire mieux leurs afaires dans uneGuerre Civile. SedHh irtcejjit, ntiUis no-vis cnujjis ■nifi c/md mutât us Pr inceps licentiam turbarum,ex Civili belle fpem pramiorum oflendebat.
(Ann. 1.) C’eft pourquoi Louis XI. difoit,que s’il n’eût uféde rigueur au commencementde fon Régné 11 eût été du nombre des NoblesMalheureux , dont il eft parlé dans Bocace. Etce qui fait encore qu’un Prince nouveau abien de la peine à s'abftenir d’être cruel ; c’eftque les fujets prennent d’ordinaire trop de li-berté parce qu’ils ne le croient pas encore af-fés fort, pour rien entreprendre Ufurpata Jla-tim libertate, licentiùs , ut er/a Principem vo-uium. (Hift. 1.) Le Duc de Valentinois difoitque la maxime, Oderint dàm metnant , étoitauffi bonne pour ceux , qui ont aquis leur Etat,que dangereufe pour ceux, qui l’ont hérité.
3. Pro-