2io Rage.
lade eft prelfé par une foif ardente, &il foulfre en buvant; bientôt il hait laboifl’on, particuliérement l’eau , & quel-ques heures après il l’abhorre ; & cettehorreur eft fi forte que l’approche del’eau près de fes levres, fa vue, fon nommême, ou celui de toute autre boilfon,la vue des chofes qui par leur tranf-parence ont quelque rapport avec l’eau,comme la lumière, lui occafionnent uneangôiifc extrême , & quelquefois des con-vulflons. Ils avalent cependant, maisviolemment, un peu de viande ou depain, quelquefois de la foupe ; pluiieursmême , les boiffons qu’on leur offre com-me remede, moyennant que ce ne foitpas de l’eau, ou qu’en même tems onne leur parle pas d’eau. L’urine s’é-paiffit & s’enflamme, quelquefois ellele fupprime. La voix devient rauque,ou ils la perdent prefque entièrement ;mais ce qu’on dit de leurs aboiemens,femblables à ceux des chiens, font descontes ridicules, fuperftitieux & dénuésde tout fondement, auffi-bien que plu-iîeurs autres fables dont on a chargé l’hif-toire de cette maladie. L’aboiement deschiens leur fait peine. Ils ont des mo-mens de délire , mêlés quelquefois de fu-reur; c’eft dans ces momens qu’ils cra-chent autour d’eux s’ils ont beaucoup