244 Élément
L'humidité ou la préfence de l'eau efl une desplus néceflaires; les végétaux fecs & folides,tels t que le bois, ne s’altèrent en aucune ma-nière tant qu’ils font dans cet état ; mais fi onles humeéte & fi on en écarte les fibres, alorsle mouvement inteflin s'y établit bientôt ; l’eauparoît donc être une des caufes de la putréfac-tion ; & nous verrons dans le règne animal quec’eit la décompofition de ce liquide qui fembledonner naiflance à ce mouvement inteflin ; la cha-leur n’y efl pas moins nécelfaire ; le froid ou latempérature de la glace s'oppofe non-feulementà cette deflruâion fpontanée, mais il en retardemême les progrès, & il la fait, pour ainfidire, rétrograder dans les fubflances qui ontcommencé à l’éprouver. Le degré de chaleurnéce ifaire à la putréfaâion efl beaucoup moin-dre que celui qui entretient les fermentationsfpiritueufe & acide, puifque ce phénomènes’établit à la température de cinq degrés ; maisune chaleur plus confidérable la favorife, àmoins qu’elle ne foit alfez forte pour volati-lifer toute l’humidité, & pour delfécher entiè-rement la fubftance qui fe pourrit. L’accèsde l’air efl encore une condition qui favorifelingulièrement la putréfaâion , puifque lesfubflances végétales fe eonfervent très-bien dansle vide. Cependant cette confervaiion a des