loS E L É M E N S
& il la laifiTe dépofer par le repos ; on décantel’eau, on fait fécher la fécule à une chaleurdouce ; elhF efl alors en poudre extrêmementfine, très-blanche & très-légère. Pour en pré-parer de grandes quantités , on a imaginé desmoulins particuliers ou des efpèces de râpestournant dans des cylindres, dont on fe fertavec beaucoup d’avantages.
3°. Les américains extraient de la racine d’uneplante très-âcre, nommée manioc, une féculenourrüTante très-douce, qu’ils appellent cajjave «Ils dépouillent cette racine de fa peau, ils larâpent & ils la mettent dans un fac de jonc faiten forme de cône & d’un tiflii très-lâche, qu’ilsfufpendent à un bâton pofé fur deux fourchesde bois. Ils attachent à l’extrémité de ce facun vaifleau très-pefant, qui, par fon poids,exprime la racine & reçoit le fuc qui en dé»coule. Ce dernier efl un poifon très-âcre & très-dangereux. Lorfque la fécule efl bien expri»mée & privée de tout le fuc qu’elle contenoit»on l’expofe à la fumée pour la defTécher, & onla pafTe au tamis ; elle forme alors la cafîàve.On étend cette farine fur une palette de ferchaude pour la cuire , & on la retourne afin dedonner à fes deux furfacesla couleur jaune rouLfâtre qui en annonce la cuififon; on la nomme,dans cet état pain de çaiïave. En la chauffant