Rage. 21 i
de falive dans la bouche, qu’ils cher-chent meme à mordre, & qu’ils ont mor-du quelquefois. J’ai vu le délire com-mencer le troifieme jour par intervalles,devenir continu fur la fin du quatriè-me & durer ainli jufqu’au commence-ment du fixieme qui fut l’époque de lamort; la fureur ne fut jamais que mo-mentanée & toujours occafionnée p^rquelqu’oppofition, mais fans aucun cra-chement & fans aucune envie de mor-dre. Le regard e(l fixe & un peu fu-rieux, le vifage fouvent rouge. Ordi-nairement ces infortunés fentent venirl’accès, & conjurent les affiftans d’ètrefur leurs gardes. Plufieurs, comme jeviens de le dire, n’ont jamais cette en-vie de mordre. Les angoiifes & les dou-leurs qu’ils relfentent font inexprima-bles ; ils défirent ardemment la mort,& quelques-uns fe font tués eux-mêmes,quand ils en ont eu les moyens.
§. 192. C’eft à la falive, & à la falivefeule, que le venin s’allie. Voilà ce quifait, i°. que fi les plaies font faites autravers des habits, elles font moins dan-gereufes que celles qui ont atteint im-médiatement la peau. 2°. Que les ani-maux qui ont beaucoup de laine, ou depoil épais, font fouvent préfervés del’imprelfion du venin, parce que, dans